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Le Togo se dote d'une structure de lutte contre la menace djihadiste

Les forces de sécurité lors des manifestations à Lomé, Togo, 18 octobre 2017.

Le gouvernement togolais a annoncé la création d'un comité interministériel pour lutter contre les risques de propagation des violences djihadistes en provenance de pays voisins.

Selon un communiqué publié mercredi soir, le gouvernement a créé un "Comité interministériel de prévention et de lutte contre l'extrémisme violent" (CIPLEV) pour répondre à "des menaces terroristes et des attentats quasi-quotidiens qui secouent certains pays limitrophes" du Togo.

Héritant du chaos qui règne depuis 2012 au Mali, où prolifèrent les groupes liés à Al-Qaïda et l'Etat islamique (EI), le Burkina Faso notamment, pays frontalier du nord du Togo, est confronté à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières.

La nouvelle structure a pour mission principale "d'œuvrer à éradiquer ou à réduire sensiblement la propagation de l'extrémisme violent en donnant aux communautés de base les outils et le soutien dont elles ont besoin pour lutter contre ce fléau et de renforcer la coopération et la collaboration entre l'administration, les forces de défense et de sécurité pour une prévention et une lutte efficace", ajoute le communiqué.

Le CIPLEV est composé de représentants des départements ministériels, des leaders d'opinion et de la société civile.

"Les forces de défense et de sécurité présentes sur le terrain doivent être accompagnées et soutenues par des mesures multisectorielles et transversales visant à prévenir l'extrémisme violent, surtout dans les zones à risque", souligne le texte.

Par ailleurs, le gouvernement togolais a adopté un projet de loi visant à lui donner des "instruments nécessaires pour faire face à des menaces sécuritaires nouvelles et durables, tout en assurant un équilibre proportionné entre la préservation des libertés publiques et individuelles et la sauvegarde de la sécurité publique et de l'ordre constitutionnel".

Le 26 avril, le président Faure Gnassingbé avait promis une nouvelle "loi sur la sécurité intérieure" pour mieux lutter contre cette nouvelle menace, qui risque de s'étendre aux pays côtiers que sont le Togo et le Bénin.

Il avait annoncé le démantèlement ces derniers mois, des "cellules terroristes" dans le pays. Des services de renseignements européens ont confirmé ces dernières semaines à l'AFP l'arrestation d'éléments "terroristes" dans le nord du Togo.

Après l’occupation du nord du Mali par des groupes islamistes armés en 2012-13, l’instabilité s'est étendue à travers l'Afrique de l'Ouest ces dernières années, gagnant notamment le Burkina et le Niger. Le Bénin voisin du Togo a aussi été touché avec l'enlèvement de deux Français qui ont été libérés la semaine dernière par une opération des forces françaises luttant contre les djihadistes dans la région.

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Moto: Port de casque obligatoire à partir du 20 septembre au Togo

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Permis de conduire obligatoire pour les motocyclistes dès le 20 septembre

Un conducteur de moto remorquant 3 passagers à Lomé, le 14 août 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Pour les sept premiers mois de l’année, plus de 350 personnes ont trouvé la mort dans un accident de circulation. Le ministère togolais de la sécurité et de la protection civile met en cause les conducteurs de moto, dont la grande majorité roule sans permis de conduire.

La situation ne sera plus possible car dès le 20 septembre, le permis de conduire sera obligatoire pour les motocyclistes au Togo.

Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2019, 3178 accidents se sont produits sur les routes togolaises, ayant occasionné 354 décès et 4483 blessés.

Yark Damehane, ministre togolais de la Sécurité et de la protection civile, au cours d’une conférence de presse à Lomé, le 7 mars 2018. (VOA/Kayi Lawson)
Yark Damehane, ministre togolais de la Sécurité et de la protection civile, au cours d’une conférence de presse à Lomé, le 7 mars 2018. (VOA/Kayi Lawson)

Pour le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, les causes de ces accidents sont le non-respect du code de la route notamment l’excès de vitesse, des dépassements mal faits, la distraction en circulation en raison de l’utilisation du téléphone portable, la conduite en état d’ébriété et/ou sous l’influence de stupéfiants.

Les conducteurs de moto ont une connaissance assez limitée du code de la route, soutient Yark Damehane, le ministre togolais de la Sécurité et de la Protection civile.

"Le permis de conduire concerne beaucoup l’apprentissage du code de la route. Malheureusement, nos compatriotes motocyclistes ont encore, je dirai, du caillou dans le pied. Parce qu’ils se disent permis ou sans permis, je peux piloter ma moto, avec les conséquences que nous venons de voir", déplore le ministre Damehane, qui annonce que dès le 20 septembre le permis de conduire sera exigé à tout motocycliste.

"On arrête un motocycliste, il n’a pas de permis, sa moto est en fourrière", a dit en substance Yark Damehane le 9 aout dernier, lors d’une conférence de presse à Lomé.

Des motocyclistes en circulation à Lomé, le 14 août 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Des motocyclistes en circulation à Lomé, le 14 août 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Le permis de conduire obligatoire pour les conducteurs de moto, est une mesure que salue Jean, détenteur d’un permis de conduire pour moto depuis 2015.

Après avoir indexé les conducteurs de taxi moto, qui, selon lui, "ne maîtrisent pas le code de la route et circulent n’importe comment", Jean fait noter que pour une application objective de la mesure, il faut que tout motocycliste y soit soumis.

"Il faut que le ministre sache bien que ‘charity begins at home’. Les agents de sécurité, eux-mêmes, n’ont qu’à essayer d’avoir d’abord leur permis pour servir d’exemple", a-t-il indiqué, faisant allusion au fait que des agents des forces de l’ordre circulent avec des motos sans plaque d’immatriculation.

20 septembre, une date pas très réaliste

La mesure annoncée par le gouvernement est unanimement ovationnée par les Togolais quoique certains estiment que la date du 20 septembre doit être revue.

"L’initiative en soi est bonne mais il faut laisser un peu de temps. Le 20 septembre est une date, si on peut dire un peu anarchique, excusez-moi le terme", a laissé entendre un conducteur de taxi moto.

Jean, cité plus haut, renchérit que le délai est trop court pour que tous les motocyclistes puissent entrer en possession de leur permis de conduire avant le 20 septembre.

"Il faut prolonger un peu le délai. Au moins dans le mois d’octobre, ça peut être faisable. Quand est ce qu’on va commencer à apprendre le code. Le 20 septembre, c’est déjà proche. On ne peut pas", a soutenu un autre motocycliste au micro de VOA Afrique à Lomé.

Pour réduire les accidents de circulation, Kodjo Agbétrobou, un usager de la route fait une toute autre proposition. "Ce n’est pas le permis de conduire qui va permettre de réduire le nombre d’accidents", analyse-t-il. Il propose une augmentation des amendes pour des infractions au code de la route.

En cas de non-respect des feux tricolores, il propose que le contrevenant paie 25.000 voire 30.000 francs CFA.

"Là, le conducteur sait que quand il ne va pas respecter les feux tricolores, il aura à perdre beaucoup de sous. Parce que ce n’est pas par manque de permis qui fait causer les accidents mais c’est un manque de conscience dans la conduite", ajoute Kodjo Agbétrobou tout coléreux.

Le Togo s’est doté d’une loi relative au code de la route et le gouvernement compte l'appliquer dans toute sa rigueur, pour réduire les morts sur les routes togolaises.

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