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Burkina-Faso

Deux soldats français tués lors de la libération de quatre otages dans le nord du Burkina

Des soldats français de la patrouille de l'opération Barkhane au nord de Tombouctou, le 6 novembre 2014.

Les forces spéciales françaises ont libéré quatre otages - deux Français, une Américaine et une Sud-coréenne - lors d'une intervention "complexe" dans le nord du Burkina Faso, au cours de laquelle deux militaires français ont été tués, ont annoncé vendredi les autorités.

"Cette libération a pu être obtenue grâce à une opération militaire, conduite par les forces françaises dans la nuit de jeudi à vendredi, au nord du Burkina Faso", a précisé l'Elysée dans un communiqué.

Les deux Français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient été enlevés le 1er mai dernier lors d'un séjour touristique au Bénin, pays jusque-là épargné par l'insécurité en Afrique de l'Ouest, où opèrent de nombreux groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique (EI).

Le corps du guide béninois des deux enseignants français avait été retrouvé samedi dans le parc national de la Pendjari. Leur véhicule avait ensuite été retrouvé dans l'est du Burkina Faso, pays voisin confronté à une dégradation de la situation sécuritaire sur son sol depuis 3 ans, avec une accélération alarmante ces derniers mois.

L'identité des deux autres otages libérés n'était pas connue dans l'immédiat.

Au cours de leur libération, "deux militaires ont trouvé la mort au combat, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales", qui supervise les forces spéciales françaises, précise l'Elysée.

Le président Emmanuel Macron "s'incline avec émotion et gravité devant le sacrifice de nos deux militaires, qui ont donné leur vie pour sauver celles de nos concitoyens" et "adresse ses sincères condoléances à leurs familles".

"C'est avec émotion et tristesse que j'adresse mes pensées aux familles des deux militaires décédés, à leurs proches, à leurs frères d'armes et à l'ensemble des commandos marine", a réagi la ministre des Armées Florence Parly dans un communiqué séparé.

"Opération audacieuse"

La ministre félicite par ailleurs "l'ensemble des forces ayant mené cette opération complexe, ainsi que tous ceux qui y ont contribué", en saluant notamment "le précieux soutien de nos alliés américains dans la conduite de cette opération" et la "coopération" des "autorités béninoises et burkinabè".

"Cette opération audacieuse" a été "rendue possible par la mobilisation des moyens de Barkhane (force française de 4.500 hommes déployée au Sahel, ndlr), l'implication des forces burkinabè et le soutien américain en renseignement", précise le chef d'état-major français, le général François Lecointre, dans un autre communiqué.

"Je salue avec émotion le sacrifice des deux militaires français engagés dans cette opération", a renchéri le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en adressant également des "pensées aux proches du guide béninois sauvagement assassiné lors de l'enlèvement de nos deux compatriotes".

Les recherches continuent après la disparition de deux touristes
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Selon des experts et des sources sécuritaires, le nord des pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest, comme le Togo et le Bénin, est devenu vulnérable ces derniers mois face à la stratégie d'expansion et de multiplication des fronts adoptée par les groupes armés.

Depuis 2014, la France a déployé quelque 4.500 hommes au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane qui vise à lutter contre les groupes jihadistes opérant dans la région et au Sahara.

Au fil du temps, les violences jihadistes se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, et le phénomène déborde sur le Burkina Faso et le Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

Au Burkina, 90% des attaques ne sont pas revendiquées. Elles sont pour la plupart attribuées à Ansaroul Islam, au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) ou à l'Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS), mais une dizaine d'autres groupes, "plus petits et sans doute moins structurés" sont également actifs, selon International Crisis Group (ICG).

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François Compaoré se tourne vers la Cour de cassation contre son extradition

François Compaoré, frère de l'ancien président déchu Blaise Compaoré, 20 décembre 2012.

La Cour de cassation en France s'est penchée mardi sur le recours de François Compaoré contre son extradition vers le Burkina Faso, où ce frère de l'ex-président déchu est mis en cause dans l'assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo.

La plus haute juridiction judiciaire française doit se prononcer le 4 juin sur le pourvoi, à l'appui duquel la défense de François Compaoré a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur les textes régissant l'extradition.

Le 5 décembre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait autorisé son extradition vers Ouagadougou, où le dossier Zongo, classé en 2003 après un "non-lieu" en faveur du seul inculpé, a été rouvert à la faveur de la chute de l'ex-président Blaise Compaoré fin octobre 2014, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir.

Alors qu'il enquêtait à l'époque sur la mort de David Ouédraogo -chauffeur de François Compaoré -, le journaliste burkinabè Norbert Zongo, 49 ans, et trois personnes qui l'accompagnaient avaient été retrouvés morts calcinés dans leur véhicule en décembre 1998 dans le sud du Burkina Faso.

Agé de 64 ans, François Compaoré avait été arrêté à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle en octobre 2017 sur la base d'un mandat d'arrêt émis par les autorités de Ouagadougou.

A ce jour, il n'est pas inculpé dans son pays dans cette affaire, à la différence de trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.

Devant la Cour de cassation, l'avocat de François Compaoré, Me François-Henri Briard, a souligné le caractère "très sensible" du dossier.

Celui-ci concerne un "pays politiquement instable", "dans lequel la justice est délabrée" et où l'on "pratiquait encore la condamnation à mort l'année dernière", a-t-il fait valoir.

Un dossier sensible aussi du fait du nom du requérant, dont le frère s'est réfugié en Côte d'Ivoire. Une "voie facile de vengeance" est de diriger "des poursuites vers le frère", a affirmé Me Briard.

Or, pour s'assurer du respect des règles du procès équitable - indispensable pour autoriser une extradition - la chambre de l'instruction ne s'est appuyée que sur des éléments fournis par les autorités burkinabè, a observé l'avocat, en remettant en cause leur impartialité.

C'est "un homme mort s'il rentre au Burkina Faso", a-t-il assuré.

L'avocate générale a pour sa part expliqué que le ministère de la Justice burkinabè avait "pris l'engagement que M. Compaoré bénéficierait de conditions d'incarcération très améliorées", dans l'hypothèse d'une condamnation dans son pays.

Pour être effective, une extradition doit aussi être autorisée par un décret du gouvernement français.

Grève générale des agents de santé au Burkina Faso

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