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Le Togo engage une lutte contre la résistance antimicrobienne

Des clients dans une pharmacie à Lomé, Lomé, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

La semaine mondiale du bon usage des antibiotiques s’est déroulée du 18 au 24 novembre. Une semaine instituée pour mener des actions afin de réduire la Résistance aux Anti microbiens (RAM) dont les antibiotiques.

A Lomé, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, médecins prescripteurs et les vétérinaires se sont penchés sur la question lors d’une table ronde. Ils sont unanimes à dire que les antibiotiques sont utilisés de façon appropriée et abusive dans le pays.

Selon l’enquête "un jour donné" réalisée en décembre 2018, dans 9 formations sanitaires dans le pays dont 2 CHU, sur 713 patients hospitalisés, 70% avaient reçu un traitement antibiotique et la molécule la plus prescrite est de troisième génération. Cette enquête montre qu’aucun patient n’a été mis sous antibiotique sur la base d’un test de laboratoire.

A cette table ronde les médecins prescripteurs, les chirurgiens-dentistes, les pharmaciens et les vétérinaires, ont exposé la problématique de la RAM, la Résistance aux antis microbiens, telle qu’elle se pose à leur niveau.

Pr Mounerou Salou, point focal pour le suivi de la RAM au Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Pr Mounerou Salou, point focal pour le suivi de la RAM au Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"Le chirurgien conseille à quiconque qui a mal à la dent, de se rendre à la pharmacie, ... pharmaciens, je vous en prie, donnez-lui juste un antidouleur et référez-lui vers le spécialiste. Les vétérinaires sont confrontés à des défis liés à la prescription des antibiotiques selon qu’on soit sur les animaux à cycle court ou à cycle long. J’ai entendu quelqu’un dire qu'il faudra peut-être même sanctionner", a résumé le professeur Mounerou Salou, point focal pour le suivi de la RAM au Togo.

L’usage non conforme des antibiotiques a des conséquences assez dangereuses. Face aux effets dévastateurs de la RAM, des restrictions sont faites sur l’utilisation des antibiotiques au niveau de la médecine animale.

Dr Kossi Malabo, Président de l’ordre des vétérinaires du Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Dr Kossi Malabo, Président de l’ordre des vétérinaires du Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"Nous faisons tout pour interdire une anti-bio prévention. Une anti-bio prévention c’est quoi ? C’est quand il n’y a pas la maladie mais on essaie d’utiliser d’antibiotiques. Or c’est justement cette manière de faire qui entraine des problèmes de résistance. Et parfois en médecine vétérinaire, on utilisait des antibiotiques comme des facteurs de croissance. Aujourd’hui c’est formellement interdit", fait savoir Dr Kossi Malabo, Président de l’ordre des vétérinaires du Togo.

Dr Innocent Kpéto, Président de l’ordre des pharmaciens du Togo, Lomé, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Dr Innocent Kpéto, Président de l’ordre des pharmaciens du Togo, Lomé, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


Du coté des pharmaciens, le constat est inquiétant. "Les antibiotiques sont demandées pour les maux de tête, les maux de ventre, de la fatigue et tout cela", a alerté Dr Innocent Kpéto, Président de l’ordre des pharmaciens du Togo, regrettant un recours spontané aux antibiotiques, sans ordonnance et sans antibiogramme. Suite à ce constat, la décision est sans appel au niveau des officines. Pas d’ordonnance, pas d’antibiotique.

Dr Dimiline Badombéna-Wanta Nimon, pharmacienne, Lomé, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Dr Dimiline Badombéna-Wanta Nimon, pharmacienne, Lomé, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"Nous voulons sensibiliser à un meilleur usage de ces médicaments parce que nous avons remarqué qu’il y a un abus. Et selon l’usage qui en est fait, la population peut s’exposer à des risques pour sa santé. Voilà pourquoi nous demandons plutôt que lorsque la population vient en officine qu’elle soumette son besoin de santé et le pharmacien dans la limite de ses compétences et de ses connaissances jugera du médicament utile pour pouvoir effectivement soulager ou jugera de l’orienter vers une structure de santé pour une meilleure prise en charge", a expliqué la pharmacienne Dimiline Badombéna-Wanta Nimon.

Ces spécialistes ont émis des recommandations, notamment l’amélioration des protocoles de prescription, la collaboration entre professionnels et la sensibilisation de la population sur les dangers de l’utilisation anarchique des antibiotiques. Les participants ont insisté sur la qualité de la formation.

Pr Mounerou Salou, point focal pour le suivi de la RAM au Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Pr Mounerou Salou, point focal pour le suivi de la RAM au Togo, le 21 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"L’intégration des modules d’enseignement de la RAM dans les curricula de formation. Aujourd’hui, c’est une prescription des différents plans d’actions. Et c’est pour cela d’ailleurs que nous avons décidé de commencer à sensibiliser dans le monde universitaire, en proposant même une unité d’enseignement libre sur la RAM", a dit le professeur Mounérou Salou, par rapport aux initiatives qui sont prises.

La problématique de la RAM est indéniablement reliée au phénomène des médicaments de la rue, soulignent les experts. Ainsi ils recommandent d’intensifier la lutte contre les médicaments de rue, ce qui constituera une bataille gagnée dans la guerre contre la résistance aux antimicrobiens.

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Minute Eco: Risque de dislocation de la CEDEAO à cause de l'ECO

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Les élèves togolais de retour en classe

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Les établissements scolaires togolais distribuent des masques et réduisent le nombre d'élèves par classe

Des ouvriers à l’œuvre dans l’unité de production de masques, Lomé, le 4 juin 2020. (VOA/Kayi Lawson)

Avec le déconfinement progressif initié par les autorités togolaises, les élèves des classes d’examen devraient bientôt reprendre le chemin de l’école.

Avec le déconfinement progressif initié par les autorités togolaises, les élèves des classes d’examen devraient bientôt reprendre le chemin de l’école.

Pour aider les élèves et le corps enseignant à respecter les gestes barrières, des masques et du gel détergent sont offerts aux établissements scolaires. Même si les dispositifs de lavage de mains font encore défaut dans les écoles, les responsables se sont engagés à faire respecter la distanciation physique.

Pour une meilleure protection face à la pandémie du coronavirus, tous les élèves et le corps enseignant doivent au moins être munis d’un masque, même si le port de masque n’est pas encore obligatoire au Togo.

Le fait que les acteurs du système éducatif n’en portent pas peut constituer un facteur favorisant la propagation du virus à l’heure de la reprise des cours.

C’est cette idée qui a conduit les responsables du Bloc alternatif togolais pour une innovation républicaine (BATIR) à sillonner quelques établissements scolaires. Ils y apportent des masques en tissu, que le parti produit lui-même, et des détergents liquides.

Remise des masques en tissu entre le SGA de BATIR, Fiacre Atsu (en blanc) et le directeur du collège Jean-Baptiste, Théophile Dika (en chemise imprimé wax), Lomé, le 4 juin 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Remise des masques en tissu entre le SGA de BATIR, Fiacre Atsu (en blanc) et le directeur du collège Jean-Baptiste, Théophile Dika (en chemise imprimé wax), Lomé, le 4 juin 2020. (VOA/Kayi Lawson)

"La reprise des cours est imminente, donc nous avons jugé utile de venir en appui au corps enseignant en leur offrant des masques et du détergent pour qu’ils puissent eux même d’abord respecter les gestes barrières en portant les bavettes et en se lavant les mains", a déclaré Fiacre Atsu, secrétaire-général adjoint de BATIR.

"Nous ne pouvons pas protéger les enseignants et laisser les élèves. Donc nous avons pensé venir également en appui à nos frères et sœurs qui sont en classe d’examen et qui vont reprendre les cours", a-t-il ajouté, soulignant que leur souhait est de permettre aux élèves de boucler l’année scolaire en toute quiétude.

Suite à une pénurie des masques dans les premières semaines après le premier cas positif au Togo, BATIR a installé une unité de production où sont sortis quotidienne des masques qui sont gratuitement distribués aux populations.

Près de 200.000 masques sont ainsi distribués. Le directeur du Collège Saint Jean Baptiste de la Salle, agréablement surpris, dit considérer, dans ce contexte, le masque comme un matériel nécessaire pour la reprise.

"Nous sommes en train de nous préparer pour la rentrée et que le matériel cache-nez est venu pour nos élèves. Franchement c’est une réponse à des questions que nous nous posons. Comment allons-nous entreprendre la rentrée ? Eh bien voilà ce que nous avons reçu", a indiqué Théophile Dika, le directeur de ce collège, tout heureux. Il a saisi l’occasion pour lancer un appel pour que les élèves, qui sont l’avenir du pays, soient au cœur des priorités de l’état.

Au niveau de chaque établissement scolaire, des dispositions sont prises pour faire respecter les gestes barrières, notamment la distanciation physique.

Joseph Kodjo Assafo, Directeur du CEG Cacavéli, à Lomé, le 4 juin 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Joseph Kodjo Assafo, Directeur du CEG Cacavéli, à Lomé, le 4 juin 2020. (VOA/Kayi Lawson)


"Nous sommes en train de préparer la rentrée pour que tout se passe dans le respect des mesures barrières. On a déjà fait la répartition des élèves par classe. Au lieu de 4 classes de 3e qu’on avait, on a actuellement 11 classes de 3e. Et donc, nous avons mis environ 30 élèves par classe afin qu’il y ait la distanciation d’un mètre d’un élève à un autre", a expliqué Joseph Kodjo Assafo, directeur du CEG Cacavéli à Lomé.

Afin de permettre aux élèves de préparer dans de meilleures conditions l’examen du Brevet d’étude du premier cycle (BEPC), des mesures supplémentaires sont envisagées. "Nous allons devoir faire recours à tous les professeurs de l’établissement, qu’ils interviennent en 3e ou pas, pour que les 11 classes puissent suivre correctement les cours", a annoncé M. Assafo.

Dans les établissements scolaires visités, les responsables déplorent l’absence de dispositif de lavage de mains. Le souhait est de rendre systématique le lavage des mains.

"Il faudrait que devant chaque classe il y ait un dispositif de lavage à mains, si possible. Pour que chaque élève avant d’intégrer la classer qu’il puisse se laver les mains", a laissé entendre le directeur du collège d’enseignement général de Cacavéli.

Les Togolais reprennent leur quotidien malgré quelques inquiétudes

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