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Rencontres littéraires à la Foire du livre de Lomé

Une partie des élèves lors du Focus avec l’auteur Invité d’honneur, Lomé, le 6 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Le développement par les livres est-il illusoire ? C’est le sujet du débat littéraire qui a marqué la troisième édition de la foire internationale du livre de Lomé (FI2L).

Une édition, tenue du 6 au 10 novembre sur le thème "Le livre, vecteur de développement". Cinq jours durant, des ateliers littéraires, panels, conférences publiques, rencontres d’écriture ont été organisés notamment autour de la littérature africaine, la redynamisation des langues nationales et du rôle de l’écrivain dans le processus de développement des Etats africains.

Le développement par les livres est-il illusoire?
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Si tous les intervenants s’accordent que le livre constitue l’un des piliers du développement, ils estiment que, du travail doit être fait sur les jeunes enfants afin de leur inculquer le goût du livre et de la lecture.

L’écrivain Togolais et promoteur FI2L, Steve Bodjona, dira "le livre est au cœur de tout processus de développement".

"Lorsque nous parlons de développement, nous parlons de ressources humaines de qualité. Et lorsque nous parlons de ressources humaines de qualité, nous parlons de formation, d’éducation de qualité. Formation et éducation de qualité, ne peuvent se faire lorsque nous mettons le livre de côté", a-t-il dit en développant son idée.

Mimi Bossou-soedjede, directrice de la maison TV5 Monde, Lomé, le 6 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Mimi Bossou-soedjede, directrice de la maison TV5 Monde, Lomé, le 6 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


Un raisonnement qu’épouse Mimi Bossou-soedjede, directrice de la maison TV5 Monde, affirmant que "le livre est vecteur de connaissance et la connaissance fait le développement".

Elle fait savoir que le développement ne peut être effectif que si l’on investissait dans la jeune génération. "Il faut nécessairement qu’on ramène nos enfants, nos jeunes à la lecture pour une vraie éducation, pour un vrai développement. Je parle d’éducation. Éducation comme soubassement du développement", a soutenu Mme Bossou-soedjede.

Me Joseph Kokou Koffigoh, écrivain et ancien Premier ministre togolais, Lomé, le 6 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Me Joseph Kokou Koffigoh, écrivain et ancien Premier ministre togolais, Lomé, le 6 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


Me Joseph Kokou Koffigoh, ancien Premier ministre togolais, qui a sorti ce 9 novembre son nouvel ouvrage "Regards sur le Togo", qui est un recueil de poèmes, insiste sur la culture du livre pour soutenir le développement.

"C’est en semant des graines dans nos cerveaux que nous allons développer l’Afrique", pense ce poète. Il suggère d’encourager la jeunesse à lire quelle que soit la nature du livre. "Bande dessinée, poésie, théâtre, roman, ouvrage scientifique, tout est bon pour développer l’imagination et la créativité des jeunes", a indiqué Me Joseph Kokou Koffigoh.

Le chapitre sur l’"Africanité" a été largement abordé par l’écrivain Togolais Ayi Hillah, lors d’un focus avec des jeunes lycéens. L’auteur invité de cette 3e édition de la FI2L a édifié son auditoire sur les valeurs africaines en prenant pour base son livre intitulé "L’ombre des beaux jours".

L’auteur Ayi Hillah, lors des échanges avec les élèves, Lomé, le 6 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
L’auteur Ayi Hillah, lors des échanges avec les élèves, Lomé, le 6 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"Je leur ai dit que l’Africain a une école. Il y a une école africaine, la sagesse africaine, la philosophie africaine. En gros, je leur ai dit quand un arbre tient debout c’est parce qu’il a une racine. Alors je leur ai posé la question de savoir, quelles sont vos racines à vous ? A la réponse à cette question, ils se sont dits que ce sont nos valeurs africaines", a résumé Ayi Hillah.

Ces échanges ont été l’occasion pour l’auteur de semer la graine de l’amour du livre et de la lecture, tout en suscitant des vocations.

"Il m’a inspirée, parce que tout d’abord j’aime écrire, mais c’est juste que j’ai peur de développer ce que j’ai à dire. Mais grâce à lui, je pourrais écrire quelque chose que je pense depuis toute mon enfance. Il nous a ouvert l’esprit pour lire", dira à la fin Cornélia Lambou, élève au lycée de Nyékonakpoè.

Eusébio Biam, élève en 1ère, dit avoir retenu que la lecture permet d’éclairer les mémoires, et élargir des points de vue. "De nos échanges, j’ai retenu de révéler nos talents en écrivant et en lisant aussi", a ajouté Mlle Biam.

Le développement par les livres
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Pour donner le goût de la lecture à une personne, il faut s’y prendre tôt. C’est ce à quoi est dédié l’espace enfants installé sur le site de la foire internationale du livre de Lomé, soutient Mohamed Garba, l’un des encadreurs des enfants.

"C’est dans le livre qu’il y a la connaissance, donc dès le bas âge si on inculque ça à l’enfant, on lui fait aimer les livres, là vous verrez que c’est déjà une très bonne base pour lui et il n’aura pas trop de difficultés demain parce que toutes les sciences sont toujours dans les livres", a développé cet étudiant en Droit à l’université de Lomé.

Toutefois, il regrette que les enfants initiés lors de cette foire à la lecture doivent attendre l’année prochaine. "C’est une très belle initiative, ça va beaucoup les aider, si c’est répétitif. Une fois dans l’année c’est pas vraiment suffisant", a laissé entendre Mohamed Garba.

Le gros du travail qui reste à faire est de maintenir la flamme pour qu’elle ne s’éteigne pas. Et pour les amoureux du livre, les billets pour le Tome 4 de la Foire internationale du livre de Lomé en 2020 sont fins prêts pour qu'ils écrivent de nouveaux chapitres aussi palpitants les uns que les autres.

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Lancement d'une nouvelle raffinerie à Pointe-Noire

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Seules l’éwé et le kabiyè ont statut de langue nationale

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Les langues nationales ne pèsent pas dans le système éducatif togolais

Entrée principale de l’Université de Lomé. Lomé, 15 février 2021.

Chaque 21 février, le monde célèbre la journée internationale de la langue maternelle. Le thème de cette année est "Promouvoir le multilinguisme pour l'inclusion dans l'éducation et la société".

Sur la trentaine de langues locales qui existent au Togo, seules deux sont véritablement équipées. De plus, au niveau national, l’éducation formelle se fait en français de la maternelle au supérieur. Une stratégie qui ne favorise pas une acquisition des nouvelles connaissances auxquelles l’enfant est exposé à l’école, selon les experts.

"C’est bien prouvé au niveau de la psychopédagogie que l’acquisition des éléments linguistiques de base de chaque apprenant constitue les fondamentaux qui permettent à l’enfant d’asseoir ses compétences avant de s’ouvrir à une autre valeur linguistique ou une langue étrangère", rappelle le Professeur Essodina Péré, enseignant chercheur en linguistique à l’université de Lomé.

L'éwé et le kabiyè, seules exceptions

C'est en 1975, dans le cadre d'une réforme de l’enseignement, que le Togo élève deux langues locales au statut de langue nationale et qui sont enseignées dans les écoles. Il s’agit de l’éwé, la langue la plus véhiculaire du pays et majoritairement parlée au sud Togo mais aussi au Ghana et au Bénin. La seconde langue nationale est le kabiyè, parlée dans une partie du nord du pays.

Ainsi l’éwé et le kabiyè disposent d’une académie. Ces académies ont pour, entre autres mandats, de contribuer à la codification de ces langues mais aussi de soutenir leur enseignement à travers la production de manuels didactiques.

Atinédi Gnassé, secrétaire général de l’académie de langue Kabiyè. Lomé, 18 février 2021.
Atinédi Gnassé, secrétaire général de l’académie de langue Kabiyè. Lomé, 18 février 2021.

Atinédi Gnassé, secrétaire général de l’Académie de langue kabiyè, parle des réalisations de cette académie.

"L’année dernière, l’académie a sorti des livres d’enseignement dont L’orthographe et grammaire kabyè et Mon livret de vocabulaire kabyè", fait savoir l’académicien. "Cette année 2021, il est prévu le renouvellement du syllabaire kabiyè, en même temps qu’il est prévu la mise à jour des différents manuels d’enseignement et la reprise et l’agrandissement du dictionnaire kabyè-français, français-kabyè", ajoute-t-il.

"Si on nous avait enseigné les mathématiques dans nos langues, nous n’aurions pas des problèmes", approuve le Professeur Essodina Péré.

"Nous avons honte de nos propres langues"

Parler plusieurs langues permet à une personne de s'enrichir culturellement. Mais dans certaines familles togolaises, il est interdit aux enfants de s’exprimer en langue locale. Une aberration qui retarde le développement, estime Antoine Kossi Aféli, professeur titulaire de linguistique à la retraite.

"C’est par les langues maternelles et nationales que les enfants d’un pays peuvent d’abord être scolarisés et donc participer plus activement au processus de développement", fait noter le Pr Afeli.

Pr Antoine Kossi Aféli, enseignant chercheur à la retraite. Lomé, 19 février 2021.
Pr Antoine Kossi Aféli, enseignant chercheur à la retraite. Lomé, 19 février 2021.

Pourtant, explique-t-il, une bonne politique linguistique est non seulement salutaire sur le plan éducatif mais contribue aussi à enraciner les valeurs et la culture."Nous avons honte de nos propres langues et cultures et nous ne pensons qu’à la culture de l’autre comme étant celle qui doit apporter le salut et la promotion sociale", déplore le Pr Afeli.

"Même ceux qui maîtrisent très mal le français, parlent le français à leurs enfants à la maison, ce qui est extrêmement dommage", regrette-t-il.

L'éducation, fondée sur la première langue ou la langue maternelle, doit commencer dès la petite enfance, recommande l’UNESCO, Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

Le covid freine le recyclage des bouteilles et appauvrit les petits commerces de Lomé

Un taxi chargé de bouteilles en direction d’un marché périphérique. Lomé, 22 janvier 2021.

Le marché de bouteilles de Kodomé, à Lomé, s’anime tous les vendredis. Dans cet espace commercial assez particulier, tous types de bouteilles sont proposés.

Qu’elles soient en plastique ou en verre, issues du milieu hospitalier, du cosmétique ou de l’alimentation... Des contenants d’antibiotique injectable aux liqueurs en passant par des bouteilles d’eau minérale, des déodorants, ou encore les bidons et les tonneaux, vous y trouverez tout.

"Nous sillonnons les différents quartiers de la capitale, en faisant du porte-à-porte pour acheter les bouteilles vides. Le travail de collecte fini, nous les ramenons ici au marché pour les revendre. Nous avons aussi des fournisseurs qui nous les ramènent aussi directement sur le site ici", explique Justine Atindogbé, présidente des commerçantes du marché des bouteilles.

Justine Atindogbé, présidente des commerçantes du marché des bouteilles. Lomé, 22 janvier 2021.
Justine Atindogbé, présidente des commerçantes du marché des bouteilles. Lomé, 22 janvier 2021.

D'ordinaire, leurs clients viennent non seulement des marchés périphériques de la capitale togolaise, mais aussi du Bénin et du Ghana voisins. Mais avec la pandémie de Covid-19 et la fermeture des frontières terrestres, les activités au marché des bouteilles tournent au ralenti.

Une thèse qu’approuve Akossiwa Agbodjan, la cinquantaine à peine entamée, le regard vers l’horizon.

"Rien ne va dans le marché. Depuis plus de 5 mois que j’ai ce stock, j'ai du mal à l'écouler. La pandémie ne nous a pas fait de cadeau", se lamente-t-il. "Nos clients habituels se plaignent de la mévente. Tant qu’ils n’écoulent pas leurs marchandises et ils ne peuvent pas revenir en acheter. Pire, nos clients de l’extérieur ne viennent plus", témoigne la commerçante.

Effet de chaîne

Le rôle crucial que ce marché joue dans la protection de l’environnement et l'assainissement de la ville pourrait être perturbé par la période de mévente causée par le coronavirus.

"Ces bouteilles vont se retrouver sur les dépotoirs à ciel ouvert. Elles seront soit brûlées ou enfouies, polluant ainsi l’environnement", s'alarme Justine Atindogbé.

Au-delà de la protection environnementale, le marché des bouteilles de Kodomé est un maillon clé de la chaîne des activités économiques. Les bouteilles achetées sur le site servent dans d’autres domaines, permettent à d'autres commerces d'exister et à de nombreuses familles de subvenir à leurs besoins.

Un étalage d’amuse-gueules dans des bouteilles recyclées au marché de Hédzranawoé. Lomé, 10 février 2021.
Un étalage d’amuse-gueules dans des bouteilles recyclées au marché de Hédzranawoé. Lomé, 10 février 2021.

"Les bouteilles en plastique servent de contenant pour les détaillants d’huile végétale, pour les jus faits maison. Pour les bouteilles en verre, elles servent dans la pharmacopée, dans la vente illicite de carburant et aussi de contenant pour des amuse-gueules", indique Marie Anakpo, revendeuse de bouteilles au marché d’Adidogomé Assiyéyé, dans la périphérie nord-ouest de Lomé.

Kayi Ameh, la trentaine, a pris le relais de ce commerce familial, il y a 12 ans. Elle constate une dégradation de ses revenus.

"Nous achetons 12 bouteilles vides d’eau minérale de 1,5 litre à 1000 francs CFA que nous revendons à 1200 francs. C’est dans ces 200 francs que nous devons enlever les frais de transport avant de dégager notre bénéfice", décrit la vendeuse. "Ce commerce n’est plus rentable. Nous sommes en survie", lâche-t-elle.

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