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Le projet de barrage sur le Nil n'affectera pas la part de l'Egypte, selon le Soudan

  • VOA Afrique

Omar Hassan Ahmed El Bechir, président du Soudan, lors de l'ouverture du sommet France-Afrique, le 15 février 2007.

Le président soudanais, Omar al-Béchir, a affirmé jeudi que la construction par l'Ethiopie d'un immense barrage hydro-électrique sur le Nil bleu n'affecterait pas les parts de l'Egypte, qui s'inquiète de ce projet puisque ce fleuve lui fournit 90% de son eau.

"Nous sommes pleinement engagés à garantir que la part de l'Egypte dans les eaux du Nil ne sera pas affectée par la construction du barrage Renaissance", a assuré le président Béchir au cours d'une conférence de presse avec le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, en visite au Soudan.

L'Egypte, qui tire du Nil environ 90% de son eau et craint que ce barrage n'en affecte le débit, insiste sur ses "droits historiques" sur le fleuve, garantis par des traités datant de 1929 et 1959. Ceux-ci accordent près de 87% du débit du fleuve à l'Egypte et au Soudan.

Le Nil bleu, qui prend sa source en Ethiopie, rejoint le Nil blanc à Khartoum pour former le Nil qui traverse le Soudan et l'Egypte avant de se jeter dans la Méditerranée.

Le Premier ministre éthiopien a estimé qu'il ne fallait pas politiser cette question.

"Il s'agit là surtout d'une question technique, ce n'est pas une affaire politique", a-t-il insisté.

"Si elle n'est pas politisée, nous arriverons à une solution qui sera bénéfique pour tous."

Une fois terminé, le barrage doit créer un lac-réservoir de plus de 200 km de long. Un remplissage étalé sur plusieurs années doit permettre de limiter les pertes en eaux pour l'Egypte et le Soudan.

Le barrage d'une capacité annoncé de 6.000 mégawatts, soit l'équivalent de six réacteurs nucléaires, doit rendre l'Ethiopie auto-suffisante sur le plan énergétique et lui permettre d'exporter de l'électricité vers les pays de la région.

Le président Béchir a dit que le Soudan avait au départ des inquiétudes concernant la sécurité du barrage.

"Si quoi que ce soit devait arriver au barrage, cela risquait de provoquer une crise au Soudan en raison de l'énorme quantité d'eau emmagasinée par le barrage", a-t-il expliqué.

"Mais l'Éthiopie a fait des changements à la structure du barrage, à présent nous sommes satisfaits."

Les deux entreprises françaises BRL et Artelia mènent actuellement une étude technique sur le projet.

L'Ethiopie construit ce barrage, présenté comme le plus grand d'Afrique, depuis 2012. Au départ il devait être inauguré en 2017 mais d'après des médias éthiopiens, jusqu'ici 60% des travaux ont été achevés.

Avec AFP

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