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Béchir met en garde après de nouveaux appels à manifester au Soudan


Le président Omar Hassan el-Béchir du Soudan et les membres de la communauté soudanaise orthodoxe lors d'un repas de rupture du jeûne, Iftar, à la fin du Ramadan annuel à Khartoum, au Soudan, 23 août 2010.

Le président soudanais Omar al-Béchir a prévenu lundi que toute tentative visant à renverser son régime serait sévèrement réprimé, alors que de nouveaux appels étaient lancés pour protester contre la politique du gouvernement.

Des militants ont appelé à une nouvelle grève de deux jours, les 19 et 20 décembre, dans tout le pays pour protester contre la décision du gouvernement d'augmenter les prix notamment des médicaments.

"Nous avons entendu ces derniers jours des appels à renverser le régime lancés par des personnes cachées derrière leurs claviers", a déclaré devant des partisans rassemblés dans la ville de Kasala (est) le président Béchir, au pouvoir depuis un coup d'Etat militaire en 1987.

"Nous leur disons: +si vous voulez renverser le régime, faites-nous face directement dans la rue+. Je vous défie de descendre dans la rue". "Mais vous ne viendrez pas car vous n'avez pas oublié ce qui s'est passé ... Ce régime ne sera pas renversé par des claviers et (l'application) Whatsapp", a prévenu le président lors de son discours retransmis à la télévision.

Il faisait allusion aux heurts sanglants qui avaient opposé manifestants et forces de l'ordre en 2013 à l'occasion d'une précédente hausse des prix consécutive à une réduction des subventions. Ils avaient fait près de 200 morts selon des organisations de défense des droits de l'Homme, moins de 100 selon le gouvernement.

Plusieurs manifestations ont eu lieu ces dernières semaines au Soudan contre la hausse de 30% des prix du pétrole et du diesel, annoncée début novembre, et la dépréciation de la livre soudanaise, qui ont entraîné une augmentation des prix de nombreux produits, notamment des médicaments. Ces rassemblements ont été rapidement étouffés par la police anti-émeute.

Des militants de l'opposition appellent à présent sur les réseaux sociaux et les applications telles que Whatsapp à une nouvelle grève générale et à des manifestations les mêmes jours à Khartoum et dans d'autres villes pour "renverser le régime".

Un appel similaire pour une grève de trois jours fin novembre avait été partiellement suivi, des employés du secteur privé ayant observé l'arrêt de travail mais par les fonctionnaires.

Les services de sécurité ont arrêté ces dernières semaines plusieurs figures et activistes de l'opposition pour tenter d'empêcher la tenue de manifestations.

Avec AFP

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