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Le Premier ministre malien à l'écoute des populations de Kayes

Accueil de Boubou Cissé à Kita, au Burkina, le 31 août 2019. (VOA/Kassim Traoré)

La reprise du trafic ferroviaire, les vols à destination de l'aéroport Dag Dag et des routes pour désenclaver la région de Kayes. Telles sont, entre autres, les préoccupations des populations de Kayes.

Suite aux manifestations relatives à la réhabilitation de la route Kati-Djidieni, le Premier ministre malien, Boubou Cissé, a effectué une visite de 5 jours à Kayes, la première région administrative du pays.

Le Premier ministre malien dans la région de Kayes
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Il a rencontré les populations locales, qui lui ont présenté leurs préoccupations.

Pour Abdoulaye Coulibaly, porte-parole du collectif des manifestants du 23 août 2019, "la mise en état de fonctionnalité la route nationale RN1, route très délabrée causant des accidents récurrents entrainant des pertes en vie humaine," est essentielle.

Dans le vestibule des Tounkara, le 31 août 2019. (VOA/Kassim Traoré)
Dans le vestibule des Tounkara, le 31 août 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Dans toutes les localités visitées, les populations ont insisté sur la reprise du trafic ferroviaire, qui pourra booster l'économie locale, comme l'explique Mamadou Coulibaly, président des forces vives de Kayes.

"Le chemin de fer du Mali, après le départ des colonisateurs, faisait la fierté de tous les Maliens, jusqu'à la privatisation", se rappelle-t-il. "Le calvaire des localités riveraines des rails n'a fait que grandir avec l'arrêt du trafic ferroviaire", a-t-il souligné.

Les femmes de la région de Kayes connaissent les mêmes difficultés que les hommes, comme l'a expliqué Fatoumata Nimaga de Nioro.

"Les femmes de Nioro disposent d'un centre multifonctionnel mais non équipé, depuis mars 2017, qui manque de tout", dit-elle en lançant un appel au Premier ministre.

Echange avec les populations de Manantali, le 31 août 2019. (VOA/Kassim Traoré)
Echange avec les populations de Manantali, le 31 août 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Certains responsables de la société civile se disent rassurés par les réponses données par le Premier ministre Boubou Cissé.

"Si le chantier du centre de référence de santé est relancé, avec la route qui a déjà eu un financement, c'est déjà une satisfaction pour nous", confie Bouna Bathily président de la société civile de Nioro, à VOA Afrique. "Parce qu'il est jeune engagé et républicain, depuis six ans nous n'avons pas reçu une telle délégation à Nioro. S'il a accepté faire ce trajet venir nous voir, c'est qu'il a à cœur de résoudre le problème".

Le Premier ministre malien a pris la route dégradée Kati-Djidien, qui selon lui, "est plus que dure, elle est simplement inhumaine" et il a promis de lancer un "entretien lourd de six mois sur les 160 kilomètres de Kati-Djidieni".

"Les populations ont parlé d'autres préoccupations liées à l'éducation, à la santé, au problème d'énergie, donc de retour à Bamako, nous allons voir avec les départements concernés pour prendre les dispositions nécessaires et répondre à ces besoins", a déclaté Boubou Cissé.

Selon le Premier ministre, les travaux de la route Kati-Djidieni - objet de la contestation des jeunes de Kayes et Kati - débuteront cette semaine.

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Le Botswana et la Zambie veulent relancer leurs secteurs miniers

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Neuf soldats tués et des dizaines blessés dans le centre du Mali

Neuf soldats tués et des dizaines blessés dans le centre du Mali
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Neuf militaires maliens tués dans le centre du pays

Un engin blindé est garé devant la base militaire française à l'aéroport malien de Gao, le 9 mars 2013.

Au moins neuf militaires maliens ont été tués jeudi soir dans une attaque contre la gendarmerie dans le centre du Mali, où sévissent des groupes jihadistes, a indiqué vendredi une source militaire, alors que de premiers bilans faisaient état de huit gendarmes tués.

"Le nouveau bilan est de neuf morts dans nos rangs", a dit à l'AFP cette source militaire ayant requis l'anonymat.

Une source militaire avait indiqué auparavant qu'il y avait "eu une attaque contre le détachement de la gendarmerie de Bandiagara par les individus armés non identifiés" entre 21H00 et 22H00 jeudi. "Le bilan provisoire est de huit morts et neuf blessés, dont cinq graves", avait-elle précisé.

L'attaque a visé un petit bâtiment abritant l'escadron de la gendarmerie à la sortie de la ville, sur la route de Bankass, selon cette source. Un autre responsable sécuritaire a pour sa part évoqué une attaque "simultanée" contre trois positions de la gendarmerie à Bandiagara.

"Les coups de feu ont duré (une partie) de la nuit", a déclaré à l'AFP un élu de Bandiagara.

Selon le porte-parole d'un collectif d'associations du pays dogon, Adama Dionko, "les échanges de tirs ont duré parce que les assaillants étaient en nombre important". Il a aussi évoqué des "dégâts matériels considérables".

Depuis 2012 et le déclenchement de rébellions, indépendantiste puis jihadiste, dans le nord, le Mali est plongé dans une tourmente multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, et des centaines de milliers de déplacés, malgré le soutien de la communauté internationale et l'intervention de forces de l'ONU, africaines et françaises.

Les violences se sont propagées vers le centre du pays, qui en est devenu un des principaux foyers, et vers le Burkina Faso et le Niger voisins.

Les groupes armés apparus en 2015 dans le centre du Mali ont prospéré sur les anciens antagonismes liés à la terre, entre éleveurs et agriculteurs et entre ethnies peul, bambara et dogon. Ils attaquent tout ce qui reste de représentation de l'Etat et fomentent ou attisent ces tensions. Des "groupes d'autodéfense" communautaires sont également accusés d'exactions.

L'ONU accuse des Maliens d'avoir violé ses sanctions

Cérémonie de signature du cessez-le-feu entre l'ex-rébellion à dominante touareg dans le nord du Mali et les groupes armés soutenant le gouvernement à Bamako, Mali, 20 septembre 2017. (Facebppk/Azawad)

Des sanctions individuelles imposées par l'ONU à des Maliens accusés d'entraver le processus de paix au Mali ont fait l'objet de violations en 2020, indiquent dans un rapport publié jeudi les experts indépendants chargés de leur application, en regrettant des entraves onusiennes à leur travail.

"Le groupe d'experts a reçu des informations selon lesquelles des personnes inscrites sur la liste relative aux sanctions imposées par la résolution 2374 auraient continué de se déplacer pendant la période considérée, en violation de l'interdiction de voyager", indique leur document.

Les experts évoquent notamment un voyage en octobre en Mauritanie de Mohamed Ould Mataly, qui figure parmi les personnes sanctionnées par l'ONU. Ils précisent avoir rappelé aux autorités mauritaniennes qu'elles sont tenues de demander une dérogation avant d'accepter de telles personnes sur leur sol.

Le groupe d'experts a aussi demandé des éclaircissements aux autorités maliennes sur des fonds versés par l'Etat malien à huit personnes, frappées de gels d'avoirs suite à leur inscription sur la liste des sanctions, qui "sont restés sans réponse".

Le rapport cite notamment le cas de Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, secrétaire général de la Coalition du peuple de l'Azawad, qui a été nommé membre du Conseil national de transition au Mali début décembre. Ce responsable avait été placé sur la liste de sanctions de l'ONU en décembre 2018 pour avoir pris des mesures faisant obstacle à la mise en oeuvre de l'accord de paix au Mali de 2015.

Les experts disent par ailleurs regretter les obstacles qui ont été opposés à leur travail par l'ONU. Depuis leur nomination en octobre 2020, ils indiquent n'avoir pas été en mesure de se rendre au Mali ni ailleurs.

En particulier, ils précisent n'avoir pu se rendre dans plusieurs capitales européennes "en raison de (leur) nomination tardive par le secrétaire général" de l'ONU, Antonio Guterres. Ils ajoutent que la mission de paix onusienne Minusma "a refusé" aux experts de réduire de 14 à 7 jours la quarantaine qu'elle s'est imposée elle-même au Mali ou de leur accorder une exemption.

Entre octobre et décembre, leur voyage au Mali a dû être reporté à trois reprises pour finalement être annulé au dernier moment, précise leur rapport.

VOA60 Afrique du 25 février 2021

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