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Le président malien appelle à "l'union sacrée" car l'avenir du pays est "en jeu

Ibrahim Boubacar Keita, président du Mali, le 25 septembre 2019.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a appelé lundi soir les Maliens à "l'union sacrée" derrière leur armée, alors que l'existence même du pays est en jeu selon lui après les attaques les plus meurtrières subies depuis des années des mains des jihadistes.

Dans un message à la nation publié après un nouveau week-end meurtrier, le président malien, qui avait décrété plus tôt dans la matinée trois jours de deuil national, souligne "la gravité de la situation". Il met en garde contre la tentation de tomber dans "le piège" de l'ennemi, "qui est de nous opposer les uns aux autres et de saper le moral de nos vaillants combattants".

"Dans ces circonstances particulièrement graves où la stabilité et l'existence de notre pays sont en jeu, notre seule réponse doit être l'union nationale, l'union sacrée autour de notre armée nationale", a-t-il dit.

L'armée malienne a subi vendredi ses plus lourdes pertes depuis des années des mains des jihadistes. Quarante-neuf soldats maliens ont été tués dans l'attaque du camp d'Indelimane, près du Niger, dans le nord-est du pays, selon les autorités, un mois seulement après que 40 soldats eurent trouvé la mort dans une double attaque jihadiste près de la frontière du Burkina Faso.

L'organisation Etat islamique a revendiqué samedi l'attaque d'Indelimane dans un communiqué signé de sa "Province Afrique de l'Ouest", ainsi que la pose d'une bombe artisanale dans la même zone qui a tué un soldat français de l'opération Barkhane.

La dégradation de la situation sécuritaire et les revers subis renforcent les interrogations sur la capacité de l'armée malienne à faire face aux agissements jihadistes et aux autres violences auxquelles le Mali est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants. Ils avivent aussi la crainte que l'Etat et le président maliens ne soient à court de ressources.

Face aux attaques, le président malien a dit avoir ordonné récemment pour l'armée l'élaboration d'un "nouveau concept opérationnel qui donne une part importante à l'offensive".

Le soutien des forces étrangères, française, africaine et onusienne déployées au Mali "nous est plus que jamais nécessaire et c'est pourquoi je demande à ce que nous ne nous trompions pas d'ennemis", a-t-il dit, en écho évident aux voix qui s'élèvent contre la présence de troupes étrangères dans le pays.

Il a présenté les condoléances du Mali à la France après la mort du brigadier Ronan Pointeau, tué ce week-end par un engin explosif.

Les violences surgies dans le nord du Mali en 2012 se sont propagées vers le centre, puis le Burkina Faso et le Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires meurtriers.

La ministre française des Armées, Florence Parly, qui doit poursuivre mardi par le Mali sa tournée dans le Sahel, a prôné lundi à N'Djamena de la "patience" dans la lutte contre les groupes djihadistes.

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L'ONU démet un représentant après des propos qui ont offusqué au Mali

Véhicule blindé de la Minusma à Kidal, au Mali, le 23 juillet 2015.

Un représentant de la Mission de l'ONU au Mali a été démis par la Minusma et déclaré persona non grata par Bamako après des propos qui ont été interprétés comme une façon d'avaliser l'indépendance d'une ville stratégique du nord.

"Le Premier ministre et le gouvernement ont décidé de déclarer persona non grata le chef du bureau régional de la Minusma à Kidal pour les propos qu'il a tenus la semaine dernière", a annoncé devant la presse le ministre des Affaires étrangères Tiébilé Dramé. Il a précisé que Christophe Sivillon avait 24 heures pour quitter le pays.

Le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, a quant à lui indiqué à l'AFP que M. Sivillon avait été relevé de ses fonctions avant l'annonce faite par le ministre malien.

"Dès les premiers instants, nous avions compris les préoccupations du gouvernement (malien) et avions pris les dispositions nécessaires", a-t-il dit.

M. Sivillon s'est retrouvé au coeur d'une vive controverse, après de récents propos laissant penser, selon ses détracteurs, que la ville de Kidal ne relevait plus de la souveraineté malienne.

Lors d'un congrès du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, ex-rébellion touareg) début décembre, M. Sivillon, de nationalité française, avait introduit son intervention en saluant les responsables présents et les "délégations venues du Mali et de l'étranger".

Les autorités et la classe politique maliennes avaient condamné les propos avec d'autant plus de vigueur qu'ils émanaient d'un responsable de l'ONU et que Kidal, à quelques centaines de kilomètres de l'Algérie, du Burkina Faso et du Niger, est un sujet éminemment épineux du conflit malien.

Kidal fait partie de ces vastes zones du Mali qui échappent de facto à l'autorité de l'Etat malien et est aujourd'hui, malgré la présence de bases françaises et des forces onusiennes, sous le contrôle d'ex-rebelles séparatistes touareg qui se sont soulevés contre le pouvoir central en 2012 avant de signer un accord de paix à Alger trois ans plus tard.

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