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Djibouti

Le président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, en visite en France

Le président djiboutien Ismail Omar Guelleh (à dr.) accueille son homologue français Emmanuel Macron à l'aéroport de Djibouti, le 11 mars 2019.

Le président Emmanuel Macron devrait recevoir vendredi à l'Elysée son homologue Ismaïl Omar Guelleh, après lui avoir rendu visite en mars 2019.

Ilot de stabilité prisé dans une région troublée, Djibouti offre un point d'appui stratégique à la France qui compte bien y maintenir sa plus grande base militaire à l'étranger, à l'issue de la renégociation de ses accords de défense avec l'Etat d'Afrique de l'Est.

Liée à l'ancienne colonie française par des accord signés en 1977 puis 2011, Paris a de multiples raisons de vouloir conserver sa place sur ce confetti d'un million d'habitants, situé à quelques encablures du détroit stratégique de Bab-el-Mandeb, où transite un grande part du commerce mondial entre Asie et Occident.

Moyennant un loyer annuel de 40 millions de dollars et la défense de l'espace aérien djiboutien, "nous jouissons ici d'une liberté d'action et d'entraînement inégalée", fait valoir le commandant de la base aérienne des FFDJ, le colonel Olivier Saunier.

Présence d'autres forces étrangères

Surtout, dans cette enclave cernée par les pays en crise, entre Yémen, Erythrée et Somalie, "l'intérêt de notre présence est d'offrir à nos autorités une appréciation de situation", souligne le commandant des FFDJ, le général Stéphane Dupont. De cette base, les 1.500 militaires français peuvent accueillir et projeter rapidement des forces en cas de crise dans la sous-région, vers l'océan Indien ou le Moyen-Orient.

Mais la concurrence est rude. Au cours des vingt dernières années, tandis que le contingent militaire français était divisé par deux, plusieurs grandes puissances ont pris pied à Djibouti, offrant une précieuse rente aux autorités.

Depuis 2002, les Etats-Unis y disposent de leur unique base permanente en Afrique (4.000 soldats), d'où ils mènent des opérations antiterroristes contre les shebabs somaliens et Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa). Japonais et Italiens se sont également installés pour contribuer à la lutte contre la piraterie dans la région.

Quant à la Chine, arrivée en 2017, elle possède aujourd'hui un port et une base militaire propres à sécuriser ses énormes intérêts économiques (transports, industrie, énergie...) dans la région.

La Russie, elle, n'est pas loin: en décembre, Moscou a conclu avec le Soudan un accord l'autorisant à créer une base navale pouvant accueillir jusqu'à 300 personnes.

"Intérêt géo-économique"

"Plus que jamais, avec le projet chinois des nouvelles Routes de la soie, tout le monde se bat pour le contrôle de la mer Rouge: or, le Somaliland n'est pas encore reconnu, l'Erythrée est un Etat totalitaire, le Soudan est seulement en train de s'ouvrir, c'est la catastrophe au Yémen. Il reste Djibouti", souligne Sonia Le Gouriellec, docteur en sciences politiques et auteur du livre "Djibouti: la diplomatie de géant d'un petit Etat".

A l'heure de renouveler son accord de défense avec Djibouti, qui lui reproche régulièrement son manque d'investissements économiques dans le pays, la France prend soin de vanter les bénéfices mutuels de ce partenariat. "Notre présence militaire a un côté dissuasif qui contribue grandement à la stabilité et au développement économique de Djibouti", estime le commandant des FFDJ.

En outre, "les militaires français sont les seuls à s'installer ici avec leurs familles et font vivre les écoles, les commerces", à l'inverse des Américains et des Chinois, renchérit le commandant de la base navale des FFDJ, le capitaine de corvette Jean-Yves Piasecki.

"Paris devrait prendre conscience que l'intérêt de Djibouti n'est pas seulement d'ordre géostratégique, il est aussi géo-économique", commentait pour autant en novembre le président djiboutien dans un entretien à Jeune Afrique.

La présence française contribuerait à hauteur de 4% au PIB djiboutien, assure Paris. Et si les relations entre les deux pays ont connu des bas, les vents semblent aujourd'hui favorables.

"Entre la France et Djibouti, c'est +je t'aime moi non plus+", résume Sonia Le Gouriellec. "Quand les Chinois sont arrivés c'était l'euphorie" avec le lancement de grands travaux d'infrastructures financés par Pékin. "Or, aujourd'hui les Djiboutiens ont du mal à rembourser les prêts" consentis par la Chine, qui tient l'essentiel de leur dette. "Du coup la France reste encore le partenaire qui a toujours été là".

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Plus de 10.000 enseignants francophones bientôt formés à Abidjan

Un professeur pose avec sa classe à Soweto, Afrique du sud, le 17 septembre 2015.

Les autorités ivoiriennes ont inauguré la semaine dernière, à Abidjan, le Centre de développement professionnel (CDP) créé par la France, former en cinq ans plus de 10.000 enseignants de 15 pays d'Afrique subsaharienne francophone.

En Afrique subsaharienne francophone, plus de la moitié des élèves débutent le secondaire sans savoir ni lire ni écrire.

"Compte tenu de la très grande proximité de nos systèmes scolaires, il nous a semblé important de créer ce CDP", explique Jean-Christophe Deberre, ancien directeur de la Mission laïque française, à l’initiative de ce projet. Il s'agit selon lui d'une "brique de plus dans la coopération entre la France et les pays d'Afrique francophone".

Le CDP doit former le personnel de l’enseignement public français en Côte d’Ivoire et dans la sous-région, ainsi que ceux de l’enseignement privé. Le lycée international Jean-Mermoz à Abidjan, le plus grand établissement français du pays, abrite ses locaux.

Pendant une semaine, conférences, ateliers, journées portes ouvertes et tables rondes ont rassemblé plusieurs centaines de personnes, venues "s'informer et se former" aux métiers de l’éducation.

Le but est de former "en cinq ans plus de 10.000 enseignants et étudiants pour relever le défi de la qualité de l'enseignement", affirme François Clauzel, directeur du CDP.

"Nous voulons mettre un terme à une vielle méthode qui consistait à réunir des enseignants, leur donner une formation théorique et les renvoyer dans leur classe", dit-il, promettant un suivi tout au long de leur carrière professionnelle.

La ministre ivoirienne de l’Education, Kandia Camara, s'est réjouie de l'installation de ce centre "dans un environnement de plus en plus concurrentiel".

"(...) Ce centre innovant vient à point nommé pour combler des besoins pressants en matière d’ingénierie pédagogique, de formation initiale et de renforcement continu des capacités", a-t-elle souligné lors de la cérémonie inaugurale.

Elèves analphabètes

Le CDP doit permettre de relever le système éducatif des pays africains, de plus en plus critiqué pour la piètre qualité de ses acteurs et sa mauvaise gouvernance.

"Plus de la moitié (55%) des élèves de 15 pays d'Afrique francophones débutent leur scolarité dans le secondaire sans savoir écrire, ni lire", souligne un récent rapport du Programme d'analyse des systèmes éducatifs (PASEC) des ministres de l'Education d'Afrique francophone.

"Ces élèves éprouvent des difficultés d'apprentissage (...) relativement importants dans le déchiffrage de l'écriture et la compréhension des mots", indique ce rapport financé notamment par l’Agence française de développement (AFD).

Une question récurrente en Côte d'Ivoire, essentielle à la fois pour les institutions et pour les parents d'élèves, est la qualité de l'enseignement et donc la qualité de la prestation des enseignants, selon un expert.

"Le facteur qui a le plus d’influence sur la réussite des élèves, c'est l'enseignant. Un bon enseignant, c'est celui qui va faire progresser très vite ses élèves", note Julie Higounet, responsable ingénierie formation à la Mission laïque française qui pilote le projet.

"Je souhaite vivement que ce Centre de développement professionnel nous aide à écrire ensemble de belles pages de l'histoire de notre école (...)", a poursuivi la ministre ivoirienne de l'Education.

Pour Théodore Gnagna Zadi, à la tête d'une plateforme qui regroupe une cinquantaine de syndicats du public et du privé, en majorité d'enseignants, "notre pays a commencé à régresser dans la qualité de l'enseignement: nos camarades ont besoin de cet instrument pour stopper l'hémorragie et relancer le système".

Djibouti, île à haute valeur stratégique pour les puissances étrangères

Désinfection de la zone devant le Palais du Peuple, une salle de cérémonie publique, à Djibouti, le 14 mai 2020.

Ilot de stabilité prisé dans une région troublée, Djibouti offre un point d'appui stratégique à la France qui compte bien y maintenir sa plus grande base militaire à l'étranger, à l'issue de la renégociation de ses accords de défense avec le petit Etat d'Afrique de l'Est.

Le président Emmanuel Macron devrait recevoir vendredi à l'Elysée son homologue Ismaïl Omar Guelleh, après lui avoir rendu visite en mars 2019.

En ce début février, l'activité des Forces françaises de Djibouti (FFDJ) bat son plein: stage d'aguerrissement désert pour des militaires français et djiboutiens, exercice de police du ciel pour deux Mirage de la base aérienne, entraînement des forces spéciales au posé d'assaut... Sur la base navale, on se prépare aussi à accueillir en mars le porte-avions Charles de Gaulle, le temps d'une halte logistique avant l'océan Indien.

Liée à l'ancienne colonie française par des accord signés en 1977 puis 2011, Paris a de multiples raisons de vouloir conserver sa place sur ce confetti d'un million d'habitants, situé à quelques encablures du détroit stratégique de Bab-el-Mandeb, où transite un grande part du commerce mondial entre Asie et Occident.

Moyennant un loyer annuel de 40 millions de dollars et la défense de l'espace aérien djiboutien, "nous jouissons ici d'une liberté d'action et d'entraînement inégalée", fait valoir le commandant de la base aérienne des FFDJ, le colonel Olivier Saunier.

Concurrence chinoise

Surtout, dans cette enclave cernée par les pays en crise, entre Yémen, Erythrée et Somalie, "l'intérêt de notre présence est d'offrir à nos autorités une appréciation de situation", souligne le commandant des FFDJ, le général Stéphane Dupont. De cette base, les 1.500 militaires français peuvent accueillir et projeter rapidement des forces en cas de crise dans la sous-région, vers l'océan Indien ou le Moyen-Orient.

Mais la concurrence est rude. Au cours des vingt dernières années, tandis que le contingent militaire français était divisé par deux, plusieurs grandes puissances ont pris pied à Djibouti, offrant une précieuse rente aux autorités.

Depuis 2002, les Etats-Unis y disposent de leur unique base permanente en Afrique (4.000 soldats), d'où ils mènent des opérations antiterroristes contre les shebabs somaliens et Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa). Japonais et Italiens se sont également installés pour contribuer à la lutte contre la piraterie dans la région.

Quant à la Chine, arrivée en 2017, elle possède aujourd'hui un port et une base militaire propres à sécuriser ses énormes intérêts économiques (transports, industrie, énergie...) dans la région.

La Russie, elle, n'est pas loin: en décembre, Moscou a conclu avec le Soudan un accord l'autorisant à créer une base navale pouvant accueillir jusqu'à 300 personnes.

"Intérêt géo-économique"

"Plus que jamais, avec le projet chinois des nouvelles Routes de la soie, tout le monde se bat pour le contrôle de la mer Rouge: or, le Somaliland n'est pas encore reconnu, l'Erythrée est un Etat totalitaire, le Soudan est seulement en train de s'ouvrir, c'est la catastrophe au Yémen. Il reste Djibouti", souligne Sonia Le Gouriellec, docteur en sciences politiques et auteur du livre "Djibouti: la diplomatie de géant d'un petit Etat".

A l'heure de renouveler son accord de défense avec Djibouti, qui lui reproche régulièrement son manque d'investissements économiques dans le pays, la France prend soin de vanter les bénéfices mutuels de ce partenariat. "Notre présence militaire a un côté dissuasif qui contribue grandement à la stabilité et au développement économique de Djibouti", estime le commandant des FFDJ.

En outre, "les militaires français sont les seuls à s'installer ici avec leurs familles et font vivre les écoles, les commerces", à l'inverse des Américains et des Chinois, renchérit le commandant de la base navale des FFDJ, le capitaine de corvette Jean-Yves Piasecki.

"Paris devrait prendre conscience que l'intérêt de Djibouti n'est pas seulement d'ordre géostratégique, il est aussi géo-économique", commentait pour autant en novembre le président djiboutien dans un entretien à Jeune Afrique.

La présence française contribuerait à hauteur de 4% au PIB djiboutien, assure Paris. Et si les relations entre les deux pays ont connu des bas, les vents semblent aujourd'hui favorables.

"Entre la France et Djibouti, c'est +je t'aime moi non plus+", résume Sonia Le Gouriellec. "Quand les Chinois sont arrivés c'était l'euphorie" avec le lancement de grands travaux d'infrastructures financés par Pékin. "Or, aujourd'hui les Djiboutiens ont du mal à rembourser les prêts" consentis par la Chine, qui tient l'essentiel de leur dette. "Du coup la France reste encore le partenaire qui a toujours été là".

Le conflit au Tigré et le différend Kenya-Somalie au menu des discussions de l'IGAD

De g. à dr. : Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, le président du Sud-Soudan, Salva Kiir, et le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, au 32e sommet extraordinaire de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'IGAD à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 21 juin 2018.

Les dirigeants des pays de l'Igad, groupement de sept pays de l'Est africain, sont réunis dimanche à Djibouti pour un sommet extraordinaire consacré notamment à la situation en Ethiopie et aux récentes tensions entre Kenya et Somalie.

Le Sommet vise à "discuter des processus de paix et de sécurité en cours au Soudan, Soudan du Sud, Ethiopie et Somalie", a annoncé dans un discours prononcé avant la session à huis clos, le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok, président en exercice de l'Igad.

Moussa Faki plaide pour la paix au Tigré

Invité au Sommet, le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, a appelé les membres de l'Igad à aider l'Ethiopie face à la crise humanitaire déclenchée par le récent conflit dans la région dissidente du Tigré.

"En Ethiopie, le gouvernement fédéral a pris des mesures fortes pour préserver l'unité, la stabilité et faire respecter l'ordre constitutionnel du pays, ce qui est légitime pour tous les Etats. On ne peut nier cependant que la crise au Tigré a provoqué un déplacement à grande échelle de populations", a-t-il souligné.

Prix Nobel de la paix 2019, M. Abiy a envoyé le 4 novembre l'armée fédérale pour remplacer les autorités régionales par des "institutions légitimes" au Tigré. Les dirigeants tigréens, issus du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui a durant près de 30 ans détenu le pouvoir réel à Addis Abeba, défiaient le gouvernement fédéral depuis plusieurs mois.

M. Abiy a proclamé la fin des combats le 28 novembre, avec la prise de la capitale régionale Mekele, mais la région reste largement coupée du monde et l'ONU presse le Premier ministre de laisser les organisations humanitaires y accéder.

Abdalla Hamdok avait évoqué mi-décembre une prochaine réunion de l'Igad sur le sujet, sans qu'elle soit confirmée à Addis Abeba où M. Abiy n'a cessé d'écarter toute médiation au Tigré, mettant en avant une "affaire interne" à l'Ethiopie.

Le différend entre le Kenya et la Somalie

M. Moussa Faki a aussi évoqué le processus de paix au Soudan du Sud qui "nécessite des efforts plus importants des acteurs nationaux et dans la région pour défendre les progrès accomplis".

Par ailleurs, Moussa Faki Mahamat a appelé le Kenya et la Somalie "au dialogue pour reprendre leurs relations" diplomatiques, rompues le 15 décembre par Mogadiscio, après des mois de tensions croissantes entre les deux voisins, la Somalie accusant le Kenya d'ingérences.

Le Kenya est un des principaux contributeurs de troupes de la Mission de l'UA en Somalie (Amisom), qui lutte contre les islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda, et soutient le fragile gouvernement somalien, lequel ne contrôle qu'une partie du territoire somalien.

L'un des principaux contentieux entre les deux pays se situe au Jubaland, Etat du Sud de la Somalie, frontalier du Kenya qui le considère comme une zone-tampon entre son territoire et les shebab, et soutient le président régional, Ahmed Madobe.

Frustrations au Soudan

Le président de la commission de l'UA a également estimé que les acteurs civils et militaires" doivent "travailler ensemble pour satisfaire les aspirations légitimes du peuple soudanais" au Soudan où des milliers de personnes ont manifesté samedi, frustrées par l'absence de changement au 2e anniversaire de la révolution ayant renversé l'autocrate Omar el-Béchir.

Le Sommet a réuni le Soudanais Abdalla Hamdock, les présidents djiboutien Ismail Omar Guelleh, kényan Uhuru Kenyatta, somalien Mohamed Abdullahi et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Le Soudan du Sud est représenté par sa vice-présidente Rebbeca Garang et l'Ouganda par son ambassadrice Rebecca Otengo.

L'Autorité intergouvernementale pour le Développement (Igad) regroupe Djibouti - où elle a son siège - l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda, la Somalie et le Soudan, ainsi que l'Erythrée mais celle-ci a suspendu sa participation depuis 2007.

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