Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Djibouti

Des passeurs poussent des migrants hors d'un navire en pleine mer: 8 morts et 12 disparus

Des 51 migrants, qui dérivaient sur un bateau en bois, sont secourus par des membres de l'ONG française SOS Mediterranée, au large des côtes de l'île de Lampedusa, le 25 juin 2020.

Huit migrants, des Ethiopiens, sont morts et 12 autres sont portés disparus après que des passeurs les ont éjectés d'un bateau au large des côtes de Djibouti, a déclaré à l'AFP à Nairobi une porte-parole de l'Office international des migrations (OIM), une agence des Nations unies.

"Selon des témoins survivants, que l'OIM a secourus, trois passeurs ont violemment poussé des jeunes hommes et des jeunes femmes hors du bateau qui était alors en pleine mer", a dit cette porte-parole, Yvonne Ndege.

Ces migrants étaient des Ethiopiens tentant de regagner la Corne de l'Afrique après avoir échoué dans leur tentative de rejoindre l'Arabie saoudite via le Yémen à cause des fermetures de frontières imposées par la pandémie de Covid-19.

Selon Mme Ndege, 34 migrants étaient à bord de ce navire qui se dirigeait vers Obock, une ville de transit importante à Djibouti pour les milliers d'Africains tentant de gagner le Golfe.

Au cours des trois dernières semaines, au moins 2.000 migrants sont arrivés du Yémen à Djibouti, la plupart tentant d'entrer en Ethiopie, en Somalie ou dans d'autres pays de la Corne de l'Afrique, selon l'OIM. L'agence de l'ONU leur a fourni des soins médicaux, des tentes, de l'eau, de la nourriture et de l'assistance.

"Cette tragédie est un coup de semonce", a commenté Mme Ndege. "Des centaines de migrants quittent le Yémen quotidiennement pour tenter de rejoindre Djibouti. Ils mettent leur vie en jeu, risquent d’être exploités par des passeurs et, dans ce cas précis, tragiquement, en meurent".

En janvier 2019, au moins 58 migrants, des Ethiopiens pour la plupart, se sont noyés au cours du naufrage de deux bateaux qui les transportaient de Djibouti.

Le détroit de Bab el-Mandeb, qui sépare Djibouti du Yémen, a cette particularité de donner lieu à un trafic de migrants et de réfugiés dans les deux sens, des Yéménites fuyant la guerre et des Africains allant tenter leur chance dans la péninsule arabique.

Toutes les actualités

Minute Eco: Aide d'urgence du FMI à 22 pays africains

Minute Eco: Aide d'urgence du FMI à 22 pays africains
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:28 0:00

Se sentant trahie, la Palestine abandonne la présidence de la Ligue arabe

Le président palestinien Mahmoud Abbas s'exprime lors d'une réunion de dirigeants à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 mai 2020. (Photo Reuters)

La normalisation des pays arabes avec Israël a déclenché un élan de solidarité entre les factions palestiniennes. La Ligue arabe compte 22 États membres, dont une dizaine sont des pays africains.

La Palestine a quitté sa présidence actuelle des réunions de la Ligue arabe, a déclaré mardi le ministre palestinien des Affaires étrangères, condamnant comme déshonorant tout accord arabe visant à établir des liens formels avec Israël.

Les Palestiniens considèrent les accords que les Émirats arabes unis et le Bahreïn ont signés avec Israël à Washington il y a une semaine comme une trahison de leur cause et un coup porté à leur quête d'un État indépendant dans le territoire occupé par Israël.

Au début de ce mois, les Palestiniens n'ont pas réussi à persuader la Ligue arabe de condamner les nations qui rompent les rangs et normalisent leurs relations avec Israël.

La Palestine était censée présider les réunions de la Ligue arabe pendant les six prochains mois, mais le ministre des affaires étrangères Riyad al-Maliki a déclaré lors d'une conférence de presse dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, qu'il ne voulait plus de ce poste.

"La Palestine a décidé de concéder son droit à présider le conseil de la Ligue (des ministres des affaires étrangères) lors de sa session actuelle. Il n'y a aucun honneur à voir les Arabes se précipiter vers la normalisation pendant sa présidence", a déclaré M. al-Maliki.

Dans ses remarques, il n'a pas nommé spécifiquement les Émirats ou le Bahreïn, pays arabes du Golfe qui partagent avec Israël des préoccupations sur l'Iran. Il a déclaré que le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a été informé de la décision palestinienne.

La normalisation des pays arabes avec Israël a déclenché un élan de solidarité entre les factions palestiniennes. Mardi des responsables de la faction Fatah du président Mahmoud Abbas basée en Cisjordanie et du mouvement islamiste Hamas devaient tenir des discussions de réconciliation en Turquie.

La Ligue arabe compte 22 États membres, dont une dizaine sont des pays africains : Algérie, Comores, Djibouti, Égypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Somalie, Soudan et Tunisie.

En outre, le Tchad et l'Érythrée ont un statut d'observateur : ils peuvent partager leurs points de vue mais ne peuvent pas voter.

Entretien avec Alioune Tine, fondateur d'Africajom Center

Entretien avec Alioune Tine, fondateur d'Africajom Center
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:07:48 0:00

De Nixon à Djibouti, chronique d'une amitié sino-américaine ratée

Le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping lors de leur réunion bilatérale en marge du sommet du G20 à Osaka, Japon, le 29 juin 2019. (Photo by Brendan Smialowski / AFP)

Le gouvernement chinois a publié jeudi une note qui réfute les accusations des États-Unis selon lesquelles Pékin ne respecterait pas les règles du monde civilisé.

"La Chine est le seul pays qui, au cours des dernières décennies, est devenu la deuxième économie mondiale sans recourir à la guerre, au colonialisme ou à l'esclavage", lit-on dans une vignette publiée sur Twitter par Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères. Les États-Unis, en revanche, précise la note, "ont mené des guerres et des opérations militaires injustifiées en Irak, en Libye, en Syrie, en Afghanistan et dans d'autres pays... causant plus de 800 000 morts".

Cette dénonciation montre à suffisance l’escalade des tensions entre les deux puissances économiques et militaires. Des tensions dont l’un des temps forts reste la fermeture d'un poste diplomatique et l'arrestation réciproque de ressortissants de leurs pays respectifs.

Mercredi Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, avait tweeté via le Département d'Etat que "la Chine s'efforce de faire reculer la liberté à travers le monde".

Pour sa part le président Donald Trump, qui ne mâche pas ses mots, a une fois de plus utilisé l'expression "virus chinois" lors d'un point de presse sur le nouveau coronavirus, un virus qui avait été détecté pour la première fois dans la province chinoise de Hubei.

A vrai dire, la rivalité entre les deux pays s’étend sur plusieurs domaines. Les deux pays sont en désaccord sur les thématiques aussi diverses que les règles du commerce mondial, la protection de la propriété intellectuelle, l’espionnage industriel et la technologie, les droits humains, ou encore les pratiques religieuses et le recours à la force militaire.

Avec la fermeture du consulat chinois à Houston mardi, l'opinion publique chinoise exige des représailles par la fermeture d'un poste diplomatique américain, de préférence le consulat américain à Hong Kong, selon le quotidien South China Morning Post.

Le journal ajoute que les autorités chinoises, pour ne pas perdre la face, devront probablement faire un geste de réciprocité, mais pas à Hong Kong. Selon le journal, les autorités chinoises viseraient plutôt le consulat américain à Chengdu, dans la province de Sichuan, en raison de sa proximité avec le Tibet, cher aux Américains.

De Nixon à Djibouti

Pourtant les relations entre Washington et Pékin n'ont pas toujours été tendues.

En fait, les deux pays se sont quasiment ignorés pendant une grande partie de leur histoire mutuelle. Tout a pris fin en février 1972, lorsque le président Richard Nixon a effectué un voyage officiel à Pékin. Une première pour un président américain en exercice.

En 2002, un autre président américain, George W. Bush, débarque à Pékin à l'occasion du 30e anniversaire du voyage de M. Nixon. Un an auparavant, le successeur de Bill Clinton avait donné le feu vert à l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce, ouvrant ainsi la voie à une relation commerciale plus approfondie.

Aujourd'hui, les choses ont pris une tournure décidément conflictuelle.

En Afrique, la rivalité entre la Chine et les États-Unis s'est étendue au domaine militaire, les deux pays ayant établi des bases à Djibouti.

Pour l'heure, le bras de fer est exacerbé par le calendrier électoral aux États-Unis. Le président Trump, déjà en perte de vitesse dans les sondages pour le scrutin de novembre, ne peut pas se permettre de paraître faible. Il est donc condamné à réaffirmer son message de "l’Amérique d’abord".

Selon le Christian Science Monitor, que M. Trump soit réélu ou non, les tensions entre les deux superpuissances ne disparaîtront pas d’ici peu.

Voir plus

XS
SM
MD
LG