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Macron signe un accord "inédit" de défense avec l'Ethiopie

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (à gauche) et le président français Emmanuel Macron (à droite) avant une réunion à Addis-Abeba le 12 mars 2019.

La France et l’Ethiopie ont signé mardi un accord de coopération en matière de défense, ouvrant la voie à une relance de la marine éthiopienne.

Cet accord intervient à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron dans cet Etat de la Corne de l’Afrique où Paris espère profiter de la récente ouverture politique et économique.

“Cet accord inédit de coopération de défense offre le cadre d’une coopération renforcée et ouvre notamment la voie à un accompagnement spécifique de la France sur la mise en place d’une composante navale éthiopienne” abandonnée depuis la sécession de l’Erythrée en 1991, a déclaré le chef de l’Etat français à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre Abiy Ahmed, à Addis Abeba.

“Plus largement, il offre un cadre à notre coopération en matière aérienne, au partenariat entre nos troupes et une perspective en terme de formation et d’équipement”, a-t-il détaillé lors d’une conférence de presse commune. “Nous avons conscience de le signer avec un dirigeant qui a décidé de construire la paix dans toute la région et de lutter avec force contre le terrorisme et contre toutes les formes de menace.”

Depuis son arrivée au pouvoir avril 2018, le Premier ministre réformateur Abiy Ahmed a suscité un fort engouement en Ethiopie mais également chez ses partenaires internationaux où la signature de paix - inespérée - avec l’Erythrée l’année dernière après 20 ans de conflit a fait naître un vent d’espoir.

Cette réconciliation s’est accompagnée, sur le plan économique, de l’annonce d’une série de réformes dont l’ouverture au privé du capital de grandes entreprises publiques de cet Etat, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, qui affiche une croissance annuelle autour de 8%.

100 MILLIONS D’EUROS DE L’AFD

Afin d’accompagner cette “dynamique d’ouverture” et les réformes économiques en cours, Emmanuel Macron a annoncé un prêt de politique publique de 85 millions d’euros assorti d’une assistance technique de 15 millions octroyés par l’agence française de développement (AFD).

“Vous avez décidé de moderniser l’économie de votre pays (...) donc indépendamment de toute opportunité commerciale, nous considérons que c’est une transformation que nous nous devons accompagner”, a-t-il souligné, assurant que la France ferait tout pour participer à “l’accroissement des investissements directs étrangers”.

A ses côtés, Abiy Ahmed a estimé que “la coopération et l’amitié entre la France et l’Ethiopie” n’était pas “une coopération de court terme mais une coopération stratégique” et une “vision de long terme”.

Comme au Kenya, où il achèvera mercredi et jeudi sa tournée en Afrique de l’Est entamée à Djibouti lundi soir, le chef de l’Etat français était accompagné d’une délégation de chefs d’entreprises à Addis Abeba - Lagardère Travel Retail, Orange, Canal +, CMA-CGM ou encore Soufflet.

Dans un contexte marqué par une forte concurrence, notamment chinoise, dans la région, Emmanuel Macron a - outre la coopération militaire - joué la carte de la coopération culturelle afin d’ouvrir une “nouvelle page de notre histoire commune”.

Répondant à une demande formulée par le Premier ministre éthiopien lors de sa visite à Paris en octobre dernier, le chef de l’Etat a assuré que la France mettrait à disposition de l’Ethiopie son expertise et son savoir-faire “pour préserver, restaurer et valoriser” le site de Lalibela, haut lieu du christianisme éthiopien connu pour ses onze églises creusées dans la roche.

Avec Reuters

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Les résultats de la présidentielle au Malawi retardés pour cause de litiges

Un policier au centre Tally à Blantyre, le 24 mai pendant un briefing May 24, 2019,

La Commission électorale du Malawi (MEC) a suspendu vendredi la publication des résultats des élections présidentielle et législatives disputées mardi, le temps de régler les nombreux recours et plaintes déposés par les partis politiques.

Diffusés jeudi après le dépouillement de trois-quarts des bureaux de vote du pays, les derniers chiffres provisoires accordaient un clair avantage au président sortant Peter Mutharika, crédité de 40,49% des suffrages, devant le chef de l'opposition Lazarus Chakwera avec 35,44% des voix.

"La Commission ne donnera pas de nouveaux résultats à ce stade parce que leur publication est soumise à la résolution des litiges", a indiqué vendredi la présidente de la MEC, Jane Ansah.

"La Commission travaille sans relâche, jour et nuit, pour faire en sorte de fournir des résultats crédibles au processus électoral", a-t-elle poursuivi devant la presse à Blantyre, "nous nous assurons que chaque bulletin décompté dans les bureaux de vote l'est également au centre national".

Selon Mme Ansah, les services de la MEC ont reçu un total de 147 requêtes concernant les scrutins présidentiel, législatif et locaux qui se sont déroulés mardi.

La plupart concernent des bulletins annotés ou recouverts de "blanc" ou des accusations de falsifications de procès-verbaux de dépouillement dans les bureaux de vote.

Mercredi soir, M. Chakwera avait affirmé être "très largement en tête", selon des chiffres compilés par son propre état-major, et accusé le pouvoir de préparer des fraudes.

De nombreux incidents avaient émaillé les élections générales précédentes en 2014.

La société civile malawite et les observateurs se sont cette année félicités du bon déroulement, jusque-là, du scrutin, largement reconnu comme libre, transparent et équitable. Certains d'entre eux redoutent toutefois des tensions à l'approche des résultats.

La prochaine conférence de presse de la Commission électorale a été annoncée pour samedi.

Au pouvoir depuis 2014, Peter Mutharika a fait campagne pour un second mandat en louant son action au pouvoir pour améliorer les infrastructures du pays, notamment les routes, mais son règne a été terni par des scandales de corruption.

Ebola en RDC : quatre morts et 132 attaques contre des équipes médicales

L'équipe médicale au centre de traitement contre Ebola (ETU).

Le ministère congolais de la Santé a recensé 132 attaques contre les équipes sanitaires depuis le début de l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo il y a dix mois, avec un bilan humain de quatre morts.

"Entre le 1er aout 2018 et le 20 mai 2019, 132 attaques contre des formations sanitaires ont été enregistrées dans le cadre de l'épidémie d'Ebola, causant quatre morts et 38 blessés parmi les agents de santé et les patients", a indiqué le ministère dans son dernier bulletin quotidien diffusé vendredi.

Des infirmiers "ont dénoncé les menaces de mort et de destruction des structures sanitaires qu'ils reçoivent ces derniers jours en raison de leur rôle dans la riposte contre Ebola", ajoute le ministère.

"A cause de cette violence ciblée, plusieurs médecins et infirmiers des territoires de Beni et Lubero ont dû déménager ou quitter temporairement leur habitation, forçant ainsi certaines structures sanitaires à fermer leurs portes", ajoute-t-on.

Les infirmiers lors d'une assemblée générale jeudi ont demandé aux autorités "de s'impliquer pour mettre fin à ce phénomène de violence contre les agents de santé car, si les menaces ne cessent pas, ils envisagent de faire une grève sèche".

"Au total, il y a eu 1.248 décès (1.160 confirmés et 88 probables) et 490 personnes guéries" depuis le début de l'épidémie le 1er août, selon le ministère.

Les Nations unies viennent de nommer jeudi un "coordinateur de l'intervention d'urgence" contre l'épidémie d'Ebola.

Il s'agit de l'actuel représentant spécial adjoint du secrétaire général de l'ONU, David Gressly, qui doit donner une conférence de presse lundi à Kinshasa.

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Kenya : 14 corps, dont des bébés, retrouvés dans les rivières de Nairobi

Une aire de jeux pour enfants située sur les rives de la rivière Nairobi, dans un parc de micro-loisirs créé par des jeunes des taudis et située sur une partie de la rive des eaux très polluées du fleuve à Korogoc. Photo : le 17 mai 2019 à Nairobi

Les corps de 14 personnes, pour la plupart des bébés ou enfants, ont été découverts depuis le début de l'année dans le cadre d'une opération d'envergure pour nettoyer les rivières de Nairobi, a-t-on appris vendredi auprès de l'administration kényane.

Le corps d'un garçon de huit ans qui avait été étranglé et abandonné près de la Nairobi River, le principal cours d'eau de la capitale, a été trouvé vendredi. Quelques jours auparavant, deux bébés jumeaux avaient été découverts dans un sac plastique.

"Les jeunes du comté de Nairobi qui s'occupent du nettoyage de la Nairobi River ont aujourd'hui (vendredi) trouvé un nouveau corps d'un garçon étranglé et jeté près de la rivière", a déclaré un porte-parole du comté, Elkana Jacob.

"Cela fait un total de 14 corps d'adultes et de bébés retrouvés dans les rivières de Nairobi depuis que le gouverneur Mike Sonko a lancé la campagne de nettoyage", a-t-il ajouté.

Fredrick Okinda, président de l'association environnementale Komb-Green Solutions, qui participe au nettoyage, a dénoncé les cliniques illégales pratiquant l'avortement, certains des corps découverts semblant, selon lui, être ceux de foetus.

"Certains hôpitaux font avorter de jeunes filles et ils n'ont aucun endroit pour jeter les corps", a-t-il déclaré à l'AFP. L'avortement est illégal au Kenya, à moins que la femme ne soit en danger de mort.

D'autres de ces bébés semblent avoir été "jetés après être nés", a souligné M. Okinda. Son organisation a enterré certains bébés près de la Nairobi River.

Le nom Nairobi vient de la langue maa, le langage des Maasai, signifiant "l'endroit de l'eau fraîche". Mais les cours d'eaux de la capitale n'ont pas échappé aux méfaits de l'industrialisation et d'une urbanisation débridée.

Des usines déversent des déchets industriels dans ces rivières, et les habitants de dizaines de bidonvilles dépourvus de tout système de traitement des eaux usées ou des déchets y jettent leurs ordures ménagères.

Les opérations de nettoyage ont commencé au début de l'année. "Le nombre de corps retrouvés dans les rivières est inquiétant", avait réagi samedi M. Sonko dans un communiqué. "Nous avons demandé à la police d'enquêter sur ces cas. Qui sont les gens derrière ces meurtres insensés ?”

"Une fois que les rivières auront été nettoyées, personne ne jettera plus rien à l'eau sans qu'on le voit faire", avait-il affirmé. "Mes équipes travaillent jour et nuit pour s'assurer que nous réussissions à faire ce que nous avons décidé."

Outre huit bébés et le jeune garçon trouvé vendredi, les corps de cinq adultes ont été trouvés dans ces opérations de nettoyage depuis le début de l'année, dans la Nairobi River et ses affluents, la Ngong River et la Mathare River.

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