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Le Rwanda invite le président français Macron au 25e anniversaire du génocide

Le président français Emmanuel Macron et le président rwandais Paul Kagame tiennent une conférence de presse conjointe après leur rencontre à l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018.

Le Rwanda a invité le président français Emmanuel Macron à assister le 7 avril à Kigali à la commémoration du 25e anniversaire du génocide, l'événement à l'origine d'un quart de siècle de tensions entre les deux pays dont les relations se réchauffent depuis quelques mois.

"Le président Macron a en effet été invité à la 25e commémoration du génocide de 1994 contre les Tutsi", a déclaré à l'AFP le secrétaire d'État rwandais aux Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe. La Belgique, l'ancienne puissance coloniale, est le seul autre pays européen invité, a-t-il précisé.

La présidence française a confirmé avoir reçu l'invitation, mais indiqué se donner encore le temps de la réflexion, alors que le chef de l'État est en visite cette semaine à Djibouti, en Ethiopie et au Kenya.

S'il devait accepter l'invitation, M. Macron serait le deuxième président français à se déplacer à Kigali depuis le génocide.

Nicolas Sarkozy avait été le premier chef de l'État français à se rendre au Rwanda en février 2010. A cette occasion, il avait admis à Kigali des "erreurs d'appréciation" de la France à l'époque du génocide, sans présenter d'excuses formelles.

Près d'un quart de siècle plus tard, le rôle joué par la France au Rwanda reste encore un sujet hautement polémique, objet de tensions récurrentes entre Paris et Kigali.

Le président rwandais Paul Kagame, dont le mouvement rebelle a mis fin au génocide, a accusé les autorités françaises d'avoir soutenu le pouvoir hutu et d'avoir été un acteur des tueries ayant fait, selon l'ONU, quelque 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi, mais aussi chez les Hutu modérés.

Paris a toujours démenti toute implication dans les massacres.

La visite de M. Sarkozy avait scellé le rapprochement entre les deux pays après une rupture diplomatique entre 2006 et 2009, liée à une enquête judiciaire en France sur les événements qui ont marqué le début du génocide.

- Une nouvelle dynamique -

Mais les relations entre Paris et Kigali s'étaient à nouveau dégradées sous la présidence de François Hollande, le Rwanda déplorant que la justice française ne parvienne pas à condamner de présumés génocidaires.

Le 20e anniversaire du génocide, en 2014, avait donné lieu à une nouvelle féroce passe d'armes diplomatiques entre les deux capitales. Paris avait initialement annulé sa participation aux cérémonies, après des propos de M. Kagame accusant la France d'avoir pris une part active au génocide, ce qu'elle a toujours nié.

Finalement chargé de représenter le gouvernement français, l'ambassadeur d'alors, Michel Flesch, s'était vu retirer au dernier moment son accréditation.

Lors de la cérémonie, M. Kagame s'en était encore pris de manière à peine voilée à la France, accusée de "vouloir changer les faits". Une semaine plus tard, le centre culturel français de Kigali avait dû fermer ses portes - il est toujours fermé -, après avoir été exproprié du terrain qu'il occupait par la municipalité.

L'élection de M. Macron en 2017 semble cependant avoir impulsé une nouvelle dynamique. M. Kagame et lui-même se sont depuis rencontrés à plusieurs reprises. Ils devraient à nouveau se croiser jeudi à Nairobi au sommet pour le climat One Planet Summit.

Le président français a montré l'exemple en apportant son soutien à l'élection en octobre 2018 à la tête de la Francophonie de l'ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

Après l'élection de sa protégée, M. Kagame a déclaré dans la presse vouloir donner "un nouveau départ" à la relation bilatérale. Il n'a pas écarté l'éventualité d'un retour à Kigali d'un ambassadeur français, un poste vacant depuis octobre 2015.

La justice française a aussi lancé un signal positif en décidant en décembre de l'abandon définitif des poursuites contre des proches de M. Kagame dans l'enquête sur l'attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana, épisode déclencheur du génocide. Ce dossier envenimait depuis plus de 20 ans les rapports entre Paris et Kigali.

M. Kagame avait déjà invité M. Macron à venir au Rwanda lors d'une visite à Paris en mai 2018, sa première en France depuis 2011. Le gouvernement rwandais avait alors indiqué que si le président français acceptait cette invitation, ce serait "un bon geste, un geste important".

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Crise au sein de l'UDPS avant les funérailles de Tshisekedi père

Les partisans de l'Union pour la démocratie et le progrès social - UDPS (République démocratique du Congo) se rassemblent devant le siège du parti alors qu'ils réclamaient la déclaration de leur dirigeant à Kinshasa le 21 décembre 2018

Une nouvelle crise agite l'UDPS, le parti d'origine du président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, à huit jours des funérailles à Kinshasa de son père, le fondateur de l'UDPS Etienne Tshisekedi.

Le dernier conflit porte sur la direction de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), laissée vacante depuis le départ de Félix Tshisekedi, investi président de la République le 24 janvier.

Le président par intérim Jean-Marc Kabund a nommé un secrétaire général, Augustin Kabuya. Cette décision braque les partisans d'une direction collégiale sous forme d'un directoire.

Dans une déclaration à la presse mercredi, des députés de l'UDPS affirment que "la mise en place du directoire devrait intervenir avant le rapatriement" de la dépouille d'Etienne Tshisekedi.

Ce rapatriement a été annoncé pour jeudi 30 mai, et des funérailles sont prévues jusqu'au 1er juin. Etienne Tshisekedi est décédé à Bruxelles le 1er février 2017. Son corps n'avait pas pu être rapatrié faute d'accord avec l'ancien régime Kabila.

"Toute opposition à la mise en place du directoire (...) sera considérée comme un acte de sabotage et de haute trahison vis-à-vis d'Etienne Tshisekedi", insistent les députés de l'UDPS.

Ancien ministre du dictateur Mobutu dans les années 1960, Etienne Tshisekedi est passé dans l'opposition et a fondé l'UDPS en 1982. Il a ensuite été trois fois Premier ministre lors de la transition multipartite des années 90, avant de s'opposer au régime des Kabila père et fils.

Début mars, les militants de l'UDPS avaient manifesté leur colère après la défaite de leur parti aux élections sénatoriales à suffrage indirect. Des "combattants" de l'UDPS ont accusé leurs "grands électeurs", les députés provinciaux, d'avoir trahi et cédé à la corruption.

En novembre dernier, la même "base" avait obligé Félix Tshisekedi à dénoncer dans la journée un accord qu'il avait passé la veille avec d'autres ténors de l'opposition pour la désignation d'un candidat unique à l'élection présidentielle.

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