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Djibouti

A Djibouti, le confinement ne prend pas et l'épidémie s'aggrave

Une vendeuse de Khat porte un masque et des gants pour empêcher la propagation du coronavirus à Djibouti, le 26 mars 2020.

A Djibouti, le pouvoir autoritaire du président Ismaïl Omar Guelleh peine à faire respecter le confinement et ne cache plus son inquiétude face au rythme auquel l'épidémie de Covid-19 se propage dans ce pays petit et pauvre de la Corne de l'Afrique.

Avec 986 cas officiellement recensés, Djibouti est le pays d'Afrique de l'Est à avoir déclaré le plus grand nombre de cas de nouveau coronavirus, et de très loin même.

Il a la plus forte prévalence du continent avec 98,6 cas pour 100.000 habitants, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de l'Union africaine.

Ces chiffres sont cependant à relativiser. Car Djibouti, dont la population approche le million d'habitants, a aussi mené plus de 10.000 tests, soit autant que l’Éthiopie voisine (116 cas recensés), deuxième pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 100 millions d'habitants.

Mais l'évolution est préoccupante. En deux semaines, le nombre de cas a été multiplié par presque 7. "L'épidémie s'aggrave", s'est ainsi inquiété la semaine dernière le ministère de la Santé.

La situation a poussé lundi le président Guelleh, au pouvoir depuis 1999, à durcir le ton, reconnaissant que le confinement imposé depuis le 23 mars était loin d'être respecté comme il conviendrait.

"Le confinement n’est pas respecté par tous et malheureusement beaucoup de nos compatriotes prennent encore cette maladie à la légère", a-t-il déploré dans un discours télévisé à la Nation.

"Vous continuez à circuler, à ne pas observer les distances minimum, à ne pas vous isoler et à propager la maladie", a accusé le chef de l’État, mettant en garde contre le fait que "si la progression continue à ce rythme, nous allons bientôt arriver à un stade où nous pourrions arriver à saturation".

- Les piétons pas contrôlés -

"Si les comportements ne changent toujours pas, je prendrai des mesures encore plus contraignantes", qui pourraient prendre la forme d'un "couvre-feu", a-t-il menacé.

Le gouvernement a ordonné le confinement de toutes les personnes ne travaillant pas pour des services essentiels (douanes, ports, médias, électricité, télécommunications...).

Il a aussi fermé les frontières, les écoles, les lieux de culte, les magasins à l'exception des épiceries, banques, pharmacies et stations-service, et interdit l'utilisation des transports collectifs. Ces mesures ont été prolongées jusqu'au 28 avril.

Mais si la police et l'armée quadrillent les rues de la capitale, pour refouler les conducteurs ne disposant pas d'une autorisation de circuler, les piétons ne sont pas contrôlés et continuent à se déplacer en nombre, a constaté un journaliste de l'AFP.

La plupart des gens ne portent pas de masque, inconfortable dans la chaleur étouffante de Djibouti. Ceux dépendant du secteur informel sont nombreux à marcher chaque jour sur des kilomètres entre le quartier pauvre de Balbala et Djibouti-ville pour tenter de survivre.

Les taxis travaillent toujours, même s'ils ne peuvent prendre plus d'un passager à la fois, et aucune mesure sanitaire n'entoure les marchés de fruits et légumes, ou les échoppes vendant du khat, selon la même source.

Le gouvernement, conscient que les regards extérieurs se porteraient sur le pays, qui abrite des bases militaires étrangères (France, États-Unis, Chine...), a adopté une approche douce, qui tranche avec sa gestion habituelle, estime l'expert Benedikt Kamski.

- 'Je n'étais pas prêt' -

"Il y a une énorme différence entre le gouvernement qui montre sa force toute l'année en temps normal pour des raisons politiques ou économiques, et sa gestion actuelle de cette crise sanitaire mondiale", déclare-t-il à l'AFP.

Dans un pays où le taux de chômage avoisine les 50% et les trois quarts des gens vivent avec moins de trois dollars par jour, les autorités ont été critiquées pour avoir imposé le confinement soudainement, sans préparer de mesures d'accompagnement.

"On n'était pas prêt du tout, je n'étais pas prêt car du jour au lendemain on nous annonce le confinement du pays", explique Ahmed, un chauffeur de bajaj (tricycle motorisé). "Pour les gens comme moi qui vivent du travail journalier, c'est difficile financièrement."

"Mon travail (...) me permettait de subvenir quotidiennement au besoin de ma famille. Maintenant, je suis chez moi sans savoir quand tout va rentrer dans l'ordre", ajoute-t-il.

Le président Guelleh a annoncé la création d'un fonds d'urgence et de solidarité d'un milliard de francs djiboutiens (5,2 millions d'euros), auquel il a promis de contribuer personnellement à hauteur de 10 millions de francs.

Des distributions de nourriture ont aussi été organisées dans plusieurs quartiers pauvres, en faveur de milliers de familles, selon le gouvernement. Mais il est accusé de faire preuve de clientélisme et de tribalisme dans l'allocation de ces aides.

On lui reproche aussi sa gestion du foyer épidémique de l'hôpital Al-Rahma, à Balbala, où plusieurs patients ont été contaminés par deux médecins égyptiens récemment revenus à Djibouti. Certains d'entre eux ont ensuite été transférés à Ali Sabieh (sud), infectant là d'autres personnes.

Le ramadan s'annonce comme un défi supplémentaire pour les autorités, une partie de la population, très croyante, voyant d'un mauvais œil la fermeture des mosquées et préférant s'en remettre à Dieu pour le coronavirus.

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Djibouti accueille des pourparlers sur le Somaliland

Des femmes défilent en procession pour célébrer le 25e anniversaire de l'indépendance proclamée du Somaliland, à Hargeisa, Somalie, le 18 mai 2016. (Photo AP)

Djibouti a accueilli dimanche les pourparlers entre le gouvernement central de la Somalie et les représentants de l'Etat du Somaliland.

La veille, c’est le président djiboutien, Ismail Omar Guelleh, qui l’avait annoncé sur son compte Twitter.

“Je présiderai demain à Djibouti, une réunion entre le Président Mohamed Abdullahi Farmajo et le Président Moussa Bihi Abdi pour assurer le suivi des efforts de médiation entre les deux peuples frères”, a écrit le chef de l’État djiboutien.

Le Premier ministre de l’Éthiopie voisine, Abiy Ahmed, a également été invité, a précisé le président Guelleh.

La région du Somaliland cherche depuis environ quatre décennies à se détacher du reste de la Somalie.

Un peu comme dans la crise des zones anglophones du Cameroun, le cas du Somaliland remonte à la colonisation.

Ancien protectorat britannique, le Somaliland a obtenu son indépendance en 1960, mais quelques jours plus tard, il a rejoint la Somalie. Mais en 1991, après des années de guerre avec le gouvernement de Mogadiscio, il a déclaré son indépendance du reste du pays. Mais ni le gouvernement central ni les autres pays ne le reconnaissent comme un pays souveran.

Depuis, le froid persiste entre les dirigeants de la région et ceux de Mogadiscio. Et pour cause : le Somaliland jouit d’une autonomie de gestion, avec un gouvernement fonctionnel et un climat hors conflit. En contraste, Mogadiscio la capitale et les zones environnantes sont un bastion d’insécurité.

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, surnommé "Farmajo", "s'est engagé à déployer tous les efforts possibles pour mener des discussions fructueuses avec le Somaliland", a déclaré le porte-parole présidentiel Abdinur Mohamed Ahmed dans un communiqué.

L'ordre du jour n'a pas été rendu public.

Ce seront les premiers entretiens officiels entre Farmajo et le président du Somaliland Musa Bihi, après qu'Abiy ait organisé une réunion informelle en février.

"La délégation du Somaliland aura l'occasion de présenter au monde que le Somaliland a droit à sa souveraineté", a écrit le ministère des affaires étrangères du Somaliland sur Twitter.

Ce n’est pas la première fois qu’une tentative de médiation a lieu.

Lors des précédents cycles de négociations entre 2012 et 2015, les deux parties ont progressé sur des questions pratiques de coopération, telles que la gestion de l'espace aérien, "mais n'ont pas réussi à combler le fossé sur la question fondamentale du statut du Somaliland", lit-on dans un rapport de l'International Crisis Group, datant de 2019.

Un résident de Minneapolis d'origine djiboutienne distribue à manger

Un résident de Minneapolis d'origine djiboutienne distribue à manger
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Les autorités djiboutiennes repoussent d'une semaine l'allègement du confinement

Ismael Omar Guelleh, le président de Djibouti, aux Nations unies, New York, le 24 septembre 2011. Il est au pouvoir depuis 1999. (Photo: AP/David Karp)

Le gouvernement de Djibouti, pays de la Corne de l'Afrique qui abrite d'importantes bases militaires étrangères, a prolongé dimanche jusqu'au 17 mai le confinement pour lutter contre le coronavirus, après en avoir annoncé l'allégement progressif.

"Le gouvernement par la voix du Premier ministre (Abdoulkader Kamil Mohamed, NDLR) aujourd'hui a décidé de prolonger d'une semaine encore le confinement jusqu'au 17 mai", a écrit le ministre des Affaires étrangères Mahmoud Ali Youssouf sur Twitter.

Cette décision a été prise "à l'instant", les conditions n'étant pas encore réunies pour assouplir le confinement, a-t-il souligné.

Quelques heures auparavant, le même ministre avait pourtant annoncé sur Twitter "le processus de réouverture progressive du pays" à partir de lundi.

Sous conditions de "très strictes mesures de protection", comme le port du masque et la distanciation sociale, les transports collectifs vont reprendre et les lieux de culte seront officiellement autorisés à rouvrir, avait-il affirmé. En revanche, une réouverture des frontières n'était pas encore prévue à ce stade.


Avec près de 1.200 cas officiellement recensés pour environ 1 million d'habitants, Djibouti est le pays du continent qui en compte le plus grand nombre par rapport à sa population, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de l'Union africaine.

Mais ces statistiques doivent être relativisées, car Djibouti a mené proportionnellement beaucoup plus de tests de dépistage que bien d'autres pays africains.

Le confinement imposé à Djibouti depuis le 23 mars est largement inappliqué, malgré l'annonce d'une "indemnité compensatrice" aux travailleurs et aux entreprises lésés par le confinement.

Djibouti lance une campagne de "dépistage massif" contre le covid-19

Une vendeuse de Khat porte un masque et des gants pour empêcher la propagation du coronavirus à Djibouti, le 26 mars 2020.

Le gouvernement de Djibouti a annoncé jeudi le lancement vendredi d'une campagne de dépistage massif du Covid-19, visant à effectuer 45.000 tests dans les jours à venir en recourant au porte-à-porte.

Ce dépistage massif consiste "à effectuer 5.000 tests par jour en porte-à-porte" pour atteindre "45.000 tests", a indiqué la présidence djiboutienne dans un communiqué.

Cette campagne ciblera en priorité "les quartiers populaires dans l'objectif de mesurer la contagion communautaire" et "les personnels essentiels dans les secteurs public et privé".

Ce dépistage massif doit permettre au gouvernement djiboutien d'affiner "la stratégie et les mesures à prendre face à cette crise sanitaire", ajoute le communiqué.

Selon les dernières données publiées jeudi, le petit pays de la Corne de l'Afrique de près d'un million d'habitants a effectué à ce jour quelque 13.400 tests qui ont permis de détecter 1.089 cas positifs. Deux personnes ont succombé au virus et 642 en ont guéri, toujours selon les autorités.

Faisant référence à une décrue du nombre de nouveaux cas constatée ces derniers jours, le ministère a toutefois appelé à la prudence jeudi: "la chaîne de transmission s'est certes ralentie mais elle reste encore active".

De fait, la situation demeure préoccupante et elle a récemment poussé le président Ismaël Omar Guelleh à durcir le ton, reconnaissant que le confinement imposé depuis le 23 mars était loin d'être respecté comme il conviendrait.

"Le confinement n'est pas respecté par tous et malheureusement beaucoup de nos compatriotes prennent encore cette maladie à la légère", a-t-il déploré dans un discours télévisé à la Nation.

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