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États-Unis

Le Pentagone bloque des paiements à l'armée pakistanaise

Le Secrétaire américain de la Défense Jim Mattis au Pentagone, 19 mai 2017.

Le ministère américain de la Défense a bloqué des paiements à l'armée pakistanaise, le chef du Pentagone Jim Mattis étant parvenu à la conclusion qu'Islamabad n'agissait pas suffisamment pour combattre le réseau Haqqani, affilié aux talibans, a indiqué vendredi un porte-parole.

"Le ministre Mattis a informé les commissions de la Défense du Congrès qu'il n'était pas en mesure de certifier que le Pakistan avait pris suffisamment de mesures contre le réseau Haqqani pour permettre un versement total des fonds de soutien de la coalition pour l'année fiscale 2016", a fait savoir Adam Stump.

Les Etats-Unis avaient alloué 900 millions de dollars d'aide militaire au Pakistan au titre de 2016 à travers un fonds spécial. Islamabad en a déjà reçu 550 mais la décision du ministre a entraîné le blocage d'un versement de 50 millions.

Les 300 millions manquants avaient été annulés auparavant par le Congrès dans le cadre de coupes plus larges.

"Cette décisions ne minimise pas l'importance des sacrifices accomplis par l'armée pakistanaise ces dernières années", a relevé le porte-parole. "Le Pakistan a encore le temps d'agir contre le réseau Haqqani de façon à influencer la décision du ministre pour l'année fiscale 2017", a-t-il poursuivi.

Le Pakistan est en effet supposé recevoir cette année 900 millions de dollars.

Le réseau Haqqani est basé dans des régions frontalières entre l'Afghanistan et le Pakistan. Ce groupe armé allié des talibans est à l'origine de nombreuses attaques contre les forces étrangères et locales en Afghanistan.

Le Pakistan a reçu des milliards de dollars d'aide américaine depuis l'invasion de l'Afghanistan en 2001 sous la conduite des Etats-Unis.

Avec AFP

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Destituer Trump? Le dilemme des démocrates

De la gauche vers la droite, les députées democrates Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib, à Capitol Hill à Washington, le 26 février 2019.

Les démocrates américains restaient divisés dimanche sur les risques politiques d'une procédure de destitution du président Donald Trump pour entrave à la justice, un délit qu'ils estiment prouvé par le rapport du procureur spécial Robert Mueller.

Mais, dans l'optique de la réélection en 2020, le camp républicain et le président profitaient du fait que Robert Mueller n'avait lui-même pas recommandé de poursuites pénales pour serrer les rangs et tenter de tourner la page russe.

"C'est une décision très difficile", a dit dimanche le démocrate Adam Schiff, chef de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, la chambre basse du Congrès que les démocrates contrôlent depuis janvier.

"Peut-être que nous irons jusque-là, peut-être pas", a dit le président de cette commission qui serait chargée de lancer les hostilités, Jerry Nadler. D'abord, il faut "évaluer toutes les preuves", a-t-il dit sur NBC.

Selon la Constitution, la procédure d'"impeachment" commence à la Chambre: ses élus peuvent voter une mise en accusation, auquel cas il reviendrait au Sénat de juger le président afin de le destituer ou de l'acquitter. Mais le Sénat est à majorité républicaine...

"Il est certain qu'une destitution échouerait si le parti républicain continuait à faire passer le parti avant le pays et à soutenir le président quels que soient ses manquements éthiques et sa malhonnêteté", a reconnu Adam Schiff.

A quoi bon plonger le pays dans une bataille perdue d'avance, à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle? s'interrogent de nombreux démocrates.

A ce jour, la sénatrice Elizabeth Warren, candidate aux primaires présidentielles, est la principale figure démocrate à avoir appelé au lancement de cette procédure, mais elle est isolée. Un seul des 17 autres candidats, Julian Castro, l'a aussi fait.

Le sénateur Cory Booker, par exemple, a dit dimanche que l'heure n'était pas venue, et qu'il voulait d'abord avoir entendu Robert Mueller en audition parlementaire. Les autres évitaient le sujet.

- Moral? -

Le rapport Mueller est un extraordinaire document, élaboré grâce à plus de 2.800 requêtes judiciaires de documents, plus de 500 mandats de perquisition et environ 500 témoins interrogés, dont de nombreux membres de l'entourage du président (Donald Trump n'a répondu aux questions des enquêteurs que par écrit).

Le grand paradoxe est que le procureur Mueller détaille sur des dizaines de pages dix tentatives d'entrave à ses investigations, dont quantité de mensonges et de manigances pour induire en erreur la presse et le grand public... Mais il n'a pas recommandé de poursuites, puisqu'un président en exercice ne peut être inculpé, laissant donc au Congrès la responsabilité de tirer les conclusions du rapport.

"Quand est-ce que Mueller est devenu Dieu?" a demandé sur Fox News l'avocat du président, Rudy Giuliani, qui a fait une tournée de victoire dans plusieurs émissions politiques dominicales.

Comme lui, le camp Trump effectue une analyse sélective du rapport Mueller. Il rejette d'une part comme fantaisistes les multiples éléments à charge découverts par les enquêteurs, mais fait valoir d'autre part que le procureur spécial n'a pas conclu qu'un délit avait été commis.

L'unité républicaine n'est toutefois pas totale. Le sénateur Mitt Romney, critique régulier de Donald Trump, s'est dit vendredi "écoeuré par l'étendue et l'ampleur de la malhonnêteté et des errements d'individus occupant la plus haute fonction du pays, y compris le président".

L'ancien candidat à la Maison Blanche faisait notamment référence au fait que l'entourage du président, dont l'un de ses fils, ait accepté de rencontrer des Russes disant disposer d'informations compromettantes sur Hillary Clinton.

"Il n'y a rien de mal à recevoir des informations des Russes. Cela dépend d'où elles viennent", a dit Rudy Giuliani sur CNN. "Il n'y pas de délit".

Mais est-ce moral?, lui a demandé le journaliste.

"Les procureurs ne s'intéressent pas à la moralité", a répondu l'avocat, ancien maire de New York.

Une conseillère du président, Kellyanne Conway, affichait le même pragmatisme: "Les gens se souviendront de cette semaine comme de celle où il a été réélu", a-t-elle affirmé sur ABC.

Avec AFP

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