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République du Congo

Le PCT tient son 5e congrès à Kintélé

Le 28 décelmbre 2019, les militants du PCT, réunis à Kintélé, ont appelé le président Sassou N'Guesso à se représenter en 2021 (VOA/Arsène Séverin)

Le Parti congolais du travail (PCT), le parti au pouvoir au Congo, tient depuis le 27 décembre son cinquième congrès. Ces assises devraient non seulement permettre d'élire un nouveau secrétaire du parti, en remplacement de Pierre Ngolo, mais surtout, les militants appellent le Denis Denis Sassou N'Guesso à être candidat à l'élection présidentielle de 2021.

Des centaines de délégués venus du Congo profond et de l'étranger discutent de l'avenir du parti présidentiel. Tous sont unanimes que le président Denis Sassou N'Guesso doit rempiler en 2021.

Le PCT au pouvoir, tient son cinquième congrès
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Selon Dr Galissamy Ibombo, "c'est l'homme qu'il faut garder pour 2021, évitons les aventures. C'est lui qui a bâti la maison, laissons-lui le temps de mettre la peinture, d'ajuster les tôles qui suintent, et pendant ce temps, qu'il forme aussi les futurs successeurs".

Antoinette est la présidente de l'organisation des Femmes du PCT. "On ne pourra même pas discuter là dessus, c'est notre candidat, à l'unanimité, nous l'avons désigné comme candidat du Parti congolais du travail".

Faute de place dans la salle, les militants suivent le congrès par un écran géant, le 27 décembre 2019 à Kintele (VOA/Arsène Séverin)
Faute de place dans la salle, les militants suivent le congrès par un écran géant, le 27 décembre 2019 à Kintele (VOA/Arsène Séverin)

Ensuite, cette discussion interne sur la gestion de l'Etat ouverte par les jeunes appelant à lutte contre la corruption dit clairement que le PCT ne devrait plus servir de refuge à tous les corrompus. "A niveau donné de responsabilité, il est question qu'on serve sa population pour que le pays se développe", explique Armel Sidobe, membre de la direction de la Jeunesse du PCT.

Le PCT fête en même temps les 50 ans de sa fondation par l'ancien président Marien Ngouabi.Aux nombreux commentaires sévères sur son régime, Antoinette Kebi répond : "La critique ne devrait même pas nous faire peur, la critique devrait nous emmener à aller de l'avant. Les critiques positives, nous les reprenons, les intériorisons et faisons que en sorte que nous puissions mettre en œuvre ce qui ne marche pas. Ce qui est critiqué, nous reformulons la façon de faire de notre parti".

Profitant de l'occasion offerte par le congrès du parti au pouvoir, le chef de file de l'opposition, Pascal Tsaty Mabiala, a, pour sa part, appelé à un profond changement au PCT. "Quarante ans de pouvoir pour un résultat catastrophique, c'est ça aussi le bilan du PCT. J'espère qu'au moment où ils se réunissent, ils y pensent fortement, pour laver le désaveu infligé par les Congolais, car dans toutes les consultations, le PCT n'a jamais gagné".

Le congrès du PCT, qui s'achève ce lundi, débouchera également sur la désignation d'un nouveau secrétaire général du parti, Pierre Ngolo élu en 2011, et qui ne devrait pas se représenter.

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Le premier cas de Covid-19 a été enregistré en dehors de Kinshasa

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Fait rarissime, un dimanche sans assemblée de prière à Brazzaville

la cathédrale de Brazzaville vide, le 21 mars 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Le Congo-Brazzaville a vécu dimanche sa première journée sans réunion de prière. Les autorités, qui avaient décidé de la fermeture de tous les lieux de culte, viennent également de fermer les frontières.

Le 22 mars était un dimanche calme, sans son de cloche ni chants de chorale, encore moins les habituels cris d'adoration ou bruits de tam-tam. Un fait rarissime. Depuis la confirmation de cas de coronavirus dans le pays, le gouvernement a décidé de fermer les lieux de culte.

A la Cathédrale du Sacré-Cœur de Brazzaville, la plus ancienne cathédrale d’Afrique centrale toujours en activité, les fidèles catholiques, en préparation de la fête de Pâques, expriment leur émoi face à cette situation inédite.

"Nous sommes frustrés parce qu'en pleine période de Pâques​, nous étions sensés adorer Dieu et prier", déplore un fidèle qui traîne devant la cour de la cathédrale.

Impossible d'y entrer.

"C'est complètement fermé, et cela dérange tout le monde. De temps en temps, on constate que les gens viennent même si c'est fermé. Moi je suis un maître de chants, je propose de la musique aux chrétiens et j'aime le silence de cet endroit", témoigne un autre fidèle.


Devant la chapelle du Ministère de la Voie du Salut, au quartier Moungali, aucune âme. Le pasteur a donné des consignes que les fidèles suivent avec rigueur.

"Mon pasteur, qui a compris le message gouvernemental, le respecte, et nous a demandé de faire avec lui la prière au téléphone. De temps en temps, quand j'ai un problème qui me dépasse, j'appelle mon pasteur, il prie pour moi", explique Laudes Martial Mbon, fidèle de cette église.

Même constat à Grand Ravin, au quartier Makelekele, où l'on retrouve les adeptes du Kingunza, un culte initiatique qui retrace ses origines à l'Egypte antique.

"Pas de culte, les paroisses sont fermées tel que c'est dit par le gouvernement", explique Antoine Malela Mayinga, le pasteur général de cette dénomination, plus connue sous le nom de l'Église Unie du Saint-Esprit au Congo​. "Nous avons laissé la latitude aux responsable des paroisses de s'organiser, mais en tenant compte des mesures qui sont prises par l'Etat et de la note circulaire que nous avons envoyée dans nos paroisses. Ils doivent aller vers les chrétiens, mais pas en grand nombre", précise-t-il.

"Ce qui nous manque, c'est l'ambiance habituelle, c'est la façon dont nous célébrons nos cultes selon notre liturgie. Mais en fait aussi, cela ne nous manque pas, parce que nous avons des illustrations dans la Bible qui nous indiquent que nous pouvons, dans certaines circonstances, vivre la Pâques de cette manière", souligne le pasteur Edouard Moukala, président de l'Église évangélique du Congo.


La classe politique saisit la gravité du moment et met de côté ses dissensions pour rallier la nation congolaise.

Samedi, la présidente de la Fédération de l'opposition congolaise, Claudine Munari, a appelé toutes les forces vives à soutenir l'action du gouvernement dans la lutte contre le coronavirus. Une trêve rendue nécessaire par l'urgence sanitaire en cours. "Les autres problèmes demeurent", clarifie-t-elle.

Le Congo compte désormais quatre cas confirmés de coronavirus, selon les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les autorités ont procédé à la fermeture de toutes les frontières. Le quatrième cas a été détecté à Pointe-Noire, la cité pétrolière du pays.

Les autorités congolaises ont réquisitionné des centres de santé à Brazzaville, à Pointe-Noire et à Oyo (Nord) pour la prise en charge des malades du COVID-19.

Aurlus Mabélé, père fondateur du soukous, est mort du coronavirus

Des sapeurs congolais à Brazzaville, le 16 mars 2014. Aurlus Mabélé était l'une des figures de proue du mouvement de la sape. (Photo: Junior D. Kannah / AFP)

Le chanteur congolais connu sous le sobriquet d'Aurlus Mabélé a succombé du coronavirus à Paris. Il avait 67 ans.

De son vrai nom Aurélien Miatsonama, cet artiste né au quartier Poto-Poto de Brazzaville est considéré comme l'un des pères fondateurs du soukous, musique au rythme dansant dérivée de la rumba congolaise.

"Mon papa est mort ce matin du coronavirus ... Merci d’honorer sa mémoire," a écrit Liza Monet, la fille du défunt, sur ses comptes Facebook et Twitter.

"C’est une grande légende du Soukouss que le peuple congolais perd aujourd’hui. Je suis inconsolable et effondrée," écrit-elle.

Co-fondateur du célèbrissime groupe Loketo, Aurlus Mabélé était l’une des sommités du monde artistique africain. Il a vendu plus de 10 millions d’albums tout au long de sa carrière illustre.

Artiste polyvalent, il était aussi l’un des porte-étendards du mouvement des sapeurs du Congo-Brazzaville, rivalisant parfois avec des mouvements venus de la République démocratique du Congo voisine dont le défunt Papa Wemba était l'une des figures de proue.

Sa musique au rythme très saccadé a fait danser l’Afrique, l’Europe mais aussi les Caraïbes.

Il s’est produit dans plusieurs des salles mythiques de l’Europe aux côtés d’une myriade d'autres stars, comme Diblo Dibala ou Kanda Bongo Man, originaire de l'autre rive du fleuve Congo.

Écoles et églises fermées à Brazzaville, les commerçants augmentent les prix

Un marchand opportuniste de masques, au marché Total de Bacongo, à Brazzaville, le 19 mars 2020 (VOA/Arsène Séverin)

Avec l'annonce d'un troisième cas de contamination de coronavirus en République du Congo, les autorités ont adopté une série de mesures visant à stopper la propagation de la maladie. Il s'agit de la fermeture des écoles et des lieux de culte, des bars et certains restaurants.

Sur le terrain, ces mesures sont appréciées différemment par les Brazzavillois et chacun y va à sa façon. Par exemple, alors que les écoles devraient être fermées jeudi matin, des centaines d'élèves se sont retrouvés devant leurs établissements.

"L'école concentre à elle seule plus d'un tiers de la population congolaise. Elle est donc très exposée à la propagation et à la contamination du coronavirus. La décision du gouvernement est donc bien arrivée", soutient Ernest Blanchard Dimi, un parent d'élève.

Hubert Kokolo, un autre parent d'élève, est aussi d'accord: "Il fallait les mettre à l'abri, parce que la propagation du coronavirus n'attendra pas la fin des compositions".

Mais Sidoine Mouboubou, enseignant à l'université Marien Ngouabi, s'inquiète du chambardement du calendrier universitaire. "Dans certains établissements de l'université Marien Ngouabi, notamment à la faculté des lettres où je suis, il y a la session qui avait déjà commencé. A ce niveau, il y aura un coup. Il faut créer les conditions de sorte que les cours soient rattrapés dès que la mesure sera levée", espère l'universitaire.


Les deux nouveaux cas détectés à Brazzaville sont un Congolais de 46 ans et un Américain de 37 ans, tous deux en provenance de Paris, en France.

Dans un tweet, l'ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Todd Haskel, a annoncé qu'il s'était mis en quarantaine de 14 jours, pour avoir été plus fois en contact avec le sujet américain qui est son collaborateur.

Le premier cas confirmé le dimanche dernier est un conseiller du Premier ministre Clément Mouamba qui à son tour a été testé négatif. Le cas confirmé est actuellement en soins au CHU de Brazzaville.

Par ailleurs, de nombreuses mesures d'hygiène ont été rappelées par les autorités sanitaires.

Dans les rues de Brazzaville, les populations prennent tout ce qui est nécessaire : masques, cache-nez, serviettes, gel hydro-alcoolisé. Le tout pour le bonheur des commerçants qui n'hésitent pas d'augmenter les prix. Les commerçants évoquent la rareté de produits dans le commerce en gros.

Mais les consommateurs se plaignent.

"Les gels désinfectants sont passés de 1500 à 3000 voire 4500 francs CFA. Il y a aussi les seaux pour se laver les mains, fabriqués en RDC par une société de plastics que nous achetions à 2500 francs CFA, aujourd'hui le prix a presque doublé. S'il faut ajouter à cela notre budget pour acheter ces produits, cela pèse quand même", se plaint Alphonse Ndongo.

Dans les rues de Brazzaville, chacun se protège comme il peut, le 19 mars 2020 (VOA/Arsène Séverin)
Dans les rues de Brazzaville, chacun se protège comme il peut, le 19 mars 2020 (VOA/Arsène Séverin)

"Le gouvernement devrait prendre des mesures contre ces commerçants véreux", lance Dimitri Sobeckela, père de famille. "C'est inadmissible et irresponsable pour ces commerçants qui ne pensent qu'à leur bénéfice, alors que ce n'est pas une situation de gaieté où on espère tirer profit", ajoute-t-il.

En séjour dans le nord du pays depuis deux semaines, le président Denis Sassou N'Guesso a mis en place une task force, dirigée par le ministre d'Etat chargé de l'économie, Gilbert Ondongo.

Double pari au Pool congolais: nourrir les écoliers et réhabiliter les zones rurales

Des légumes à la cantine scolaire de Mindouli dans le Pool, le 28 février 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Dans la vaste région du Pool, qui comprend Brazzaville, un nouveau partenariat axé sur les repas scolaires s'avère prometteur pour rétablir non seulement les moyens de subsistance des populations rurales mais aussi la confiance dans l'État congolais.

Le gouvernement congolais et le Programme alimentaire mondial (PAM) expérimentent des cantines scolaires avec un menu spécial, composé uniquement de produits locaux. Il s'agit des produits de l'agriculture et de la pisciculture locales. Les légumes, le saka-saka (feuilles de manioc), le haricot, du poisson fumé, le tout accompagné du manioc local.

Des ingrédients qui changent le menu dans les cantines scolaires à Mindouli, dans la région du Pool, où les ''Cantine ya Buala'' sont expérimentées.

Jean Martin Baueur, le représentant du PAM qui pilote ce projet, explique que "la localité de Mindouli a été très affectée par les conflits armés et la production agricole a souffert. On est à un stade où les choses reprennent et nous avons des surplus pour effectivement pouvoir alimenter les élèves", indique-t-il.

Les femmes préparent les tranches de chikwangue à la cantine scolaire, Mindouli, le 5 mars 2020. (VOA/Arsène Séverin)
Les femmes préparent les tranches de chikwangue à la cantine scolaire, Mindouli, le 5 mars 2020. (VOA/Arsène Séverin)

L'initiative a une portée qui va bien au-delà de la nutrition en milieu scolaire. Il s'agit aussi de réhabiliter l'image de l'Etat dans cette vaste région où le crépitement des armes se faisait entendre encore il y a environ trois ans.

Des défis multidimensionnels qui exigent des investissements dans plusieurs domaines, comme le reconnait le représentant de l'agence onusienne. ​"Nous avons apporté un appui sur deux choses, notamment la réhabilitation des pistes agricoles pour connecter les bassins agricoles avec les marchés. Et un appui à la production elle-même. Dans le Pool, c'est plus que 500 étangs qui ont été réhabilités", souligne M. Baueur.

A la place du traditionnel riz et sardine japonais, ou du haricot américain, les enfants se nourrissent désormais des aliments cultivés sur place.

Dans les trois écoles primaires de Mindouli centre, 3.500 élèves mangent dans ces cantines. Caroline Mbemba a la responsabilité de servir 1.200 repas par jour. "On a catégoriquement changé de menu. Les élèves aiment toujours manger le saka-saka au pain bio, une fabrication de boulangerie locale", dit la cheffe de cuisine.

Dans les salles de classe, les enseignants constatent la stabilisation des effectifs scolaires. "Cela motive les enfants. Nombreux viennent ici sans rien à grignoter, mais quand il y a la cantine, cela leur fait du bien, car ils doivent attendre les parents qui reviennent des champs pour manger le soir", témoigne une enseignante du cours moyen.

"L'enfant ne peut plus fuir les cours grâce à la nourriture. Quand il a faim, il ne peut pas venir à l'école, et même moi l'enseignant si je n'ai pas encore grignoté quelque chose, pour bien enseigner, c'est difficile", affirme un autre enseignant de l'école primaire.

Aussi louable qu'elle soit, l'initiative est tout de même critiquée par certains représentants de la société civile qui estiment que les enfants ne devraient pas manger dans les salles de classe.

Ces activistes appellent donc les autorités à construire des réfectoires et des cuisines avec de bonnes conditions d'hygiène, pour garantir à quelque 80.000 élèves congolais qui ont accès aux cantines scolaires de ne pas tomber malade.

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