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République du Congo

L'opposition pour une transition et une présidentielle en 2023 sans Sassou

Le Président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, lors d'un sommet sur le fleuve Congo, le 29 avril 2018 à Brazzaville.

Le principal parti d'opposition au Congo a estimé jeudi à Brazzaville que les conditions ne seraient pas réunies pour que le pays organise une présidentielle en 2021, proposant une transition et un scrutin en 2023 sans la participation du président Denis Sassou Nguesso.

L'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) propose "la prorogation jusqu'en 2023 du mandat du président Sassou Nguesso avec tous les pouvoirs constitutionnels qui s'y attachent, et avec interdiction pour lui de se présenter à la prochaine élection présidentielle", a déclaré Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de ce parti d'opposition, au cours d'une conférence de presse.

En "vérité, il ne peut y avoir d'élections crédibles (...) en l'absence d'un corps électoral fiable", a-t-il ajouté.

M. Tsaty a par ailleurs estimé que "l'introduction de la biométrie, la restructuration de la Commission d'organisation des élections et le découpage électoral" ne peuvent être réalisés en moins de deux ans "en tenant compte de l'exécution du programme avec le Fonds monétaire international (FMI)".

Selon la Constitution de 2015, en vigueur, M. Sassou (76 ans dont 35 ans à la tête du Congo) a le droit de se présenter à la présidentielle de 2021 et pour la dernière fois en 2026.

Le leader de l'UPADS, qui est également chef de file de l'opposition, a exigé "le retour de tous les exilés politiques reconnus comme tels".

Au terme de la présidentielle contestée de 2016, l'UPADS avait pris acte de la victoire du président Sassou Nguesso au Congo.

Après ce scrutin, le général Jean-Marie Michel Mokoko (ancien chef d'état-major de l'armée) et l'ancien ministre André Okombi Salissa, candidats malheureux, ont été arrêtés. Les deux hommes ont ensuite été jugés et condamnés chacun à 20 ans de travaux forcés pour "atteinte à la sécurité intérieure de l'État et détention illégale d'armes de guerre".

Le Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) tient son cinquième congrès de vendredi à lundi avec en ligne de mire l'élection présidentielle prévue en 2021.

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Les autorités ont accepté l'évacuation sanitaire de l'opposant Jean-Marie Mokoko

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Evacuation de Mokoko: la société civile brazzavilloise ne fait pas confiance à la Turquie

Le général Jean Marie Michel Mokoko, jugé et condamné à 20 ans de reclusions. (VOA/Arsène Séverin)

Les autorités du Congo-Brazzaville ont enfin accepté que l'opposant Jean-Marie-Michel Mokoko quitte le pays pour aller se soigner en Turquie. Un choix que désapprouve la société civile.

C’est après trois semaines de tractations entre le gouvernement, la famille et les médecins que les autorités ont permis à l'ancien chef d'état-major général ds forces armées congolaises d’aller se soigner en Turquie.

Son avion a quitté l’aéroport international Maya Maya de Brazzaville à 11h28, selon une source aéroportuaire.

M. Mokoko, 78 ans, souffre d’un paludisme sévère et des problèmes cardiaques, selon son médecin personnel. L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 avait été déclaré positif au coronavirus, mais son docteur estime qu'il s'agit d'un faux diagnostic. M. Mokoko se rend à Istanbul sans ce dernier, car il a été empêcher d’embarquer avec lui, malgré le fait qu’il avait obtenu un visa en bonne et due forme.


Le général Mokoko a été admis depuis le 2 juillet à l’hôpital central des armées Pierre Mobengo de Brazzaville.

La destination Istanbul a surpris beaucoup de Congolais, qui s’attendaient voir le général débarquer à Paris en France ou à Rabat au Maroc. Certaines organisations de la société civile dénoncent le choix de la Turquie, pays où le respect des droits humains n'est pas garanti.

"La Turquie n’est pas un bon exemple en matière des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, plusieurs opposants y sont maltraités. Cela veut dire qu’en partance pour la Turquie, le Congo a exporté la maison d’arrêt", a déploré l’opposant Paulin Makaya, lui-même un ancien prisonnier, au cours d’une conférence animée jeudi dans la capitale.

"Nous sommes très inquiets qu’il soit parti sans son médecin. Nous espérons que les autorités turques prendront toutes les dispositions nécessaires pour lui garantir tous les soins appropriés", a affirmé Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH).

Selon Me Eric Yvon Ibouanga, l’avocat du général Mokoko, ce dernier était "combatif et serein", quoi que "fatigué par la maladie".

"Il faut remercier les autorités de notre pays qui ont accédé favorablement à la demande que le collectif des avocats a adressée pour l’évacuation sanitaire du général Mokoko", a-t-il indiqué.

Arrivé en 3e place à la présidentielle de 2016 derrière Denis Sassou N’Guesso, président réélu, et Guy Brice Parfait Kolelas selon les chiffres officiels, le général Mokoko n’a jamais reconnu la victoire du président Sassou N’Guesso.

En 2018 il est condamné à 20 ans de prison pour atteinte à la sureté de l’Etat. Une condamnation qui avait été dénoncée par les Nations unies, qui ont appelé à sa remise en liberté.

Selon le quotidien Les Dépêches de Brazzaville, le président Denis Sassou Nguesso avait reçu des proches de l'opposant lundi dernier. C'est suite à cette rencontre que le chef de l'État a donné son accord pour l'évacuation de son adversaire.

A Brazzaville, le casse-tête du déconfinement

A Brazzaville, le casse-tête du déconfinement
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Un photographe créatif démontre le "fantôme" du coronavirus aux jeunes de Brazzaville

Le Covid-19 présenté comme un fantôme à Brazzaville, le 21 juillet 2020. (VOA/Arsène Séverin)

C’est au marché Total, l’un des plus grands de Brazzaville, que le photographe Lebon Chasard Ziavoula se sert de son appareil pour attirer l’attention des jeunes qui ne croient toujours pas à l’existence du coronavirus.

Il habille un autre jeune en blanc, et le présente comme un fantôme au milieu des humains. Le message est clair: le coronavirus est un fantôme, et donc visible ou pas, il existe réellement.

Certains jeunes Brazzavillois ne croient pas que le coronavirus existe
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"Cela attire les curieux qui demandent s’il y a le coronavirus. Et j’en profite pour dire que la maladie existe", explique M. Ziavoula.

Beaucoup de Congolais ont développé un scepticisme face à la pandémie. Les jeunes sont en première ligne. "On ne voit rien, mais on nous dit que le coronavirus existe. On fait comme à l’église : Dieu existe, mais on ne le voit pas", ironise Mirna.

"Regardez les conditions dans lesquelles les gens circulent dans les marchés et comment on se bouscule pour prendre les bus. On s’en fout", indique Jonas, un autre jeune qui estime que cette pandémie n’est qu’ "un mythe" et que les chiffres publiés à la télé, "c’est pour amuser la population".

A l’instar du photographe Ziavoula, des jeunes sensibilisent d’autres jeunes à la présence effective de la maladie COVID-19 au Congo.

Yoan Ibiliki, président de l’Association congolaise pour l’assistance sociale, appelle les jeunes à prendre conscience. "Nous avons mené des activités envers les jeunes pour qu’ils fassent preuve de civisme et de responsabilité face à cet ennemi invisible", indique-t-il.

Thales Zokene, un jeune artiste, estime qu’il ne faut pas suivre les jeunes qui ne croient pas à la présence du coronavirus au Congo. "Nous ne pouvons pas tomber dans cette naïveté. Il est temps que la jeunesse prenne ce problème à bras le corps", explique-t-il.

Selon plusieurs témoignages recueillis dans la ville, le scepticisme se développe dans la société, en partie parce que les médias locaux ne montrent pas les malades de COVID-19 dans leurs lits d’hôpital.

Et même parmi les jeunes congolais qui sont convaincus que le coronavirus existe, nombreux sont ceux qui doutent de la capacité des structures locales de prise en charge.

Des inquiétudes battues en brèche par la ministre de la santé, Jacqueline Lydia Mikolo."On a toujours tendance à être dans la rumeur, dans le trafic d’information sur les réseaux sociaux", déplore-t-elle. "Nous avons bien des respirateurs, ils sont là, installés et d’autres ne le sont pas encore à cause des travaux", souligne la ministre Mikolo.

A ce jour, le Congo-Brazzaville compte 3 038 cas confirmés de coronavirus dont 51 décès et 758 guérisons. Le pays est toujours en état d’urgence sanitaire.

Certains jeunes Brazzavillois ne croient pas que le coronavirus existe

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