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République du Congo

Inès Ingani démise de ses fonctions de ministre de la femme

La ministre de la Promition de la Femme, Inès Nefer Ingani a été démise de ses fonction, à Brazzaville, le 17 septembre 2019. (VOA/Arsène Séverin)

La ministre de la Promotion de la femme Inès Nefer Ingani a été démise de ses fonctions le 17 septembre à Brazzaville, après la divulgation sur les réseaux sociaux de la remise d'une importante somme d'argent au chef de file de l'opposition par les services de la présidence. Selon certaines sources, la ministre aurait favorisé cette publication.

Dans le décret qui démet Inès Nefer Ingani de ses fonctions, le président de la République n'en souligne pas la cause.

Mais la semaine dernière, le chef de file de l'opposition, Pascal Tsaty Mabiala et son parti, l'UPADS, avaient réclamé sa tête, menaçant de la traduire en justice pour propos diffamatoires.

Une conversation téléphonique qui impliquerait la désormais ex-ministre de la Femme et un jeune cadre du PCT, le parti au pouvoir, dévoilait que le chef de l'opposition avait reçu d'importantes sommes d'argent de la part de la présidence de la République. Par conséquent, le chef de l'Etat et son Premier ministre n'ont pas hésité à pousser la ministre vers la porte, elle qui est, par ailleurs, députée à Brazzaville.

Quelques mois avant, une autre conversation téléphonique impliquant la ministre de la Jeunesse et un officier supérieur de la police s'était retrouvée sur les réseaux sociaux, mais sans coûter un quelconque poste.

Lors des récentes affaires politiques au Congo, jamais un ministre n'a été démis de ses fonctions au sein du gouvernement, fut-il par décret présidentiel. C'est toujours par un remaniement que les ministres, même démissionnaires, quittent le gouvernement.

Le cas Ingani est donc emblématique et devrait interpeller sur le fait que les réseaux sociaux sont en train de devenir une arme politique très redoutable au Congo.

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Chantiers de Tshisekedi : un patron des travaux publics interpellé à Kinshasa

Le chantier de construction d'un saut-de-mouton dans le quartier de Debonhomme à Kinshasa, le 7 février 2020. (Capture d'écran)

Des enquêtes sur la mauvaise gestion présumée des grands travaux présidentiels ont conduit à l'interpellation d'un patron du BTP en République démocratique du Congo, où les autorités tentent de lutter contre la corruption endémique, a indiqué jeudi le ministre de la Justice.

Le directeur général de la société Safricas "a été retenu au parquet" mercredi, a expliqué à l'AFP le ministre de la Justice Célestin Tunda Ya Kasende.

"Il lui est reproché sa mauvaise gestion (...). Est-ce que ce sont des détournements? Est ce que ce sont des abus de confiance? C'est le juge qui va le déterminer", a-t-il expliqué.

Safricas est l'une des entreprises qui construisent une demi-douzaine de ponts routiers devant enjamber la chaussées à Kinshasa pour en finir avec les bouchons aux grands croisements de la capitale.

Connus par les Kinois sous le nom de "Sauts-de-mouton", ces futurs échangeurs routiers sont le symbole des "travaux d'urgence" lancés en mars-avril par le nouveau président Tshisekedi, sous le nom du "programme des 100 jours".

Polémique autour de travaux de sécurité routière à Kinshasa
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Près d'un an après, les "Sauts-de-mouton" sont toujours inachevés, comme d'autres chantiers lancés dans la foulée de l'investiture du président le 24 janvier 2019.

Le président avait décidé "d'un audit sur l'utilisation des fonds débloqués pour la construction de ces ouvrages", selon le compte-rendu du conseil des ministres du 6 février.

Le chef de l'État avait fait une tournée d'inspection des chantiers des "sauts-de-mouton" le 13 février.

"Tout porte à croire qu'il s'est réellement passé quelque chose d'anormal", a commenté samedi le président par intérim du parti présidentiel UDPS, Jean-Marc Kabund.

"L'UDPS exige la démission de toute personne (...) sur qui repose une once de soupçon dans le cadre du programme des 100 jours du chef de l'État", a-t-il ajouté dans un discours lors du 38e anniversaire du parti.

Le président Tshisekedi vient de nommer sept haut-magistrats pour réformer la justice et lutter contre la corruption.

Dans le même temps, les magistrats font grève depuis dix jours pour obtenir de "meilleures conditions du travail".

La RDC occupe la 168e place sur 180 pays dans l'indice de perception de la corruption établi par l'ONG Transparency international, dans un rapport rendu public fin janvier.


Tshisekedi commence à réformer la justice congolaise pour mieux lutter contre la corruption

Les juges de la Cour constitutionnelle lors du verdict qui a invalidé le recours de Martin Fayulu et confirmé la victoire de Tshisekedi à l'élection présidentielle du 19 janvier 2019 à Kinshasa. (Caroline THIRION / AFP)

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a imprimé sa marque sur la haute magistrature en assistant mercredi à la prestation de serment de hauts magistrats qu'il vient de nommer pour réformer la justice, avec pour priorité la lutte anti-corruption.

"Nul doute qu'une nouvelle ère pointe à l'horizon dans la gestion de l'appareil judiciaire pour une meilleure justice, équitable pour tous", a proclamé la présidence de la République dans un communiqué.

Ces nominations ont suscité beaucoup d'espoirs chez les défenseurs des droits humains qui accusent la justice d'être corrompue, lente et de se prononcer à la tête du client.

L'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) attend une "lutte concrète et rapide contre, notamment, la corruption et les crimes graves".

La RDC occupe la 168e place sur 180 pays dans l'indice de perception de la corruption établi par l'ONG Transparency international, dans un rapport rendu public fin janvier.

L'envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands lacs, Peter Pham, avait insisté sur le fait que Washington était prêt à aider la RDC à lutter contre la corruption et l'impunité, en rencontrant tour à tour le président Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila la semaine dernière à Kinshasa.

Des hauts magistrats de la cour de Cassation (procureur général et premier président), du Conseil d'Etat (procureur général) et de la justice militaire (premier président de la Haute Cour Militaire) très active en RDC, ont prêté serment.

Le nouveau procureur général près la Cour constitutionnelle, qui peut mettre le chef de l'Etat en accusation, prêtera serment plus tard "devant le Parlement réuni en congrès", a expliqué une conseillère du président Tshisekedi.

Ces mouvements interviennent au moment où des enquêtes sont lancées sur l'utilisation des fonds alloués à des chantiers publics dans le cadre d'un programme d'urgence initié par le chef de l'État et gérés par ses proches collaborateurs.

Le président Tshisekedi est un ancien opposant, investi le 24 janvier 2019. Il a succédé à Joseph Kabila avec les partisans duquel il a formé un gouvernement de coalition. Ces derniers restent majoritaires dans toutes les autres institutions du pays.

"Biens mal acquis": un des fils du président Sassou Nguesso n'a pas été mis en examen selon un avocat

Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, arrive pour une visite au Palais de l'Elysée à Paris, le 3 septembre 2019. (AFP)

Le nom de Denis Christel Sassou Nguesso est cité dans l'enquête sur le vaste patrimoine en France de familles dirigeantes africaines, mais le fils du président du Congo n'a pas été inculpé, contrairement à ce qu'avait affirmé à l'AFP le 7 février un avocat ayant accès au dossier.

"Denis Christel Sassou Nguesso, contrairement aux informations rapportées, n'a jamais été mis en examen (inculpé) dans cette affaire", a fait savoir dans un communiqué son avocat Me Jean-Jacques Neuer, qui dénonce une "campagne de déstabilisation".

Son client n'a jamais été entendu par le juge d'instruction et aucun de ses biens n'est saisi par la justice française, a-t-il précisé auprès de l'AFP, au sujet d'informations diffusées dans d'autres médias.

La nouvelle, publiée vendredi 7 février à la mi-journée par un hebdomadaire français, avait été confirmée dans l'après-midi à l'AFP par un avocat ayant accès au dossier. Contacté, le parquet national financier (PNF) n'avait pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Pendant une semaine, aucune autorité judiciaire ni acteur du dossier n'a démenti l'information.

"Le PNF confirme cette infirmation" apporté par l'avocat de Denis Christel Sassou Nguesso, fait désormais savoir le parquet financier, sans plus de précisions.

Député d'Oyo (nord), fief de son père Denis Sassou Nguesso qui cumule 36 ans à la tête du Congo, Denis Christel a été jusqu'en 2016 la deuxième personnalité de la puissante Société nationale des pétroles du Congo (SNPC).

Le nom de Denis Christel, dit "Kiki le pétrolier", est cité à plusieurs reprises dans l'enquête dite des "biens mal acquis", menée depuis 2009 par des juges anticorruption français après une plainte de trois associations.

Dans un réquisitoire supplétif du 29 décembre 2017, consulté par l'AFP, le PNF demandait aux juges d'instruction d'enquêter sur le "train de vie hors norme" de Denis Christel Sassou Nguesso et de sa nouvelle compagne, "séjournant notamment à Paris dans un hôtel particulier acquis (....) pour un montant de 4 millions d'euros".

L'enquête porte sur des soupçons de détournements de fonds publics qui auraient permis l'acquisition d'un vaste patrimoine en France par la famille Nguesso ainsi que la famille Bongo, qui dirige le Gabon.

Dans le volet congolais, cinq membres de la famille Nguesso sont inculpés depuis 2017: une fille du président et son mari - Julienne Sassou Nguesso et Guy Johnson -, ainsi que deux neveux du président, Wilfrid Nguesso et Edgar Nguesso, et la mère de ce dernier, Catherine Ignanga.

Impayés depuis des années, les ex-agents de la poste manifestent à Brazzaville

Manifestation des anciens travailleurs de la poste du Congo-Brazzaville, février 2020. (Arsène Séverin /VOA)

Les anciens travailleurs de la poste du Congo-Brazzaville, en retraite depuis 11 ans, affirment n’avoir jamais perçu leur pension. Ils organisent chaque jour un concert de casseroles au centre-ville de Brazzaville, dans l'espoir d'attirer l'attention des autorités.

Chaque jour, entre 8 et 14 heures, des silhouettes visiblement fatiguées, mais affichant un mental de fer, animent un concert bruyant devant les locaux de la poste, en plein centre-ville.

A Brazzaville, 1200 anciens travailleurs mécontents organisent chaque jour un concert de casseroles
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Il s'agit des anciens agents de l'Office national des postes et télécommunication (ONPT), une entreprise publique dissoute depuis des années. Estimés à environ 1200, ils affirment n’avoir jamais perçu leur pension comme promis il y a 11 ans.

Gilbert Edoli, le chef d'orchestre, déplore l’indifférence des autorités à leur égard et affirme que les manifestants ne lèveront le siège que lorsqu’ils auront obtenu gain de cause. "Nous ne pouvons pas arrêter, nous avons fait beaucoup de concessions", précise-t-il, dépité.

Malgré les difficultés, bouchons aux oreilles, ils sont nombreux à rallier le centre-ville pour réclamer leur dû. "Sous le soleil accablant, sous la pluie, nous sommes là", déclare Christine, une manifestante. "On tape sur les bidons, les jantes de véhicules, les marmites. On tape aussi fort pour que les autorités écoutent", renchérit un autre manifestant qui a préféré rester anonyme.

Au début, selon une source, la situation concernait 2.341 travailleurs. Au fil des années, bon nombre de leurs anciens collègues sont morts; d’autres souffrent de maladies dont ils ne peuvent pas se soigner, faute d'argent.

"Depuis onze ans, nous sommes abandonnés à nous-mêmes. Nous sommes devenus des mendiants. J'ai des enfants en Terminale, mais je ne peux pas payer leur inscription pour le baccalauréat", dénonce un autre ancien agent. "Vraiment, c'est inexplicable, c'est un calvaire que nous vivons ici", conclut-il.

A Brazzaville, 1200 anciens travailleurs mécontents organisent chaque jour un concert de casseroles

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