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Le pape au Maroc : main tendue à l'islam et aux migrants

Le Pape François au Vatican le 15 juin 2018.

Le pape se rend samedi et dimanche au Maroc, terre musulmane prônant le dialogue interreligieux, pour une courte visite qui le verra aussi rencontrer des migrants, alliant ainsi deux grandes priorités de son pontificat.

"Je viens en pèlerin de paix et de fraternité, dans un monde qui en a tant besoin", a commenté jeudi François dans un message vidéo adressé au peuple marocain.

Il estime que chrétiens et musulmans croient en un Dieu "miséricordieux", désirant que "nous vivions en frères, se respectant dans les diversités".

Le souverain pontife argentin, spécialiste des voyages dans les plus minuscules communautés catholiques du globe, est également attendu avec impatience par une communauté de quelque 30.000 fidèles. Il s'agit essentiellement d'étrangers venus d'Afrique subsaharienne, étudiants ou migrants en route vers le continent européen.

Dans son message vidéo, le pape précise encore qu'il est venu "encourager le cheminement" de la communauté chrétienne et rencontrer les migrants "qui représentent un appel à construire ensemble un monde plus juste et plus solidaire".

Environ 10.000 catholiques du pays sont attendus dimanche à une messe dans un centre sportif, un chiffre historique pour une célébration catholique dans ce pays à 99% musulman (sunnite).

A l'instar de son voyage aux Emirats arabes unis en janvier, l'image du pape célébrant la messe, au lendemain d'une rencontre avec le roi et "Commandant des croyants" Mohammed VI et de hauts responsables religieux, offrira un visage concret à ses appels répétés à la tolérance religieuse.

Le voyage du chef spirituel des quelque 1,3 milliard de catholiques suscite l'espoir des minorités chrétiennes et des musulmans convertis, qui demandent à pouvoir bénéficier pleinement de la liberté de culte inscrite dans la Constitution marocaine.

- Liberté de culte incomplète -

"Nous rêvons d'un Maroc libre qui assume sa diversité religieuse", a ainsi affirmé la Coordination des chrétiens marocains. Elle souhaite que cette visite soit "une occasion historique" pour que le Maroc avance "tangiblement dans ce sens".

Selon la Constitution marocaine, "l'islam est la religion de l'Etat, qui garantit à tous le libre exercice des cultes". Le code pénal marocain ne prévoit pas la peine de mort pour les apostats de l'islam, contrairement par exemple à celui des Emirats arabes unis.

Au Maroc, "la règle du jeu, c'est la discrétion", explique un responsable religieux à Rabat.

Le sujet reste sensible. En juin dernier, le ministre marocain d'Etat chargé des droits de l'Homme, l'islamiste Mustapha Ramid, avait ainsi estimé que la liberté de conscience était "une menace" pour la "cohésion" du Maroc.

La conversion volontaire n'est pas un crime, mais le prosélytisme (le fait "d'ébranler la foi d'un musulman ou de le convertir à une autre religion") peut coûter jusqu'à trois ans de prison. "Ce qui est condamné c'est le prosélytisme agressif", insiste l'ambassadeur du royaume du Maroc à Paris, Chakib Benmoussa.

Pour lui, "la visite du pape François est un moment fort, aussi bien pour lutter contre les courants de fanatisme, de repli identitaire, d'intolérance mais aussi (...) pour l'interraction positive entre les religions, les peuples et les civilisations".

- Migrants, sujet sensible -

Le pape François a confié qu'il aurait aimé se rendre personnellement à Marrakech en décembre pour l'adoption par plus de 150 pays du Pacte mondial sur les migrations des Nations unies.

Le texte non contraignant, qui vise à renforcer la coopération internationale pour une "migration sûre", avait déchainé les passions dans plusieurs pays avant sa ratification finale à New York.

François a prévu de rencontrer samedi des migrants dans le centre Caritas diocésain, où il prononcera un discours.

La question des migrants est un autre sujet sensible au Maroc, qui revendique une politique d'accueil "humaniste". Mais Rabat se fait régulièrement épingler par les défenseurs des droits de l'Homme, qui critiquent des vagues d'arrestations musclées destinées à éloigner les candidats à l'exil des rives de la Méditerranée.

"J'espère que la visite du pape apportera du progrès sur cette question", a déclaré l'archevêque de Tanger, Mgr Santiago Angelo Martinez, au cours d'un récent point de presse.

Le voyage de François au Maroc intervient près de 34 ans après celui Jean Paul II, à l'été 1985, marquée par une rencontre interreligieuse avec 80.000 jeunes dans un stade. Premier chef d'Etat d'un pays arabe à inviter un pape, le roi Hassan II (père de l'actuel monarque) avait été reçu au Vatican en novembre 1991.

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Manifestation pour le doit à l'avortement

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Nouveau report du procès du viol collectif d'une adolescente

Khadija avec son avocat dans un parc près du Palais de justice de Beni Mellal après une audience le 10 octobre 2018.

Le procès de 12 hommes accusés d'avoir séquestré et violé collectivement une adolescente marocaine a été reporté mardi pour la troisième fois en deux mois, au grand dam de la victime "impatiente de reprendre une vie normale".

"J'attends que ça se termine pour rétablir la vérité et pour me faire détatouer", a confié à l'AFP Khadija, à la sortie du tribunal de Beni Mellal.

Son histoire avait suscité l'émoi dans le royaume et au-delà : pour obtenir justice, cette adolescente issue d'une famille défavorisée âgée de 17 ans au moment des faits, avait raconté en août dans une vidéo virale avoir été kidnappée, séquestrée, violée et martyrisée pendant deux mois par des jeunes hommes de son village d'Oulad Ayad, près de Beni Mellal.

Son témoignage filmé dans lequel elle montre des brûlures de cigarettes et des tatouages obscènes, infligés selon elle par ses agresseurs, avait suscité une forte mobilisation contre "la culture du viol et de l'impunité".

Mardi, elle se présentait pour la première fois devant le tribunal n'ayant pas été invitée précédemment "pour des raisons de santé" au procès qui s'est ouvert mi-avril, selon son père.

L'audience a été immédiatement renvoyée au 9 juillet, deux des prévenus n'ayant toujours pas d'avocats.

La jeune fille s'est présentée au tribunal une main couverte par un gant noir pour cacher ses tatouages que ses avocats veulent utiliser comme preuve de ses accusations.

Les accusés, âgés de 19 à 29 ans, étaient présents dans la salle, menottés et surveillés par des policiers. Ils sont jugés pour "traite d'être humain", "viol", "constitution d'une bande organisée" ou "enlèvement et séquestration" et risquent jusqu'à 30 ans de prison. Un treizième est jugé séparément à huis clos, son dossier ayant été disjoint car il était mineur au moment des faits.

Khadija, qui vit avec ses parents dit avoir "traversé une période difficile" et "ressent toujours de la peur même si les choses vont mieux".

Après sa séquestration, elle a du affronter les critiques dans son village. Les proches des prévenus martèlent qu'elle "était avec les garçons de son plein gré", certains la désignent comme coupable de ce qui lui est arrivé, même si quelques uns de ses agresseurs ont reconnu les faits.

Son choix de briser le silence en s'exposant publiquement est très rare dans une société conservatrice qui pousse les victimes de viol à se taire, pour protéger leur image et la réputation de leur famille.

Plus de 90% des Marocains ayant subi une forme de violence n'ont pas porté plainte contre leurs agresseurs, selon une récente enquête officielle. Khadija, elle, affirme avoir "résisté aux pressions" et appelle les victimes de violences à "ne pas se taire".

CAN-2019 : le Maroc s'en tire bien...

Supporters marocains avant le match de football du groupe D de la Coupe d'Afrique des Nations opposant le Maroc et la Namibie au Stade Al Salam du Caire, en Egypte, le 23 juin 2019.

Dans la douleur: il a fallu attendre la 89e minute de jeu et un but contre son camp du Namibien Itamunua Keimuine pour voir Hervé Renard et les Marocains sourire enfin, pour leur entrée en Coupe d'Afrique des Nations, dimanche au Caire.Actualisé

Les "Lions de l'Atlas", un des favoris pour la victoire finale, ont longtemps buté sur des "Brave Warriors" très regroupés et solides défensivement. Les assauts offensifs de la star marocaine Hakim Ziyech n'ont jamais percé le mur namibien. Le joueur de l'Ajax Amsterdam a cependant tiré le coup franc libérateur dans les dernières minutes.

L'équipe entraînée par Hervé Renard n'a pas mis à profit sa possession et s'est révélée trop maladroite face au but en ne cadrant que 6 frappes en 19 tentatives.

"C'était difficile de mettre du rythme et cela pour plusieurs raisons: certainement la bonne organisation de la Namibie, la chaleur... et puis, dans un premier match, c'est toujours difficile de rentrer à 100% dans une compétition", a confié l'entraîneur français à la fin de la rencontre.

"Le plus important, c'est prendre trois points. J'espère que la Namibie va poser des problèmes à la Côte d'Ivoire et à l'Afrique du Sud", a-t-il ajouté.

Cette victoire permet aux Marocains de prendre la tête du groupe D avant le duel entre la Côte d'Ivoire et l'Afrique du Sud lundi.

Avec seulement trois tirs sur l'ensemble du match, les "Warriors" n'ont jamais inquiété le gardien marocain et se sont longtemps contentés du point du match nul, pour leur première Coupe d'Afrique depuis 2008.

"Je suis tellement fier de mes garçons, tellement fier de la façon dont ils ont exécuté la tactique. Oui, parfois ce n'est pas agréable à regarder mais nous avons affronté un entraîneur très expérimenté, une équipe très expérimentée", a relativisé Ricardo Mannetti, le sélectionneur de la Namibie.

Les Marocains devront retrouver leur efficacité offensive pour leur deuxième match de groupe contre la Côte d'Ivoire vendredi et assumer leur statut.

Les plages menacées par "la mafia du sable"

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Lancement au Maroc d'une exposition itinérante d'art contemporain africain

Une sculpture du ghanéen El Anatsui lors de la vente Sotheby's consacrée à l'art africain moderne et contemporain à Londres le 12 mai 2017.

"Prête-moi ton rêve", une exposition itinérante d'art contemporain africain réunissant de grands artistes du continent, a été inaugurée cette semaine à Casablanca (Maroc), première étape d'une tournée qui l'emmènera au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Nigeria, en Ethiopie et en Afrique du Sud.

Chaque escale de cette caravane culturelle, programmée sur un an, s'organise autour de trois événements: l'exposition principale, un hommage à un artiste local qui incarne l'esprit de son époque et une "Carte Blanche" consacrée à des artistes du pays hôte et portée par un jeune commissaire résident.

L'exposition principale réunit des oeuvres majeures d'une trentaine d'artistes africains reconnus à l'international comme El Anatsui (Ghana), William Kentridge (Afrique du Sud), Chéri Samba (République démocratique du Congo), Barthélémy Toguo (Cameroun), Ouattara Watts (Côte d'Ivoire) ou Abdoulaye Konaté (Mali).

"Il est important de montrer l'Afrique en elle-même, par elle-même, sans regard exogène et sans chercher la validation de Paris, Venise ou Bâle", s'enthousiasme Syham Weigant, une jeune commissaire d'exposition marocaine mobilisée pour la "Carte blanche", faisant référence aux villes qui accueillent trois des plus importantes biennales et foires d'art contemporain.

Exposée au coeur de la vieille ville de Casablanca, sa sélection audacieuse autour des "vertiges de l'amour", comprend un ensemble de photographies de Mohammed El Baz consacrées au thème "queer" --un sujet tabou au Maroc où l'homosexualité est un délit.

En phase avec la volonté du royaume de développer son influence sur le continent, l'exposition itinérante "Prête-moi ton rêve" a été conçue par une Fondation privée réunissant des investisseurs et des collectionneurs, dont le prince Moulay Ismail --le cousin du roi du Maroc Mohamed VI--, avec le soutien de plusieurs grandes entreprises marocaines.

Créée en janvier 2019, la Fondation pour le Développement de la Culture Contemporaine Africaine (FDCCA) ne cache pas son ambition de "dynamiser le marché de l'art africain".

Ces dernières années ont vu la création africaine affluer sur le marché de l'art et dans les institutions avec des artistes désormais plus connus à l'international que sur le continent africain.

Marrakech accueille depuis deux ans la foire 1-54, dédiée à l'art contemporain africain, dans le sillage de la Biennale de Dakar, Dak'Art.

Inaugurée en trois temps cette semaine, "Prête-moi ton rêve" se poursuit jusqu'au 31 juillet à Casablanca, avant Dakar, Abidjan, Lagos, Addis-Abeba et Cape Town puis Marrakech en 2020. Le projet représente un investissement de plus de 1,2 millions d'euros.

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