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Le Mali dément catégoriquement tout accord de réadmission avec l'UE

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, à Bamako, le 19 décembre 2016.

Deux ministres maliens ont démenti catégoriquement lundi tout "accord de réadmission" de déboutés du droit d'asile, à la suite d'une déclaration controversée de la diplomatie néerlandaise qui avait dû clarifier ses propos.

Le ministère néerlandais des Affaires étrangères avait fait état de la conclusion d'un accord entre l'Union européenne (UE) et le Mali sur le "retour des demandeurs d'asile refusés", lors d'une visite du chef de la diplomatie des Pays-Bas, Bert Koenders, à Bamako le 11 décembre.

Reportage de Kassim Traoré, correspondant à Bamako pour VOA Afrique
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Le ministère malien des Affaires étrangères avait vigoureusement démenti le lendemain, renvoyant au communiqué conjoint publié au terme de la rencontre et soulignant que dans ce texte "nulle part, il n'a été question de signature d'un quelconque accord qui permettrait d'expulser nos compatriotes en situation irrégulière en Europe".

"Le Mali n'entend pas monnayer sa dignité même si l'UE est un partenaire au développement", a renchéri lundi le chef de la diplomatie malienne Abdoulaye Diop, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre des Maliens de l'extérieur, Abdourhamane Sylla.

M. Diop a exprimé sa "surprise totale d'entendre parler par voie de presse de la signature d'un accord de réadmission", alors que la visite de M. Koenders, pour le compte de l'UE, "ne visait pas à signer un accord à Bamako", a-t-il indiqué.

"Ce document n'a pas la valeur juridique d'un accord", a-t-il précisé au sujet du communiqué conjoint du 11 décembre qui évoque succinctement "l'accompagnement des retours d'Europe des personnes en situation irrégulières, sur base des procédures standard, conclus entre les deux parties tout en respectant leurs obligations mutuelles".

"A son retour aux Pays-Bas, le ministre a exhibé, comme un trophée, ce communiqué pour prétendre à la signature d'un accord historique", a déploré le chef de la diplomatie malienne.

De son côté, M. Sylla a assuré qu'"un tel accord ne sera pas signé par le Mali. Le Mali ne se laissera pas faire". Il a répété plusieurs fois que "c'est faux".

À l’Association malienne des expulsés, la lecture du communiqué, et surtout l’alénia 4, évoque le retour, la réadmission et réintégration des migrants en situation irrégulière. Selon Ousmane Diarra, président de l’AME, "cela va permettre aux européens d'expulser les Maliens".

Dans un communiqué saluant cet accord de principe, le ministère néerlandais des Affaires étrangères affirmait que c'était "la première fois que l'UE établit des engagements aussi précis avec un pays africain à propos du retour des demandeurs d'asile refusés".

Un plan d'action adopté au sommet de La Valette en novembre 2015 entre États européens et africains prévoit un fonds financier européen de 1,8 milliard d'euros pour aider les pays africains à endiguer les flux de migrants.

Outre le Mali, l'UE cherche à négocier des accords de renforcement de la coopération économique en échange du retour des migrants avec l'Ethiopie, le Niger, le Nigeria et le Sénégal.

Kassim Traoré, correspondant à Bamako

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Soudan: signature d'un accord entre militaires et chefs de la contestation

Le général Mohammed Hamdan Dagalo "Hemeidti", numéro 2 du Conseil militaire au pouvoir, Khartoum, le 16 juin 2019.

Les généraux au pouvoir au Soudan et les meneurs du mouvement de contestation ont signé mercredi matin un accord entérinant le partage du pouvoir pendant la période transition, après la destitution d'Omar el-Béchir en avril, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des discussions doivent encore avoir lieu dans les prochains jours sur les autres points en litige d'un accord trouvé le 5 juillet entre les deux parties, selon la contestation.

La "déclaration politique" a été paraphée par les deux camps après une nuit de discussions intenses.

A l'issue de la rencontre dans un hôtel de luxe de Khartoum, le numéro 2 du Conseil militaire au pouvoir, Mohamed Hamdan Daglo dit "Hemeidti", aussi commandant des redoutées Forces de soutien rapide (RSF), a salué un moment "historique".

"Aujourd'hui, nous nous sommes accordés sur la déclaration politique", a déclaré à l'AFP Ibrahim al-Amin, un des meneurs de la contestation. "Pour le document constitutionnel, nous reprendrons les négociations vendredi", a-t-il poursuivi.

Cet accord constitue un premier pas vers un gouvernement civil, réclamé par les Soudanais depuis près de sept mois.

Il prévoit la création d'un "conseil souverain", instance de transition chargée de gérer la transition pendant un peu plus de trois ans.

Ce conseil, qui repose sur le principe du partage des pouvoirs, sera composé de cinq militaires et six civils, dont cinq issus de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation.

Les militaires présideront cette instance pendant les premiers 21 mois de la transition, les civils prendront ensuite la relève pour les 18 mois restants.

Les pourparlers entre les deux camps avaient été repoussés à plusieurs reprises ces derniers jours, butant notamment sur la question de l'immunité des militaires.

Selon la protestation, les militaires, qui pourraient faire l'objet de poursuites après les violences survenues pendant les manifestations, réclamaient l'"immunité absolue".

"Nous refusons l'immunité absolue que les militaires au pouvoir ont demandée", avait déclaré aux journalistes Ismaïl al-Taj, porte-parole de l'Association des professionnels soudanais (SPA), qui fait partie de la contestation, juste avant le début de la rencontre.

Ce point devrait être discuté lors des prochaines discussions.

Le Soudan est secoué par un mouvement de protestation lancé à travers tout le pays depuis le 19 décembre 2018, après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

La tension entre militaires et protestataires était montée d'un cran après la brutale dispersion le 3 juin du campement de plusieurs milliers de manifestants installés depuis avril devant le siège de l'armée à Khartoum. Cette opération a fait des dizaines de morts, des centaines de blessés et a provoqué un tollé international.

Après des mois de tractations, l'ébauche d'un accord avait été trouvé le 5 juillet, grâce à une intense médiation de l'Union africaine (UA) et de l'Ethiopie.

Avec AFP

Ebola: l'OMS évalue l'épidémie mercredi après le décès du premier cas à Goma

Le personnel médical de l'unité de traitement Ebola (ETU) à l'hôpital général de Bwera, dans l'ouest de l'Ouganda, à la frontière avec la RDC,le 12 décembre 2018.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) va de nouveau évaluer mercredi la portée de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, après le décès du premier cas enregistré dans une métropole, Goma, deuxième ville du pays et carrefour des Grands Lacs.

Un peu plus d'un mois après les deux premiers cas enregistrés à l'étranger en Ouganda, l'OMS va de nouveau se demander s'il faut élever cette épidémie - qui a tué 1.668 personnes depuis l'été dernier - au rang d'"urgence de santé publique de portée internationale".

La situation doit être pour cela "grave, soudaine, inhabituelle ou inattendue", avec des "répercussions pour la santé publique au-delà des frontières nationales de l'État touché", ce qui "peut exiger une action internationale immédiate", selon les critères du Règlement sanitaire international.

La réponse avait été "non" le 14 juin.

Comme pour l'Ouganda, ce premier cas diagnostiqué à Goma, la plus grande ville touchée par l'actuelle épidémie avec un à deux millions d'habitants, semble bousculer la routine de la "riposte" face à une épidémie déclarée le 1er août 2018.

"Il est important d'évaluer le niveau de risque", a déclaré à la presse à Goma Ibrahima Socé Fall, directeur général adjoint de l'OMS.

"L'évaluation de l'OMS montre que le risque est élevé pour les provinces et les pays voisins, notamment l'Ouganda et le Rwanda", a ajouté le coordinateur de l'OMS sur place Michel Yao.

Goma est proche du Rwanda, qui a déconseillé à ses ressortissants de traverser la frontière.

La ville, bien connue des humanitaires et des Nations unies, dispose d'un aéroport connecté à Kinshasa, Entebbe-Kampala et Addis Abeba. Des bateaux partent vers la province voisine du Sud-Kivu.

- "Envoyé spécial" français -

En préambule à sa conférence de presse, l'OMS a confirmé le décès du patient diagnostiqué dimanche à Goma lors de son transfert à Butembo, l'un des principaux foyers de l'épidémie à 250 km à vol d'oiseau au nord.

Ce patient "était pratiquement en phase terminale donc c'était un transfert assez délicat", a relevé M. Yao de l'OMS.

Il est présenté par les autorités comme un pasteur d'une Eglise chrétienne qui avait présenté les premiers symptômes le mardi 9 juillet avant de voyager en bus vers de Butembo vers Goma le vendredi 12.

Originaire de Bukavu (Sud-Kivu), il est arrivé à Butembo début juillet. Là, il avait prêché dans sept églises où il avait touché des fidèles, y compris des malades, d'après le ministère de la Santé.

Le gouverneur de la province du Nord-Kivu Carly Nzanzu a demandé à la population de Goma de "suivre les conditions hygiéniques": "Si à Goma, on se comporte très bien, on accompagne l'équipe de la riposte, il y aura plus de peur que de mal".

L'épidémie était circonscrite jusqu'à présent dans la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma), et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

La France a annoncé, sous la pression des événements, qu'elle nommait un "envoyé spécial" pour Ebola en RDC. Il s'agit du professeur Yves Levy, spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

La veille, le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan avait regretté l'absence de contribution financière française.

"Ce serait bien d'avoir davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a ajouté le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart.

Avec AFP

Ebola : la peur s'installe dans les esprits

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