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Le gouvernement va réprimer plus sévèrement le trafic de bois au Sénégal


Les charpentiers assemblent des poutres en palmier de la charpente d'une maison en pisé, dans le village de Toubakouta, à 9 kilomètres au sud de Ziguinchor, dans la région sud de la Casamance, près de la frontière avec la Guinée-Bissau le 12 mai 2017.

Le gouvernement sénégalais va accentuer la répression du trafic de bois dans la région forestière de Casamance, a annoncé le ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall, à la suite du massacre de 13 jeunes hommes partis chercher du bois mort le 6 janvier.

L'armée sénégalaise poursuivait mercredi ses recherches des auteurs de la tuerie, qui s'est déroulée dans la forêt de Borofaye, à proximité de Ziguinchor, principale ville de cette région agricole et touristique, située entre la Gambie au nord et la Guinée-Bissau au sud.

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"Le ministère de la Justice va évaluer la situation de la politique pénale dans la région, notamment en matière de trafic de bois", a indiqué mardi M. Fall, dans des déclarations reprises par les médias sénégalais, alors que le trafic de bois apparaît comme un mobile possible du massacre.

"Le ministère de la Justice va prendre toutes les dispositions pour qu'il y ait une répression des opérations de trafic de bois, évidemment une répression qui va se fonder sur les dispositions de la loi, notamment la loi pénale et le Code forestier", a-t-il ajouté, sans autre précision.

Par ailleurs, le ministère français des Affaires étrangères, dans un conseil de "dernière minute" aux voyageurs mardi, a indiqué que ces événements "rappellent la nécessité de suivre strictement les conseils de la rubrique Sécurité concernant les zones orange de la carte".

"Une opération militaire est en préparation et pourrait durer quelques jours. Par conséquent, il est formellement déconseillé de se rendre dans la zone au sud de Ziguinchor, y compris sur la RN 4 bis qui mène à la Guinée-Bissau, jusqu'à nouvel ordre", selon le texte posté sur le site internet du ministère.

>> Lire aussi : "Ils nous ont dit de nous coucher et ont tiré": des rescapés de Casamance racontent

La France avait pris acte en octobre 2016 de l'accalmie observée depuis plusieurs années dans cette région en proie à une rébellion indépendantiste en retirant la Casamance des zones à risques, mais recommandant d'y faire "preuve d'une vigilance renforcée".

Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui lutte depuis 1982 pour l'indépendance, a condamné le massacre et pointé du doigt des responsables administratifs et militaires locaux "à la tête d'un vaste réseau de coupe clandestine et de vente illicite de bois de teck".

La tuerie s'est produite peu après des signes de prochaine reprise du dialogue avec un appel du président Macky Sall, dans son message de fin d'année, à la rébellion pour faire "le pas décisif vers la paix définitive, une paix sans vainqueur ni vaincu", et la libération de deux membres du au MFDC le 1er janvier.

En 35 ans, le conflit en Casamance a fait des milliers de victimes civiles et militaires, notamment à cause des mines, ainsi que des milliers de déplacés, et ravagé l'économie de la région.

Avec AFP

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