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Moyen-Orient

A Istanbul, Mike Pompeo boudé par les responsables turcs

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo (à g) et le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, avant leur réunion en marge d'un sommet des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN au siège de l'OTAN à Bruxelles le 20 novembre 2019. AFP/Francisco Seco

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo effectue mardi à Istanbul une visite axée sur "la liberté religieuse", mais aucune rencontre n'est prévue avec les dirigeants turcs, qu'il affirme pourtant vouloir "convaincre" de cesser leurs actions "très agressives".

M. Pompeo a entamé cette visite, dont le programme a suscité des critiques d'Ankara, par une rencontre avec le patriarche Bartholomée de Constantinople, chef spirituel de l'Eglise orthodoxe, au siège du patriarcat, avant un tour guidé de la mosquée proche de Rüstem Pacha.

Le secrétaire d'Etat doit discuter des "questions religieuses en Turquie et dans la région" et affirmer "la position ferme" des Etats-Unis sur ces sujets, dont Mike Pompeo a fait sa principale priorité en matière de droits humains.

"Il y a certainement des choses dont on peut discuter" en matière de liberté religieuse en Turquie, a glissé à des journalistes un responsable américain, critiquant en creux le bilan turc.

La Turquie avait suscité une vague de critiques dans le monde chrétien en juillet en transformant en mosquée l'ex-basilique Sainte-Sophie, classée au patrimoine mondial de l'humanité, révoquant son statut de musée.

Un petit groupe de manifestants, répondant à l'appel d'une association nationaliste, ont protesté près du patriarcat contre la visite de M. Pompeo aux cris de "Yankee, rentre chez toi", selon un photographe de l'AFP sur place.

La diplomatie turque a d'ores et déjà exprimé son courroux au sujet du programme de M. Pompeo en assurant que la liberté religieuse était "protégée" en Turquie. "Il serait plus approprié pour les Etats-Unis de se regarder dans un miroir et de se pencher sur le racisme, l'islamophobie et les crimes de haine dans leur pays", a protesté Ankara.

Washington risque donc d'ouvrir un nouveau front alors que les points de friction avec les autorités turques sont déjà légion.

D'autant que la venue de Mike Pompeo est à l'origine d'un couac diplomatique.

Le secrétaire d'Etat voulait se rendre uniquement à Istanbul, pour voir le patriarche, et n'était prêt à rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan et/ou son homologue Mevlüt Cavusoglu qu'à condition qu'ils viennent à lui, sans avoir à se déplacer dans la capitale, Ankara. Après d'intenses tractations, une rencontre avait semblé possible, pour finalement capoter.

Difficile de savoir si l'élection aux Etats-Unis de Joe Biden, que Recep Tayyip Erdogan a félicité alors même qu'il était considéré comme un "ami" de Donald Trump -qui refuse, lui de reconnaître sa défaite-, a joué un rôle dans cet imbroglio.

Sanctions "très possibles"

Le fait est que Mike Pompeo ne pourra pas aborder avec les autorités turques les nombreuses divergences qu'il a lui-même énumérées lundi à l'issue d'un entretien à Paris avec le président français Emmanuel Macron.

"Le président Macron et moi avons passé beaucoup de temps à discuter des actions récentes de la Turquie et nous sommes tombés d'accord pour dire qu'elles étaient très agressives", a-t-il déclaré dans le quotidien français Le Figaro.

Il a cité le "soutien" de la Turquie à l'Azerbaïdjan dans le conflit au Nagorny Karabakh ou le "fait qu'elle avait implanté des forces syriennes dans la région également". "Nous avons aussi évoqué son action en Libye, où ils ont aussi inséré des forces de pays tiers, ou encore son action dans la Méditerranée orientale, et je pourrais continuer cette liste", a poursuivi Mike Pompeo.

Selon lui, "l'Europe et les États-Unis doivent travailler ensemble à convaincre M. Erdogan que de telles actions ne sont pas dans l'intérêt de son peuple".

Ces sujets s'ajoutent au contentieux autour de l'acquisition par Ankara du système de missiles russes S-400. Son achat devait déclencher, selon une loi américaine, des sanctions de Washington, mais la Turquie a reçu un sursis de Donald Trump, visiblement soucieux de maintenir sa bonne relation avec le président Erdogan -- qui fait l'objet de critiques de plus en plus vives dans le camp occidental.

Or, l'armée turque est maintenant passée à l'acte en testant le S-400. Pour les Etats-Unis, cela devrait représenter une ligne rouge.

"Les sanctions sont tout à fait envisagées", c'est une possibilité "très réelle", a prévenu récemment le département d'Etat.

Après la Turquie, le secrétaire d'Etat doit poursuivre sa tournée en Géorgie, à Jérusalem puis dans des pays du Golfe dont l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, hostiles à l'Iran. Selon le New York Times, Donald Trump a sondé la semaine dernière de hauts responsables américains sur la possibilité de frapper un site nucléaire iranien, mais ils l'en auraient dissuadé.

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Le pape aux Irakiens: "je viens en pèlerin de paix après des années de guerre"

Le pape s'est adressé aux Irakiens, le 4 mars 2021.

Le pape François a assuré jeudi dans un message aux Irakiens qu'il venait en visite dans leur pays en "pèlerin de paix (...) après des années de guerre et de terrorisme".

"Je viens en pèlerin (...) pour implorer du Seigneur pardon et réconciliation après des années de guerre et de terrorisme (...) et je viens parmi vous en pèlerin de la paix", a déclaré le pape dans ce message vidéo publié à la veille de son départ.

"Je serai finalement bientôt chez vous. Je désire tant vous rencontrer, voir vos visages, visiter votre terre, berceau antique et extraordinaire de la culture", a poursuivi le pape.

Le pape François souligne aussi son "désir de prier ensemble (...) avec les frères et sœurs d'autres traditions religieuses", considérant le peuple irakien comme "une unique famille de musulmans, juifs et chrétiens".

"Vous avez encore dans les yeux les images de maisons détruites et d'églises profanées, et dans le cœur les blessures causées par des liens rompus et des maisons abandonnées", dit-il dans une partie de son message adressée plus spécifiquement au chrétiens encore présents sur le sol irakien, évoquant les "si nombreux, trop nombreux martyrs que vous avez connus".

Le pape François est attendu vendredi à Bagdad et dimanche à Erbil (Kurdistan irakien), où il doit célébrer une messe dans un stade. Il doit aussi passer par Mossoul, ex-bastion de l'EI dans le nord où sont déployées des factions du Hachd al-Chaabi.

Le souverain pontife sera privé des bains de foule qu'il affectionne car de vendredi à lundi le pays sera en confinement total. Il utilisera en outre vraisemblablement une voiture blindée pour la majeure partie de ses déplacements.

Regain des tensions entre Iran et Israël

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Des familles veulent accueillir le pape en Irak

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Un Américain meurt lors d'une attaque en Irak deux jours avant l'arrivée du pape

Une peinture murale du pape François est visible sur le mur d'une église lors de sa prochaine visite en Irak, à Bagdad, en Irak, le 22 février 2021.

Dix roquettes ont touché mercredi une base abritant des soldats américains en Irak, provoquant la mort d'un sous-traitant civil américain, deux jours avant une visite historique du pape François dans le pays.

Cette nouvelle attaque, précédée de plusieurs avec le même mode opératoire ces dernières semaines, vient rappeler à quel point la première visite d'un souverain pontife en Irak est un casse-tête logistique.

"Je me rendrai en Irak", a malgré tout déclaré le pape après une audience, soulignant qu'il souhaitait "rencontrer un peuple qui a tant souffert, rencontrer cette Eglise martyre".

Les Etats-Unis, qui déploient quelque 2.500 soldats en Irak dans le cadre de la lutte antijihadistes, accusent régulièrement les factions armées irakiennes pro-Iran pour ces attaques. Celle de mercredi n'a pas été revendiquée.

Les tensions entre les deux puissances agissantes en Irak, la République islamique d'Iran et les Etats-Unis, des ennemis jurés, pourraient constituer un obstacle au déroulé du programme papal.

De même que la pandémie au moment où l'Irak a enregistré mercredi plus de 5.100 contaminations au Covid-19, un record, en dépit des restrictions sanitaires.

Sur les dix roquettes tirées sur la base aérienne d'Aïn al-Assad (ouest), plusieurs sont tombées à l'intérieur de la section où sont stationnés des soldats et des drones américains de la coalition internationale antijihadistes, selon des sources de sécurité irakienne et occidentale.

Un sous-traitant civil est décédé d'une crise cardiaque à cause de cette attaque, ont-elles ajouté. Le Pentagone a indiqué que la victime était de nationalité américaine.

Les roquettes ont été tirées depuis un village proche d'Aïn al-Assad, une région désertique où il est facile d'installer des rampes de lancement, parfois à bord de véhicules, tirer des projectiles et rapidement fuir, a précisé la source irakienne.

"Made in Iran"

Sans accuser personne, le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi a prévenu sur Twitter que personne ne pouvait "se prétendre au-dessus de l'Etat".

"Celui qui se croit en mesure d'imposer son agenda à l'Irak et à l'avenir de ses citoyens se berce d'illusions", a-t-il ajouté.

Le commandement militaire irakien a rapporté que les roquettes utilisées étaient de type "Grad". Plus précisément de type "Arash", ont détaillé à l'AFP des sources de sécurité occidentales, de fabrication iranienne, plus performantes que celles utilisées jusque récemment.

Selon un récent rapport iranien, les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique d'Iran, ont développé les missiles "Arash" d'une portée de 22 km et avec une tête explosive de 19 kg.

En Irak, l'Iran a entre autres le soutien du Hachd al-Chaabi, puissante coalition de paramilitaires intégrée à l'Etat, composée principalement de factions armées et financées par Téhéran.

L'Irak a connu un calme vers la fin 2020 à la faveur d'une trêve des pro-Iran face aux menaces des Etats-Unis de retirer tous leurs soldats et diplomates du pays.

Mais ces dernières semaines, les attaques ont repris: des roquettes sont tombées près de l'ambassade américaine à Bagdad, d'autres ont visé la base aérienne de Balad, plus au nord, blessant un employé irakien d'une entreprise américaine chargée de la maintenance de F-16. Des roquettes ont également touché une base militaire abritant la coalition à l'aéroport d'Erbil (nord), où deux personnes ont péri, dont un entrepreneur civil étranger.

Visite papale confinée

Le contre-terrorisme kurde irakien a nommément accusé mercredi des membres du Hachd al-Chaabi d'avoir participé à l'attaque contre la base à Erbil, publiant des "aveux" d'un homme présenté comme l'un des quatre auteurs des tirs.

En réponse à cette attaque, les Etats-Unis ont mené le 26 février un raid contre des miliciens irakiens pro-Iran en Syrie. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 22 miliciens irakiens ont péri.

Washington menace régulièrement l'Iran du pire, notamment lorsqu'un de ses ressortissants est tué. En janvier 2020, une telle spirale a failli dégénérer en conflit ouvert en Irak, après qu'un drone américain a tué le général iranien Qassem Soleimani à Bagdad, en riposte à la mort d'Américains en Irak.

Le pape François est attendu vendredi à Bagdad et dimanche à Erbil, où il doit célébrer une messe dans un stade rempli de fidèles. Il n'a aucune étape prévue dans l'ouest désertique, mais passera par Mossoul, ex-bastion de l'EI dans le Nord où sont désormais déployées des factions du Hachd al-Chaabi.

Le souverain pontife sera privé des bains de foule qu'il affectionne car de vendredi à lundi le pays sera en confinement total.

Des dizaines d'attaques contre des cibles américaines en Irak

Conséquences d'une attaque à la roquette contre les forces dirigées par les États-Unis dans le nord de l'Irak (Reuters).

Des dizaines d'attaques ont visé depuis l'automne 2019 des installations militaires et diplomatiques occidentales, notamment américaines, à l'instar de celle qui a frappé mercredi une base abritant des soldats américains en Irak.

La coalition internationale menée par les Etats-Unis opère depuis 2014 en Irak pour aider les forces locales dans leur combat contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Depuis que l'Irak a déclaré sa victoire face à l'EI fin 2017, les troupes étrangères ont été réduites à 3.500 militaires, parmi lesquels 2.500 Américains.

Salves de roquette

Le 27 décembre 2019, plus d'une trentaine de roquettes frappent la base militaire irakienne K1 à Kirkouk, région pétrolière au nord de Bagdad, tuant un sous-traitant américain. Plusieurs militaires américains et des membres du personnel irakien sont blessés.

Des tirs de roquettes visaient depuis octobre des secteurs abritant des soldats et des diplomates américains. Ces attaques non revendiquées avaient été attribuées par les Américains aux factions pro-Iran en Irak.

Le 29, des avions américains frappent plusieurs bases des Brigades du Hezbollah, faction des paramilitaires du Hachd al-Chaabi, dominés par les pro-Iran et désormais intégrés aux forces gouvernementales irakiennes. Les frappes près d'al-Qaïm (ouest) font 25 morts parmi les combattants pro-iraniens.

Attaque contre l'ambassade américaine

Le 31 décembre, des milliers de partisans du Hachd al-Chaabi entrent dans la Zone verte, quartier ultra-sécurisé de Bagdad où se trouvent l'ambassade américaine et les plus hautes institutions du pays, pour protester contre les raids américains.

Des manifestants défoncent les vitres et les installations de sécurité du bâtiment, avant de quitter le secteur le lendemain.

Soleimani tué, représailles iraniennes

Le 3 janvier 2020, le général iranien Qassem Soleimani et le numéro deux du Hachd al-Chaabi, Abou Mehdi al-Mouhandis, sont tués dans une frappe de drone ordonnée par Donald Trump près de l'aéroport international de Bagdad.

Le général Soleimani était le chef de la Force Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution.

Le 8, l'Iran tire des missiles sur des bases de la coalition internationale abritant des soldats américains en Irak. Selon le Pentagone, les missiles ont touché la base aérienne de Aïn al-Assad (ouest) et celle d'Erbil (nord).

Nouvelle escalade

Le 11 mars, des tirs de roquettes contre la base de Taji, au nord de Bagdad, font trois morts, deux Américains et un Britannique. Washington attribue l'attaque à "des groupes armés chiites pro-iraniens".

En représailles, des raids aériens tuent 26 paramilitaires irakiens pro-Iran à la frontière syrienne.

Trois jours plus tard, une trentaine de roquettes visent de nouveau la base de Taji, au lendemain d'une frappe américaine contre cinq positions proches de Bagdad des Brigades du Hezbollah.

Le 17, plusieurs roquettes visent la base de Basmaya, au sud de Bagdad, où se trouve notamment une partie du contingent espagnol de la coalition.

Le 28 septembre, trois enfants et deux femmes d'une même famille irakienne sont tués par une roquette qui vise l'aéroport de Bagdad, où sont stationnés des soldats américains.

L'ambassade américaine de nouveau visée

Le 20 décembre, une salve de roquettes explose près de l'ambassade américaine à Bagdad, troisième attaque depuis une trêve annoncée en octobre par des factions irakiennes pro-Iran.

Au moins trois roquettes atterrissent près de la mission diplomatique, tandis que deux autres touchent des quartiers résidentiels.

Attaque contre une base à Erbil

Le 15 février, une salve de roquettes frappe une base militaire accueillant des troupes étrangères dans l'aéroport d'Erbil, capitale du Kurdistan autonome. Deux personnes périssent, dont un entrepreneur civil étranger travaillant avec la coalition.

Le 21, des roquettes visent la base aérienne de Balad, au nord de Bagdad, blessant au moins un employé irakien d'une entreprise américaine en charge de la maintenance de F-16.

Le 26, les Etats-Unis mènent un raid contre des miliciens irakiens pro-Iran en Syrie. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 22 miliciens irakiens ont péri.

Roquettes sur la base d'Aïn al-Assad

Le 3 mars, dix roquettes sont tirées sur la base d'Aïn al-Assad, dont plusieurs tombent à l'intérieur de la section où sont stationnés des soldats et des drones américains. Un sous-traitant civil américain meurt d'une crise cardiaque lors de l'attaque.

Celle-ci intervient deux jours avant une visite historique du pape François dans le pays.

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