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Moyen-Orient

Le Congrès américain exige de Trump l'arrêt de tout engagement militaire au Yémen

Bernie Sanders à Washington le 1er avril 2019.

Le Congrès américain a approuvé jeudi une résolution exhortant Donald Trump à arrêter tout soutien à la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen, infligeant un camouflet au président qui va probablement mettre son veto.

En limitant les pouvoirs présidentiels en matière d'engagement dans des conflits à l'étranger, ce vote marque une première historique.

"Nous nous sommes clairement élevés aujourd'hui contre la guerre et la famine, et en faveur des pouvoirs militaires du Congrès, en votant la fin de notre complicité dans la guerre au Yémen", a réagi le sénateur indépendant et candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders, auteur de la résolution.

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, a voté le texte (247 voix pour, contre 175) qu'avait déjà approuvé le Sénat, contrôlé par les républicains.

Au moins une quinzaine d'élus républicains de la Chambre ont approuvé la proposition de loi. Soit un revers particulièrement humiliant pour Donald Trump, qui va sans doute désormais dégainer son droit de veto présidentiel afin de bloquer une mesure adoptée avec le soutien d'une partie de son propre camp.

Le sénateur et autre candidat démocrate à la présidentielle de 2020, Cory Booker, s'est adressé directement au président républicain sur Twitter. "Vous aviez affirmé que +les grandes nations ne combattent pas dans des guerres sans fin+. Montrez nous que vous êtes sincère: mettez fin à notre engagement dans cette guerre catastrophique".

- Colère après Khashoggi -

C'est la première fois en quelque 45 ans que le Congrès utilise une loi, votée en 1973 (War Powers Resolution), afin de limiter les pouvoirs militaires d'un président américain.

Avec la résolution sur le Yémen, "le Congrès exige au président de retirer les forces armées américaines des hostilités dans, ou affectant, la république du Yémen, à l'exception" des opérations visant Al-Qaïda et associés, sous 30 jours après l'adoption du texte.

Le texte prévoit que le président puisse demander un report de cette date, que le Congrès devrait approuver.

La Maison Blanche s'était déclarée en mars "fermement opposée" à cette résolution "bancale", laissant entendre que Donald Trump la bloquerait.

Le Yémen est déchiré par un conflit dévastateur depuis l'intervention d'une coalition arabe sous commandement saoudien en mars 2015 pour soutenir des forces progouvernementales contre les rebelles Houthis.

Ceux-ci sont soutenus par l'Iran, grand rival chiite de l'Arabie saoudite sunnite au Moyen-Orient.

Ce conflit a provoqué la pire catastrophe humanitaire au monde selon l'ONU et a fait plus de 10.000 morts. Des ONG estiment que le bilan des victimes est largement supérieur.

"L'administration n'a demandé aucun compte aux Saoudiens", a déploré jeudi Eliot Engel, chef démocrate de la commission sur les Affaires étrangères à la Chambre, avant le vote.

Depuis 2015, le Pentagone fournit un "soutien non-combattant" à la coalition menée par l'Arabie saoudite au Yémen, dont la livraison d'armes et du renseignement. Depuis fin 2018, les Etats-Unis ont suspendu leurs opérations de ravitaillement en vol de son aviation.

La rare union entre parlementaires démocrates et certains républicains autour de ce vote s'explique en grande partie par la profonde colère provoquée au Congrès américain par l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, en octobre 2018, par un commando venu de Ryad.

La réaction tiède de Donald Trump face au jeune prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait indigné jusque dans ses rangs.

Le milliardaire républicain avait fait usage pour la première fois de son droit de veto le 15 mars, pour défendre sa grande promesse présidentielle: la construction d'un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Là encore, plusieurs parlementaires républicains s'étaient ralliés aux démocrates pour contrer la procédure d'urgence qu'il avait décrétée afin de débloquer des fonds dédiés à la construction de l'édifice controversé.

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Comment se fait-il que tant de personnes vaccinées attrapent le coronavirus ?

Un agent de santé prépare une dose de vaccin Johnson and Johnson à Lesbos, en Grèce, le 15 décembre 2021.

Pourquoi tant de personnes vaccinées contractent-elles le coronavirus ces derniers temps ?

Plusieurs facteurs sont en jeu, à commencer par l'émergence de la variante omicron, très contagieuse. La variante omicron est plus susceptible d'infecter les gens, même si elle ne les rend pas très malades, et son apparition a coïncidé avec la période des voyages de vacances dans de nombreux pays.

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Les gens peuvent penser (à tort) que les vaccins anti-COVID-19 bloquent complètement l'infection. Ce n'est pas le cas: les vaccins agissent principalement pour prévenir des cas de maladie grave, explique Louis Mansky, un chercheur qui travaille sur les virus à l'université du Minnesota.

Et les vaccins sont toujours efficaces à cet égard, en particulier pour les personnes qui ont reçu des rappels.

Deux doses des vaccins Pfizer-BioNTech ou Moderna ou une dose du vaccin Johnson & Johnson offrent toujours une forte protection contre les maladies graves dues à l'omicron. Si ces doses initiales ne sont pas très efficaces pour bloquer une infection par le variant omicron, les rappels - en particulier avec les vaccins Pfizer et Moderna - augmentent les niveaux d'anticorps pour aider à combattre l'infection.

Omicron semble se répliquer beaucoup plus efficacement que les variantes précédentes.

Et si les personnes infectées ont une charge virale élevée, il est plus probable qu'elles transmettent le virus à d'autres, en particulier aux personnes non vaccinées. Les personnes vaccinées qui contractent le virus ont plus de chances de présenter des symptômes légers, voire aucun, car les injections déclenchent de multiples défenses dans le système immunitaire, ce qui fait qu'il est beaucoup plus difficile pour omicron de les contourner toutes.

Les consignes concernant les gestes salutaires n'ont pas changé. Les médecins conseillent de porter des masques à l'intérieur, d'éviter les foules et de se faire vacciner et si possible prendre une dose de rappel. Même si, au final, les vaccins ne vous empêcheront pas toujours d'attraper le virus, ils vous permettront de rester en vie et d'éviter un séjour à l'hôpital.

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Afghanistan: les Talibans décrètent de nouvelles règles de voyage pour les femmes

Des femmes afghanes sur un marché à Kaboul, le 20 décembre 2021.

Une femme n'est plus autorisée à se déplacer sur plus de 72 kilomètres, à moins d'être accompagnée d'un proche parent masculin.

Les talibans qui dirigent l’Afghanistan depuis le départ chaotique des forces américaines en août ont émis dimanche de nouvelles restrictions sur les déplacements des femmes dans le pays.

Selon une directive du ministère de la Promotion de la Vertu et de la Prévention du Vice, une femme n'est plus autorisée à se déplacer sur une distance supérieure à 72 kilomètres, à moins d'être accompagnée d'un proche parent masculin. En outre, seules les femmes portant un hijab (voile intégral) ou un foulard seront désormais autorisées à monter dans les taxis.

Ces dernières restrictions interviennent quelques semaines après que les talibans ont demandé aux chaînes de télévision afghanes de cesser de diffuser des drames et des feuilletons mettant en scène des actrices et d'exiger des présentatrices de journaux télévisés qu'elles portent un hijab à l'antenne.

Le porte-parole du ministère, Sadiq Akif Mahajer, a déclaré à la VOA que ces restrictions sont conformes à la loi islamique (charia).

Isolation et suspension d’aides

Depuis la chute du gouvernement soutenu par l'Occident à Kaboul et le retrait des forces internationales dirigées par les États-Unis du pays, les talibans règnent en maîtres incontestés dans ce pays situé entre l’Iran, le Pakistan et la Chine.

Les pays occidentaux n'ont toutefois pas reconnu le gouvernement taliban. Les États-Unis et d'autres pays occidentaux, ainsi que des institutions financières, ont suspendu des milliards de dollars d'aide financière à l'Afghanistan depuis le retour au pouvoir des talibans à la mi-août.

La suspension de l'aide et les sanctions ont plongé l'économie dans une crise, augmentant les besoins humanitaires en Afghanistan où, selon les Nations unies, 23 millions de personnes souffrent de la faim en raison d'années de guerre, de sécheresse et de pauvreté.

"L'un de nos principaux problèmes en termes de conversations avec les talibans est précisément ce point, à savoir la condition, le statut et le traitement des femmes et des filles, y compris l'accès à l'éducation", a déclaré la vice-présidente américaine Kamala Harris lors d’un entretien dimanche avec la chaîne CBS News.

Les restrictions imposées aux femmes ne s’arrêtent pas là.

Les talibans ont empêché la plupart des femmes afghanes de reprendre le travail. Les écolières ont interdiction de reprendre les cours dans de nombreuses provinces.

Barbes, prières et zéro musique

Pourtant la génération des talibans actuels avait promis un régime plus modéré que celui qui avait dirigé l'Afghanistan de 1996 à 2001.

À l'époque, les femmes n'avaient pas le droit de quitter leur domicile sans être accompagnées d'un homme. Elles étaient obligées de porter un voile les couvrant de la tête aux pieds et étaient interdites de travail et d'éducation.

Le décret publié dimanche contient de nouvelles exigences pour les hommes aussi.

En effet, il est recommandé aux chauffeurs des transports en commun de se laisser pousser la barbe, d’observer une pause pour la prière et d’arrêter de jouer de la musique dans leurs véhicules.

Article rédigé par Ayaz Gul, traduit et adapté de l'anglais par VOA Afrique. Lire l'original >>

Affaire Jamal Khashoggi: un suspect arrêté en France

Des affiches du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi, près du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, vendredi 2 octobre 2020.

Un suspect dans le meurtre en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été arrêté mardi en France, selon un responsable judiciaire français.

Ce responsable a précisé que le suspect était détenu sur la base d'un mandat d'arrêt turc. Il a demandé à ne pas être nommé, conformément aux pratiques habituelles de la justice française.

Selon la radio française RTL, le ressortissant saoudien, Khalid Aedh al-Otaibi, a été arrêté à l'aéroport de Roissy, près de Paris, alors qu'il tentait d'embarquer sur un vol à destination de Riyad.

M. Al-Otaibi faisait partie de plus d'une douzaine de responsables saoudiens sanctionnés par le Trésor américain en 2018 à la suite du meurtre et du démembrement de Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul en 2018.

Il était également mentionné dans le rapport déclassifié des services de renseignement américains qui affirmait que le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman avait "approuvé" l'opération qui a tué Khashoggi. Le rapport a utilisé une translittération anglaise alternative de son nom de famille.

L'ambassade d'Arabie saoudite à Paris a déclaré que l'homme arrêté "n'avait rien à voir avec l'affaire en question" et a indiqué que l'ambassade s'attendait à sa libération immédiate. Elle a noté que l'Arabie saoudite a déjà tenu un procès sur le meurtre, bien qu'il se soit déroulé à huis clos et que les verdicts aient été critiqués par des groupes de défense des droits de l'homme et d'autres personnes pour n'avoir pas tenu pour responsable ou déclaré coupable toute personne ayant organisé, ordonné ou supervisé l'opération qui a tué Khashoggi.

Les autorités françaises vérifiaient mardi soir l'identité du suspect.

Le directeur de l'organisation de défense des médias Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, a salué la nouvelle.

"Parfois, les gouvernements ferment les yeux sur des personnes qui sont poursuivies par la justice dans un autre pays. Je constate avec satisfaction qu'il y a eu une arrestation, et que la police n'a pas fermé les yeux cette fois-ci", a-t-il déclaré à l'Associated Press.

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