Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Khashoggi: nouvelles révélations embarrassantes pour le prince saoudien

Donald Trump et Mohammed ben Salmane dans le Bureau ovale à Washington le 14 mars 2017 ( AFP/Archives / NICHOLAS KAMM )

Des révélations embarrassantes pour Ryad ont relancé jeudi le débat sur le rôle du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, au moment où Donald Trump est de nouveau sommé par le Congrès américain de désigner et punir les responsables.

Selon le New York Times, le jeune et puissant dirigeant du royaume, surnommé "MBS", avait dit en 2017 à un proche conseiller, Turki Al-Dakhil, qu'il utiliserait "une balle" contre le journaliste saoudien s'il ne rentrait pas en Arabie saoudite et ne mettait pas en sourdine ses critiques à l'égard du régime.

Cette conversation, qui date de septembre 2017, soit un an avant le meurtre, a été interceptée par le renseignement américain, rapporte le quotidien, citant des responsables américains et étrangers.

Le 2 octobre, Jamal Khashoggi, qui collaborait notamment avec le Washington Post et résidait aux Etats-Unis, a été tué et démembré dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d'agents saoudiens venus depuis Ryad.

Le 10 octobre, un groupe de sénateurs américains, républicains et démocrates, ont activé une loi qui oblige Donald Trump à dire au Congrès, dans un délai de 120 jours qui prend fin vendredi, quels ressortissants étrangers il considère responsables de cet assassinat -- et à prendre, le cas échéant, des sanctions à leur encontre.

Interrogé sur cette obligation légale, le porte-parole de la diplomatie américaine Robert Palladino a répondu jeudi que le gouvernement américain avait déjà sanctionné mi-novembre 17 responsables saoudiens. "Je n'ai rien à ajouter aujourd'hui", a-t-il dit, semblant minimiser cette date-butoir, tout en assurant vouloir "continuer à travailler avec le Congrès" dont il partage "l'indignation".

Or parmi ces 17 personnes sanctionnées, aucun haut dirigeant saoudien n'a été mis en cause, alors que le Sénat américain, pourtant contrôlé par le camp républicain du président, a adopté par consentement unanime une résolution jugeant le prince héritier "responsable" du meurtre.

- Des sénateurs passent à l'acte -

L'administration Trump affirme ne pas disposer de preuve irréfutable de l'implication directe du dirigeant saoudien, bien que les sénateurs, après avoir été informés à huis clos à l'automne des conclusions de la CIA, aient assuré avoir été confortés dans leur mise en cause du prince héritier.

La rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires a de son côté affirmé jeudi détenir des "preuves" montrant que le meurtre avait été "planifié et perpétré par des représentants de l'Etat d'Arabie saoudite".

Ryad dément catégoriquement toute responsabilité de Mohammed ben Salmane, et l'administration Trump a clairement fait savoir que l'alliance "stratégique" avec l'Arabie saoudite était, quoi qu'il en soit, prioritaire.

Lors d'une rencontre jeudi à Washington, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et le ministre d'Etat saoudien aux Affaires étrangères Adel al-Jubeir "sont convenus de l'importance de voir l'Arabie saoudite poursuivre ses investigations" de "manière transparente" pour que "toutes les personnes impliquées rendent des comptes", selon le département d'Etat.

"Le président Trump donne clairement plus de poids à la parole d'un dictateur étranger qu'à ses propres agences de renseignement", a déploré le vice-président de Human Rights First, Rob Berschinski, dans un communiqué commun avec cinq autres organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse. "Il revient au Congrès d'agir", a-t-il insisté, appelant à des "mesures concrètes immédiates pour faire avancer la justice".

Au Sénat, un groupe d'élus des deux bords politiques a présenté jeudi une proposition de loi pour interdire notamment certaines ventes d'armes à l'Arabie saoudite, en raison du meurtre du journaliste mais aussi du rôle controversé de Ryad dans "le conflit dévastateur au Yémen".

Pour "éviter que le président Trump mette sous le tapis le meurtre de M. Khashoggi", "le Congrès doit désormais prendre ses responsabilités et imposer des mesures pour réexaminer radicalement nos relations avec le Royaume d'Arabie saoudite", a déclaré le sénateur démocrate Bob Menendez.

Selon son collègue républicain Lindsay Graham, souvent proche des positions de Donald Trump, "si l'Arabie saoudite est un allié stratégique, le comportement du prince héritier, à plusieurs titres, a manqué de respect à cette relation, ce qui le rend (...) plus que toxique".

Avec AFP

Toutes les actualités

Un ex-militaire israélien arrêté au Portugal pour prostitution de mineurs en Colombie

Assi Moosh, recherché internationalement pour avoir créé en Colombie un réseau de prostitution notamment de mineurs a été arrêté à Lisbonne, a annoncé jeudi la Garde civile espagnole, qui a participé à l'opération.

Assi Moosh, arrivé en Colombie comme touriste en 2009 et expulsé du pays en 2017, dirigeait un hôtel à Taganga sur la mer des Caraïbes. La presse locale l'avait surnommé "le démon de Taganga".

De jeunes personnes, y compris mineures, se prostituaient auprès des clients de l'hôtel, selon le communiqué de la Garde civile, qui a notamment évoqué des situations "d'esclavage".

Les autorités colombiennes avaient lancé un mandat d'arrêt international via Interpol pour traite d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle, trafic de drogues et blanchiment de capitaux.

Selon la Garde civile, l'ancien militaire, âgé de 45 ans, s'était caché à Ibiza, aux Baléares, puis à Barcelone avant d'être arrêté mercredi au Portugal en possession de faux papiers israéliens, lors d'une opération de la police portugaise avec la collaboration de la Garde civile espagnole et de la police colombienne.

En décembre, la police colombienne avait déjà annoncé une opération contre la structure dirigée par Moosh, ayant abouti aux arrestations de trois Israéliens et de deux Colombiens.

Syrie : combats et nouvelles frappes du régime dans un bastion djihadiste

Des personnes sont rassemblées après une frappe aérienne sur un marché dans la ville de Maarat al-Numan, en Syrie, le 21 mai 2019.

Des raids aériens du régime syrien ont tué jeudi huit civils dans le dernier grand bastion djihadiste du nord-ouest de la Syrie où les affrontements se poursuivent au sol entre forces progouvernementales et combattants de l'ex-branche d'Al-Qaïda, selon une ONG.

Dans la nuit de mardi à mercredi, des frappes avaient déjà tué 23 civils, dont 12 fauchés par un bombardement sur un marché bondé à l'occasion de la rupture du jeûne du ramadan, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La province d'Idleb et des segments de celles voisines de Hama, Alep et Lattaquié, dominés par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche d'Al-Qaïda), sont le théâtre depuis fin avril d'une recrudescence des violences.

Dans la localité de Kafr Aweid, dans la province d'Idleb, les raids aériens de jeudi ont pulvérisé la surface de certains bâtiments, les décombres s'amoncelant dans les parties intérieures, a constaté un photographe de l'AFP. Deux fillettes ont été tuées dans ces frappes, selon l'OSDH.

Sur un des sites bombardés, le photographe de l'AFP a pu voir un jeune garçon courir en pleurs, des taches de sang sur les pieds.

Dans la province de Hama, les forces progouvernementales syriennes ont affronté jeudi pour le troisième jour consécutif les djihadistes de HTS qui mènent une contre-attaque autour de la localité de Kafr Nabuda. Dix-sept combattants ont été tués dont 11 djihadistes, selon l'OSDH.

Au total, plus de 100 combattants ont trouvé la mort dans ces affrontements dans la région de Kafr Nabuda depuis mardi, a indiqué la même source.

Les forces du régime syrien avaient repris la ville de Kafr Nabuda le 8 mai mais mercredi, les djihadistes en ont de nouveau conquis une grande partie.

Idleb et ses environs ont fait l'objet en septembre 2018 d'un accord entre Moscou et Ankara sur une "zone démilitarisée" devant séparer les territoires aux mains des insurgés et des djihadistes des zones gouvernementales attenantes.

Partiellement appliqué en raison du refus des djihadistes de se retirer de la future zone tampon, cet accord avait permis d'éviter une offensive d'envergure de l'armée syrienne. Mais le régime a continué d'y mener des frappes.

Depuis la fin avril, ces dernières se sont intensifiées et les forces du régime se sont emparées de plusieurs villes dans le sud d'Idleb et le nord de Hama.

Vendredi, l'ONU a sonné l'alarme sur le risque d'une "catastrophe humanitaire" à Idleb.

Depuis fin avril, plus de 200.000 personnes ont fui les combats, d'après le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Le régime syrien, appuyé par ses alliés indéfectibles, Moscou et Téhéran, a multiplié ces dernières années les victoires jusqu'à asseoir son contrôle sur près de 60% du pays, déchiré depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts.

Le FMI interpelle Washington et Pékin

Le FMI interpelle Washington et Pékin
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:11 0:00

Sabotage de navires : Abou Dhabi ne veut pas d'une enquête précipitée

An Emirati fisherman throws his net near Mirfa, near the coast of the capital Abu Dhabi on April 19, 2019.

Les Emirats arabes unis ont affirmé mercredi que l'enquête sur le "sabotage mystérieux" de quatre navires à l'entrée du Golfe prendrait "le temps qu'il faudra", en disant s'attendre à un "résultat impartial".

Quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, ont été sabotés le 12 mai en mer d'Arabie au large de l'émirat de Fujairah, membre de la fédération des Emirats arabes unis.

Les Emirats ont invité des experts des Etats-Unis, de France et de Norvège à se joindre à l'enquête et promis des investigations "professionnelles" et transparente sur ce sabotage qui a accentué les tensions dans le Golfe.

Le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, s'est refusé à spéculer sur le ou les responsables de ces attaques.

"Nous devons nous montrer très prudents sans lancer d'accusations", a-t-il dit à Dubaï à propos des actes de sabotage, qui n'ont pas été revendiqués. Il a affirmé que les résultats de l'enquête seraient connus "dans les prochains jours".

"L'enquête en cours reflète l'intérêt de la communauté internationale à protéger la navigation maritime, le commerce international et les approvisionnements en pétrole", a souligné mercredi le ministère des Affaires étrangères des Emirats dans un communiqué.

"L'enquête, à laquelle participent certains pays, prendra le temps qu'il faudra", a-t-il ajouté.

Mardi, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a jugé "assez probable" que l'Iran soit derrière ces mystérieux "actes de sabotage".

La montée des tensions entre les voisins du Golfe s'inscrit dans une escalade plus large de la confrontation entre Washington et Téhéran, un an après le retrait américain unilatéral de l'accord sur le nucléaire iranien, suivi de sanctions américaines draconiennes contre la République islamique.

France : le site de la Tour Eiffel piétonnisé et végétalisé d'ici 2024

A rescue worker, top in red, hangs from the Eiffel Tower while a climber is seen below him between two iron columns Monday, May 20, 2019 in Paris.

Le site de la Tour Eiffel à Paris sera rendu aux piétons et végétalisé d'ici 2024, a annoncé la maire de Paris lors de la présentation du projet de réaménagement du site, conçu par une architecte paysagiste américaine.

"On est vraiment sur un objectif de très grande piétonisation", a souligné mardi la maire de Paris, Anne Hidalgo : "On va avoir un jardin extraordinaire pour réentendre le chant des oiseaux".

Ces aménagements, pour lesquels un appel d'offre international avait été lancé en 2018, sont prévus pour avant les Jeux Olympiques de 2024 organisés à Paris.

Le projet de l'architecte paysagiste américaine Kathryn Gustafson, baptisé "One", a été retenu.

Ainsi, les voitures ne pourront plus accéder au pont d'Iéna qui deviendra piéton avec un accès pour les transports en commun et les transports doux.

Le nombre de voies pour les voitures Quai Branly passera de quatre à deux, dans une zone limitée à 20 kilomètres heure où les piétons seront prioritaires.

A la fin des JO, un second espace de travaux sera ouvert sur le Champ de Mars. "C'est un tout cohérent qui devient un espace de promenade, de déambulation, de respiration", a souligné Anne Hidalgo.

"Ce site présente une attractivité que sa fréquentation a contribué à dénaturer et à transformer sans réflexion globale avec beaucoup trop de voitures, du tourisme de masse, trop d'autocars", a ajouté Jean-Louis Missika, adjoint à la mairie de Paris en charge de l’urbanisme : "La Tour va pouvoir se retrouver au centre de ce vaste parc et redonner aux parisiennes et aux parisiens l'envie de venir s'y promener".

Kathryn Gustafson a remporté l'appel à projets "Site Tour Eiffel - découvrir, approcher, visiter" lancé par la ville de Paris, pour lequel quatre équipes avaient candidaté. "On peut arriver à créer le plus grand espace de jardin de Paris", avec "beaucoup plus de biodiversité, beaucoup plus d'écologie", a-t-elle expliqué à l'annonce de sa victoire.

Kathryn Gustafson est notamment à l'origine du projet de la Fontaine commémorative de Diana, Princesse de Galles, à Londres.

En tout, 54 hectares sont concernés et l'aménagement doit coûter 72 millions d'euros toutes taxes comprises.

Chaque année, sept millions de personnes visitent la Tour Eiffel et plus de 20 millions viennent la voir sans y monter. Le monument parisien a fêté son 130ème anniversaire cette année.

Voir plus

XS
SM
MD
LG