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Mali

L'armée dominera la composition du futur organe législatif de la transition malienne

Le colonel Assimi Goita, chef de la junte militaire malienne, se tient derrière le président nigérien Mahamadou Issoufou lors d'une séance photo après la réunion consultative de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest à Accra, Ghana, le 15 septembre 2020.

Le colonel Assimi Goïta aura la haute main sur la composition du futur organe législatif de la transition censée ramener les civils au pouvoir au Mali, selon des décrets rendus publics mardi. 

La présidence malienne a rendu publics mardi deux décrets fixant les modalités de désignation des membres du Conseil national, l’organe législatif de la transition et la répartition de ses 121 sièges. Vingt-deux membres viendront des forces de défense et de sécurité, 11 des partis politiques, 8 du mouvement dit du 5-Juin.

Les autres sièges seront répartis entre d'anciens groupes rebelles, la société civile, les confessions religieuses ou les syndicats.

D’après l’un des décrets, le vice-président, le colonel Assimi Goïta, reçoit la liste des candidatures et après examen des dossiers, arrête la liste des membres de ce Conseil.

La liste définitive fera l'objet d'un autre décret du président de la transition, le général à la retraite Bah Ndaw. Les candidatures doivent être soumises dans les 48 heures. La junte qui a pris le pouvoir le 18 août s'était engagée à remettre l'appareil de l'État entre les mains des civils élus au bout de 18 mois.

Les décrets de mardi semblent renforcer l'emprise des militaires sur la transition, et celle du colonel Goïta, chef du Conseil national du salut du peuple (CNSP).

Le colonel Goïta est le vice-président de la transition. Il est en charge des questions de défense et de sécurité, attributions cruciales dans un pays en guerre contre les jihadistes et en proie à différentes formes de violence et de contestation de l'autorité de l'Etat.

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Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

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