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Mali

Libération des personnalités civiles et militaires arrêtées lors du coup d'Etat malien

Des soldats maliens traversent les rues de Bamako, au Mali, le 19 août 2020, le jour après que les troupes rebelles ont saisi le président malien Ibrahim Boubacar Keita et le Premier ministre Boubou Cissé dans une escalade dramatique d'une crise de plusieurs mois.

Les militaires qui ont pris le pouvoir le 18 août au Mali avant de s'engager dans une transition censée ramener les civils au pouvoir ont annoncé mercredi la libération des 12 personnalités civiles et militaires arrêtées lors de leur coup d'Etat.

"Le vice-président de la transition (et chef des putschistes, le colonel Assimi Goïta, ndlr) informe l'opinion publique (...) de l'élargissement ce jour des personnalités politiques et militaires arrêtées suite aux événements du 18 août 2020", a indiqué dans un communiqué le Comité national pour le salut du Peuple (CNSP), qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta.

"Il s'agit de l'ancien Premier ministre, Boubou Cissé, de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Moussa Timbiné, des généraux Ibrahima Dahirou Dembélé, M'bemba Moussa Keïta, Oumar Dao, Ouahoun Koné, Boukary Kodio, Abdramane Baby, Abdoulaye Coulibaly, Moustapha Drabo et du colonel-major Faguimba Kansaye", selon ce communiqué publié sur les comptes Facebook et Twitter du CNSP.

"Toutefois, les intéressés restent à la disposition de la justice pour toutes fins utiles", ajoute le texte.

Notant les "avancées notables vers la normalisation constitutionnelle" depuis la mise en place d'organes chargé de mener la transition vers un pouvoir civile, la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest avait levé mardi les sanctions imposées au Mali au lendemain du coup d'Etat.

Les dirigeants ouest-africains avaient salué la nomination d'un président de transition, Bah Ndaw, un colonel à la retraite, et celle d'un ancien ministre des Affaires étrangères, Moctar Ouane, comme Premier ministre.

Ils s'étaient également félicité du renoncement par les militaires à une prérogative majeure initialement dévolue au chef de la junte: investi vice-président transitoire, le colonel Goïta ne pourra pas remplacer le président de la transition en cas d'empêchement de ce dernier, selon la charte élaborée par les militaires.

Mais la Cédéao avait aussi souligné que la levée des sanctions, au premier rang desquelles un embargo commercial et financier, devait être considéré comme un encouragement à aller plus loin.

L'organisation régionale, médiatrice dans la crise malienne, avait insisté sur la nécessité de libérer les officiels militaires et civils arrêtés" lors du coup d'Etat du 18 août.

Pour satisfaire les dirigeants des pays voisins, les militaires maliens doivent encore prendre une mesure de taille: la "dissolution" du Conseil national pour le Salut du peuple lui-même.

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Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

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