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L'ex-ministre des Affaires étrangères Moctar Ouane nommé Premier ministre de transition au Mali

Moctar Ouane, alors ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Mali, avant une rencontre avec le ministre indien des affaires extérieures Pranab Mukherjee à New Delhi, en Inde, le 16 janvier 2009. (Photo by RAVEENDRAN / AFP)

L'ancien ministre malien des Affaires étrangères Moctar Ouane a été nommé dimanche Premier ministre par le président de transition Bah Ndaw, selon un décret lu en direct à la télévision publique ORTM.

M. Ouane, 64 ans, ministre des Affaires étrangères de 2004 à 2011 sous la présidence d'Amadou Toumani Touré, "est nommé Premier ministre" selon le bref décret lu par le secrétaire général adjoint de la présidence, Sékou Traoré lors d'un flash spécial.

La formation de son gouvernement sera annoncée mardi, a affirmé à l'AFP un officier de la junte au pouvoir, sous le couvert de l'anonymat.

La nomination d'un civil au poste de Premier ministre de transition, attendue depuis l'investiture vendredi de Bah Ndaw, un colonel à la retraite et ancien ministre de la Défense, est la principale condition posée par les pays voisins du Mali à la levée de leurs sanctions.

La Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a pris ces sanctions deux jours après le le putsch du 18 août, officiellement réalisé sans effusion de sang, contre le président Ibrahim Boubacar Keïta.

M. Ndaw a été investi lors d'une prestation de serment devant la Cour suprême avec un vice-président de transition, chargé des questions de défense et de sécurité, le colonel Assimi Goïta, qui n'est autre que le chef de la junte.

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L'armée malienne arrive dans un village assiégé par des jihadistes présumés

Le vice-président et colonel Assimi Goïta, lors d'une réunion à Bamako, le 25 août 2020.

L'armée malienne est arrivée jeudi dans une localité du centre du Mali assiégée depuis deux semaines par des hommes armés généralement présentés comme des jihadistes et dont le sort suscite un intérêt considérable dans le pays en guerre.

Le vice-président, le colonel Assimi Goïta, homme fort de la junte au pouvoir entre le coup d'Etat du 18 août et la récente mise en place d'un gouvernement de transition, s'est rendu "sur le terrain dans la région de Ségou (pour) coordonner les opérations, libérer totalement la localité et traquer les terroristes", a dit un responsable au ministère de la Défense sous le couvert de l'anonymat.

Farabougou retient l'attention malienne en raison non seulement de la souffrance infligée aux habitants, mais aussi parce que la situation exceptionnelle de ce village coupé de son environnement à quelque 400 kilomètres au nord de Bamako, met à l'épreuve les nouvelles autorités de transition encore dominées par les militaires.

Farabougou se trouve dans le centre du Mali, pris dans un tourbillon de violence depuis l'apparition en 2015 d'un groupe jihadiste conduit par le prédicateur peul Amadou Koufa et affilié à Al-Qaïda.

Les violences jihadistes qui sévissent aussi dans le nord du pays contre les symboles de l'Etat se doublent ici d'affrontements entre les Peul, majoritairement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon pratiquant essentiellement l'agriculture.

Le 6 octobre, des hommes armés ont enlevé une vingtaine de personnes lors de la foire hebdomadaire de Farabougou, avant d'en relâcher une dizaine. Ils ont encerclé Farabougou, en coupant tous les accès.

Les réseaux sociaux ont largement fait circuler des photos censées montrer un pont vital pour les habitants et qu'on avait fait exploser.

Quelques jours après, des villageois qui tentaient de rentrer à Farabougou sont tombés dans une embuscade. Au moins six habitants ont été tués entre l'attaque du marché et le guet-apens, selon des témoins et des responsables locaux.

Les médias maliens ont fait état d'une tentative de médiation menée par des personnalités locales. L'armée malienne a largué des vivres sur le village.

Elle a indiqué jeudi sur les réseaux sociaux que les premiers éléments de forces spéciales avaient été acheminés par hélicoptère dans le village. Elle n'a pas dit si le blocus de la localité était depuis levé ou non.

"En plus du personnel, beaucoup de colis, dont des médicaments, ont aussi été largués", a-t-elle ajouté. La situation est "une grande préoccupation" pour le ministère de la Défense, a-t-elle assuré.

Farabougou constitue un test pour les nouvelles autorités de transition installées en septembre par les militaires qui ont déposé l'ancien président élu Ibrahim Boubacar Keïta en août.

La dégradation sécuritaire constante est considérée comme un des facteurs primordiaux de la chute de M. Keïta et les nouvelles autorités en ont fait l'une de leurs priorités.

Depuis 2012, la spirale des violences a causé, avec les tensions intercommunautaires, des milliers de morts civils et militaires, malgré le déploiement de forces françaises et internationales, et s'est propagée au Burkino Faso et au Niger voisins.

L'ex-président Keïta de retour à Bamako deux mois après avoir été renversé

L'ancien président Ibrahim Boubacar Keita à Nouakchott, le 30 juin 2020.

L'ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta, renversé mi-août par un coup d'Etat militaire, est rentré mercredi soir à Bamako après un séjour médical aux Emirats arabes unis.

Arrêté par les militaires le 18 août, le président Keïta, 75 ans, avait démissionné quelques heures plus tard. Détenu par la junte pendant plus de deux semaines, il a été autorisé à quitter le Mali le 5 septembre pour recevoir des soins aux Emirats arabes unis.

Son avion de retour a atterri mercredi soir, a indiqué une source aéroportuaire. Des journalistes de l'AFP ont vu peu après un convoi précédé d'un motard pénétrer dans sa résidence de la capitale malienne.

"C''est le président IBK qui vient d'arriver", a déclaré devant son domicile un membre de la garde présidentielle. Quelques dizaines de riverains l'ont accueilli en scandant "Vive IBK" et "Bonne arrivée".

Son départ à l'étranger pour des soins avait été envisagé peu après sa chute, à la suite, selon ses médecins, d'un court accident vasculaire cérébral (AVC).

Les militaires avaient expliqué avoir autorisé son "évacuation sanitaire pour des raisons humanitaires pour une durée maximum d'un mois", un délai "extensible uniquement sur avis médical" et qui "ne pourrait excéder trois mois, auquel cas le suivi médical se fera au Mali".

"Le président IBK a démissionné. De quoi se mêle la CEDEAO?"
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La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) "s'engage à assurer le retour de l'ancien président Ibahim Boubacar Keïta aussitôt après son séjour médical suivant les conditions susmentionnées", avait indiqué dans un communiqué le colonel Malick Diaw, numéro deux de la junte.

Sous pression de la communauté internationale, les auteurs du putsch se sont engagés à rendre le pouvoir à des dirigeants civils élus au terme d'une période de transition d'une durée maximale de 18 mois.

Un président de transition a été nommé, ainsi qu'un Premier ministre, tous deux des civils. Les colonels se sont néanmoins réservé les postes clés dans le gouvernement de transition.

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