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Le Burkina Faso en deuil après un nouveau massacre


Une église à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 25 mars 2020.

Le Burkina Faso a débuté jeudi un deuil national de trois jours, au lendemain d'une attaque jihadiste qui a tué 47 gendarmes et civils dans le Nord, un nouveau massacre qui suscite des interrogations sur les capacités des forces de sécurité à contrer les violences jihadistes.

Le drapeau burkinabè était en berne devant le parlement, la présidence et les édifices gouvernementaux, a constaté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs télévisions et radios ont modifié leurs grilles de programmes, diffusant pour la plupart des chansons en hommage et en soutien aux forces de défense et de sécurité.

La presse écrite et les médias en ligne affichaient également en Une des bandeaux noirs, certains se demandant: "à quand la fin de ces tueries qui déciment des familles et des villages entiers?"

"Depuis cinq ans, les jours se suivent et se ressemblent pour les Burkinabè. Les drapeaux à peine montés au sommet du mât redescendent presqu’aussitôt, mis en berne, pour pleurer de nouveaux morts, civils et/ou militaires, dans des attaques d’individus armés, généralement jamais identifiés. Cette fois-ci, ce sont 72 heures de deuil. Et demain?", écrit le média en ligne "Wakatsera".

Mercredi, 47 personnes - 14 gendarmes, 30 civils et 3 supplétifs engagés dans la lutte antijihadiste aux côtés de l'armée -, ont été tués et 30 blessés dans une "attaque terroriste" dans la région du Sahel, située dans la zone des trois frontières entre Burkina, Niger et Mali, régulièrement frappée par les actions meurtrières de jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique (EI).

Les gendarmes et les supplétifs civils des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) escortaient des civils victimes de précédentes attaques jihadistes, qui retournaient dans leurs localités d'origine de la même région, selon le gouvernement.

"A chaque nouvelle attaque, on se dit qu'on a touché le fond, mais une autre vient nous rappeler que le pire est toujours à craindre", remarque Bassirou Sedogo, un chef d'entreprise de 47 ans.

"On observe le deuil national, mais on se demande comment une embuscade contre un convoi militaire (...) peut faire autant de victimes?". "Si on peut massacrer autant de civils sous escorte, c'est dire que nul individu, nulle localité de la zone n'est à l'abri de ces tueries", a-t-il estimé.

Depuis le début du mois d’août, 94 civils, militaires et supplétifs de l'armée sont morts dans des attaques attribuées à des groupes jihadistes dans le Nord et le Nord-Est du Burkina.

Pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso est en proie depuis 2015 à des attaques jihadistes régulières et meurtrières, en particulier dans les régions du Nord et de l'Est, comme ses voisins le Mali et le Niger.

Souvent couplées à des embuscades, ces attaques ont fait plus de 1.500 morts et contraint plus de 1,3 million de personnes à fuir leurs foyers.

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