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Pour les musulmans béninois, le coronavirus donne un goût amer au jeûne


La Grande Mosquée de Porto-Novo, au Bénin, le 5 juillet 2016.
La Grande Mosquée de Porto-Novo, au Bénin, le 5 juillet 2016.

A l'instar des musulmans du monde entier, la communauté musulmane du Bénin a entamé le Ramadan. Les croyants passeront ce mois de prières et de privations en toute discrétion conformément aux mesures prises par les autorités béninoises pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Les musulmans devront changer leur façon de vivre ce mois sacré. Pas de rassemblements habituels pour le grand repas du soir, pas de prière nocturne à la mosquée, pas de réunion entre amis jusque tard dans la nuit, pas de voyage dans les villes saintes de l’islam.

Une nouvelle donne que beaucoup acceptent avec résignation.

La communauté musulmane béninoise a débuté le mois de Ramadan
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Abdoul Karim, le muezzin d'une mosquée de Cotonou, regrette la fermeture des mosquées mais pense que "c'est le mieux à faire pour se protéger contre un virus qui a réussi à décimer autant de vies de par le monde entier".

Il ajoute: "Si nous tenons tête et que nous nous regroupons comme d'habitude, non seulement on a failli islamiquement, mais nous risquons encore de contaminer et d'être contaminés. Là aussi c'est un risque et c'est un mal".

Dans le rang des fidèles, certains ont réussi avec les mesures restrictives en vigueur à se préparer à vivre ce mois de Ramadan en toute sobriété.

C'est le cas d'Ali Yessoufou, un enseignant. Il avait l'habitude de recevoir du monde chez lui pour les prières du matin et du soir. Cette fois, il devra limiter son cercle social à sa femme, ses enfants et sa belle-soeur.

"Par rapport aux prières, nous allons le faire en famille dans la cour. Comme nous sommes en saison de pluies, nous rejoindrons le salon si entre temps la pluie nous chassait de la cour. Nous sommes au nombre de six et le problème ne se pose pas", souligne M. Yessoufou.

Pour cet enseignant, les moyens restent limités. Il n'a pas pu acheter des vivres comme lors des années précédentes. Il affirme "avoir pris le minimum en attendant d'avoir mieux".

De nombreux musulmans n'arrivent pas à concevoir la prière hors des mosquées tout au long du mois. Certains pensent que l'Etat devrait, à titre exceptionnel, permettre l'ouverture des mosquées pour le Ramadan.

Les leaders musulmans appellent au respect des restrictions

L'islamologue Yessoufou Djèlili invite la communauté musulmane "à la retenue" et au respect des règles établies par le gouvernement.

"L'islam s'adapte à tout. Ceux qui ont l'habitude de prier les Tarawih dans les mosquées et qui sont obligés de le faire dans leur maison doivent savoir que les récompenses seront les mêmes", souligne M. Djèlili​.

"Que ceux qui ont décidé de le faire à la mosquée cette année et qui ne peuvent le faire sachent qu'ils n'ont commis aucun péché. En cas de force majeure, se dédouaner d'une obligation religieuse n'est pas un péché", ajoute-t-il.

A travers des communiqués radio-télévisés, beaucoup d'imams ont décidé d'appeler leurs fidèles à ne pas passer outre les décisions du gouvernement. C'est le cas de celui de la mosquée centrale de Cotonou: "je demande à mes fidèles de se contenter des prières en famille et à ne pas se mettre en danger inutilement."

La communauté musulmane garde l'espoir de regagner les mosquées après le 10 mai, date à laquelle devrait prendre fin la mesure relative à la fermeture des lieux de culte au Bénin.

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