Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Togo

Une solidarité citoyenne se forme contre le covid-19 chez les Togolais

Remise symbolique du Don Aného, le 15 avril 2020. (VOA/Kayi Lawson)

Pendant que les uns sensibilisent sur les gestes barrières et invitent la population à se conformer aux instructions officielles pour limiter la propagation du coronavirus, d’autres mettent à la disposition des populations et des centres de santé des masques et des désinfectants.

C’est dans un élan de solidarité que le collectif "Ensemble contre le covid-19 USA/Togo" est né.

Ce 15 avril 2020, un groupe de jeunes Togolais résidant aux Etats-Unis a fait le déplacement de la ville d’Aného, située à une quarantaine de kilomètres à l’Est de Lomé, pour faire un don au centre hospitalier de la localité.

Solidarité citoyenne autour de la riposte contre la pandémie du coronavirus
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:40 0:00


Pour sa première action, ce collectif a offert des masques et solutions hydro-alcooliques à l’Hôpital d’Aného, ville frontalière avec le Bénin. Estimant que c’est une guerre que le Togo livre contre la pandémie, le porte-parole du collectif Akouété Abalo a laissé entendre que leur geste s’apparente à un "effort de guerre".

"Nous pensons qu’il est important pour chacun de nous d’apporter sa contribution pour l’éradication de la pandémie. Parce que c’est clair que beaucoup d’argent est dépensé par les gouvernants. Si nous arrivons à éradiquer aussi rapidement cette maladie, tout le monde y gagne", a déclaré M. Abalo.

Pour les responsables du Centre Hospitalier préfectoral (CHP) d’Adjido Aného, ce don inattendu leur sera d’un grand recours.

"Ce don nous est tellement utile. C’est du matériel qui protège. Il vient à point nommé parce que depuis l’avènement de l’épidémie, à part l’appui du gouvernement, c’est la première fois que de bonnes volontés mettent du matériel à notre disposition", a laissé entendre Kossi Agbokanzo, directeur du centre hospitalier, encourageant la solidarité pour venir à bout de ce virus. "La lutte doit être citoyenne, puisque l’Etat seul ne peut pas tout faire. C’est le moment d’inviter d’autres personnes de bonne volonté à venir appuyer notre centre", a-t-il ajouté.

La pandémie du covid-19 a bousculé les habitudes aux CHP d’Adjido Aného, comme partout ailleurs.

Des mesures préventives y sont prises, comme l’a indiqué Dr Elom Adanlekponsi à VOA Afrique, un point focal pour la riposte covid-19 au CHP d’Aného.

"A l’entrée, on a mis des dispositifs de lavage des mains. Nous prenons aussi systématiquement la température à toute personne qui entre. Ça nous permet de voir ceux qui font la fièvre et de facilement les orienter. Au niveau de notre service d’admission, on a essayé de respecter la distanciation. On a désengorgé l’admission, on a mis des tentes", a expliqué Dr Adanlékponsi.

Prise de température systématique à l’entrée du CHP d’Adjido. Aného, 15 avril 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Prise de température systématique à l’entrée du CHP d’Adjido. Aného, 15 avril 2020. (VOA/Kayi Lawson)

Le CHP d’Aného est également préparé à d’éventuels cas de coronavirus. "Nous avons aussi refectionné notre salle d’isolement. En cas de suspicion de Covid-19, nous avons notre salle d’isolement pour mettre le patient. Et en cas de confirmation, le patient sera transféré au centre de prise en charge à Lomé", a détaillé le médecin.

Il est à noter qu’à ce jour, aucun cas de covid-19 n’a été confirmé dans la préfecture de Lacs.

Le Togo compte 81 cas positifs de coronavirus dont 45 guéris et 5 décès.

Toutes les actualités

Au Togo, les détenus privés de droit de visite depuis le début de la pandémie

Des Togolais devant la cour de Justice à Lomé, le 1er septembre 2011.

Cela fait 18 mois que David Adjé n'a pas vu ses trois frères cadets détenus à la prison civile de Lomé, le Togo ayant interdit au début de la pandémie de Covid-19 les visites dans les centres pénitentiaires.

"Je suis atterré et sous le choc, car je ne sais pas dans quelles conditions se trouvent mes frères", s’inquiète ce sexagénaire, agent commercial dans une société privée.

Depuis le 13 avril 2020, les autorités togolaises ont interdit les visites dans les prisons afin de "protéger" les détenus "contre le risque de contamination venant de l’extérieur".

"Toutes les visites aux détenus dans les prisons civiles du Togo et à la Brigade pour mineurs de Lomé sont suspendues jusqu’à nouvel ordre", avait déclaré le ministre de la justice Pius Agbétomey, précisant que des dérogations exceptionnelles peuvent être accordées après examen.

Pour de nombreux Togolais, l'interdiction de visite est disproportionnée au regard de la situation sanitaire.

Le Togo a recensé 26.167 cas de Covid-19, dont 243 décès, selon les derniers chiffres officiels.

Pour une levée de l'interdiction

Au début de la pandémie, un grand nombre de pays dans le monde avaient pris la décision d'interdire les visites pour protéger les détenus, mais la plupart ont depuis levé cette interdiction.

"Les détenus sont une catégorie particulière de personnes dont l’isolement mérite solidarité et soutien psychologique des parents", juge Aimé Adi, directeur d'Amnesty International au Togo.

"Il est vraiment temps de rouvrir les prisons pour soulager les détenus et leurs parents", renchérit Kao Atcholi, président de l’Association des victimes de la torture au Togo (Asvitto).

Au Togo, comme dans de nombreux pays africains, les visites sont quasiment vitales pour les détenus car elles permettent aux proches de leur apporter des vivres, des habits et des médicaments, le système pénitentiaire étant généralement sous-financé. Certains proches s'y rendent tous les jours pour apporter des repas à leurs proches.

"Je ne sais pas si mes proches sont malades. Je les ai vus début avril 2020. Les visites me permettaient de leur remonter le moral en leur apportant régulièrement de la nourriture et des médicaments", se lamente Aboubacar Amidou dont six proches parents sont enfermés à la prison civile de Lomé, arrêtés dans la foulée des grandes manifestations de l’opposition en octobre 2017.

Le Togo est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans. Il a été réélu lors de scrutins qui ont tous été contestés par l'opposition.

Un repas supplémentaire

Outre les familles, ce sont les ONG et associations apportant une assistance aux détenus qui sont désormais interdites de visite.

"Les parents de certains détenus nous confient des colis que nous remettons aux responsables de l’administration pénitentiaire. Mais, nous n’avons pas accès aux détenus", déplore Ali Essoham, chargé du programme "observateurs des prisons" de l’ONG Solidarité mondiale pour les personnes démunies et les détenus.

Pour le directeur de l’administration pénitentiaire, "il serait trop tôt de rouvrir les prisons, face à la flambée de la pandémie de Covid-19 dans le pays" ces derniers mois.

"La prison est un milieu clos et il était important pour le gouvernement d’anticiper pour protéger les pensionnaires et éviter une rapide propagation du virus dans nos prisons", justifie Akibou Idrissou.

"La plupart des détenus sont vaccinés, ainsi que le personnel. Même les nouveaux détenus enregistrés ces derniers temps sont vaccinés depuis quelques jours. Par ailleurs, pour soulager les détenus, le gouvernement leur offre un autre repas", rassure-t-il.

Seuls les avocats ont désormais accès aux détenus, mais ils doivent au préalable obtenir une autorisation.

"Le moral des prisonniers était déjà très bas. Avec cette décision, ils sont davantage isolés", regrette Me Claude Kokou Amegan, qui a pu rendre visite à plusieurs de ses clients.

Selon lui, l'interdiction des visites a été prise "à une période de la pandémie où tous les Etats se cherchaient", mais aujourd'hui on pourrait "imposer avec rigueur les mesures barrières et permettre aux parents et avocats de voir les détenus", d'autant "qu'une bonne partie de la population carcérale est désormais vaccinée".

La Banque mondiale appuie le projet du corridor Togo-Burkina-Niger

La Banque mondiale appuie le projet du corridor Togo-Burkina-Niger
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:39 0:00

La Banque Mondiale soutient la couverture santé universelle au Togo; Croissance mitigée en Afrique

La Banque Mondiale soutient la couverture santé universelle au Togo; Croissance mitigée en Afrique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:39 0:00

Le Conseil national de transition entre en fonction au Tchad

Le Conseil national de transition entre en fonction au Tchad
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:10 0:00

Faure Gnassingbé devant l’ONU

Faure Gnassingbé devant l’ONU
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:14:54 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG