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La France obtient le soutien des Européens face à Washington

Le président américain Joe Biden, à droite, s'entretient avec le président français Emmanuel Macron lors d'une session plénière lors d'un sommet de l'OTAN au siège de l'OTAN à Bruxelles, le lundi 14 juin 2021. (Photo Brendan Smialowski/ AP)

Crise diplomatique transaltantique: les Européens ont apporté lundi leur soutien à la France, qui ne décolère pas contre les Etats-Unis, malgré la tentative d'apaisement du président Joe Biden.

Les ministres des Affaires étrangères des Vingt Sept, réunis à New York en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, "ont exprimé clairement leur solidarité à l'égard de la France", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Pour eux, la dispute franco-américaine autour de l'annonce d'une alliance indo-pacifique entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie "affecte" toute l'UE" par ses implications stratégiques, a-t-il expliqué.

Joe Biden, arrivé lundi à New York pour sa première Assemblée générale des Nations unies, a de son côté pris les devants en promettant de rouvrir les frontières américaines, fermées aux Européens depuis plus d'un an pour cause de Covid.

Si la décision a été prise sur des bases sanitaires, la solution trouvée est aussi le fruit de la diplomatie, a glissé un haut responsable américain, laissant entendre que le timing n'était pas sans lien avec la crise transatlantique.

Un lot de consolation peu goûté par Paris. "C'est une bonne chose. Pourquoi viens-tu si tard ?", a ironisé le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, lors d'une conférence de presse en rappelant que c'était une demande de longue date des Européens.

A New York, Joe Biden va pouvoir mettre en avant le "retour" de l'Amérique comme partenaire fiable auprès de ses alliés malmenés pendant quatre années de mandat de Donald Trump.

Mais son message est brouillé depuis son annonce, le 15 septembre, d'un pacte de sécurité conclu avec l'Australie et le Royaume-Uni pour contrer Pékin, surnommé AUKUS. Ce nouveau partenariat a mis le feu aux poudres transatlantiques, car il s'est fait dans le dos des Français, qui ont perdu un énorme contrat de sous-marins commandés par Canberra.

- "Epoque révolue" -

Jean-Yves Le Drian a dénoncé, comme il le fait depuis plusieurs jours mais cette fois sur le sol américain, une décision "brutale", un "défaut de concertation", et une "rupture de confiance entre alliés". Cela s'apparente aux "réflexes d'une époque que nous espérions révolue", a-t-il martelé, dans une nouvelle allusion claire à l'ère Trump.

La France, qui a rappelé ses ambassadeurs à Washington et Canberra dans un geste sans précédent, reste vent debout contre cette "trahison". Elle avait déjà reçu plutôt dans la journée le soutien des dirigeants de l'UE.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a jugé "inacceptable" la manière dont Paris a été "traitée", dans un entretien sur la chaîne américaine CNN.

Le président du Conseil européen Charles Michel a aussi dénoncé un "manque de loyauté" des Etats-Unis et plaidé pour un renforcement de la "capacité d'action" de l'UE sur la scène internationale.

Les ministres des Vingt-sept ont aussi fait le point sur la "présence européenne" en Afghanistan afin de faciliter les évacuations d'Afghans menacés par les talibans et l'apport d'une aide humanitaire dans le pays, a indiqué Josep Borrell, sans plus de précisions.

Le retrait chaotique d'Afghanistan imposé par Joe Biden a aussi suscité plusieurs grincements de dents sur le Vieux Continent.

- Appel attendu Biden-Macron -

Londres et Washington avaient déjà tenté pendant le week-end d'amadouer leur allié français.

"Notre amour de la France est inébranlable", a déclaré le Britannique Boris Johnson dans l'avion qui l'emmenait à New York.

Face aux demandes de "clarification" de Paris et de Bruxelles, le président Biden est "impatient" de parler "de la voie à suivre" au téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron, qui a lui renoncé à se rendre à New York, a déclaré un haut responsable américain, confirmant que le dirigeant démocrate avait demandé un tel entretien.

"Nous comprenons la position française" même si "nous ne la partageons pas", a-t-il ajouté.

Ce coup de fil très attendu aura lieu "dans les jours qui viennent", a seulement dit Jean-Yves Le Drian, glissant qu'il n'avait pas, pour sa part, "prévu de rendez-vous" avec le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

De fait, l'agenda américain apparaît comme un résumé des priorités diplomatiques de la Maison Blanche.

Joe Biden n'a prévu de rencontrer mardi, en marge de la réunion onusienne, que le Premier ministre australien Scott Morrison, avant de recevoir le chef du gouvernement britannique Boris Johnson à son retour à la Maison Blanche. Antony Blinken s'est lui entretenu lundi avec sa nouvelle homologue britannique Liz Truss.

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Le chef du Pentagone, Lloyd Austin, se rend à l'OTAN

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"Dette secrète" au Mozambique: lourde amende pour Crédit Suisse aux États-Unis

Une succursale de Crédit Suisse à Bâle, en Suisse, le 2 mars 2020.

Le groupe Crédit Suisse AG s’est engagé à payer près de 475 millions de dollars aux autorités américaines et britanniques, dont près de 100 millions de dollars à la Securities and Exchange Commission (SEC) pour fraude et violation du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) – la loi américaine contre la corruption à l’étranger, a annoncé la SEC dans un communiqué de presse mardi.

Selon la SEC – gendarme du marché boursier américain - le groupe s’est rendu coupable de malversations "à travers deux offres d'obligations et un prêt syndiqué" – fourni par une association de banques - qui ont levé des fonds pour le compte de compagnies du secteur public du Mozambique.

"Ces transactions, qui ont permis de récolter plus d'un milliard de dollars, ont été utilisés pour dissimuler la dette publique du Mozambique, verser des pots-de-vin à d'anciens banquiers d'investissement du Crédit Suisse aujourd’hui inculpés ainsi qu'à leurs intermédiaires", note la SEC.

Ces fonds ont aussi permis de corrompre des fonctionnaires véreux au Mozambique.

Le communiqué de la SEC relève que "les documents d'offre créés et distribués aux investisseurs par le Crédit Suisse masquaient la corruption sous-jacente et assuraient faussement que le produit aiderait à développer l’industrie de la pêche au thon au Mozambique".

En dépit de l’ampleur des fonds mobilisés, Crédit Suisse n'a rien révélé quant à "l'étendue et la nature de l'endettement du Mozambique" à l’époque, encore moins "le risque de défaut pouvant résulter de ces transactions".

Une banque russe épinglée

La SEC signale qu’une filiale de la banque russe VTB basée à Londres "va séparément payer plus de 6 millions de dollars à la SEC pour son rôle dans la fraude liée à une deuxième offre obligataire de Crédit Suisse en 2016".

Selon le gendarme du marché boursier américain, les investisseurs ont pu, à cette deuxième offre, "échanger leurs notes d’une précédente offre obligataire contre de nouvelles obligations souveraines émises directement par le gouvernement du Mozambique".

Les documents de l'offre n'ont pas divulgué la découverte par Crédit Suisse qu’une part des fonds avaient été détournés.

La SEC rappelle que le Mozambique a, par la suite, fait défaut sur ces prêts après que l'intégralité de sa "dette secrète" a été révélée au monde.

La saison des prix pour la Congolaise Julienne Lusenge

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Le président turc promet un partenariat "gagnant-gagnant" aux Africains

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à gauche) et le président angolais João Lourenço lors de leur rencontre à Luanda, Angola, le 18 octobre 2021.

La Turquie entend promouvoir des relations avec les pays africains "sur la base d'un partenariat égalitaire gagnant-gagnant, dans le cadre du respect mutuel", a assuré le président turc Recep Tayyip Erdogan en concluant une visite en Angola, première étape d'une tournée en Afrique.

"Nous, en Turquie, nous attachons une grande importance et une grande valeur à la relation étroite que nous entretenons avec le continent africain", a affirmé lundi soir le président Erdogan devant un parterre d'hommes d'affaires angolais, selon un communiqué diffusé par son parti AKP.

"Nous désirons faire progresser ces relations sur la base d'un partenariat égalitaire gagnant-gagnant, dans le cadre du respect mutuel", a-t-il poursuivi.

Un peu plus tôt, dans un discours devant le parlement angolais diffusé sur le site de la présidence turque, M. Erdogan avait estimé que "le sort de l'humanité ne peut pas et ne doit pas être laissé à la merci d'une poignée de pays qui sont les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale".

"Ignorer les appels au changement est une injustice pour l'Afrique", a-t-il ajouté en soulignant que la Turquie ne portait "aucune tache" d'impérialisme ou de colonialisme.

Lors de conversations avec son homologue angolais Joao Lourenco, le président turc a vanté l'industrie gazière turque et soulignant que celle-ci "serait ravie de partager son expérience".

Après l'Angola, le président turc devait poursuivre sa tournée africaine par le Togo puis le Nigeria.

Un ultra-marathonien italien parcourt près de 5.000 km en 42 jours

Andrea Marcato, ultra-marathonien italien de 39 ans, qui a remporté la plus longue épreuve à pied au monde en parcourant près de 5.000 km en un mois et demi autour d’un bloc à New York, aux Etats-Unis, le 17 octobre 2021.

Un ultra-marathonien italien, Andrea Marcato, 39 ans, a remporté dimanche la plus longue et la plus folle épreuve à pied au monde en parcourant près de 5.000 km en un mois et demi autour d’un bloc, un seul groupe d'immeubles de New York.

"C'était vraiment monotone !", s'est exclamé Andrea Marcato, 39 ans, en franchissant dimanche soir la ligne d'arrivée, drapeau italien en main, sous les vivats de la foule, après avoir tourné 5.649 fois autour d'un ensemble scolaire dans le quartier de Queens du nord de New York.

Il a donc parcouru à pied 3.100 miles soit 4.888 km.

Avec un tour de 883 mètres, une moyenne de 116 km par jour - soit plus de deux marathons - l'incroyable sportif, presque un surhomme, a couru et marché pendant 42 jours, 17 heures et 38 minutes; chaque jour de 06H00 à minuit.

Les six heures restantes, Andrea Marcato et ses six concurrents - une Néo-Zélandaise, un Taïwanais, un Japonais, un Russe, un Ukrainien et un Slovaque - les ont consacrées à dormir, se soigner, s'alimenter, se laver, répondre aux besoins naturels, dans des baraques de chantier installées dans la rue le temps de l'épreuve.

La course, complètement folle mais parfaitement homologuée internationalement, est censée durer encore huit jours, perturbant à peine la circulation automobile new-yorkaise, encore moins les commerçants, habitants et quelque 2.000 lycéens de ce coin populaire de Queens, appelé Jamaica.

- "Pareil tous les jours" -

Pour briser la routine et la grisaille de la jungle urbaine, des trottoirs en béton et des grilles noires du lycée, les sept marathoniens courent un jour dans le sens des aiguilles d'une montre, le lendemain dans le sens contraire.

"La première semaine, c'est assez dur, surtout pour le mental", admet Andrea Marcato. "Et puis, tu finis par t'habituer et accepter que ce sera tous les jours pareil".

Qu'il pleuve, qu'il vente ou que la chaleur et l'humidité de New York soient étouffante, il a tourné comme une horloge, depuis le 5 septembre, près de 5.700 fois autour du lycée technique Thomas Edison.

L'épreuve fut créée et baptisée en 1997 "The Sri Chinmoy Self-Transcendance 3.100 Mile Race" ("La course de 3.100 miles de l'auto-transcendance de Sri Chinmoy"), par un gourou indien devenu new-yorkais, Sri Chinmoy, mort en 2007. Il prônait un mélange de sport extrême, de dépassement de soi et de méditation.

- "Ne penser à rien" -

Côté physique, les organisateurs n'acceptent que des ultra-marathoniens qui ont déjà fait des courses du même genre d'au moins six jours. Côté mental, "l'esprit concentré, tu ne penses à rien d'autre, ni crainte, ni inquiétude, ni doute", assure Andrea Marcato.

"C'est un test d'endurance, d'effort, de détermination et de talent", résume le directeur de la course, Sahishnu Szczesiul, très fier de relever que si 4.000 alpinistes dans le monde ont réussi à gravir l'Everest, ils ne sont que 49 ultra-sportifs à avoir bouclé sa course de 3.100 miles.

Pour la Néo-Zélandaise Harita Davies, la seule femme de cette 25ème édition, la course est évidemment terrible physiquement, mais "chose incroyable, les jours et les semaines passant, le corps s'adapte et se renforce".

A 47 ans, elle court "pour devenir un être meilleur". Elle écoute de la musique, des romans audio et des cours de méditation. Harita Davies devrait boucler la distance avant la date limite du 26 octobre.

- Pas d'argent -

D'autres habitants de New York, privés du spectacle en 2020 pour cause de pandémie qui a mis la ville à genoux, comprennent parfois à peine ce qui se passe: "Je vis ici mais je ne savais pas que c'était une course. J'ai toujours pensé qu'ils faisaient juste leur jogging", s'amuse Julio Quezada.

Et que gagne le vainqueur Andrea Marcato, après avoir perdu quand même des milliers de calories par jour et 16 paires de chaussures ? Un trophée mais pas d'argent, assurent les organisateurs.

"C'est l'absolu, mon rêve et je l'ai réalisé", se réjouit l'Italien, employé d'une entreprise de l'agro-alimentaire.

Mais Harita Davies prévient que le plus difficile commence: "Retourner à la vie normale".

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