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La Corée du Nord tire deux missiles juste après l'arrivée de l'émissaire américain à Séoul

Lancement d'un missile balistique dans le nord-ouest de la Corée du Nord le 4 juin 2017.

Pyongyang, qui a déjà effectué des tirs il y a moins d'une semaine, a lancé jeudi deux missiles, selon l'armée sud-coréenne, au moment même où l'émissaire américain pour la Corée du Nord est en visite à Séoul.

Les tirs ont été effectués vers l'est sur des distances respectives de 270 et de 420 kilomètres. Washington et Séoul sont en train de procéder à des analyses, a ajouté l'armée sud-coréenne dans un communiqué.

Plus tôt, elle avait précisé que "des tirs de projectiles" avaient été effectués à partir de Sino-ri, une base militaire en service depuis plusieurs décennies et située à 75 kilomètres au nord-ouest de la capitale.

Officiellement, la Corée du Nord n'a pas procédé à un tir de missile depuis novembre 2017, mais plusieurs projectiles avaient déjà été tirés samedi, dont un missile de courte portée d'après les experts.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a averti que les tirs de jeudi "pourraient rendre les négociations plus difficiles" avec les Etats-Unis sur le nucléaire.

Il a aussi estimé que cette nouvelle initiative de Pyongyang montrait la volonté de la Corée du Nord "de faire pression pour orienter les négociations nucléaires dans la direction qu'elle souhaite".

"Il semble que le Nord soit très mécontent que le sommet de Hanoi se soit terminé sans accord", a-t-il ajouté dans une interview marquant ses deux ans en fonction.

"L'objectif de Kim, au-delà de prouver que ces programmes d'armement deviennent de plus en plus puissants, est clair: montrer à l'Amérique et à ses alliés que s'ils ne sont pas disposés à faire des compromis sur les conditions de la dénucléarisation, Pyongyang suivra sa propre route", a commenté Harry Kazianis, du groupe de réflexion conservateur américain Center for the National Interest.

Le Japon a réagi calmement aux tirs de jeudi, son Premier ministre Shinzo Abe déclarant à des journalistes "qu'aucun impact sur la sécurité (du Japon) n'avait été confirmé", a rapporté l'agence Jiji Press.

Ces tirs sont intervenus quelques heures après l'arrivée à Séoul de Stephen Biegun, représentant spécial américain pour la Corée du Nord.

Stephen Biegun a rencontré jeudi son homologue sud-coréen Lee Do-hoon. Vendredi, il doit s'entretenir avec les ministres sud-coréens des Affaires étrangères et de l'Unification. L'objectif est de tenter de relancer les négociations de dénucléarisation entre Washington et Pyongyang, actuellement en suspens. La question de l'aide alimentaire qui doit être envoyée par Séoul à son voisin du nord doit aussi être abordée.

Avec ces nouveaux tirs, la Corée du Nord "envoie un message clair: elle ne se contentera pas uniquement de l'aide humanitaire", relève Hong Min, un chercheur à l'Institut coréen pour l'unification nationale, basé à Séoul. Elle veut obtenir "des garanties de sécurité en échange du processus de dénucléarisation".

"Exercice de routine"

Concernant les tirs de samedi dernier, les images diffusées par les médias nord-coréens montrent un engin similaire au missile russe Iskander à un étage, d'après les experts.

Il ressemble à une arme présentée par la Corée du Nord au cours d'un défilé militaire l'année dernière, au moment où s'amorçait la détente sur la péninsule.

Pyongyang s'est toutefois refusé à employer le terme de "missile", indiquant que l'exercice avait impliqué "plusieurs lance-roquettes de longue portée et armes tactiques guidées".

Il s'agissait d'un "exercice de routine" qui s'est déroulé dans les eaux territoriales nord-coréennes et les projectiles ne constituaient pas une menace pour les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon, a affirmé un responsable nord-coréen.

Washington n'a pas davantage utilisé le terme de missile. Le président américain Donald Trump présente en effet l'absence depuis plus d'un an d'essai nucléaire ou de tir de missile balistique intercontinental (ICBM) comme un succès de politique étrangère majeur.

Avec cette série de tirs, le Nord veut en tous cas signifier aux Etats-Unis son sentiment de frustration après l'échec du sommet de Hanoï fin février, disent les analystes.

Pendant sa rencontre historique avec le président américain Donald Trump en juin 2018 à Singapour, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s'était engagé à travailler en vue d'une "dénucléarisation complète" de la péninsule coréenne.

Mais le scepticisme a grandi avec l'absence d'avancées concrètes et les deux dirigeants se sont quittés en février au Vietnam sur un désaccord. M. Kim réclamait une levée des sanctions trop importante aux yeux de M. Trump, en échange d'un début de dénucléarisation jugé trop timide.

Parallèlement, M. Kim a rencontré fin avril le président russe Vladimir Poutine à Vladivostok pour leur premier sommet, pendant lequel il s'est plaint de la "mauvaise foi" des Américains dans la crise nucléaire.

Depuis l'échec de Hanoï, la Corée du Nord a accusé Séoul de s'être rangée du côté de Washington et les relations entre les deux frères ennemis se sont de nouveau dégradées.

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Trump reçoit le Premier ministre pakistanais avec l'Afghanistan en tête

Le Premier ministre du Pakistan Imran Khan.

Le président américain Donald Trump reçoit lundi le Premier ministre du Pakistan Imran Khan pour une rencontre centrée l'Afghanistan, au moment où Washington cherche à se désengager de ce pays après 18 ans d'intervention militaire.

Pour sa première visite à la Maison Blanche depuis son arrivée au pouvoir, l'ancien champion de cricket peut s'attendre à une série de demandes de la part du milliardaire républicain qui a, par le passé, accusé Islamabad de "mensonges" et de "duplicité".

L'objectif est "de pousser pour une coopération concrète du Pakistan sur le processus de paix afghan", et "d'encourager le Pakistan à accentuer ses efforts récents contre les terroristes sur son territoire", résume un responsable américain sous couvert d'anonymat.

Les Etats-Unis mettent les bouchées doubles pour arracher un accord politique avec les talibans avant l'élection présidentielle afghane, prévue fin septembre, ce qui ouvrirait la voie à un retrait des troupes américaines.

Washington et Kaboul accusent Islamabad de soutenir des groupes extrémistes armés comme le réseau Haqqani, allié des talibans, en lui fournissant des refuges dans ses régions frontalières avec l'Afghanistan.

Le Pakistan nie un tel soutien, arguant à l'inverse des énormes sacrifices humains et financiers consentis dans sa lutte contre le terrorisme.

"Ce n'est pas un secret: nous sommes préoccupés par les liens entre certains groupes (terroristes) et l'armée et les services de renseignement pakistanais", résume un responsable américain.

Du côté pakistanais, on insiste sur la nécessité d'une "relance les relations bilatérales" après des années tumultueuses.

"L'un des éléments frappants de cette rencontre Trump-Khan à venir est le décalage énorme des attentes", souligne Michael Kugelman du Wilson Center à Washington.

"Le Pakistan espère que cette rencontre permettra aux deux pays de repartir sur de bonnes bases. Les Etats-Unis ont un objectif beaucoup plus précis: s'assurer d'une grande coopération du Pakistan sur le processus de paix afghan", ajoute-t-il.

Les interactions entre les deux dirigeants aux parcours atypiques seront aussi scrutées à la loupe.

Avant d'être élu, Imran Khan avait considéré la perspective d'une rencontre avec le président américain comme une "pilule amère" à avaler.

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