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L'ouragan Dorian se dirige vers la Floride, Trump annule son voyage en Pologne

L'ouragan Dorian vue de la Station spatiale internationale le 29 août 2019, alors qu'il dévastait l'océan Atlantique au nord de Porto Rico. (NASA via AP)

Donald Trump a annoncé jeudi annuler son voyage en Pologne en raison de l'ouragan Dorian qui se dirige vers les Bahamas et pourrait frapper lundi les côtes de Floride, où l'état d'urgence a été décrété.

Dorian se renforçait encore jeudi dans les Caraïbes après être passé au nord de Porto Rico et devrait devenir vendredi un ouragan "majeur". Le Centre national des ouragans (NHC) évoque une "probabilité accrue" de menaces pour les vies humaines lors du passage, ce week-end ou en début de semaine prochaine, de l'ouragan sur les côtes de Floride.

"Afin de permettre que l'ensemble des moyens de l'Etat fédéral soient focalisés sur la tempête qui arrive, j'ai décidé d'envoyer notre vice-président, Mike Pence, en Pologne à ma place ce week-end", a déclaré le président américain.

Le dirigeant républicain, qui possède plusieurs propriétés en Floride, dont sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago, était attendu dimanche à Varsovie pour commémorer le 80e anniversaire du début de la Deuxième Guerre mondiale.

Selon le dernier point du Centre national des ouragans (NHC) américain à 21 heures GMT jeudi, Dorian, qui est toujours un ouragan de catégorie 1 sur les cinq que compte l'échelle de Saffir-Simpson, charriait des vents à 140 km/h.

L'oeil de Dorian se trouvait à 535 kilomètres à l'est des Bahamas tandis que l'ouragan se déplaçait vers le nord-ouest à une vitesse de 20 km/h.

Concert des Rolling Stones avancé

Le NHC rappelle qu'il doit se renforcer et pourrait devenir un ouragan "majeur" (de catégorie 3 ou plus, avec des vents à au moins 178 km/h) vendredi. Les autorités s'attendent à ce qu'ils restent un ouragan "extrêmement dangereux pendant le week-end".

Selon les prévisions du NHC, l'ouragan devrait déverser, sur des portions de la côte sud-est des Etats-Unis, des pluies dont l'accumulation atteindra de 12 à 25 centimètres.

"Tous les habitants de Floride devraient avoir préparé un plan. N'attendez pas que ça soit trop tard!", a mis en garde le gouverneur de cet Etat, Ron DeSantis. "Vous devriez avoir suffisamment de réserves de nourriture, d'eau et de médicaments pour tenir sept jours", a-t-il appuyé pendant une conférence de presse.

En conséquence, les habitants de cet Etat du sud-est du pays commençaient à affluer dans certains supermarchés et stations-services.

"Il y avait une queue horrible à Costco", une des plus grosses chaînes d'hypermarchés du pays, a raconté Cristina Grand, une résidente de Miami de 55 ans.

Les Rolling Stones, qui devaient faire danser le public de Miami samedi soir, ont avancé leur concert à vendredi, à cause des mauvaises conditions météo annoncées. Mick Jagger et sa bande avaient déjà dû, le mois dernier, déplacer une date de concert à la Nouvelle-Orléans en raison du passage de la tempête Barry.

Menace "déjà passée"

Lundi étant férié pour cause de fête du Travail, le week-end prolongé qui arrive et qui marque la fin de l'été est traditionnellement l'occasion pour les Américains de voyager.

Pour l'instant, le ciel au-dessus des célèbres plages de Floride, destinations touristiques de référence, restait bien bleu.

"Soyez prêts et s'il vous plaît, suivez les instructions de l'Etat (de Floride, NDLR) et du gouvernement fédéral, ça sera un très gros ouragan, peut-être un des plus gros", a tweeté Donald Trump jeudi matin.

"Ils seront totalement prêts", a-t-il ajouté lors d'une interview sur la radio de Fox News.

Porto Rico soufflait pour sa part jeudi, la gouverneure de ce territoire américain affirmant que la menace était "déjà passée".

"Porto Rico est en super état alors que l'ouragan Dorian a pris une route très différente de ce que l'on attendait", a également noté sur Twitter Donald Trump.

La maire de la capitale San Juan, qui a très sévèrement critiqué la réponse apportée en 2017 à l'ouragan Maria par l'administration Trump, lui a répondu sur Twitter.

"Maintenant que Dorian se dirige vers la côte Est, espérons que Donald Trump mette de côté ses préjugés et son racisme et s'assure de l'efficacité de la réponse fédérale. J'espère que nous ne verrons pas de références insultantes aux habitants de Floride", a-t-elle écrit, en référence aux nombreux commentaires amers de Donald Trump sur la gestion par Porto Rico de l'aide fédérale américaine.

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Le Conseil de l'Europe opposé à l'extradition d'Assange aux Etats-Unis

Des manifestants devant le Westminster Magistrates Court pour soutenir le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, à Londres, le 13 janvier 2020. (AP)

L'extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis, où il est accusé d'espionnage, aurait un "effet paralysant sur la liberté de la presse", a mis en garde jeudi la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatovic.

La "possible extradition" du fondateur de Wikileaks, actuellement détenu au Royaume-Uni, "a des implications en termes de droits de l'homme qui dépassent largement son cas individuel", a estimé Mme Mijatovic dans un communiqué.

"Les accusations générales et vagues contre (lui) et les délits mentionnés dans l'acte d'accusation (le visant) sont troublants, dans la mesure où beaucoup d'entre eux concernent des activités qui sont au coeur même du journalisme d'investigation", a insisté la commissaire.

"Autoriser l'extradition de Julian Assange sur cette base aurait "un effet paralysant sur la liberté de la presse" et pourrait "empêcher" les médias "d'accomplir leur tâche de fournisseurs d'informations" et de "garde-fous dans les sociétés démocratiques", selon Mme Mijatovic.

Le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Nils Melzner, a par ailleurs estimé que, dans l'hypothèse d'une extradition, "tant les conditions de détention aux Etats-Unis que la peine qui pourrait lui être infligée" par la justice américaine présentent un risque de torture ou de traitements inhumains ou dégradants, rappelle encore la Commissaire.

Julian Assange "ne doit pas être extradé", conclut Mme Mijatovic, qui assure qu'elle va continuer "à surveiller de près" la situation de l'activiste australien.

Détenu à Belmarsh, dans le sud de Londres depuis son arrestation en avril 2019 à l'ambassade d'Equateur, Julian Assange, 48 ans, est réclamé par Washington. Il encourt aux Etats-Unis jusqu'à 175 ans d'emprisonnement pour espionnage.

Les autorités américaines lui reprochent d'avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la publication en 2010 de 250.000 câbles diplomatiques et d'environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.


Un débat crucial entre six candidats démocrates

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Bloomberg vertement critiqué lors du débat de mercredi

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Le milliardaire Bloomberg assailli par ses rivaux pour son premier débat démocrate

L'ancien maire de New York Mike Bloomberg et la sénatrice Elizabeth Warren du Massachusetts lors du débat de Las Vegas (Photo by Mark RALSTON / AFP)

"Un milliardaire arrogant" qui a soutenu des "politiques racistes": le candidat à la Maison Blanche Michael Bloomberg a été vertement critiqué mercredi par ses rivaux pour l'investiture démocrate dès l'ouverture de son premier débat télévisé de la campagne.

D'une intensité rare, le ton est immédiatement monté lors du débat démocrate organisé à Las Vegas, dans le Nevada, entre les candidats qui espèrent défier le républicain Donald Trump lors de la présidentielle de novembre.

Le sénateur indépendant Bernie Sanders, grand favori dans les sondages, a également reçu sa part d'attaques nourries.

"J'aimerais parler de notre adversaire. Un milliardaire qui traite les femmes de grosses nanas et de lesbiennes à tête de cheval. Et non je ne parle pas de Donald Trump. Je parle de Michael Bloomberg", a lancé la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, provoquant des cris stupéfaits dans la salle.

Elle l'a dans la foulée accusé d'avoir "soutenu des politiques racistes", en référence notamment aux interpellations et fouilles arbitraires ("stop-and-frisk"), accusées d'avoir suscité une explosion des contrôles au faciès à New York lorsqu'il était maire de la ville.

Cette pratique, pour laquelle M. Bloomberg s'est récemment excusé après l'avoir longtemps défendue, visait les "Afro-américains et les Hispaniques de façon indécente", a tonné Bernie Sanders.

Face à ces accusations reprises par d'autres sur le plateau, Michael Bloomberg a cherché à se présenter en démocrate le plus apte à gagner la présidentielle du 3 novembre, en taclant notamment le socialiste Bernie Sanders, qui n'a, selon lui, "aucune chance de battre le président Trump".

"Qui peut battre Donald Trump? Et qui peut faire le travail s'il arrive à la Maison Blanche? Je dirais que je suis le candidat qui peut faire ces deux choses", a ajouté M. Bloomberg en rappelant son passé de maire d'une ville cosmopolite et ses investissements dans des causes philanthropes.

"Les démocrates prennent un énorme risque si on ne fait que remplacer un milliardaire arrogant par un autre", a au contraire lancé Mme Warren.

N'ayant pas affronté de débat depuis plus d'une décennie, M. Bloomberg a parfois semblé en retrait, passant d'un ton hésitant à des accents plus fermes. Trop, parfois, au goût du public qui l'a hué après certaines réponses jugées cassantes.

- Buttigieg attaque Sanders -

Neuvième homme le plus riche du monde en 2019 selon Forbes, Michael Bloomberg se présente en candidat capable de rassembler au centre. Le patron de l'agence de presse Bloomberg finance sa candidature à coup de centaines de millions de dollars tirés de ses fonds personnels.

Bernie Sanders, âgé de 78 ans, connaît lui une forte poussée depuis ses excellents résultats dans les deux premiers Etats qui ont voté: l'Iowa et le New Hampshire.

Il arrive désormais nettement en tête de la moyenne nationale des sondages établie par le site RealClearPolitics (27,8%), devant l'ancien vice-président modéré Joe Biden (17.8%), 77 ans.

Sans s'être encore présenté à une seule primaire, Michael Bloomberg, 78 ans, a lui grimpé jusqu'à la troisième place (16,1%).

Elizabeth Warren est en perte de vitesse à la quatrième place (12,3%), suivie par deux modérés avec le vent en poupe, l'ex-maire de South Bend Pete Buttigieg (10,3%) puis la sénatrice Amy Klobuchar (6,4%).

Forts de ses réussites dans l'Iowa et le New Hampshire, M. Buttigieg a tenté mercredi de se présenter en alternative entre MM. Sanders et Bloomberg.

"La plupart des Américains ne s'y retrouvent pas s'ils doivent choisir entre un socialiste qui pense que le capitalisme est à la racine de tous les maux et un milliardaire qui pense que l'argent doit être à la racine de tous les pouvoirs", a-t-il lancé.

- Bloomberg, ex-républicain -

Après une entrée très tardive dans la campagne, en novembre, M. Bloomberg a opté pour une stratégie rarissime dans l'histoire des primaires américaines: faire l'impasse sur les quatre premiers Etats qui votent en février.

A 78 ans, il entrera donc dans la course lors du "Super Tuesday" du 3 mars, lorsque 14 autres Etats voteront.

Disposant d'une fortune personnelle estimée à environ 60 milliards de dollars, il a déjà dépensé plus de 300 millions en spots publicitaires. Il y souligne son engagement pour la lutte contre le changement climatique et contre les violences par armes à feu.

Ancien républicain devenu indépendant avant de passer démocrate, Bloomberg y met aussi en avant ses propositions censées aider les minorités.

Observateur régulier, et ironique, de la course démocrate, Donald Trump surnomme M. Bloomberg "Mini Mike", en allusion à sa taille (1,70 m). Par tweets moqueurs interposés, ce dernier affirme que M. Trump a peur de l'affronter dans les urnes.

"J'ai entendu qu'il se faisait démolir ce soir", a lancé le président républicain devant des milliers de partisans, depuis l'Arizona.

Le débat de mercredi s'est tenu dans le Nevada car cet Etat organisera samedi le troisième vote des primaires.

Roger Stone fixé sur sa peine après l'intervention de son "ami" Trump

Roger Stone, ancien conseiller de la campagne du président américain Donald Trump, le 15 novembre 2019.

L'ancien conseiller de Donald Trump, Roger Stone, sera fixé jeudi sur sa peine dans un dossier parasité par les interventions du président américain et de son ministre de la Justice qui suscitent des remous à Washington.

Le consultant politique de 67 ans, qui se présente comme un "vieil ami" du président républicain, a été reconnu coupable en novembre d'avoir menti au Congrès dans le cadre de la tentaculaire enquête sur les ingérences russes dans la présidentielle de 2016.

Il y a dix jours, les quatre procureurs ayant instruit son dossier avaient recommandé une peine comprise entre 7 et 9 ans de prison. Donald Trump s'était alors emparé de son arme de prédilection - Twitter - pour dénoncer une "erreur judiciaire".

Le lendemain, le ministère de la Justice avait à son tour jugé la recommandation "excessive" et suggéré une sentence comprise entre 3 et 4 ans de détention. Désavoués par leur hiérarchie, les quatre procureurs fédéraux s'étaient retirés de l'affaire.

La réaction du président n'avait pas tardé, toujours sur son réseau social préféré: "Félicitations au ministre de la Justice Bill Barr pour avoir pris en charge un dossier totalement hors de contrôle !"

L'Attorney général des Etats-Unis a eu beau assuré que les commentaires présidentiels n'avaient eu aucun impact sur la décision de ses services, il s'est retrouvé sous le feu des critiques.

Outre l'opposition démocrate, plus de 2.200 anciens fonctionnaires du ministère de la Justice l'ont appelé à démissionner, l'accusant dans une lettre ouverte d'avoir accordé un "traitement de faveur" à Roger Stone et d'être "aux ordres du président".

- "Impossible" -

Sur la défensive, Bill Barr a martelé que Donald Trump, dont il est l'un des plus solides défenseurs, ne lui avait pas demandé d'intervenir.

Dans une rare note dissonante, il a toutefois demandé au milliardaire new-yorkais d'éviter de tweeter sur les dossiers judiciaires, estimant que cela rendait son travail "impossible".

Peine perdue, la Maison Blanche assure que le président a le droit "de commenter des affaires criminelles" et que cela ne relève pas de "l'ingérence".

Et Donald Trump est reparti à la charge, en retweetant de nombreux commentaires portant sur les démêlés d'autres de ses proches avec la justice ou sur l'origine de l'enquête russe.

Mardi, le ministre a, selon des sources anonymes citées par de nombreux médias américains, fait savoir à l'entourage du président qu'il pourrait quitter son poste si ces tweets devaient continuer.

La porte-parole du ministère a toutefois balayé des "rumeurs" infondées. "Le ministre n'a aucunement l'intention de démissionner", a précisé Kerri Kupec.

- "Coups fourrés" -

Malgré la mise en garde de son ministre, Donald Trump a continué cette semaine d'apporter son soutien à Roger Stone, qui réclame un nouveau procès.

Cet expert autoproclamé des "coups fourrés" a été reconnu coupable d'avoir exercé des pressions sur des témoins et menti au Congrès sur ses contacts avec l'organisation WikiLeaks, au sujet d'e-mails démocrates piratés lors de la campagne présidentielle de 2016.

Clamant son innocence, il soutient que des membres du jury étaient "partiaux" et a introduit un recours pour annuler leur verdict.

La juge fédérale Amy Jackson a refusé de reporter le prononcé de la peine, prévue jeudi à 10H00 (15H00 GMT) comme il le demandait. Mais elle a fait savoir que la sentence resterait suspendue en attendant une décision sur cette nouvelle requête.

La magistrate s'est déjà opposée à Roger Stone, lui interdisant de commenter son dossier publiquement après qu'il eut posté sur Instagram une photo d'elle accompagnée d'un viseur.

Si le consultant, connu pour son style flamboyant, écopait d'une lourde peine de prison, il pourrait peut-être compter sur une grâce présidentielle.

Donald Trump a commué mardi la peine d'une petite dizaine de personnes. Roger Stone pourrait-il faire partie de la prochaine liste? "Je n'y ai pas réfléchi", a-t-il dit, avant d'ajouter: "je pense qu'il a été traité de manière très injuste..."

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