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L'opposition manifeste pour la transparence des élections d'août en Angola


Quelques manifestants devant la Commission nationale électorale, à Luanda, Angola, 28 août 2012.

Au moins 4.000 personnes ont défilé samedi à Luanda à l'appel de l'opposition angolaise pour exiger la transparence des élections générales d'août prochain, qui doivent marquer la fin du règne de trente-huit ans du président José Eduardo dos Santos.

Organisée par l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), la manifestation, l'une des très rares autorisées par le gouvernement, s'est déroulée sous forte escorte policière mais sans incident, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Le principal parti d'opposition s'inquiète des conditions d'organisation du scrutin prévu le 23 août, notamment de l'indépendance de la Commission nationale électorale (CNE).

"Ce rassemblement vise à dénoncer le système vicieux de fraude électorale perpétué par la CNE (Commission nationale électorale) en recrutant les mêmes entreprises qui ont participé à la manipulation des résultats des élections de 2008 et 2012", a dénoncé le chef de l'Unita, Isaias Ngola Samakuva.

"Indra dehors, Sinfic dehors, dictateur dehors !", ont scandé les manifestants en visant successivement les deux sociétés chargée du comptage des votes et le président sortant.

"Nous voulons la transparence, des élections libres et équitables et une victoire de l'Unita", a déclaré à l'AFP une députée du parti présente dans le cortège, Mihaela Webba.

Au pouvoir depuis 1979, M. dos Santos, 74 ans, a annoncé qu'il ne se représenterait pas lors de ce scrutin.

En février, son parti, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), a désigné l'actuel ministre de la Défense, José Lourenço, pour lui succéder en cas de victoire, très probable.

M. Dos Santos est critiqué par ses adversaires pour avoir mis l'Etat et l'économie en coupe réglée, notamment en offrant à sa famille et à ses proches la direction de nombreuses entreprises.

Son régime est aussi épinglé pour ses violations des droits de l'Homme, notamment par la police et la justice qui répriment toute contestation. En avril, sept manifestants d'opposition ont été condamnés à 45 jours de prison ferme pour avoir exigé la transparence lors des élections.

L'Angola est avec le Nigeria l'un des deux principaux pays producteurs de pétrole d'Afrique subsaharienne mais reste l'un des plus pauvres du continent. La chute des cours du brut en 2014 l'a plongé dans une sévère crise économique.

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