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Attaque à la prison centrale de Makala à Kinshasa

  • VOA Afrique

À la prison de Malaka à Kinshasa le 18 décember 2012.

Des tirs nourris sont entendus depuis tôt ce mercredi 17 mai à la prison centrale de Makala à Kinshasa. Des sources sur place parlent "d’une évasion massive des détenus" qui a poussé les militaires affectés sur cet établissement à ouvrir le feu.

Le chef d'un mouvement insurrectionnel ayant appelé au soulèvement contre le président congolais Joseph Kabila s'est évadé mercredi de la prison centrale de Makala à Kinshasa à la faveur d'une attaque nocturne.

Des éléments de la police dépêchés dans l’urgence ont bouclé le quartier où se situe cette maison pénitentiaire.

Sur la radio Top Congo, le ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba parle d’une attaque des "miliciens de Bundu dia Kongo" qui a permis à une cinquantaine de prisonniers de s’évader de la prison.

Le ministre précise que ces "miliciens" ont attaqué la prison de Makala "vers 4 heures du matin pour libérer leur leader".

Ne Muanda Nsemi parmi les évadés

Ne Muanda Nsemi, leader de ce mouvement politico-religieux s’est échappé avec d'autres détenus, indique Top Congo.

La date choisie pour cette évasion est symbolique puisque mercredi est férié en République démocratique du Congo : le pays marque cette année le vingtième anniversaire de la chute du dictateur Mobutu Sese Seko et l'avènement du chef rebelle Laurent-Désiré Kabila, père de Joseph.

Député, Ne Muanda Nsemi est le chef de Bundu Dia Kongo (BDK, "Royaume du Kongo" en kikongo), mouvement politico-religieux prônant une scission du Kongo-central (province de l'Ouest de la RDC) et accusé d'une série d'attaques contre des symboles et des représentants de l'État en janvier et février 2016.

Il a été arrêté début mars après deux semaines de siège de sa résidence à Kinshasa. Le chef de BDK avait appelé auparavant à un soulèvement contre M. Kabila après une tentative avortée de rapprochement avec le chef de l'État, fin 2016.

M. Kabila a succédé à son père en janvier 2001. Élu président en 2006, il a été réélu en 2011, lors d'un scrutin entaché de fraudes massives. Son mandat s'est achevé en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais il se maintient à la tête du pays en vertu d'un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle.

Explosions et tirs

Selon des sources administratives, plus de 8.000 prisonniers s'entassent à Makala, bâtiment construit sous la colonisation belge dont la capacité d'accueil est de 3.000 places.

Bundu Dia Kongo prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l'autorité s'étendait sur l'actuel Kongo-central et des territoires aujourd'hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

En 2008, la secte avait été visée par une violente opération militaire, après avoir mené une série d'attaques contre des agents de l'État et avoir appelé la population locale à chasser de la province les "non-originaires".

L'attaque contre la prison de Makala rappelle l'évasion spectaculaire d'un chef de milice congolais Kyungu Mutanga, alias Gédéon, condamné pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Il avait été exfiltré en 2011 d'une prison de haute sécurité à Lubumbashi, capitale de l'ancienne province du Katanga (sud-est).

Les résultats de l'enquête officielle sur cette évasion n'ont jamais été publiés. Accusé d'avoir mis à feu et à sang une partie du centre du Katanga après son évasion, Gédéon est sorti de la clandestinité en octobre à Lubumbashi, à l'occasion d'une cérémonie officielle organisée à l'occasion de sa reddition "à l'appel du président" Kabila, ainsi qu'il l'avait affirmé. Depuis lors, il vit officiellement en résidence surveillée.

Avec Radio Okapi, et les correspondants de VOA Afrique Ernest Muhero et Narval Mabila

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