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Nigeria

L'opposition juge anticonstitutionnelle la suspension du président de la Cour suprême

L'ancien vice-président Atiku Abubakar lors de la convention nationale du parti démocratique du peuple (PDP), à Port Harcourt, dans l'État de Rivers, le 6 octobre 2018.

Le principal candidat de l'opposition au Nigeria, Atiku Abubakar, a jugé lundi anticonstitutionnelle la suspension par le chef d'Etat Muhammadu Buhari du président de la Cour suprême, à quelques semaines du scrutin présidentiel.

Le président Buhari a suspendu vendredi Walter Onnoghen et a nommé à sa place comme président de la Cour suprême et plus haut magistrat du Nigeria un juge originaire du nord du pays, comme lui.

M. Onnoghen est poursuivi devant le Tribunal du code de conduite, une juridiction créée spécialement pour juger les questions éthiques. Il est accusé de ne pas avoir déclaré plusieurs comptes bancaires en dollars, euros et livres sterling.

L'Union européenne, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont exprimé samedi leur préoccupation.

Cette mesure a provoqué des critiques tant au Nigeria qu'à l'étranger à l'égard du président, auquel il est reproché d'avoir violé la Constitution et de tenter de manipuler l'appareil judiciaire.

Atiku Abubakar, l'un des principaux adversaires à la présidentielle de Muhammadu Buhari, qui brigue un nouveau mandat, a estimé lundi que la suspension du juge Onnoghen était "illégale" et représentait "une violation manifeste de la Constitution et une attaque frontale contre notre démocratie".

"La manière dont nous allons réagir à ce défi dans les prochains jours déterminera l'avenir de notre démocratie", a-t-il ajouté, quelques jours après avoir qualifié la décision du chef d'Etat, un ancien général putschiste, d'"acte éhonté de dictature".

- Ingérence -

La Constitution nigériane prévoit en effet que le président ne peut renvoyer le plus haut magistrat du pays qu'avec l'approbation des deux tiers des sénateurs. Dans ce cas, M. Onnoghen n'a pas été renvoyé, mais "suspendu".

Le gouvernement nigérian s'est défendu de chercher à interférer dans les élections présidentielle et législatives du 16 février.

"Le président de la Cour suprême n'est pas chargé de l'élection. Il n'est pas non plus le premier arbitre des plaintes électorales", a expliqué dimanche Garba Shehu, le porte-parole du président Muhammadu Buhari.

"Lui-même et la Cour suprême n'interviendront à titre d'arbitre final qu'à la fin du processus d'appel (...). Il est illogique de lier le CJN (Chief Justice of Nigeria) aux élections de cette façon, à moins de supposer que des plaintes seront déposées et qu'elles iront jusqu'à la Cour suprême", a-t-il ajouté.

Dans une première réaction, le porte-parole présidentiel Garba Shehu avait accusé l'UE, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis - qui doivent envoyer des observateurs électoraux - d'ingérence dans les affaires intérieures du Nigeria.

Selon lui, la position du juge Onnoghen était "intenable" et le président Buhari a été contraint de le suspendre car le magistrat avait refusé de se retirer sur une base volontaire.

Mais des centaines d'avocats ont manifesté lundi devant le siège à Abuja de l'Association des magistrats nigérians (NBA), au moment où ses responsables se réunissaient pour discuter de l'affaire,qui fait grand bruit et pourrait être un tournant dans cette campagne électorale, plutôt timide jusqu'à présent.

- Influencer l'appareil judiciaire -

L'Association des magistrats a qualifié la suspension du président de la Cour suprême de "tentative de coup d'Etat contre l'appareil judiciaire".

"La Constitution doit être respectée. Le président Buhari doit revenir sur cet acte illégal", a déclaré un des manifestants, Oseghale Obaga.

Les élections de février s'annoncent très disputées entre le président sortant, candidat du Congrès des Progressistes (APC) et le principal mouvement de l'opposition, le Parti populaire démocratique, représenté par Atiku Abubakar, un ancien vice-président.

L'ancien général Buhari avait été élu en 2015 sur la promesse d'éradiquer la corruption, ce "cancer" qui gangrène le premier producteur de pétrole du continent, mais ses détracteurs l'accusent de mener une chasse aux sorcières et ne viser que ses opposants politiques.

Le centre de recherche en sciences politiques basé à Lagos SBM Intelligence a rappelé que la dernière fois qu'un président de la Cour suprême avait été démis de ses fonctions, cela se passait en 1975, lors du coup d'Etat militaire de Murtala Muhammad. "Les motivations (de cette suspension) sont totalement politiques et indiquent que le président veut exercer une influence sur l'appareil judiciaire", qui devra déterminer le vainqueur des élections en cas de litiges, a souligné le centre dans une analyse.

Cette décision devrait avoir de lourdes conséquences sur les suspicions de violation d'Etat de droit, mais aussi sur l'incertitude politique et économique qui en découle, selon les experts nigérians.

Avec AFP

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Libération de 28 lycéens nigérians kidnappés début juillet

Un groupe d'écoliers est escorté par des militaires et des officiels nigérians après leur libération à Katsina, au Nigeria, vendredi 18 décembre 2020.

Les hommes armés qui avaient enlevé début juillet 121 adolescents dans un lycée du nord-ouest du Nigeria, ont relâché 28 nouveaux adolescents, a affirmé dimanche à l'AFP l'un des responsables de cet établissement secondaire chrétien.

Le 5 juillet dernier, des hommes armés ont envahi dans la nuit les dortoirs du lycée baptiste Bethel, situé à Chikun dans l'Etat de Kaduna, avant de kidnapper ses pensionnaires âgés entre 10 et 19 ans.

Cette attaque est la dernière d'une série d'enlèvements de masse d'enfants et d'étudiants commis dans le nord-ouest du Nigeria par des groupes criminels.

"Vingt-huit ont été relâchés et nous les avons réunis avec leurs parents", a déclaré le révérend Joseph Hayab, l'un des responsables du lycée baptiste Bethel.

"Les bandits les ont relâchés hier et nous sommes allés les chercher avec les bus de l'église", a détaillé le révérend, qui a précisé que les enfants ont passé la nuit dans l'école avant que les autorités n'appellent leurs parents tôt dimanche pour leur dire de venir les récupérer.

Contactée par l'AFP, la police de l'Etat de Kaduna n'avait pas réagi dimanche en début d'après-midi.

"En tout nous avons 34 enfants qui ont retrouvé leur liberté, et 87 qui sont toujours pris en otage par les bandits", a souligné le révérend.

En effet, "cinq enfants s'étaient enfuis le 21 juillet dernier, deux d'entre eux avaient été retrouvés par la police. Les trois autres avaient réussi à rejoindre l'école par leur propre moyen", a-t-il ajouté.

"Il avaient réussi à s'échapper lorsque les bandits les avaient envoyés chercher du bois pour la cuisine. Il y a deux semaines, les ravisseurs avaient aussi libéré un lycéen pour des raisons médicales", a-t-il ajouté.

Après l'enlèvement, les ravisseurs avaient demandé aux responsables de l'école de la nourriture et une rançon pour la libération des otages.

"Nous avons beaucoup discuté avec les bandits. L'église mais aussi les parents ont joué un rôle" dans leur libération.

"En tant que responsable, je vous mentirai si je vous disais qu'il n'a pas été question d'argent, mais je ne peux pas vous dire combien a été donné", a-t-il ajouté. Désormais, "nous prions pour qu'ils relâchent les autres enfants".

Les enlèvements de voyageurs sur les routes ou de personnalités influentes contre le paiement d'une rançon sont fréquents dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Les islamistes de Boko Haram s'étaient livrés aux premiers rapts dans des écoles, avec l'enlèvement de plus de 200 jeunes filles dans leur dortoir de Chibok en 2014, suscitant l'émoi de l'opinion publique mondiale.

Mais les enlèvements d'écoliers se sont tragiquement multipliés depuis, en particulier cette année, où plus de 1.000 jeunes gens ont été kidnappés depuis décembre 2020. La plupart ont été libérés après des négociations mais beaucoup d'entre eux restent entre les mains de leurs ravisseurs, des bandes criminelles organisées pouvant compter des centaines de membres.

Le président nigérian Muhammadu Buhari avait ordonné aux forces de sécurité de tout faire pour libérer les enfants mais le chef de l'Etat est fortement décrié alors que la situation sécuritaire du pays ne cesse de se dégrader.

Nigeria: 10 pirates condamnés à 12 ans de prison

Les forces spéciales nigérianes naviguent pour intercepter des pirates lors d'un exercice conjoint entre le personnel naval nigérian et marocain dans le cadre d'Obangame Express, un exercice maritime multinational impliquant 33 pays au large de Lagos, le 20 mars 2019.

La justice du Nigeria a condamné vendredi dix pirates qui avaient détourné en 2020 un navire dans le golfe de Guinée à 12 ans d'emprisonnement, le deuxième procès mené en vertu d'une nouvelle loi contre la piraterie adoptée en 2019.

Les 10 pirates étaient accusés d'avoir détourné le navire chinois FV HAILUFENG II le 15 mai 2020. La marine nigériane avait réussi à secourir les 18 membres d'équipage à bord, et arrêté les dix ravisseurs.

La Haute cour fédérale de Lagos a également condamné chacun des pirates, tous nigérians, à payer la somme de 250.000 nairas (soit 520 euros), selon un communiqué de la marine, qui s'était constituée partie civile.

"Ce verdict envoie un avertissement fort: le Nigeria a une tolérance zéro envers les criminels maritimes, et ses institutions, comme la marine et les agences de sécurité, sont prêtes à contrer leurs activités criminelles", affirme le porte-parole de la marine, Suleman Dahun, dans ce communiqué.

Ce jugement "est une victoire majeure pour la nouvelle loi antipiraterie du Nigeria", a-t-il ajouté.

La défense a affirmé qu'elle allait faire appel.

En 2020, le Nigeria avait mené son premier procès en vertu de cette nouvelle loi spéciale antipiraterie.

Perpétrées essentiellement par des pirates originaires du sud-est du Nigeria, les attaques de navires pour enlever leurs équipages et les échanger contre rançon sont devenues très fréquentes ces dernières années dans le golfe de Guinée qui s'étend le long de 5.700 km de côtes en Afrique de l'Ouest.

Le porte-parole de la présidence appelle à la coopération pour lutter contre la piraterie
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En 2020, 130 des 135 enlèvements de marins recensés dans le monde, soit plus de 95 %, ont eu lieu dans cette zone, selon un récent rapport du Bureau maritime international (BMI).

Une centaine de transporteurs et compagnies du secteur maritime international ont signé en mai à Lagos (Nigeria), une déclaration appelant à créer une coalition contre la piraterie dans le golfe de Guinée.

L'inflation fait sombrer 7 millions de Nigérians dans la pauvreté

L'inflation fait sombrer 7 millions de Nigérians dans la pauvreté
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La police fait libérer une centaine de personnes kidnappées au Nigeria

Un officier de police garde des filles qui ont été enlevées d'un pensionnat dans l'État de Zamfara, au nord-ouest du Nigeria, après leur libération, le 2 mars 2021.

Les autorités nigérianes ont obtenu la libération de 100 personnes, dont des femmes, des enfants et des mères allaitantes, qui avaient été enlevées dans leur village du nord-ouest du Nigeria il y a plus d'un mois, a déclaré un porte-parole de la police locale.

Le Nigeria est confronté à une augmentation des vols à main armée et des enlèvements contre rançon, principalement dans les États du nord-ouest du pays, où les forces de sécurité, peu déployées, ont du mal à contenir l'augmentation des bandes armées, communément appelées "bandits".

Enlèvements contre rançon, une pratique courante au Nigeria
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Les captifs libérés avaient été enlevés le 8 juin dans le village de Manawa, dans l'État de Zamfara, a déclaré Mohammed Shehu, porte-parole de la police de cet État, dans un communiqué transmis à Reuters mercredi.

Il a ajouté que leur libération avait été obtenue "sans aucun gain financier ou matériel".

"Ils seront soumis à un contrôle médical et à un débriefing avant d'être réunis avec leurs familles respectives", a ajouté le communiqué.

Un business qui tourne

Alors que le nord-est du Nigeria est confronté depuis une décennie à l'insécurité, notamment aux attaques de militants islamistes dont Boko Haram, allié de l'État islamique, la vague actuelle d'enlèvements est principalement motivée par des raisons financières.

Le cabinet de conseil SBM Intelligence, basé à Lagos, estime que les ravisseurs ont enlevé 2 371 personnes au Nigeria au cours du premier semestre de cette année, exigeant des rançons pour un montant total de 10 milliards de nairas, soit environ 24 millions de dollars.

La plupart de ces personnes ont été enlevées dans les États septentrionaux de Zamfara, Kaduna et Niger. La SBM a déclaré qu'elle ne pouvait pas évaluer avec précision le montant des rançons versées.

Plus de 200 lycéens ainsi que des dizaines d'autres personnes enlevées lors de raids sont toujours retenus en captivité.

Une application mobile pour lutter contre la corruption au Nigeria

The Eagle Eye : la plate-forme mobile que vient de lancer l’EFCC pour permettre aux populations de dénoncer les cas suspects de corruption au Nigeria à Abuja le 18 Juillet 2021, (VOA/Gilbert Tamba).

La guerre anti-corruption est une promesse de campagne électorale du président Muhammadu Buhari qui remonte à 2015.

Au Nigeria, le nouveau président de l'EFCC, la police fédérale contre les crimes économiques et financiers, dit vouloir faire de la lutte contre la corruption sa priorité. Son agence vient de lancer une plateforme d'applications mobiles permettant aux Nigérians de dénoncer anonymement des cas de corruption.

Dénommée "The Eagle Eye" ("l'oeil de l’aigle" en français), l'application mobile est conçue pour faciliter le processus de dénonciation des cas suspects de crimes économiques dans le pays le plus peuplé d'Afrique, classé au 149e rang mondial sur 180 pays dans l'indice de corruption de l'ONG Transparency International.

Pour le président de l’EFCC, Abdulrasheed Bawa, ceux qui craignaient jusqu'ici de signaler des cas de corruption, soit par peur d'être identifiés par les coupables, soit par crainte de voir leur identité dévoilée, peuvent désormais le faire avec l'assurance d'un anonymat complet.

"Nous avons compris que souvent beaucoup essaient de cacher leurs actes de corruption. Mais il y a des Nigérians qui connaissent ces cas, des biens volés et leurs propriétaires. Donc avec cette application vous pouvez facilement prendre des photos de ces propriétés ou encore vous identifiez les cas de cybercriminalité. Et vous les dénoncez à la commission", explique-t-il.

L’organe exhorte le public et les médias à profiter de la plateforme car la corruption est un sérieux problème au Nigeria selon l'agence, affectant notamment les finances publiques.

Si la société civile nigériane salue la conception de l’application mobile, elle reconnaît que la politique de dénonciation n’est pas la solution à la lutte contre la corruption.

Deji Adeyanju dirige le groupe Nigérians Concernés, une organisation de la société civile.

"Je crois que la politique de dénonciation n’est jamais effective. Nous ne savons pas combien d’argent a été recouvré jusqu’ici par la commission depuis la mise en place de cette politique. Donc nous ne pouvons pas affirmer si elle a apporté des solutions ou non. Mais je vais croire aussi que le lancement de cette application par l'EFCC sera naturellement une bonne chose", souligne-t-il.

Blocage dans les ports, les transporteurs s'indignement
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La guerre anti-corruption est une promesse de campagne électorale du président Muhammadu Buhari qui remonte à 2015.

"En réalité qui sont les gens qui ont conçu cette application? Qui sont ceux qui reçoivent le contenu de cette application ? Et quelle est l’efficacité de l’application et enfin qui protège la personne qui dénonce un cas de corruption?", s'interroge Mukhtar Modibo, un jeune activiste qui met en doute l’efficacité de l’application.

En 2016 le gouvernement fédéral avait initié une politique similaire de dénonciation via un site web sécurisé pour encourager les Nigérians détenant des informations sur les violations ou la corruption. L'initiative n’a pas donné les résultats attendus.

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