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Togo

L'opposition exige un recensement électoral biométrique au Togo

Brigitte Adjamagbo-Johnson coordinatrice de la coalition C14, à Lomé, Togo, 16 août 2018. (VOA/Kayi Lawson)

L'opposition togolaise s'exprime enfin sur la feuille de route de la Communauté économique des états de l'Afrique de l'ouest.

La coalition des 14 partis de l'opposition fait savoir que sa participation aux prochaines législatives annoncées pour le 20 décembre 2018 est tributaire des différentes réformes notamment la révision intégrale du fichier électoral.

L'opposition exige la réalisation d'un recensement électoral biométrique. Cette opération devra être couplée à des audiences foraines pour la délivrance des cartes nationales d'identité aux électeurs qui n'en disposent pas.

Jean-Pierre Fabre chef de file de l'opposition togolaise, à Lomé, Togo, 16 août 2018. (VOA Kayi Lawson)
Jean-Pierre Fabre chef de file de l'opposition togolaise, à Lomé, Togo, 16 août 2018. (VOA Kayi Lawson)

La coalition estime que le gouvernement se sert des enrôlements sur témoignage pour inscrire des mineurs sur les listes électorales.

"Il y a des mineurs qui sont enrôlés pour gonfler la liste électorale. Il y a eu des partenaires pour soutenir un programme de délivrance de cartes d'identité, mais le régime n'en a pas voulu, parce que ça le priverait d'un moyen important de fraude", déclare Brigitte Adjamagbo Johnson, coordinatrice de la C14.

Brigitte Adjamagbo-Johnson coordinatrice de la coalition, à Lomé, Togo, 16 août 2018. (VOA/Kayi Lawson)
Brigitte Adjamagbo-Johnson coordinatrice de la coalition, à Lomé, Togo, 16 août 2018. (VOA/Kayi Lawson)

En 2015, le rapport de l'Organisation internationale de la Francophonie a établi que 72% des électeurs ont été enregistrés dans le fichier électoral sur la base de témoignage.

La coalition a également fait des propositions sur la recomposition de la cour constitutionnelle et le renforcement du processus électoral.

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Journée de la femme africaine: appels à l'implication des hommes

La 4ème édition de la foire des droits de la femme se tient au marché de Hédjranawoé à Lomé, du 29 au 31 août 2018. (Twitter/Cacit Togo)

La journée de la femme africaine est célébrée le 31 juillet. 25 ans après la conférence de Beijing, un changement de stratégie s'impose.

Il y a 25 ans se tenait la conférence de Beijing, considérée comme un repère dans la lutte pour l'effectivité des droits des femmes. Un quart de siècle après, Solange Fiaty, directrice exécutive de l’association Alere Yike, se souvient de cette grande rencontre qui a suscité de l’espoir auprès des jeunes filles.

"En 1995, je commençais déjà à militer avec Amnesty Togo. Et voir toutes ces femmes que j’admirais se préparer pour participer à cette grande rencontre des femmes du monde entier, était pour moi ma porte d’entrée dans le monde des défenseurs des droits humains. Cette conférence devrait sortir des solutions pour tous les problèmes auxquels sont confrontés les femmes dans la jouissance de leur droit", souligne-t-elle.

Dans sa déclaration, la conférence de Beijing relève que les droits des femmes sont des droits fondamentaux de la personne.

Journée de la femme africaine: les Togolaises donnent leurs avis
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Mais dans certaines zones du Togo, notamment les milieux ruraux, des poches de résistance subsistent.

"Il existe encore dans la région des savanes, des femmes et des filles qui subissent des stéréotypes, des violences physique, psychologique, économique, des pratiques barbares, rétrograde, sexiste, qui portent atteinte à leurs droit fondamentaux et à la liberté de choix et d’intégrité physique", explique Confort Kabissa-Lamboni, coordinatrice du Réseau des femmes et développement des savanes.

Même si la situation n’est pas encore idéale, la déception n’est pas non plus au rendez-vous.

"25 ans, je ne suis pas déçue. Je ne suis pas déçue parce qu’au Togo par exemple, le cadre juridique de protection de la femme est amélioré. Aujourd’hui, nous avons des jeunes filles, qui se lèvent, qui s’organisent pour protéger et défendre leurs droits", raconte Solange Fiaty.

A l’issue de la conférence de Beijing un programme d’action a été élaboré pour contribuer à une avancée significative dans le respect des droits des femmes.

Le plan d’action de Beijing est un document complet mais qui souffre de quelques lacunes, auxquelles il faut remédier pour relancer la lutte, suggère Confort Kabissa-Lamboni.

"La conférence de Beijing a accouché d’un plan d’action assez complet qui n’a pas simplement énuméré les objectifs à atteindre mais également des mesures pratiques pour y arriver", conclut-elle.

L’Alliance globale pour la protection de l'enfant et de la femme estime qu’il est temps de changer de stratégie de lutte.

Laure Amoussou-Amana, présidente de cette alliance, souligne qu'il faut "impliquer les hommes pour qu’ils puissent comprendre que les droits de la femme, ce sont les droits de la communauté".

Des écologistes togolais déplorent l'absence de stratégie pour la gestion des masques usés

Masque dans une rue à Lomé, 25 juillet 2020. (VOA/Kayi Lawson)

La gestion des masques usés devient de plus en plus délicate au Togo, d’autant plus qu’ils sont considérés par la population comme des déchets ordinaires.

Depuis le 9 juin, le Togo a rendu obligatoire le port systématique du masque dans les espaces publics. Mais pour le moment, aucune stratégie n’est mise en œuvre pour la gestion de ces masques après leur utilisation.

Dans la capitale togolaise, Lomé, pullulent désormais de nouveaux types de déchets: les masques de protection. Accessoires prisés en ces temps de crise due à la pandémie du nouveau coronavirus, ils contribuent à la pollution de l’environnement. Ils jonchent les rues et les caniveaux à ciel ouvert de la ville.

"Nous avons remarqué que beaucoup de Togolais, après avoir utilisé les masques, les jettent dans les rues", constate avec amertume Félix Tagba, Président de l’association de protection de l’environnement, EcoJogging. "Comme les sachets plastiques, ces masques peuvent faire plus de 400 ans dans la nature avant de se dégrader", souligne​ l'écologiste.

Les masques qui ne sont pas jetés dans les rues se retrouvent dans les poubelles et sont acheminés vers les décharges publiques ou les centres de gestion de déchets. Là aussi, en plus d’un déficit de protocole de recyclage, les masques usés deviennent un danger potentiel pour le personnel de ces centres.

"C’est un déchet très dangereux pour nous parce que d’abord nous n’avons pas de possibilités d’analyse de ces masques-là, pour voir s’ils sont infectés ou non", explique Gado Bemah, directeur exécutif de l’ONG STADD, Science et technologie appliquées pour un développement durable, qui dispose d’une unité de gestion et de recyclage des déchets.

Ces masques, faits avec du polypropylène, sont considérés comme du plastique et nécessitent une gestion adéquate, souligne l'expert.

Les centres de gestions des déchets se retrouvent impuissants face à ces déchets hors du commun.

"La précaution, c’est l’utilisation systématique des gants, des masques et des bottes, pour pouvoir protéger nos équipes. Donc quand les déchets arrivent, nos agents sont suffisamment équipés pour pouvoir manipuler les déchets en toute tranquillité. Et après, ils ont des désinfectants pour éviter la contamination", soutient M. Bemah, qui se réjouit que depuis le premier cas de Covid-19 en mars au Togo, aucun de ses agents n’a été contaminé.

Par ailleurs, il a fait savoir que l’ONG STADD accompagne aussi les populations dans la gestion de ces déchets délicats. "Nous essayons de faire des sensibilisations pour inviter les gens à mieux gérer ces déchets particuliers en les détruisant par incinération à la maison", a-t-il ajouté.

Et le mouvement EcoJogging s'est aussi lancé dans la sensibilisation par la mise en oeuvre d'une campagne de gestion des masques après usage sur les réseaux sociaux. La campagne est dénommée #BeatMaskPollution.

Félix Tagba, président de l’Association EcoJogging, Lomé, 02 mars 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Félix Tagba, président de l’Association EcoJogging, Lomé, 02 mars 2019. (VOA/Kayi Lawson)

"La campagne consistait à faire une vidéo et à sensibiliser les populations à ne plus jeter les masques dans les rues", a indiqué Félix Tagba, responsable de cette association environnementale, soulignant que cette campagne leur a permis de cerner la perception des populations togolaises par rapport à l’impact environnemental de ces masques.

"Nous avons remarqué en fait, que certaines populations ne savent pas que les masques qu’on jette dans la nature ont des conséquences sur notre environnement", a révélé M. Tagba.

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