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L'opposition accuse le pouvoir de "manipuler" les résultats

Affice de campagne de PDP à Abuja au Nigeria, le 19 février 2019.

Le principal parti d'opposition a accusé lundi le parti au pouvoir de "manipuler" les résultats des élections générales de samedi, alors que les résultats officiels n'ont toujours pas été annoncés.

"C'est inacceptable", a lancé Uche Secondus, directeur de campagne du Parti populaire démocratique (PDP) lors d'un point de presse, organisé dans l'urgence à Abuja, pendant que la Commission électorale égrainait les premiers résultats de la présidentielle.

"Cela va être difficile pour le pays tout entier d'accepter un tel niveau d'intimidation", a déclaré M. Secondus, sans dire néanmoins si le PDP envisageait de lancer des procédures judiciaires. "C'est comme si nous étions retournés à l'ère des régimes militaires, nous n'avons jamais vu ça".

Les élections générales de samedi, déjà reportées in extremis d'une semaine, ont été perturbées par de "sérieux manquements opérationnels" et des "problèmes logistiques importants", ont noté à la fois les observateurs de l'Union européenne et de la société civile nigériane. Les représentants de l'Union Africaine a salué de leur côté un vote qui s'est "globalement déroulé dans un climat de paix" malgré les retards.

"Les violences liées aux élections (...) ont entraîné la mort d'au moins 39 Nigérians" depuis samedi, a affirmé Situation Room, un groupe de la société civile nigériane, qui avait déployé plus de 8.000 observateurs dans le pays, regrettant le "manque de compassion et d'intérêt de la classe politique à ce sujet".

Déplorant des intimidations, de nombreux "longs" retard à l'ouverture des bureaux de vote, mais aussi du matériel électoral manquant ou plus grave, des bourrages d'urnes avec des bulletins sans empreinte (les électeurs nigérians apposent leur empreinte devant le parti de leur choix), Situation Room a conclu que "l'élection est un pas en arrière par rapport à l'élection générale de 2015".

De son côté la Commission électorale indépendante (INEC) avait commencé l'annonce des résultats, Etat par Etat, parti par parti.

Les premiers résultats (5 Etats sur 36, ainsi que la capitale, Abuja, lundi), n'étaient pas représentatifs des résultats définitifs et restaient plutôt serrés entre les deux candidats principaux pour la magistrature suprême, mais les deux partis ont déjà annoncé leur victoire dès le lendemain du scrutin.

Le chef de l'Etat sortant, Muhammadu Buhari, 76 ans, pour le Congrès des progressistes (APC) a affronté l'ancien vice-président Atiku Abubakar, 72 ans (PDP).

Le Nigeria a voté samedi pour élire son nouveau président ainsi que 360 députés et 109 sénateurs.

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Déception après la sortie du président Buhari

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Le chef de l’État nigérian a reconnu que les manifestations des jeunes sont légitimes

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Buhari consulte les anciens présidents nigérians pour trouver une solution aux manifestations

Le président nigérian Muhammadu Buhari préside une réunion du gouvernement à Abuja, au Nigeria, le 13 mai 2020. (Photo: Nigeria Presidency/Handout via REUTERS)

Le président nigérian Muhammadu Buhari est en consultation avec ses prédécesseurs et les chefs des services de sécurité lors d’une réunion par visioconférence, a-t-on appris vendredi de source officielle.

Même si l’agenda de cette réunion sans précédent n’a pas été communiqué, les analystes s’accordent à dire que le locataire d’Aso Villa, élu en 2015, consulte ses prédécesseurs pour trouver une solution à la crise qui secoue le pays le plus peuplé d’Afrique née de manifestations contre la brutalité policière.

Parmi les anciens dirigeants qui ont répondu présent figurent son ex-adversaire Goodluck Jonathan, mais aussi Olusegun Obasanjo, Abdulsalami Abubakar, Ernest Shonekan et Yakubu Gowon, précise Bashir Ahmad, porte-parole de la présidence nigériane, via Twitter.

La veille, le président Buhari avait appelé les manifestants du mouvement "END SARS" à mettre fin à leurs manifestations et à s’engager dans un dialogue avec le gouvernement.

Dans une allocution télévisée, M. Buhari a déclaré que les manifestants avaient le droit, en vertu de la Constitution, de s’exprimer pacifiquement. Cependant, a-t-il ajouté, leurs intentions ont été détournées par des voyous déterminés à semer la pagaille dans tout le pays.

Le président nigérian Muhammadu Buhari se prépare à prononcer un discours télévisé à Abuja, au Nigeria, le 22 octobre 2020.
Le président nigérian Muhammadu Buhari se prépare à prononcer un discours télévisé à Abuja, au Nigeria, le 22 octobre 2020.

Le président Buhari a aussi rappelé à ses concitoyens que le gouvernement fédéral avait déjà accepté les revendications en cinq points des manifestants et qu'il s'était engagé à réformer davantage la police.

Le sommet virtuel de vendredi a lieu après que la violente répression des manifestants ait suscité de vives critiques à travers le monde.

L'ancien président Obasanjo était sorti de sa réserve habituelle pour appeler le gouvernement et les manifestants à "éviter la violence et à embrasser le dialogue" dans une déclaration lue en personne et diffusée sur la chaîne Channels Television.

Mobilisées via les réseaux sociaux, les manifestations menées par les jeunes dans plusieurs régions du pays ont initialement ciblé la Brigade spéciale fédérale de lutte contre les vols (SARS), une unité de police notoire longtemps accusée de harcèlement, d'extorsion et d'exécutions extrajudiciaires. Ces manifestations ont progressivement pris la tournure de revendications plus larges.

Les forces de sécurité reprennent le contrôle de Lagos après trois jours de violences

Des policiers arrêtent un manifestant au péage de Lekki à Lagos, au Nigéria, le 21 octobre 2020.

Les forces de sécurité reprenaient vendredi peu à peu le contrôle de la mégapole tentaculaire de Lagos, où l'on pouvait entendre encore des coups de feu sporadiques, après trois jours de violences et de contestation populaire dans le sud du Nigeria.

"Des officiers de police patrouillent dans les quartiers de la ville pour assurer la sécurité de ses habitants. Vous êtes priés de rester chez vous", tweetait dans la nuit la police, quelques heures après le discours du président Muhammadu Buhari, prévenant qu'il n'autoriserait personne à "mettre en péril la paix et la sécurité de l'Etat".

Muhammadu Buhari condamne les violences qui ont éclaté lors des manifestations
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Des nombreux camions de police, avec des agents portant des fusils d'assaut Kalachnikov, contrôlaient les quelques voitures dans les rues et dispersaient les badauds, qui tentaient toujours de rentrer chez eux à pieds, après deux jours de couvre-feu total, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans les quartiers populaires, la tension est également redescendue, après la répression menée mardi contre des milliers de manifestants pacifiques à Lagos par des militaires et la police, qui a fait au moins 12 morts selon l'ONG Amnesty International, suivie de deux jours de pillages et de violences, même si des groupes de jeunes continuaient à bloquer des voitures en échange de quelques billets, selon des témoins.

De leur côté, les quelques organisations ou célébrités qui ont porté le mouvement semblaient également appeler au calme.

"PREPAREZ VOS CARTES D'ELECTEURS. Ce n'est pas fini", inscrivait la star de la musique afropop Davido, sous-entendant que le combat devrait désormais se dérouler dans les urnes et non dans la rue.

La "coalition féministe", autre mouvement leader de cette contestation populaire contre le pouvoir en place, a invité la jeunesse à rester chez soi, soulignant "qu'aucune vie ne méritait d'être perdue".

"Ces deux dernières semaines ont été éprouvantes pour la plupart des Nigérians, et particulièrement ces deux derniers jours", pouvait-on lire dans un communiqué publié vendredi matin. "Nous devons rester en vie pour accomplir nos rêves d'un futur meilleur".

Le gouverneur de Lagos a publié la liste d'officiers de police "poursuivis en justice pour violation des droits de l'Homme", en signe d'engagement pour "reconstruire Lagos et mettre fin à l'impunité policière".

Amnesty International, qui a recensé 56 morts dans l'ensemble du pays en deux semaines de manifestations, a demandé vendredi "l'ouverture immédiate d'une enquête indépendante", notamment sur la tuerie du péage de Lekki, qui a fait au moins 10 morts selon l'ONG mardi soir et ému le pays et le monde entier.

Muhammadu Buhari, ancien général putschiste dans les années 1980, puis élu démocratiquement en 2015 puis 2019, n'a fait aucune mention de cette répression sanglante dans son allocution télévisée jeudi soir, et a invité la communauté internationale, qui a condamné en masse les violences "à attendre d'avoir tous les éléments entre les mains avant de juger".

Muhammadu Buhari condamne les violences qui ont éclaté lors des manifestations

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