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Nigeria

Décompte des voix entre les deux favoris de la présidentielle

Grande mobilisation des électeurs dans le quartier de Dutse Ahladji en banlieue d'Abuja, le 23 février 2019. (VOA/Gilbert Tampa)

Le décompte des voix entre les deux favoris de la présidentielle, le chef de l'Etat sortant Muhammadu Buhari et l'opposant Atiku Abubakar, se poursuit sans qu'aucun résultat officiel ne soit annoncé.

Avant même une annonce officielle, les deux camps se sont proclamés vainqueur du scrutin qui s'est déroulé dans le calme dans son ensemble. Retour sur cette journée électorale au Nigeria avec Gilbert Tamba à Abuja.

Dans le quartier de Dutsé Alhadji, dans la banlieue d’Abuja, Christian N’wachukwu, 51 ans, est arrivé au bureau de vote depuis 7h45 pour pouvoir voter à 8 heures, l’heure d'ouverture des bureaux de vote fixée par la Céni.

Après avoir attendu pendant plus de trois heures, il se dit déçu du retard observé pour le début des opérations de vote. "Je suis là depuis 7h45 pour voter. Mais jusqu’ici je n’ai pas voté. On nous dit que les agents électeurs de la Céni ne sont pas encore prêts pour nous recevoir".

Des dysfonctionnements ont toutefois été signalés par endroit comme le retard de l’ouverture de certains bureaux de vote, l’absence de bulletins pour les législatives dans d’autres centres et des difficultés chez les électeurs de localiser leurs bureaux de vote.

C’est le cas de Finice Amanah, qui confie être devant le bureau de vote depuis "5h30 ce samedi matin". Je cherche où se trouve mon bureau car je veux voter. Je vais chercher toute personne qui pourra m’aider, mais je dois voter aujourd’hui".

Le bureau de vote nº002 dans le quartier de Dutse Ahladji à la banlieue d'Abuja, le 23 février 2019. (VOA/Gilbert Tampa)
Le bureau de vote nº002 dans le quartier de Dutse Ahladji à la banlieue d'Abuja, le 23 février 2019. (VOA/Gilbert Tampa)

Dans ce bureau, plus de 6.000 électeurs sont inscrits. Au total, plus de 72,8 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans plus de 120.000 bureaux de vote pour le premier tour des élections présidentielle et législatives.

Kaliu Edeki vient de voter dans le bureau de vote de Maitama, un quartier chic au centre-ville d’Abuja.

"Honnêtement ce n'est pas aussi difficile si vous êtes patient. J’ai été patiente et j’ai voté. Il y a quelques désordres, mais en tout cas, j’ai voté dans la paix".

Les électeurs Nigerians devant un bureau de vote à Model primary school à Maitama au centre ville d'Abuja, le 23 février 2019. (VOA/Gilbert Tampa)
Les électeurs Nigerians devant un bureau de vote à Model primary school à Maitama au centre ville d'Abuja, le 23 février 2019. (VOA/Gilbert Tampa)

Electeurs, observateurs et agents électoraux sont unanimes sur un point: la journée du 23 février s’est plutôt bien déroulée dans la majorité des Etats du pays et à Abuja, la capitale fédérale.

Quelques incidents ont été signalés dans les Etats de Lagos, la capitale économique, l'Etat de Rivers dans le sud pétrolier et d’autres localités du pays.

Selon les organisations de la société civile, plus d’une dizaine de personnes auraient perdu la vie. Pour la Céni, ces incidents ne sont pas de nature à entraver le processus électoral en cours.

"La journée d’hier s’est bien passée. Il est vrai qu’il y a eu des incidents isolés comme le retard dans l’ouverture des bureaux, mais cela n’affecte pas en général le processus. Tout s’est déroulé de façon paisible", a déclaré Aliyu Bello, porte-parole de la Céni.

Le dépouillement se poursuit et la compilation des résultats a commencé.

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Six femmes et quatre nouveaux-nés libérés d'une "usine à bébé"

Les femmes avec leurs nouveau-nés dans un service de la maternité de l'île de Lagos, Nigeria, le 31 octobre 2011. (AP Photo/Sunday Alamba)

La police nigériane a libéré mardi 10 personnes, dont 4 nouveaux-nés, d'une maternité illégale, plus communément appelé "usine à bébés", dans l'Etat d'Ogun, dans le sud-ouest du Nigeria, a annoncé mercredi un porte-parole de la police.

"Agissant sur renseignement, nos hommes sont intervenus dans cette maternité illégale et ont sauvé 10 personnes, 4 enfants et six femmes. Parmi elles, quatre étaient enceintes", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police Abimbola Oyeyemi.

Les femmes ont expliqué à la police que la propriétaire de la maternité payait des hommes pour les mettre enceintes et vendait ensuite les nouveaux-nés.

Cette pratique criminelle est assez répandue dans ce pays de 200 millions d'habitants, mais chaque découverte de ce genre provoque la stupéfaction dans l'opinion publique.

Certaines de ces jeunes filles sont piégées avec des promesses d'emplois et se retrouvent enceintes, forcées d'accoucher d'enfants à "vendre", dans la plupart des cas, à des couples désireux d'adopter un enfant.

La propriétaire de la maternité est en fuite, "nous intensifions nos efforts pour l'arrêter et la remettre à la justice", a ajouté le porte-parole.

Cette femme avait déjà été arrêtée en début d'année: "Elle avait été jugée pour traite des êtres humains, mais elle était en liberté sous caution et a recommencé ses activités", selon la police.

Deux autres suspects, dans la fille de la propriétaire, ont été arrêtés.

Le pape dénonce les "horreurs" de Boko Haram au Nigeria

Le Pape François prononce son audience générale hebdomadaire depuis la bibliothèque du Palais apostolique du Vatican, le 11 novembre 2020.

Le pape François a dénoncé mercredi "les horreurs" de Boko Haram au Nigeria, où au moins 76 agriculteurs ont été massacrés samedi, estimant que cet acte terroriste "offense" le nom de Dieu.

"Je désire prier pour le Nigeria, malheureusement encore ensanglanté par un drame terroriste", a déclaré le souverain pontife à l'issue de son audience générale du mercredi, en évoquant des citoyens "brutalement tués".

"Que Dieu (...) convertisse les cœurs de ceux qui commettent de telles horreurs offensant gravement son nom", a-t-il ajouté.

Au moins 76 agriculteurs travaillant dans des rizières ont été assassinés samedi dans le nord-est du Nigeria par des dizaines d'hommes armés.

Le groupe Boko Haram, qui a revendiqué lundi le massacre dans une vidéo, affirme avoir lancé cette attaque pour venger certains de ses combattants arrêtés et livrés par des villageois aux autorités.

Le nord-est du Nigeria est en proie à l'insurrection de Boko Haram depuis 2009. Le conflit y a fait plus de 36.000 morts et forcé deux millions de personnes à fuir leur domicile.

Mercredi, le pape a aussi cité en exemple quatre sœurs missionnaires qui "furent enlevées, violées et assassinées" il y a quarante ans, le 2 décembre 1980, par un groupe paramilitaire au Salvador, en pleine guerre civile. "En courant de grands risques, elles portaient de la nourriture et des médicaments à des personnes déplacées et aidaient les familles les plus pauvres", a rappelé François, qui a loué leur "grande générosité".

Au moins 43 ouvriers agriculteurs nigérians tués
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Boko Haram revendique la tuerie de samedi

Boko Haram revendique la tuerie de samedi
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Le chef du Sénat nigérian visite le nord-est après des massacres

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Massacre d'agriculteurs nigérians: encore de nombreuses zones d'ombre

Des gens assistent à des funérailles pour les personnes tuées par des militants présumés de Boko Haram à Zaabarmar, au Nigéria, le dimanche 29 novembre 2020.

Le massacre de dizaines d'agriculteurs samedi dans le nord-est du Nigeria met en exergue la défaillance de l'armée nigériane à protéger les communautés rurales prises pour cible par les groupes jihadistes au moment même où se profile une grave crise alimentaire.

Samedi, des centaines d'hommes armés à moto ont attaqué des rizières situées à une dizaine de kilomètres de Maiduguri. Là, ils ont attaché des dizaines de travailleurs agricoles avant de les égorger.

Qui sont les commanditaires et le message envoyé ? De nombreuses zones d'ombre persistent autour de cette sanglante attaque, considérée comme "la plus violente" menée contre des civils cette année, selon l'ONU.

Qui est responsable de l'attaque ?

Le nord-est du Nigeria est en proie à l'insurrection du groupe jihadiste Boko Haram depuis 2009. Mais en 2016, le groupe s'est divisé en deux factions: celle d'Abubakar Shekau, le chef historique de Boko Haram, et l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), affiliée à l'EI.

Pour l'heure, le massacre n'a été revendiqué par aucune des deux factions.

Les rizières attaquées "se trouvent à la frontière entre les zones d'influences des deux groupes, il est donc difficile de dire lequel de ces groupes est responsable", explique à l'AFP Vincent Foucher, chercheur au CNRS.

A première vue, les importants massacres de civils "ressemblent plus au modus operandi de Boko Haram", soulève Yan Saint-Pierre, qui dirige le centre d'analyse en sécurité Modern Security Consulting Group.

L'Iswap est surtout connu pour lancer de grandes attaques contre les militaires et, dans sa zone d'influence, il cherche à tisser des liens d'influences et économiques avec les populations locales, selon les deux analystes.

Néanmoins, "l'Iswap a lancé récemment de violentes attaques contre des civils, lorsque leur communauté refusait de payer l'impôt ou mettait sur pied des milices d'auto-défense pour leur résister", tempère M. Foucher, qui note "un durcissement au sein de l'Iswap".

Quelle motivation ?

L'attaque s'est produite le jour des élections locales, les premières organisées depuis le début de l'insurrection en 2009, et maintes fois repoussées pour des raisons sécuritaires.

Elle intervient également au moment où les autorités et les agences humanitaires encouragent les déplacés du conflit, retranchés dans des camps de fortune depuis des années, à regagner leurs localités et leurs champs pour éviter une crise alimentaire.

Mais les motivations restent floues. Selon des médias locaux, qui citent des habitants, l'attaque aurait été lancée par les jihadistes pour venger un de leurs combattants arrêtés par des villageois et livrés aux autorités.

Quelle évolution dans ce conflit ?

Depuis septembre, il y a "une recrudescence des attaques sur les milieu agricoles, les fermes, les fournisseurs", note M. Saint-Pierre.

Selon lui, ces attaques ont pour but de créer des pénuries, de déstabiliser les filières d'approvisionnement pour que les organisations terroristes puissent prendre le contrôle des secteurs agricoles.

Plus globalement, après onze ans de guerre, le conflit "est dans une situation de blocage". Les jihadistes continuent de contrôler leur zone, sans réellement s'étendre, ni perdre du terrain.

Les autorités arrivent à tenir les villes et utilisent l'aviation et l'artillerie pour harceler les insurgés, sans grandes avancées.

Après avoir essuyé d'importantes pertes, l'armée a décidé fin 2019 de retirer ses soldats de ses bases avancées, régulièrement attaquées, pour les regrouper dans des "super-camps", mieux protégés et censés être plus efficaces.

"Mais cette stratégie se traduit par une présence moindre des militaires dans les zones rurales", soulève M. Foucher.

Quelles conséquences pour les populations?

Depuis 2009, le conflit a fait plus de 36.000 morts au Nigeria et forcé 2 millions de personnes à fuir leur domicile.

La plupart vivent dans des camps de déplacés à proximité des villes, et dépendent presque exclusivement de l'aide humanitaire pour survivre.

L'ONU prévoit qu'en juin prochain, 5,1 millions de personnes se trouveront en insécurité alimentaire, soit une augmentation de 20% par rapport à l'année précédente.

"Aider les communauté à regagner leur champs (...) est la seule solution pour éviter la crise alimentaire imminente", plaide l'ONU.

A cela s'ajoute, de mauvaises récoltes, les restrictions liées au coronavirus, et des difficultés grandissantes pour les agences humanitaires à opérer dans la région.

"Elles sont de plus en plus ciblés par les organisations terroristes", note M. Saint-Pierre, et, dans le même temps, accusés par l'armée et une partie de l'opinion publique de soutenir les jihadistes, compliquant un peu plus leur travail.

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