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Les deux camps clament déjà victoire après la présidentielle au Nigeria

Le 23 février 2019, le principal candidat de l'opposition à la présidentielle, Atiku Abubakar, a voté au bureau de vote d'Ajiya à Yola, dans l'État d'Adamawa, au Nigéria.

Le décompte des voix entre les deux favoris de la présidentielle, le chef de l'Etat sortant Muhammadu Buhari et l'opposant Atiku Abubakar, se poursuivait dimanche au Nigeria, sans qu'aucun résultat officiel ne soit annoncé, alors que les deux camps se proclamaient déjà vainqueurs d'un scrutin calme dans son ensemble.

Les données recueillies dans les quelque 120.000 bureaux de vote des 36 Etats devaient être lentement centralisés vers la capitale Abuja, où le président de la Commission électorale Mahmood Yakubu devrait annoncer des résultats dans quelques jours.

"Bonjour chers Nigérians et merci encore d'avoir voté pour le président Buhari hier", écrivait sur Twitter son conseiller en communication Bashir Ahmad, du Congrès des Progressistes (APC). "Les résultats arrivent un à un et ils sont époustouflants. Le président a remporté la majorité et #BuhariIsWinning! (Buhari est en train de gagner)".

De son côté, le Parti Populaire Démocratique (PDP) demande "à la Commission Électorale Indépendante (INEC) d'annoncer les résultats tels qu'ils ont été livrés par les bureaux de vote, et de déclarer le candidat du peuple, Atiku Abubakar, le vainqueur de l'élection présidentielle".

"Notre position est basée sur des résultats clairs et vérifiables", a assuré son équipe dans un communiqué.

Défi colossal

Pour être élu dès le premier tour, le vainqueur doit obtenir, outre la majorité des suffrages exprimés, au moins 25% des voix dans les deux tiers des 36 Etats de la fédération auxquels s'ajoute le territoire de la capitale fédérale, Abuja. Sinon un second tour devrait avoir lieu dans une semaine.

Outre leur président, les Nigérians étaient appelés à désigner 360 députés et 109 sénateurs.

Bien que les opérations n'aient pas du se dérouler dans environ 8.500 bureaux de vote (sur 120.000), l'INEC s'est déclarée "généralement satisfaite" du déroulement du scrutin, dans ce pays de 190.000 millions d'habitants, aux infrastructures défaillantes et à la corruption généralisée, où organiser un tel scrutin est un défi colossal.

L'armée nigériane s'engage à agir contre la fraude électorale
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Mais ce sentiment n'était pas partagé par les observateurs de la société civile, qui se sont dits "déçus" par les manquements logistiques de l'organisation du vote.

Seize personnes ont été tuées dans des violences directement liées au vote, notamment dans le sud-est (Etat de Rivers), où les gangs criminels ont tenté de décourager les électeurs de se rendre aux urnes.

Entre octobre et le jour du scrutin, les violences électorales avaient déjà fait 233 morts, selon le cabinet de surveillance SBM Intelligence.

Retards d'ouvertures des bureaux de votes, problèmes avec les lecteurs de cartes électroniques, achats de voix, bureaux de vote saccagés ou brûlés... "les rapports qui nous sont parvenus des quatre coins du pays indique un nombre inquiétant de problèmes (dans les bureaux de vote, ndlr) qui méritent l'attention de l'INEC", note Situation Room, groupe de surveillance électorale de la société civile.

Détérioration

Idayat Hassan, directrice du Centre pour la Démocratie et le Développement (CDD) à Abuja était encore plus sévère, statuant que ces élections générales "n'avaient pas rempli les conditions nécessaires d'un vote libre, crédible et transparent".

La Commission électorale avait décidé d'un report d'une semaine des opérations électorales initialement prévues le 16 février, pour des raisons logistiques.

Ce report, annoncé quelques heures à peine avant l'ouverture des bureaux de vote, a marqué un tournant clair dans la campagne, les deux camps s'accusant mutuellement d'avoir "saboté" le vote à des fins électorales et d'avoir organisé des fraudes massives.

En 2015, le président sortant Goodluck Jonathan avait accepté sa défaite aussitôt les résultats officiels proclamés par le Commission, laissant place pour la première fois au candidat de l'opposition Muhammadu Buhari, élu sur la promesse de lutter contre la corruption endémique et le groupe jihadiste Boko Haram.

Le vainqueur de ce nouveau scrutin aura la lourde tâche de redynamiser une économie en berne et sécuriser de nombreuses régions du pays, en proie aux groupes armés ou gangs criminels, notamment dans le nord-est ravagé depuis dix ans par les opérations du groupe islamiste Boko Haram.

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Lagos en ébullition, calme précaire à Abuja

Des jeunes manifestants bloqeunt les principaux acces au centre ville d'Abuja, Nigeria, le 21 octobre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

L’armée est accusée de tirer à balles réelles sur les manifestants à Lagos. Le bilan annoncé mercredi est lourd: on parle de 41 morts. Certaines compagnies aériennes comme Delta et Kenya Airways ont annoncé l’annulation de leurs vols sur le Nigeria.

La journée du mardi aura été la journée la plus meurtrière depuis que les manifestations contre les violences policières ont commencé le 8 octobre au Nigeria.

Des milliers de Nigérians, notamment des jeunes, descendent chaque jour dans les rues pour protester contre le gouvernement fédéral.

"Ils utilisent des gaz lacrymogènes contre nous. Nous avons faim. Nous n’avons pas d’argent pour payer nos frais de scolarité. Les femmes souffrent et cela fait longtemps que nous souffrons", dénonce une manifestante en colère​.

A Lagos, les violences ont repris, les manifestants ont été dispersés par des coups de feu, une station de télévision appartenant à une personnalité du parti au pouvoir a été incendiée ainsi que la maison de la mère du gouverneur de Lagos, entre autres. Ces incidents surviennent en réponse à une attaque attribuée à des éléments de l’armée nigériane contre les manifestants sur un péage de la capitale économique faisant plusieurs blessés, selon des témoins.

Des policiers arrêtent un manifestant au péage de Lekki à Lagos, au Nigeria, mercredi 21 octobre 2020.
Des policiers arrêtent un manifestant au péage de Lekki à Lagos, au Nigeria, mercredi 21 octobre 2020.

Une enquête est ouverte pour tenter de déterminer qui a donné l’ordre de tirer sur les manifestants.

Le gouverneur de l’Etat, Babajide Sanwo-Olu, a pris la parole pour appeler au calme. "Je lance un appel à nos citoyens, particulièrement nos jeunes: je suis pour vous, je suis avec vous. Je ressens votre peine et je comprends que vous n’êtes pas contents de ce qui s’est passé hier nuit. Je veux vous dire encore une fois qu’en tant que votre gouverneur je ferai tout pour assurer que chaque vie compte".

A Abuja, c’est un calme précaire qui règne. Beaucoup de résidents de la capitale fédérale ont préféré rester chez eux.

Le bilan des manifestations est lourd au lendemain de ce qu’on pourrait appeler un mardi noir: on parle de 41 morts au moins dans les Etats de Lagos, Abuja, Kano et Ibadan. Des commissariats de police mis à sac dans plusieurs endroits. Des véhicules incendiés à Abuja comme dans beaucoup d’autres Etats.

Le gouvernement fédéral est critiqué pour la manière avec laquelle il gère la situation depuis le début.

Selon le quotidien Punch, l'ancien président Olusegun Obasanjo a appelé le président Muhammadu Buhari à "empêcher les militaires et autres agences de sécurité d'utiliser la force brute comme moyen de mettre fin à la crise".

Le conseiller du président nigérian sur les affaires du Delta du Niger, Ita Enang, appelle les manifestants à la table des négociations.

"Je joins ma voix pour demander à tous les Nigérians qu’il est temps de quitter les rues. Vous avez toujours le droit de protester dans le respect de la loi, mais il est temps de venir à la table de négociations pour qu’ensemble nous parlons des problèmes en question", a-t-il dit.

La situation reste tendue et 9 Etats sur les 36 ont décrété un couvre-feu pour restaurer le calme. Certains Etats ont aussi constitué des commissions d’enquête pour faire le point sur les crimes commis par la brigade SARS, une des demandes des manifestants.

L'aéroport de Lagos paralysé par les manifestants
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Une chaîne de télévision nigériane incendiée à Lagos

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Tirs contre une manifestation pacifique à Lagos, bilan des victimes très controversé

Des manifestations contre la violence policière à Lagos, au Nigeria, le 20 octobre 2020.

L'attaque de manifestants pacifiques mardi soir à Lagos, la capitale économique du Nigeria, par des hommes armés n'a fait "aucun mort" a assuré le gouverneur de l'Etat, avant d'effacer son tweet, et de reconnaître qu'une "personne" est morte dans un des hôpitaux où ont été acheminés les blessés.

"Des informations nous parviennent de l'hôpital de Reddington, selon lesquelles une vie a été perdue en raison d'un trauma à la tête", a affirmé le gouverneur Babajide Sanwo-Olu, affirmant qu'il s'agissait d'un "cas isolé".

Il a assuré que les autorités enquêtaient pour déterminer si la victime faisait partie des manifestants contre les violences policières, qui ont mué en une contestation inédite contre le régime et la mauvaise gouvernance.

Un peu plus tôt, il avait tweeté que la répression sanglante contre les quelque 1.000 manifestants mardi soir au péage de Lekki n'avait "pas fait de morts", contrairement aux affirmations des témoins et d'Amnesty International assurant qu'il y a "plusieurs" victimes, sans pouvoir pour l'heure confirmer leur nombre exact.

Plus de 1.000 manifestants rassemblés pacifiquement sur à ce péage à Lagos avaient été dispersés mardi soir par des tirs à balles réelles, après l'entrée en vigueur d'un couvre-feu total imposé pour éteindre le mouvement de contestation populaire qui gagne le pays depuis plus de 10 jours.

Contactée par l'AFP, l'armée nigériane n'avait pas encore réagi mercredi. Mais sur Twitter, elle a nié être à l'origine de cette fusillade, en publiant des captures d'écran d'articles accusant les militaires d'être responsables estampillées de la mention "Fake News".

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Le siège d'une station de télévision incendié

Le siège de TVC, une station de télévision privée connue pour ses liens avec un éminent politicien nigérian, a été incendié à Lagos, selon son directeur.

"Des criminels ont attaqué le bâtiment à 9h30 avec des cocktails molotov, et tout notre siège est toujours en feu", a expliqué Andrew Hanlon, le directeur de la chaîne de télévision, présentée comme proche de Bola Tinubu, éminent politicien du parti au pouvoir et ancien gouverneur de Lagos.

Guterres appelle à la fin des "brutalités" policières

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a appelé à "la fin des brutalités et des abus policiers au Nigeria", après la répression, qui a fait au moins une vingtaine de morts, des manifestations d'une ampleur inédite contre le régime.

Antonio Guterres "exhorte les forces de sécurité à faire preuve en permanence d'un maximum de retenue tout en appelant les manifestants à protester pacifiquement et à se retenir de tout acte de violence", a fait valoir son porte-parole Stephane Dujarric dans un communiqué.

Plus de 1.000 manifestants rassemblés pacifiquement sur un péage à Lagos

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Plus de 12 millions d'enfants non scolarisés dans le Sahel en 2019-2020

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