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République du Congo

L'opposant Paulin Makaya interdit à nouveau de voyager au Congo

L'opposant congolais Paulin Makaya, emprisonné à Brazzaville depuis fin 2015, sur une photo postée le 20 août 2014. (Facebook/Paulin Makaya)

L'opposant congolais Paulin Makaya, récemment libéré après trois ans de prison, a été de nouveau interdit de quitter Brazzaville vendredi soir, a déclaré samedi sa famille.

Il a été empêché par la police des frontières d'embarquer à bord d'un vol Air France à destination de Paris puis du Royaume-Uni, dont il possède aussi la nationalité, ajoute la source.

"Il s'est présenté vendredi peu avant 19H00 (18H00 GMT) avec son passeport britannique. La police des frontières l'a repoussé aussitôt sous prétexte qu'il est interdit de sortir du territoire national", a indiqué à l'AFP Russel Makaya son fils.

Le 28 septembre l'opposant avait été interdit de voyager officiellement parce qu'il ne disposait pas d'une autorisation de sortir du Congo".

"En dehors de son passeport britannique, mon père avait un certificat de nationalité, un casier judiciaire délivré par un magistrat congolais pour prouver sa nationalité congolaise", a ajouté Russel Makaya.

Outre ces pièces Paulin Makaya a brandi également une lettre de l'ambassade de Grande-Bretagne en République démocratique du Congo (avec juridiction sur le Congo-Brazzaville) qui priait les "autorités tant civiles que militaires de bien vouloir lui apporter toute assistance nécessaire" pour son voyage. Cette lettre circule sur les réseaux sociaux, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Si Paulin Makaya n'a pas été autorisé de voyager c'est qu'il n'est pas en règle", a expliqué à l'AFP un agent de la police de frontière qui a requis l'anonymat.

M. Makaya est sorti de prison le 17 septembre après presque trois ans de détention.

Proche de l'ancien Premier ministre Bernard Kolélas, il avait été condamné à deux ans de prison pour avoir organisé en octobre 2015 une manifestation non autorisée contre le référendum ayant permis au président Sassou Nguesso de se présenter à nouveau à la présidentielle de mars 2016, puis à un an de prison pour complicité d'évasion.

M. Sassou Nguesso cumule plus de 34 ans au pouvoir au Congo, petit pays pétrolier d'environ cinq millions d'habitants.

Avec AFP

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La concertation de Madingou est "un faux fuyant", selon Paulain Makaya

La concertation de Madingou est "un faux fuyant", selon Paulain Makaya
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A Madingou, une concertation pour préparer la présidentielle de 2021

Ouverture de la concertation politique, côte à côte, les Chefs de la Majorité et de l'Opposition, à Madingou, 25 novembre 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Une concertation politique s’est ouverte à Madingou, dans le sud-ouest du Congo-Brazzaville, pour discuter de l’organisation de la prochaine élection présidentielle. Quelques jours avant, ces assises ont donné lieu à des déclarations contradictoires au sein de la classe politique congolaise.

Plus d’une centaine d’acteurs politiques et des membres de la société civile vont discuter pendant 48 heures de l’organisation consensuelle de l’élection présidentielle de mars 2021.

Le chef de la majorité présidentielle, Pierre Moussa, et celui de l’opposition, Pascal Tsaty Mabiala, prennent part à cette concertation. D’autres figures de proue de l’opposition comme Claudine Munari sont également à Madingou.

Mais avant le départ pour Madingou, l’annonce de cette concertation politique avait divisé la classe politique. L’opposition avait posé plusieurs conditions avant de s’y rendre.

Volte-face au Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD), où son président Jean Jacques Serge Yhombi Opango avait d’abord annoncé dans un communiqué qu’il n’ira pas à cette concertation.

"Je suis venu vous dire que nous, le RDD, nous serons à Madingou pour dire notre mot à cette concertation", s’est-il rebiffé mardi devant la presse, accusant le chef de file de l’opposition d’avoir mal réparti les quotas.

Anatole Limbongo Ngoka, candidat déclaré à la présidentielle de 2021, régulièrement invité pour participer à cette concertation, s’est vu empêché d’embarquer pour un motif judiciaire.

"C’est à l’aéroport qu’on m’a signifié que mon nom n’était plus sur la liste car la Cour suprême aurait rendu une décision me refusant le titre de président du parti, suite à ma condamnation en 2016. J’ai donc été empêché d’embarquer, donc je suis revenu à la maison", témoigne-t-il, désillusionné.

A l’UPC de Paulain Makaya, les militants estiment que Madingou est un faux-fuyant.

"Nous demandons au pouvoir de respecter l’ordre constitutionnel. Ce qui se passe à Madingou est un faux-fuyant, cela n’a rien à voir avec le peuple congolais", affirme-t-il. "Ils sont en train de vouloir préparer leurs arrières pour avoir à manger et à boire. Nous disons: non, nous n’en voulons pas. Nous attendons le vrai dialogue", affirme Paulin Makaya.

Ce que ne soutient pas Jean Valère Mbani, président du Congo en marche.

"Nous estimons que c’est une opportunité unique et importante pour que nous puissions avoir une élection présidentielle transparente et apaisée. Notre parti Le Congo en marche prône la paix et le dialogue et sommes donc heureux d’être à Madingou", défend-t-il.

Pour l’ancien ministre Alain Akouala, le dialogue devrait éviter des confrontations inutiles et meurtrières.

"Je pense que le Congo ne pourra pas faire l’économie d’un dialogue refondateur à travers lequel nous définirons une vision commune. C’est une interpellation de toute la classe politique, et ce dialogue est de la mission du Conseil national de dialogue", analyse l’ancien ministre et membre du PCT, le parti au pouvoir.

La concertation qui s’est ouverte mercredi matin à Madingou vise l’adhésion de la classe à l’organisation consensuelle de l’élection présidentielle par l’administration.

L'actuel président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, 76 ans, est au pouvoir depuis 1997.

Avis mitigés à Brazzaville face à la course au vaccin anti-Covid

Des avis mitigés à Brazzaville sur le futur vaccin anti-Covid, à Brazzaville, le 19 novembre 2020. (VOA/Arsène Séverin)

La population de la capitale congolaise s’exprime diversement sur le futur vaccin contre le coronavirus. Malgré les assurances des scientifiques locaux sur le bienfait du vaccin, nombreux affichent leur réticence.

Au bureau de l’OMS Afro, à Mafouta, un quartier sud de Brazzaville, le responsable vaccin et coordonnateur de la lutte anti-Covid assure que des stratégies sont en train d’être mises en place pour que l’Afrique bénéficie également du vaccin, dès que le tout premier sera homologué.

Pour Dr Richard Mihigo, plus de 60% des doses du vaccin anti-Covid seront financés grâce à la solidarité mondiale initiée par l’OMS.

"La Banque mondiale a annoncé 12 milliards de dollars qui pourraient aider 100 pays dans le monde y compris de nombreux pays africains à financer ce vaccin. Une autre banque africaine a décidé d’apporter 5 milliards de dollars pour soutenir cet effort", annonce Dr Mihigo.

Le médecin estime que ce vaccin dont l’accès sera équitable va aider l’Afrique à reprendre "son semblant de vie normale".

Dr Richard Mihigo, responsable vaccin à l'OMS Afrique à Brazzaville, le 19 novembre 2020.
Dr Richard Mihigo, responsable vaccin à l'OMS Afrique à Brazzaville, le 19 novembre 2020.

Des scientifiques en alerte

Dans son laboratoire de la Fondation congolaise pour et la recherche médicale, à Brazzaville, la professeure Francine Ntoumi, les yeux dans le microscope, est à la recherche de la souche du virus Covid qui circule dans le pays. C’est important pour le type du vaccin à adopter, explique-t-elle.

"Il n’est pas dit qu’un vaccin qui a 95% d’efficacité aux Etats-Unis aura aussi cette efficacité sur le continent. L’Africa CDC prépare des sites cliniques pour pouvoir tester ces vaccins", indique la chercheuse biologiste moléculaire.

Francine Ntoumi prévient également que le vaccin ne sera pas disponible pour toutes les populations africaines. "Donc chaque pays doit déterminer quelles sont les populations devront accès en priorité au vaccin", souligne-t-elle.

Professeure Francine Ntoumi, biologiste moléculaire à Brazzaville, le 19 novembre 2020.
Professeure Francine Ntoumi, biologiste moléculaire à Brazzaville, le 19 novembre 2020.

Loin des analyses scientifiques, les Brazzavillois ont une opinion partagée sur ce vaccin tant attendu. Nombreux s’étaient déjà montrés très hostiles à une éventuelle campagne de tests de vaccin.

"Pour moi, ce n’est pas une bonne nouvelle. A mon avis, ce n’est pas la vraie solution, la solution est certainement ailleurs", affirme Lebon Ziavoula.

Alphonse Ndongo, patron d’un restaurant, voit plutôt dans cette course "une bonne nouvelle", arguant que les commerçants vont à nouveau devoir voyager.

"Beaucoup de Congolais dépendent de leurs petites activités commerciales avec Dubaï, la Chine, la Turquie ou la France. Grâce à ce vaccin, les gens pourront à nouveau se mouvoir", se satisfait M. Ndongo.

Selon le dernier point, les autorités sanitaires annoncent 93 décès sur plus de 5.600 cas de contamination de Covid-19.

Vaccin anti-Covid: les Brazzavillois "ont peur"
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Vaccin anti-Covid: les Brazzavillois "ont peur"

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Les familles des jeunes tués dans un commissariat à Brazzaville seront dédommagées

Casimir Ngakala, parent de victime du drame du commissariat de Chacona, à Brazzaville, le 11 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)

En République du Congo, les autorités judiciaires ont décidé d'indemniser, à hauteur de 15 millions de francs CFA, les proches de 13 jeunes tués dans le commissariat de Chacona, à Brazzaville, dans la nuit du 22 au 23 juillet 2018.

La Cour d'appel de Brazzaville a examiné mardi le recours contre le jugement de la chambre correctionnelle en mars 2019, qui ne prévoyait aucune indemnité pour les familles endeuillées.

Cette chambre avait alors condamné 6 policiers à des peines allant de 1 à 3 ans de prison pour "homicide involontaire".

Selon l'avocat des familles endeuillées, Me Steve Bagne, les juges de la Cour d’appel ont annulé le premier jugement.

Ils ont reconnu la responsabilité civile des prévenus et de l’Etat congolais, qui est condamné à verser une indemnité de 15 millions de francs CFA par victime.

Présentes à l’audience, certaines familles ont estimé que cette somme est minime parce que les jeunes ont perdu la vie à la fleur de l’âge.

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