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États-Unis

L'impact économique inédit du plus long shutdown de l'histoire américaine

Le Capitole à Washington, lors d'une tempête de neige, le 21 mars 2018.

L'actuelle fermeture partielle du gouvernement américain est la plus longue paralysie de l'administrationdans l'histoire des Etats-Unis et rogne chaque jour un peu plus l'expansion de la première économie mondiale.

La plupart des blocages administratifs par le passé --il y a eu 21 "shutdowns" depuis 1976-- ont été trop courts pour avoir un impact sur la croissance. Il est plus difficile de dire ce qu'il en sera cette fois-ci, où l'arrêt se prolonge depuis trois semaines.

"Au fur et à mesure que le blocage s'inscrit dans la durée, la souffrance s'accroît", a déclaré à l'AFP Beth Ann Bovino, économiste en chef chez S & P Global Ratings.

Avec environ un quart des effectifs de fonctionnaires fédéraux touchés --soit 800.000 employés--, la fermeture partielle de l'administration coûte 1,2 milliard de dollars par semaine à l'économie, selon Mme Bovino.

S'il se poursuit encore deux semaines, le "shutdown" aura coûté aussi cher aux Etats-Unis que le mur de 5,7 milliards de dollars que réclame Donald Trump et que les démocrates lui refusent.

Sans mur, M. Trump refuse de signer le budget pour financer le gouvernement fédéral. L'impasse semble pour l'heure totale.

Même si les shutdowns de 1995 et 2013 ont montré que l'économie pouvait rapidement rebondir une fois que les affaires reprennent, la paralysie du gouvernement fédéral a un effet négatif sur une kyrielle d'aspects qui dépassent largement le salaire des fonctionnaires.

D'autant que ces derniers touchent normalement leur paie rétroactivement.

- Myriade d'effets dominos -

En attendant, les agriculteurs mis en difficulté par la guerre commerciale du président ne touchent pas l'aide promise, les familles les plus démunies risquent de se retrouver sans assistance alimentaire à partir de la fin février, les inspections sanitaires s'arrêtent...

Cela signifie également que les aides subventionnées pour l'achat de graines et d'aliments pour animaux ne sont pas fournies aux agriculteurs qui commencent pourtant leurs semis.

Le gendarme de la bourse, la SEC, a cessé de traiter les formalités d'introductions en bourse tandis que les permis d'exploitation de pétrole et de gaz prennent du retard.

Les travailleurs sous contrat avec le gouvernement, dont un bon nombre ne seront tout simplement pas payés, perdent 200 millions de dollars par jour, selon une estimation de l'agence Bloomberg News.

- Restaurants vides -

Le tourisme est aussi affecté, alors qu'il rapporte normalement 18 millions de dollars par jour dans les 400 parcs nationaux. Mais avec certains parcs sans surveillance et de nombreux services interrompus, les restaurants, hôtels et magasins locaux perdent de la clientèle.

Quant à l'aide fédérale alimentaire pour les Américains les plus pauvres, son budget se tarit fin février.

La Banque centrale a demandé aux banques de faire preuve de compréhension et le ministère du Logement a imploré les propriétaires de ne pas expulser les locataires les plus pauvres et dont le loyer est subventionné par le gouvernement fédéral.

Pour les 380.000 travailleurs fédéraux poussés au chômage forcé et les 420.000 autres dont la tâche est jugée "essentielle" au fonctionnement de l'Etat et qui travaillent donc sans être payés, l'impact n'est pas négligeable.

Selon la société immobilière Zillow, ces travailleurs sont redevables, au total, d'environ 438 millions de dollars par mois en loyers et en versements hypothécaires.

Les gardes-côtes ont publié --et vite retiré-- une liste de choses à faire pour "gérer vos finances pendant un shutdown". Ils y conseillaient le baby-sitting ou encore d'organiser un vide-grenier pour aider à compenser la perte de la solde.

Dans certains quartiers de la capitale Washington, où résident environ 20% de la main-d'oeuvre fédérale, les restaurants sont vides, les taxis inactifs et le trafic se déplace avec une facilité déconcertante.

Yingrui Huang, ingénieur pour un sous-traitant de la défense au Goddard Space Flight Center de la NASA dans le Maryland, a affirmé à l'AFP que son entreprise, qui construit normalement des satellites météorologiques et des télescopes pour le gouvernement, reste fermée jusqu'à nouvel ordre.

En attendant que son bureau rouvre, cet ingénieur conduit maintenant pour la plateforme de réservation de voitures avec chauffeur Lyft.

Mais il s'est dit plus inquiet pour ses collègues, payés à l'heure comme les concierges, les employés de la cafétéria et les secrétaires. "Leurs salaires sont nettement inférieurs à ceux de la plupart des ingénieurs. Ils ne sont pas sous les projecteurs et on ne pense pas à eux".

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Trump nomme une collaboratrice de sa femme porte-parole de la Maison Blanche

Mme Grisham remplacera Sarah Sanders, qui quitte son poste fin juin.

Le président américain Donald Trump a nommé Stephanie Grisham, une proche collaboratrice de son épouse Melania, porte-parole de la Maison Blanche, a annoncé mardi la Première dame des Etats-Unis.

Stephanie Grisham "est avec nous depuis 2015 --le président et moi-même ne pouvons penser à personne de mieux pour servir l'administration et notre pays", a tweeté Mme Trump.

Mme Grisham remplacera Sarah Sanders, qui quitte son poste fin juin. Elle cumulera également la fonction de directrice de la communication de la Maison Blanche, a poursuivi la Première dame, un poste davantage stratégique.

Après Sean Spicer et Sarah Sanders, Stephanie Grisham est la troisième personne à obtenir le poste prestigieux --mais très exposé-- de "Press Secretary" sous l'administration Trump.

Sa mission, mettre en avant et défendre les positions de l'administration mais aussi répondre des sorties agressives ou des tweets provocateurs du président américain, contre les médias notamment.

Stephanie Grisham arrive auprès de Donald Trump avec l'expérience d'un poste bien moins exposé, celui de directrice de la communication de la Première dame.

Les activités de Melania Trump à la Maison Blanche - notamment sa campagne en faveur du bien-être des enfants #BeBest - ne reçoivent qu'une faible couverture médiatique.

Mme Grisham est, en revanche, une fidèle de Donald Trump, ayant rejoint la campagne présidentielle en 2015 et elle a gagné une réputation d'interlocutrice coriace au bureau de la "First lady".

Confrontée à une polémique sur une veste portée par Melania Trump en juin 2018 "I really don't care do you?" (Je m'en fiche complètement et vous?), Stephanie Grisham avait pris la défense de sa patronne.

"C'est juste une veste (...). Après l'importante visite d'aujourd'hui au Texas, j'espère que les médias ne vont pas choisir de se concentrer sur sa garde-robe", avait relevé M. Grisham, au sujet de cette visite de Mme Trump à des enfants sans-papiers à la frontière avec le Mexique.

La nouvelle porte-parole de la Maison Blanche aura-t-elle des relations plus apaisées avec les médias que sa prédécesseure ?

Sarah Sanders, très proche de Donald Trump qui a loué la combativité de cette "guerrière" en annonçant son départ mi-juin, a rompu ces derniers mois avec une tradition solidement établie, le briefing quotidien dans la salle de presse de la Maison Blanche.

Sarah Sanders était aussi réputée pour ses échanges conflictuels avec les journalistes, reprenant à son compte la rhétorique de Donald Trump sur les médias "Fake News".

"Stephanie Grisham sera un atout formidable pour le président et le pays. Je suis triste de quitter la Maison Blanche mais heureuse de laisser notre équipe dans de si bonnes mains", a tweeté Sarah Sanders.

Stephanie Grisham devra également relever un autre défi: porter la parole présidentielle d'un président qui raffole particulièrement du lien direct avec les médias et les Américains, via Twitter.

Avec AFP

Enquête russe: le procureur spécial Mueller devant le Congrès américain le 17 juillet

L'ancien procureur spécial Robert Mueller, au ministère de la Justice à Washington, le 29 mai 2019.

L'ancien procureur spécial américain Robert Mueller, qui a mené l'enquête pendant près de deux ans sur l'ingérence russe lors de la présidentielle de 2016, va témoigner en public devant le Congrès le 17 juillet, ont annoncé mardi soir des élus démocrates.

Ce dernier rebondissement risque fort de provoquer le courroux du président Donald Trump, qui n'a cessé de voir dans l'enquête russe une "chasse aux sorcières" et a jugé, une fois le rapport du procureur spécial rendu public à la mi-avril, que le dossier était clos.

"Je suis heureux d'annoncer que le procureur spécial Robert Mueller témoignera en public devant la commission judiciaire et la commission du renseignement de la Chambre des représentants le 17 juillet, suite à une citation à comparaître lancée ce soir", a tweeté Jerry Nadler, président de la commission judiciaire.

"Robert Mueller a accepté de témoigner devant le Congrès suite à une citation à comparaître", a également dit sur Twitter Adam Schiff, le président de la commission du renseignement.

Des élus républicains ont aussitôt critiqué ce dernier développement.

"Deux ans d'enquête n'étaient pas suffisants, ils (les démocrates) veulent plus (...). Ceci n'est pas une tentative de parvenir à la vérité. C'est une tentative de lancer une opération de communication, rien de plus", a ainsi lancé sur Twitter Mark Meadows, membre de l'aile conservatrice du parti républicain.

- Témoignage "sensible" -

Dans son rapport d'enquête de plus de 400 pages, Robert Mueller avait détaillé les multiples contacts entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump, mais avait conclu ne pas avoir de "preuves suffisantes" d'une quelconque entente.

Le milliardaire républicain s'était immédiatement jugé "exonéré", alors que du côté démocrate, plusieurs voix s'étaient élevées pour réclamer l'ouverture des démarches en vue de destituer Donald Trump. Car Robert Mueller a aussi fait état de pressions troublantes exercées sur son enquête par le président.

A la surprise générale, l'ancien procureur spécial était sorti de son silence fin mai, pour expliquer que ses investigations tentaculaires n'avaient pas lavé Donald Trump de tout soupçon, mais que seul le Congrès était en mesure de poursuivre un président en exercice.

Homme austère qui a mené ses investigations à l'écart des regards, M. Mueller avait aussi souhaité que son intervention publique mette un point final à son travail. Lorsque les parlementaires démocrates ont évoqué l'idée de l'auditionner, il a "espéré" ne pas avoir à le faire.

Jerry Nadler et Adam Schiff ont dit comprendre ses réserves, mais ont jugé dans la lettre qu'ils lui ont envoyée mardi que son témoignage était nécessaire.

"Nous comprenons que votre témoignage en public présente certains aspects sensibles (...). Vous avez aussi expliqué que vous préfériez que le travail écrit du bureau du procureur spécial parle de lui-même. Toutefois, les Américains méritent de vous entendre directement parler de votre enquête et de vos conclusions", ont dit MM. Nadler et Schiff dans leur courrier.

Les deux responsables démocrates ont donc promis de travailler avec M. Mueller "pour préserver l'intégrité" de son travail.

"La Russie a attaqué notre démocratie pour aider Trump à gagner. Trump a favorablement accueilli cette aide et l'a utilisée. Comme Mueller l'a dit, cela devrait inquiéter tous les Américains. Et maintenant, tous les Américains vont pouvoir entendre Mueller, directement", a encore dit M. Schiff sur Twitter.

Forts de leur majorité à la chambre basse du Congrès, dotée de puissants pouvoirs d'investigation, les démocrates ont lancé une batterie d'enquêtes visant le président.

En revanche, la question d'entamer ou non une procédure de destitution contre M. Trump les divise. Compte tenu de la majorité républicaine au Sénat, elle est en effet quasiment sûre d'échouer. Les leaders du parti d'opposition sont donc réticents à emprunter cette voie.

A l'approche du scrutin de 2020, ils craignent qu'elle n'assourdisse leur message de campagne sur les questions qui préoccupent vraiment les électeurs, lassés des guerres politiques à Washington.

Avec AFP

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