Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Europe

L'Espagne passe la barre des 1.000 morts dûs au coronavirus

Des passagers à l'aéroport de Barcelone, en Espagne, le jeudi 12 mars 2020. (AP Photo/Emilio Morenatti)

L'Espagne a dépassé vendredi la barre des 1.000 décès dus au coronavirus et se prépare au pire. Alors qu'elle s'approche des 20.000 cas, les médecins urgentistes ont commencer à choisir ceux qui ont le plus de chances de survie.

Le pays a enregistré "1.002 décès", a annoncé vendredi le directeur du centre d'alertes sanitaires Fernando Simon. Le nombre de morts a ainsi décuplé en sept jours.

Et les chiffres des cas confirmés continuent à monter, au fur et à mesure que le pays multiplie les tests. "Au niveau national nous avons 19.980 cas ( ...), soit une hausse de 16,5%" en 24 heures, a indiqué M. Simon lors d'une conférence de presse.

"Il est très probable que (les chiffres) sous-évaluent la transmission totale", étant donné "la surcharge des laboratoires", a-t-il reconnu.

L'Espagne se retrouve dans le sinistre peloton de tête des pays qui ont confirmé le plus de cas, derrière la Chine et l'Italie et juste devant l'Iran.

Elle a intégré dans les services de santé des étudiants en dernière année de médecine et des médecins et infirmiers à le retraite.

Face à la saturation de certains services d'urgences, la Société espagnole de médecine intensive a recommandé de "prioriser" les patients ayant "la plus grande espérance de vie", dans une note qui faisait la une des médias vendredi.

De fait, a reconnu Fernando Simon, certaines unités de soins intensifs ont du "se montrer un peu plus restrictives en raison de la surcharge et de la pression".

Environ 52% des personnes infectées sont hospitalisées, soit 10.542 dont 1.141 en réanimation, a-t-il précisé.

"Les pires jours sont encore à venir", a prévenu le ministre de la Santé Salvador Illa, "les jours où nous faisons face à une augmentation des cas en nous approchant du pic avant d'entamer la décrue et finalement vaincre le virus".

Répondant au personnel soignant et aux autorités régionales, qui se plaignent du manque de moyens et notamment de masques chirurgicaux, il a assuré pouvoir "dans les prochains jours garantir un approvisionnement stable de matériel de protection".

"300.000 masques arrivent d'Allemagne et d'autres arrivent demain", a-t-il dit.

Madrid, la région la plus touchée (elle compte 36% du total des cas et 628 morts), a annoncé vendredi qu'elle recevrait le renfort de l'armée pour transporter les corps des victimes du virus.

La capitale prévoit aussi d'installer 5.500 lits dans les pavillons de la Foire commerciale. Madrid avait commencé jeudi à utiliser des hôtels pour y installer les patients les moins atteints afin de désengorger les hôpitaux.

Barcelone, elle, veut utiliser un pavillon de sa foire commerciale et louer des appartements touristiques pour loger ses sans-abri.

- "Chaos" -

"Nous manquons de tout (...) de matériel, de personnel, d'équipements de protection, a déclaré à l'AFP Eduardo Fernández, infirmier de 39 ans au sein de l'unité de soins intensifs de l'hôpital public Infanta Sofia à Madrid et syndicaliste.

"Et tout cela crée un chaos, qui n'aide pas à soulager la pression que l'on doit déjà supporter parce qu'on travaille d'arrache-pied. (Et) nous savons que ça va durer des jours, des semaines, des mois".

A ce jour plus de 315 personnes ont été arrêtées pour n'avoir pas respecté les mesures de confinement, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska. Le directeur des opérations de la police nationale Jose Angel Gonzalez a prévenu qu'il y aurait désormais une "tolérance zéro".

Le ministre de l'Intérieur a ainsi rappelé que les Espagnols ne devaient pas profiter du weekend pour aller sur le côte ou à la campagne, alors que de nombreux automobilistes tentaient de sortir des villes vendredi d'après des images diffusées par plusieurs médias.

Depuis samedi, les 46 millions d'Espagnols sont en confinement strict et n'ont pas le droit de sortir de chez eux sauf pour travailler, faire des courses alimentaires ou acheter des médicaments.

Toutes les actualités

Manifestation devant l'usine Nissan de Barcelone

Manifestation devant l'usine Nissan de Barcelone
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:59 0:00

A peine installé à Paris, un camp de migrants disparaît

A peine installé à Paris, un camp de migrants disparaît
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:59 0:00

Minute Eco: ex-ministre burkinabé en prison, le trio Renault-Nissan-Mitsubishi

Minute Eco: ex-ministre burkinabé en prison, le trio Renault-Nissan-Mitsubishi
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:32 0:00

Covid-19: le monde a franchi mercredi la barre des 350.000 morts

Covid-19: le monde a franchi mercredi la barre des 350.000 morts
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:07 0:00

Coronavirus: un coût économique, social et sanitaire hors du commun

Un homme portant un masque facial pour aider à freiner la propagation du nouveau coronavirus se tient devant une librairie à Bangkok, en Thaïlande, le mardi 26 mai 2020. (AP Photo/Sakchai Lalit)

L'Asie semble en bonne voie vers une sortie de crise, l'Europe accélère son déconfinement, l'Amérique du Sud s'enlise et partout le coût social et économique de la pandémie de coronavirus, qui s'ajoute au terrible coût humain, apparaît chaque jour davantage.

Alors que la barre des 350.000 morts dans le monde (plus des trois quarts en Europe et aux Etats-Unis) a été franchie mercredi, l'Union européenne s'apprête à dévoiler dans la journée un important plan de relance, un pari à au moins mille milliards d'euros pour tenter de faire repartir les économies des 27 pays membres.

Même dans les pays dans lesquels les systèmes de santé ont résisté, les indicateurs économiques et sociaux sont au rouge.

"Je me couvre le visage parce que j'ai vraiment honte, je n'avais jamais demandé de la nourriture", confie à Madrid Jacqueline Alvarez, 42 ans, un sac de provisions à la main dans le quartier populaire d'Aluche.

Elle fait la queue, comme près de 700 autres, devant le guichet d'une association de quartier transformée en banque alimentaire. En Espagne, la pauvreté explose plus vite que lors de la crise financière de 2008, mais le monde entier est touché.

- "Faire la manche"

Selon l'ONG Oxfam, la crise sanitaire pourrait précipiter 500 millions de personnes dans la pauvreté.

Au Brésil, les experts s'attendent à une chute de 6 à 10% du PIB cette année, avec taux de chômage bondissant de 12,2% actuellement à plus de 18%.

En France, avec un effondrement d'environ 20% du PIB au deuxième trimestre, les experts tablent sur un repli de plus de 8% sur l'année. C'est "la plus importante récession depuis la création des comptes nationaux en 1948", assure l'Institut national de la statistique.

Après l'Argentine et le Liban, qui se sont déclarés en défaut de paiement, les experts du G20 craignent que la pandémie ne provoque avant la fin de l'année une contagion de défaillances chez les pays émergents, incapables d'honorer les remboursements de leurs dettes.

En Afrique du Sud, considérée par la Banque mondiale comme le pays le plus inégalitaire au monde, la pandémie a accru la misère et plongé dans le dénuement bon nombre des quelque 4 millions d'étrangers, la plupart illégaux.

"Ici, beaucoup de gens souffrent à cause du confinement. La plupart sont migrants ou réfugiés et ils ne peuvent pas travailler", explique Alfred Djanga, porte-parole de familles réfugiées dans le quartier de Mayfair, à Johannesburg.

"Avant, ils étaient employés dans des boutiques ou ils vendaient au coin de la rue. Mais ils n'en ont plus le droit", poursuit cet avocat de 50 ans. "Sans papiers, ils n'ont pas d'autre choix que de faire la manche".

Le coronavirus fait des ravages dans les économies, les systèmes sociaux et sanitaires du monde entier, mais il prélève aussi un lourd tribut dans la tête des soignants, soumis depuis le début de l'année à une surcharge de travail et à un stress exceptionnels.

"On a tous les ingrédients d'un risque majeur de stress post-traumatique", estime Xavier Noël, expert des questions de santé mentale à l'Université libre de Bruxelles.

Ceux qui interviennent en soins intensifs "ont fait face à un taux de décès et à une manière de mourir totalement inhabituels, dans un contexte plus déshumanisé, sans la présence des familles pour les soulager sur la prise de décision", dit-il à l'AFP.

Une étude menée début mai auprès de 3.300 soignants de Belgique néerlandophone montre que 15% songent à "quitter la profession" contre 6% en temps normal.

En Espagne, une étude de l'université de Madrid montre que 51% des 1.200 soignants interrogés présentent des "symptômes dépressifs". 53% présentaient des signes "compatibles avec un stress post-traumatique".

En Amérique du Sud, l'heure est encore à la mobilisation, face aux ravages provoqués par le virus sur des sociétés et des systèmes de santé fragiles.

La propagation du coronavirus "s'accélère" au Brésil, au Pérou et au Chili, a prévenu mardi une agence régionale de l'Organisation mondiale de la santé, appelant ces pays à ne pas relâcher les mesures destinées à ralentir les contaminations.

"En Amérique du Sud, nous sommes particulièrement inquiets étant donné que le nombre de nouveaux cas enregistré la semaine dernière au Brésil est le plus haut sur une période de sept jours, depuis le début de la pandémie", déclare Carissa Etienne, directrice de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), basée à Washington.

Le Pérou a de son côté enregistré un nombre record de 5.772 nouvelles contaminations au coronavirus en 24 heures, pour un total de près de 130.000, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

- Nouvel épicentre -

Le nombre quotidien de nouvelles contaminations en Amérique latine a dépassé celui de l'Europe et des Etats-Unis, faisant du continent latino-américain "sans aucun doute" le nouvel épicentre de la pandémie, selon l'OPS.

En revanche, pour le troisième jour d'affilée, les Etats-Unis ont déploré moins de 700 morts quotidiens du Covid-19, selon le comptage de l'université Johns Hopkins, qui fait référence, à 20H30 mardi (00H30 GMT mercredi).

Dans une Europe où les chiffres et les indicateurs s'améliorent chaque jour, la pression monte pour une réouverture coordonnée des frontières.

L'Italie pousse à une reprise concertée des déplacements en Europe le 15 juin, qui pourrait devenir le "D-Day" du tourisme, a indiqué lundi soir son ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio.

Ses déclarations vont dans le sens d'un appel franco-allemand pour une réouverture le plus vite possible des frontières, lancé mardi par le président de l'Assemblée nationale française et son homologue allemand.

En France, un décret a par ailleurs annoncé mercredi que l'hydroxychloroquine, médicament à l'utilisation controversée, ne pourra plus être prescrite contre le Covid-19 dans les hôpitaux, hors essais cliniques.

Voir plus

XS
SM
MD
LG