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Coronavirus: le monde se met à l'arrêt, la psychose progresse

Le personnel médical en équipement de protection au centre médical de l'Université de Yeungnam à Daegu, Corée du Sud, le 3 mars 2020. REUTERS REUTERS / Kim Kyung-Hoon /Archives

Ecoles, transports, rassemblements sportifs et culturels... la planète a accéléré jeudi un repli sur elle-même à la hauteur de la psychose créée par la pandémie du nouveau coronavirus, qui a provoqué un krach historique des bourses mondiales.

Les restrictions prises en ordre dispersé et la panique des marchés ont été aggravées par l'interdiction temporaire d'entrée aux Etats-Unis des voyageurs en provenance d'Europe, décrétée mercredi soir à Washington par Donald Trump, qui a déclenché un choc dont les ondes se sont propagées sur tous les continents.

Avec plus de 130.000 personnes contaminées, près de 5.000 décès et des infections s'étendant désormais de la Scandinavie à l'Inde, de l'Amérique latine à l'Extrême-Orient, les gouvernements s'escrimaient à freiner la propagation de la maladie Covid-19.

La France, par la voix de son président Emmanuel Macron, a rejoint dans la soirée la liste des pays dont les écoles, crèches et universités vont fermer. Le chef de l'Etat de l'un des pays les plus touchés d'Europe par la pandémie a demandé aux séniors de plus de 70 ans de rester chez eux, sans toutefois décider le report du premier tour des élections municipales, prévu dimanche.

De probables fermetures de frontières seront probablement nécessaires dans les jours ou les semaines à venir, "mais il faudra les prendre à l'échelle européenne", a annoncé M. Macron, qui a assuré que l'UE devra réagir "fort et vite" pour surmonter la crise économique mondiale provoquée par la pandémie.

Du côté des dirigeants, Sophie Grégoire Trudeau, la femme du Premier ministre canadien, a été testée positive au coronavirus, avec des symptômes "modérés", et restera donc en quarantaine. Justin Trudeau "est en bonne santé et ne présente aucun symptôme. Toutefois, par mesure de précaution et selon l'avis des médecins, il sera en isolation pour une durée prévue de 14 jours", a annoncé le cabinet du Premier ministre.

Dans le monde, en Europe notamment, où plus de 20.000 cas sont déjà signalés, l'épidémie poursuit sa progression inexorable, bouleversant la vie quotidienne des populations, de la limitation de déplacements aux fermetures de frontières.

Ainsi à New York, par exemple, des lieux emblématiques ont annoncé leur fermeture comme le Metropolitan Museum et les théâtres de Broadway, et tous les rassemblements de plus de 500 personnes ont été interdits. Les parcs d'attraction Disneyland en Californie, en Floride et près de Paris sont aussi fermés par précaution.

En Autriche, les stations de ski du Tyrol vont fermer par anticipation tandis qu'en Belgique les lieux de convivialité, comme les restaurants et les cafés vont être clos. A Rome, toutes les églises ont fermé leurs portes aux fidèles jusqu'au 3 avril. L'Eglise mormone a annoncé la suspension, dans le monde entier et jusqu'à nouvel ordre, de toutes ses cérémonies publiques.

L'Italie a enregistré jeudi son millième mort, entre 5 et 10.000 personnes sont probablement infectées au Royaume-Uni - où seulement 590 cas sont recensés -, selon le gouvernement, et le nombre de cas a explosé en Espagne.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a averti jeudi d'un risque "élevé" de voir le système de santé dans l'UE et au Royaume-Uni être débordé par l'épidémie.

En Chine en revanche, point de départ de l'épidémie, le nombre de nouvelles contaminations a chuté jeudi à 15, au plus bas depuis la mi-janvier.

Affolées par l'épidémie et déçues par les annonces dans la journée de la Banque centrale européenne, les Bourses ont sombré. Milan, Paris et Madrid ont enregistré les pires plongeons de leur histoire à la clôture, Londres et Francfort les pires depuis plus de 30 ans. A Wall Street les principaux indices ont continué leur dégringolade.

Vendredi matin, les bourses asiatiques poursuivaient sur la même pente: à Tokyo, la chute de l'indice Nikkei a même brièvement dépassé les 10%, tandis que les bourses chinoises ouvraient également en forte baisse (-7% à Hong Kong).

L'impact de l'épidémie sur l'économie mondiale reste "difficile à prédire" et dépendra de l'ampleur de la pandémie et des réponses apportées par les pays touchés, a indiqué jeudi le FMI, précisant que la croissance mondiale en 2020 serait inférieure à celle de 2019.

La BCE constate une "considérable aggravation des perspectives de croissance à court terme" en zone euro, a de son côté averti sa présidente, Christine Lagarde.

Après les aides massives déjà annoncées par les grands argentiers de la planète, la BCE a dévoilé jeudi un arsenal de mesures visant à endiguer la panique financière et limiter l'impact économique de la pandémie, mêlant prêts aux banques - afin qu'elles aident les entreprises en vue d'éviter une vague de faillites - et rachat de dettes publiques et surtout privées.

Elle n'a en revanche pas touché à ses taux directeurs, un statu quo qui a accéléré la dégringolade des marchés actions.

- Ordre dispersé -

L'UE va d'ores et déjà se pencher sur l'impact économique de la décision américaine, la veille, d'interdire l'entrée aux Etats-Unis - qui recense 1.100 cas -, à compter de samedi et durant au moins trente jours, des voyageurs en provenance de 26 pays européens.

Celle-ci aura un "fort impact" sur l'économie, a concédé le président Donald Trump, à propos de sa mesure surprise, qui a poussé de nombreux Américains, inquiets d'être bloqués en Europe, à se précipiter dans les aéroports à Paris, Londres ou Amsterdam, écourtant vacances ou déplacement professionnel.

Pour le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (Iata), Alexandre de Juniac, le choc provoqué par cette crise sur son secteur est "extrêmement brutal".

Mais deux pays européens ont pris jeudi des décisions similaires: la Slovaquie a annoncé la fermeture de ses frontières à tous les étrangers à l'exception des Polonais, et la République tchèque voisine a interdit l'entrée aux voyageurs arrivant de 15 pays.

- Calendrier sportif -

Dans le monde, 131.460 cas ont été recensés dans 116 pays et territoires, causant la mort de 4.923 personnes, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles jeudi à 17H00 GMT.

Le patron de l'Organisation mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus a tenté de rassurer en affirmant que cette pandémie était "maîtrisable".

En Italie, qui compte désormais plus de 15.000 cas, dont plus de 1.000 morts, tous les commerces, sauf ceux jugés essentiels, sont désormais fermés.

Des mesures qui ont laissé perplexes les Italiens, peinant à juger lesquels étaient essentiels. Jeudi, il était par exemple impossible de trouver une laverie ouverte, un commerce pourtant exempté de fermeture.

En Espagne, le nombre de cas a bondi à près de 3.000 cas - dont une ministre - et le nombre de morts a presque doublé à 84. Les écoles de la région de Madrid ont été fermées. L'ensemble du gouvernement était soumis au test du coronavirus.

La pandémie continue aussi de semer le chaos dans le calendrier sportif: matches de basket de la NBA suspendus "au moins un mois" selon son patron Adam Silver, Grand Prix de Formule 1 d'Australie annulé, championnat d'Italie de football suspendu jusqu'au 3 avril, championnat d'Espagne suspendu pour les deux prochaines journées.

Le championnat d'Angleterre, le plus riche du monde, vacille lui aussi: l'entraîneur d'Arsenal, l'Espagnol Mikel Arteta, a été annoncé positif au coronavirus, tout comme un premier joueur, le jeune Anglais Callum Hudson-Odoi (Chelsea). Une réunion d'urgence se tiendra vendredi matin pour décider de la suite de la saison de Premier League.

La flamme olympique pour les JO de Tokyo a bien été allumée jeudi sur le site antique grec d'Olympie, lors d'une cérémonie écourtée et en l'absence de spectateurs, alors l'opportunité de maintenir ces jeux fait débat.

Et le championnat d'Europe de football, prévu dans douze pays du 12 juin au 12 juillet, est lui aussi de plus en plus menacé.

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Mort de Georges Floyd: l'auto-critique de l'ambassadeur américain en RDC

Mike Hammer, ambassadeur des États-Unis à Kinshasa, RDC, le 24 décembre 2018. (Facebook/Henri Mova)

"Le racisme est inacceptable, nous devons faire mieux" a écrit mercredi l'ambassadeur des États-Unis en République démocratique du Congo, Mike Hammer, dans une longue déclaration sur la mort de George Floyd où il cite Martin Luther King.

"Le système a échoué à protéger un de nos citoyens comme il l'a trop souvent fait à l'égard de tant d'Afro-Américains", ajoute l'ambassadeur dans sa déclaration sur son compte Twitter, reprise sur le compte de l'ambassade américaine.

"Je partage votre peine, je partage votre colère, je partage votre indignation concernant cette mort et je partage votre désir de justice", ajoute-t-il aux nombreux Congolais choqués qui l'ont interpellé sur les réseaux sociaux.

"Une injustice où qu'elle soit menace la justice partout", poursuit-t-il, affirmant citer le leader des droits civiques Martin Luther King, assassiné en 1968.

"Quand nous, en tant qu'Américains, dévions des idéaux de liberté et d'égalité qui ont fondé notre nation, nous devons nous engager (...) à identifier nos failles, à corriger notre trajectoire", ajoute le représentant de Donald Trump, qui plaide régulièrement pour la lutte contre l'impunité et la corruption en RDC.

"Alors que nous nous efforçons de parfaire notre démocratie américaine et d'atteindre nos idéaux, nous continuerons de rechercher le même engagement de la part de nos amis et de nos partenaires dans le monde entier", conclut ce fervent soutien des réformes amorcées par le nouveau président congolais Félix Tshisekedi.

George Floyd, un homme noir de 46 ans, est décédé le 25 mai à Minneapolis (États-Unis) en répétant "I can't breathe" ("Je ne peux pas respirer"), gisant par terre, menotté et avec le cou sous le genou d'un policier dont les collègues sont restés passifs. Les autopsies ont confirmé que la mort était due à la pression au niveau de son cou.

Depuis lors, un mouvement de colère contre le racisme et les brutalités policières s'est propagé à travers les États-Unis et le monde.

New York prolonge son couvre-feu et refuse de faire appel à la Garde nationale

Des agents de police de New York dans le quartier de Brooklyn à New York, mardi 28 avril 2020. (Todd Maisel via AP)

Le couvre-feu décrété lundi à New York va être prolongé jusqu'au 7 juin, a annoncé mardi le maire de New York Bill de Blasio après une série de pillages, tout en refusant de déployer la Garde nationale dans la capitale économique américaine comme réclamé par Donald Trump.

Cette mesure exceptionnelle sera en vigueur de 20h00 à 05h00 du matin, a précisé le maire, après que le coeur de Manhattan et certains quartiers du Bronx eurent été le théâtre de nombreuses scènes de pillage lundi soir, au premier jour du couvre-feu.

De nombreux commerces ont été vandalisés, dont le grand magasin emblématique Macy's.

"Des intrus ont pénétré dans le magasin, (..) la police est intervenue et à ce stade les dégâts sont limités", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la chaîne.

Au vu de ces images largement relayées sur les réseaux sociaux, le président Donald Trump, qui lorsqu'il habitait New York vivait sur la 5e Avenue, tout près de certains magasins ciblés lundi, a appelé dans un tweet la ville à "agir vite" et à "appeler la Garde nationale".

Plusieurs villes à travers le pays ont déjà appelé ces soldats en renfort après les manifestations contre les brutalités policières contre les Américains noirs qui embrasent le pays depuis une semaine, après la mort de George Floyd aux mains d'un policier blanc à Minneapolis.

Mais M. de Blasio a estimé que la ville n'en avait "pas besoin" grâce à ses plus de 36.000 policiers, soit les effectifs policiers municipaux les plus importants du pays, mieux préparés selon lui à ce genre de situations.

"Nous allons prendre des mesures immédiatement pour rétablir l'ordre et le calme", a-t-il assuré. "Je sais que nous allons surmonter cela, nous allons avoir quelques jours difficiles mais nous allons y arriver".

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a de son côté jugé "inexcusables" les pillages de lundi soir, et estimé que le maire et la police n'avaient "pas fait leur travail".

"Je pense que le maire sous-estime l'ampleur et la durée du problème, je ne pense pas qu'ils aient utilisé suffisamment de policiers pour y répondre", a déclaré lors d'un point de presse M. Cuomo, dont les rapports avec le maire sont notoirement difficiles.

Le gouverneur a cependant refusé d'imposer un déploiement de la Garde nationale à New York, soulignant que cela impliquerait de suspendre le maire et que cela ne ferait qu'"empirer la situation".

Entré en vigueur lundi à 23h00, le couvre-feu new-yorkais a été avancé et commence désormais dès 20h00.

Covid-19: près de 376.000 morts dans le monde

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Algérie/virus: premier ferry pour la France depuis la suspension des traversées

Une Algérienne regarde la mer en visitant une ruine romaine sur le site archéologique de Tipasa, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, à environ 70 km (43 miles) à l'ouest d'Alger, le 4 mai 2012. REUTERS / Zohra Bensemra

Un ferry français a appareillé lundi d'Alger à destination de Marseille, dans le sud de la France, assurant la première liaison maritime pour le transport de passagers entre les deux pays depuis la suspension des traversées en raison de la pandémie de Covid-19.

Le "Danielle Casanova" de la compagnie privée Corsica Linea a quitté le port d'Alger à 15H10 locales (14H10 GMT), avec 970 passagers et 427 véhicules à bord, a précisé à l'AFP la capitainerie du port.

D'une capacité de 2.400 passagers et pouvant embarquer jusqu'à 700 véhicules, le ferry était arrivé vide à Alger à 07H00 locales (06H00 GMT) en provenance de Marseille.

Il est attendu dans la cité phocéenne mardi à la mi-journée.

Tout au long de la matinée, le navire a embarqué des expatriés et des Algériens résidant en France, bloqués en Algérie depuis près de trois mois par les restrictions de déplacements dues à la crise sanitaire, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Je suis bloqué en Algérie depuis plus de trois mois. J'ai dû séjourner durant toute cette période dans un hôtel de la capitale", raconte à l'AFP Mustapha, un Franco-algérien de 49 ans établi à Lyon (sud-est de la France).

"J'attends ici dans l'espoir de pouvoir monter a bord du bateau. Les billets se vendent en sous-main", assure-t-il.

Afin de respecter les normes sanitaires et les règles de distanciation, la Corsica Linea n'a vendu que des places en cabines, dans lesquelles les passagers seront confinés pendant la traversée, selon une source portuaire.

Restaurants et bars à bord resteront fermés mais l'équipage a distribué aux passagers des sandwiches et des boissons.

Le "Danielle Casanova", mis en service en 2002, doit assurer deux dessertes similaires dimanche et mardi prochains, selon la capitainerie. D'autres liaisons sont envisagées dans la première quinzaine de juin.

L'Algérie a fermé ses frontières maritimes depuis le 19 mars, date à laquelle un ferry algérien avait assuré une ultime traversée entre la France et l'Algérie.

Le "Tariq Ibn Ziad", de la compagnie Algérie Ferries, avait alors rapatrié en Algérie depuis Marseille environ 1.700 personnes, piégées en France par la pandémie.

- Vols de retour spéciaux -

Par ailleurs, la mise en place de vols de rapatriement s'accélère depuis plusieurs jours dans les deux sens, assurés notamment par la compagnie nationale Air Algérie.

Depuis la fermeture de l'espace aérien algérien le 17 mars, Air France a organisé des vols spéciaux à partir d'Alger qui ont permis à plus de 6.000 personnes de regagner l'Hexagone, selon l'ambassade de France en Algérie.

La compagnie aérienne ASL Airlines France organise plusieurs vols retour au départ d'Alger, Annaba (nord-est de l'Algérie) et Bejaïa (est), à destination de Paris et Lyon (centre de la France), à partir de ce lundi et jusqu'au 8 juin, selon un programme affiché sur le site de la compagnie.

Et la filiale à bas coûts d'Air France-KLM, Transavia France, va proposer prochainement des vols spéciaux à partir d'Algérie, selon le consulat général de France à Alger.

Au total, au 26 mai, plus de 350 vols spéciaux ont permis de rapatrier 56.000 ressortissants français depuis l'Algérie, le Maroc, et la Tunisie, selon le ministère français des Affaires étrangères --dont 8.000 pour la seule Algérie.

Mais face au nombre important de Français toujours bloqués, Paris a décidé la semaine dernière de renforcer les liaisons aériennes et maritimes vers ces trois pays du Maghreb afin de pouvoir rapatrier 15.000 ressortissants supplémentaires.

Un ferry avait déjà rallié la France depuis Tunis à la mi-mai et un autre est prévu le 17 juin.

Deux navires passagers ont également appareillé du Maroc la semaine dernière.

Malaise chez Facebook qui refuse de censurer les messages de Trump

Donald Trump et Mark Zuckerberg se rencontrent le 19 septembre 2019 (Photo: Twitter Trump)

Le clash entre Twitter et Donald Trump éclabousse Facebook, en position délicate depuis que son patron, Mark Zuckerberg, a refusé de sanctionner des propos polémiques du président et est désavoué publiquement par des employés - un phénomène rare dans la Silicon Valley.

"Mark a tort, et je vais m'efforcer de le faire changer d'avis en faisant beaucoup de bruit", a tweeté dimanche Ryan Freitas, directeur du design pour le News Feed (fil d'infos) de Facebook.

Lundi, le mouvement a pris de l'ampleur avec une grève en ligne par plusieurs salariés, dont Sara Zhang, qui déclare sur Twitter: "Nous devons faire face au danger, pas rester à couvert."

A l'origine, deux interventions sans précédent de Twitter la semaine dernière.

La plateforme a d'abord signalé deux tweets du président américain sur le vote par correspondance avec la mention "vérifiez les faits".

Mark Zuckerberg a alors rappelé sur Fox News que les plateformes, selon lui, ne devaient pas jouer le rôle "d'arbitres de la vérité en ligne" - une interview retweetée par Donald Trump.

Puis, vendredi, Twitter a masqué un autre message du locataire de la Maison Blanche, sur les affrontements à Minneapolis après la mort d'un homme noir, George Floyd, pour violation des directives du réseau sur l'apologie de la violence.

"Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles", déclarait Donald Trump au sujet des manifestations qui dégénèrent en émeutes.

Ces propos apparaissent aussi sur Facebook, mais Mark Zuckerberg a décidé de les laisser visibles, "après avoir hésité toute la journée".

Dans une publication sur son profil, il dit condamner à titre "personnel" la "rhétorique clivante et incendiaire" du président, mais n'entend pas supprimer les messages, au nom de la liberté d'expression et de l'intérêt du public à s'informer.

- Les révoltés du réseau -

"Je sais que beaucoup de gens sont mécontents (...), mais notre position est de faciliter le plus d'expression possible, à moins d'un risque imminent d'atteinte aux autres ou de dangers tels que décrits dans notre règlement".

Twitter et Facebook ont mis en place des systèmes de lutte contre les contenus dangereux (appels à la haine, harcèlement...) et contre la désinformation.

Mais Facebook exempt les personnalités et candidats politiques de l'essentiel de ces mesures.

"Je ne sais pas quoi faire, mais je sais que ne rien faire n'est pas acceptable. Je suis un employé de Facebook en désaccord complet avec la décision de Mark de ne rien faire au sujet des publications récentes de Trump, qui incitent clairement à la violence", a tweeté samedi Jason Stirman, un responsable en recherche et développement de la société, passé par Twitter.

"Je ne suis pas seul chez Facebook. Il n'y a pas de position neutre sur le racisme", a-t-il ajouté.

De fait, plusieurs autres salariés ont pris la parole ce weekend.

"Je pense que le tweet de Trump (sur les pillages) encourage la violence extra-judiciaire et attise le racisme. Respect à l'équipe de Twitter", écrit David Gillis, un designer.

Sara Zhang et d'autres employés appellent à changer le règlement, qui n'offre que deux choix : laisser les contenus ou les retirer.

"La décision de Facebook ne pas agir sur des publications qui incitent à la violence ignore d'autres options possibles pour assurer la sécurité de notre communauté", remarque-t-elle.

Sur Twitter, le message en question du président est resté visible malgré l'avertissement, mais les utilisateurs ne peuvent pas le retweeter, le "liker" ou y répondre.

- Appel à un ami -

Pour ne rien arranger, la presse américaine a révélé dimanche que Mark Zuckerberg et Donald Trump se sont entretenu vendredi par téléphone.

La conversation a été "productive", selon des sources anonymes du site spécialisé Axios et de la chaîne CNBC. Elle n'a été ni confirmée ni démentie par les intéressés.

La question se pose désormais sur la capacité de la toute nouvelle "Cour suprême" de Facebook à intervenir.

"Nous avons conscience que les gens veulent que le Conseil se penche sur beaucoup de questions importantes liées aux contenus en ligne", a tweeté le "Conseil de supervision" du réseau, qui a pris forme au début du mois.

Il est censé avoir le dernier mot sur le maintien ou non des contenus controversés, en toute indépendance.

Le géant des réseaux est directement concerné par la contre-attaque de Donald Trump contre Twitter.

Le président américain a signé jeudi un décret s'attaquant à une loi fondamentale de l'internet américain, la Section 230, qui offre aux plateformes numériques une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers. Et leur donne la liberté d'intervenir à leur guise pour policer les échanges.

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