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L'enquête russe revient empoisonner Donald Trump au Congrès

Le ministre américain de la justice, Bill Barr, le 26 janvier 2019.

L'enquête russe a rebondi mercredi à Washington avec l'annonce surprise de la convocation au Congrès du fils aîné du président Donald Trump, le premier vote dirigé contre l'un de ses ministres, et le refus inédit de la Maison Blanche de livrer certaines informations sensibles.

"Nous sommes désormais en pleine crise constitutionnelle", a tonné Jerry Nadler, le chef démocrate de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants.

Il s'exprimait après un vote très rare, en commission, pour déclarer que le ministre de la Justice Bill Barr avait entravé les pouvoirs d'investigation du Congrès ("contempt of Congress").

Sa faute: refuser de livrer à la commission la version complète du rapport d'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016.

Cette procédure --qui n'avait été jusqu'ici appliquée qu'à un autre ministre de la Justice, Eric Holder, sous l'administration du démocrate Barack Obama-- ne sera conclue qu'après un vote en séance plénière dont la date doit encore être fixée.

Le vote en commission, qui a suivi les lignes partisanes entre démocrates et républicains, marque "une étape très grave et capitale", a poursuivi M. Nadler.

Du pur "théâtre politique", a rétorqué le ministère de la Justice.

Quelques minutes plus tard, des médias américains annonçaient que le fils aîné du président républicain, Donald Trump Junior, avait été convoqué par la commission du Renseignement du Sénat dans le cadre de la même enquête russe.

C'est la première fois que le Congrès use de ses pouvoirs d'enquête pour convoquer un membre de la famille Trump, dont certains ont témoigné de leur plein gré dans le cadre de cette investigation tentaculaire.

Fait marquant: la chambre haute est contrôlée par les républicains --qui ont donc donné leur feu vert en commission à cette décision-- contrairement à la Chambre des représentants à majorité démocrate.

- Destitution en question -

Dans son rapport de près de 450 pages, Robert Mueller a exonéré Donald Trump des soupçons de collusion avec Moscou mais a décrit une dizaine de pressions exercées par le président sur l'enquête.

S'estimant totalement blanchi, M. Trump n'a de cesse de dénoncer une coûteuse "chasse aux sorcières".

Convaincus au contraire qu'il a "entravé la justice", les démocrates veulent poursuivre l'enquête sur la base du rapport complet, afin de déterminer si les faits relatés justifient l'ouverture d'une procédure de destitution contre Donald Trump.

Pas question, leur a répondu le ministère, alors que les démocrates n'ont pas même accepté son offre de consulter, en comité restreint, une version bien moins expurgée que celle publiée le 18 avril.

Face à la "menace" des démocrates contre Bill Barr, le ministère a demandé à Donald Trump qu'il applique ses prérogatives présidentielles lui permettant de refuser de livrer les documents même sous le coup d'une injonction parlementaire.

Ce qu'il a fait mercredi, pour la première fois depuis son arrivée à la Maison Blanche.

"C'est une attaque contre l'essence de notre démocratie", a réagi M. Nadler.

"Les Américains voient clairement que les manoeuvres désespérées" des démocrates "visent à les détourner des succès historiques du président", a au contraire lancé Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif.

Si la Chambre estime, lors du vote final, que Bill Barr a entravé les prérogatives d'enquête du Congrès, cela reviendra à constituer un dossier d'inculpation.

La justice devra alors décider ou non d'enquêter sur cette base, ce qui n'avait pas eu lieu dans le cas de M. Holder.

Bill Barr pourrait risquer une amende, voire une peine d'emprisonnement, mais ces peines restent largement improbables.

Au-delà de l'affaire russe, l'opposition et la Maison Blanche sont en guerre ouverte sur plusieurs autres fronts au Congrès, qui pourraient aller vers d'âpres batailles judiciaires.

Forts de leurs vastes pouvoirs d'investigation à la Chambre, les démocrates réclament ainsi les déclarations d'impôts de Donald Trump et de nombreux autres documents.

Mais l'administration leur oppose depuis plusieurs semaines des refus successifs, en dénonçant des demandes injustifiées.

Donald Trump pourrait ainsi chercher à "provoquer" les démocrates pour qu'ils déclenchent une procédure impopulaire de destitution contre lui, a mis en garde la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.

Avec un habile calcul électoral en tête. Car lancer cette procédure, en sachant que le Sénat l'acquitterait probablement, pourrait être toxique pour les démocrates à l'orée de la présidentielle et des législatives de 2020.

Mais d'autres démocrates, dont plusieurs candidats à la présidentielle, estiment qu'ils n'ont, après le rapport Mueller, plus le choix.

Avec AFP

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Trump-Biden: un débat chaotique et contentieux

Le président américain Donald Trump et le candidat démocratique Joe Biden à Cleveland, le 29 septembre 2020.

Le président américain Donald Trump et son challenger, l'ancien vice-président Joe Biden, se sont affrontés mardi soir dans un débat chaotique et controversé.

Candidats respectivement des partis républicain et démocrate, Donald Trump et Joe Biden ont tenté pendant 90 minutes de convaincre les électeurs américains que l'autre n'était pas en mesure de diriger les États-Unis pour les quatre prochaines années.

Les deux hommes ont croisé le fer sur plusieurs thèmes, dont: le nombre de morts liés au coronavirus, l'intégrité du vote du 3 novembre prochain, la nomination par Trump de la juriste conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour suprême, les tensions raciales, entre autres sujets.

Le président sortant, Donald Trump, a nié les révélations d'une enquête du New York Times qui affirme qu'il n'a payé que 750 dollars d'impôt fédéral sur le revenu en 2016 et en 2017. M. Trump, candidat à un second et dernier mandat, a déclaré qu'il avait payé "des millions de dollars".

Son adversaire, Joe Biden, l'a accusé de payer "moins d'impôts que l'instituteur moyen".

Présidentielle américaine: premier débat entre Joe Biden et Donald Trump
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Insultes et attaques personnelles

La plupart du temps, ils se sont insultés en se lançant des piques, des insultes et des attaques personnelles.

"Il est le pire président que l'Amérique ait jamais eu", a soutenu Joe Biden lors du débat organisé dans une université de la ville du Midwest de Cleveland, dans l'Etat de l'Ohio. Il a également qualifié son adversaire de "clown".

Pour sa part Donald Trump a lancé: "J'ai accompli plus de réalisations en 47 mois [en tant que président] que vous n'en avez fait en 47 ans".

Donald Trump a fait valoir que si Joe Biden remporte la présidence, "vous vivrez une dépression comme personne n'a jamais vu" en raison du plan du démocrate d'augmenter les impôts sur les bénéfices des entreprises de 21% à 28% et sur les individus qui gagnent plus de 400.000 dollars par an.

Lors du débat à Cleveland, le 29 septembre 2020.
Lors du débat à Cleveland, le 29 septembre 2020.

Les deux candidats, tous deux âgés de plus de 70 ans, se sont aussi affrontés sur la manière de contrôler la pandémie aux États-Unis.

"Le président n'a pas de plan", a affirmé son adversaire. "Il savait que c'était mortel et ne vous en a pas parlé."

Joe Biden, faisant allusion aux fréquentes sorties de golf de Donald Trump, a déclaré que le président "devrait arrêter de faire l'autruche" et stopper l'avancée de la pandémie.

Il a aussi fait référence à la récente remarque de Trump selon laquelle le nombre de morts aux États-Unis "ce qu'il en est", ajoutant que c'était parce que "vous êtes ce que vous êtes".

Donald Trump a répondu: "Nous avons fait un excellent travail. Nous sommes à quelques semaines d’un vaccin".

Le président Trump a accusé Joe Biden de l'avoir qualifié de xénophobe pour avoir imposé des restrictions initiales sur les voyages en provenance de Chine, pays d'origine du virus. Il a déclaré que s'il n'avait pas agi, plus de 2 millions de personnes seraient mortes aux États-Unis.

C'était la première fois où les deux candidats se rencontreraient face à face pour débattre. Deux autres débats sont encore prévus. Le vice-président Mike Pence et la candidate démocrate à la vice-présidence, Kamala Harris, auront leur débat le 7 octobre.

Lors de la rencontre de mardi, Donald Trump et Joe Biden se sont fréquemment interrompus.

Traduit et adapté de l'anglais par VOA Afrique. Lire l'article original: Trump, Biden Clash in Chaotic, Contentious Debate

Correspondants VOA du 30 septembre 2020: le rôle pivotal des débats présidentiels

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