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États-Unis

Avec une rare procédure au Congrès, les démocrates renforcent la pression sur Trump

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, à Capitol Hill, le 3 janvier 2019.

La guerre ouverte entre les démocrates américains et le président républicain Donald Trump autour de l'affaire russe devrait franchir un nouveau palier mercredi avec l'ouverture prévue au Congrès d'une rare procédure contre son ministre de la Justice, Bill Barr.

Forts de leur contrôle de la Chambre des représentants, les démocrates ont fixé à 10H00 (14H00 GMT) une réunion en commission parlementaire pour débattre, puis voter la défiance contre Bill Barr.

Ils l'accusent d'avoir entravé les prérogatives d'enquête du Congrès ("contempt of Congress") en refusant de leur livrer, dans les délais impartis, la version complète du rapport d'enquête du procureur Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016.

Un vote en séance plénière devrait suivre --à une date non déterminée-- pour conclure cette procédure rarissime, qui n'a été jusqu'ici appliquée qu'à un autre ministre de la Justice, Eric Holder, sous l'administration du démocrate Barack Obama.

Deux ans et demi après la présidentielle américaine de 2016, l'enquête tentaculaire sur le dossier russe continue ainsi d'empoisonner le mandat de Donald Trump.

Dans son rapport de près de 450 pages, Robert Mueller a exonéré Donald Trump des soupçons de collusion avec Moscou mais a décrit une dizaine de pressions exercées par le président républicain sur l'enquête.

Convaincus que ces indices démontrent que le président a "entravé la justice", les démocrates réclament depuis des jours au ministère de la Justice le rapport complet.

Leur but: poursuivre l'enquête au Congrès afin de déterminer, notamment, si ces faits justifient l'ouverture d'une procédure de destitution contre Donald Trump.

Pas question, leur a répondu le ministère, qui déplore que les démocrates n'aient pas même accepté leur offre de consulter, en comité restreint, une version bien moins expurgée que celle publiée le 18 avril.

Une réunion en urgence mardi entre le ministère et des responsables de la puissante commission judiciaire de la Chambre n'y aura rien fait: la procédure contre Bill Barr devrait bien démarrer comme prévu.

Si la Chambre approuve, au final, la défiance contre Bill Barr pour entrave aux prérogatives d'enquête du Congrès, cela reviendra à constituer un dossier d'inculpation. La justice devra alors décider ou non d'enquêter sur cette base, ce qui n'avait pas eu lieu dans le cas de M. Holder.

Bill Barr pourrait risquer une amende, voire une peine d'emprisonnement.

Si ces peines restent largement improbables, la procédure a une grande portée symbolique, témoin des relations à couteaux tirés entre Donald Trump et la majorité démocrate à la chambre basse, qui dispose d'amples pouvoirs d'investigation.

- Débat sur la destitution -

Outre la vaste affaire russe, l'opposition et la Maison Blanche sont en effet en lutte ouverte autour de plusieurs autres injonctions parlementaires.

Les démocrates réclament les déclarations d'impôts du milliardaire ou des documents à l'ex-conseiller juridique de la Maison Blanche, Don McGahn? L'administration refuse, en dénonçant des demandes injustifiées et/ou anticonstitutionnelles.

Avec ces refus en cascade, Donald Trump pourrait en fait, murmurent certains observateurs, vouloir acculer les démocrates à déclencher une procédure de destitution contre lui, avec un habile calcul électoral en tête:

Lancer cette procédure en sachant que le Sénat, contrôlé par les républicains, l'acquitterait probablement et alors qu'une majorité d'Américains se dit contre, pourrait être toxique pour les démocrates à l'orée de la présidentielle de novembre 2020.

La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a bien ce danger en tête: Donald Trump "nous provoque pour que nous le destitutions", a-t-elle déclaré mardi à l'université Cornell, selon des médias américains.

"Tous les jours il ne fait que provoquer, provoquer, provoquer parce qu'il sait que cela diviserait profondément le pays mais il ne s'en préoccupe pas. Il veut juste consolider sa base."

Mais pour la sénatrice et candidate démocrate à la présidentielle, Elizabeth Warren, le "devoir constitutionnel" des parlementaires ne leur laisse aucun choix.

"Robert Mueller établit clairement que le président des Etats-Unis a travaillé activement à faire entrave à la justice", a-t-elle déclaré mardi au Sénat. "Il y a assez là-dedans pour ouvrir une procédure de destitution."

Avec AFP

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Sanctions américaines contre Abass Sidiki, chef de la milice des 3R en RCA

Un soldat monte la garde près d'anciens enfants soldats anti-Balaka attendant d'être libérés d'un camp à Batangafo, en République centrafricaine, 28 août 2015. AFP PHOTO / EDOUARD DROPSY

Le Trésor américain a imposé des sanctions contre Bi Sidi Souleymane alias Sidiki Abbas, le chef de la milice dite des "3R" (Retour, Réclamation et Réhabilitation) en République centrafricaine, a-t-on appris vendredi de source officielle.

Ces sanctions font suite à des mesures similaires prises par le Conseil de sécurité des Nations unies, selon un communiqué du Trésor.

D’après les autorités américaines, le groupe 3R aurait tué, torturé, violé et déplacé des milliers de civils depuis 2015 et M. Souleymane aurait lui-même participé à ces exactions.

Par ailleurs, le Comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies pour la RCA a mis en place un gel des avoirs et une interdiction de voyager à l'encontre de M. Souleymane.

Selon les lois américaines, désormais les avoirs de M. Souleymane aux États-Unis ou sous le contrôle de ressortissants américains sont systématiquement gelés.

Pour rappel, la milice 3R le groupe armé le plus imposant en Centrafrique. Son chef, M. Souleymane, est un Camerounais qui se positionne comme le défenseur des peuples peuls, selon plusieurs sources concordantes.

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