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Tchad

L'effondrement d'une mine d'or mardi a fait au moins 52 morts

103 immigrés orpailleurs tchadien arrêtés en Algérie sont accueilli ce matin a l'aéroport international Hassan Djoumouss de NDjamena au Tchad par le ministre tchadien de la justice.

L'effondrement mardi d'une mine d'or sauvage dans le nord du Tchad a fait au moins 52 morts, a annoncé vendredi à l'AFP une source gouvernementale qui s'est rendue dans cette zone livrée à différents gangs d'orpailleurs illégaux et d'autres trafiquants.

Le bilan pourrait s'alourdir puisque des corps n'ont pas été retrouvé, a précisé cette source. Une autre personne présente lors de cette mission a confirmé le nombre de décès. "Il y a 37 blessés, dont 21 graves", a ajouté cette deuxième source.

L'accident s'est produit dans la nuit de lundi à mardi près de la localité de Kouri Bougoudi, tout près de la frontière libyenne, dans la province tchadienne du Tibesti soumise à l'état d'urgence.

- Sous-sol truffé de galeries -

Cette zone du Tibesti qui longe la frontière libyenne échappe en partie aux forces de sécurité de N'Djamena et le sous-sol riche en or, par endroits, est truffé de galeries ou de mines à ciel ouvert à la structure précaire, dans lesquelles opèrent des centaines d'orpailleurs illégaux travaillant pour des gangs locaux qui contrôlent certaines localités. D'autres sont aux mains de divers trafiquants.

Cela explique que les informations soient tardives, parcellaires et difficiles à vérifier.

Mi-août, le président tchadien Idriss Deby Itno avait décrété l'état d'urgence dans trois provinces, dont celle du Tibesti, en proie aux violences entre différents gangs, les orpailleurs illégaux et des rebelles tchadiens qui ont trouvé refuge en Libye et traversent régulièrement la frontière poreuse.

Le nord du Tchad, frontalier avec le Soudan, la Libye et le Niger, est une région extrêmement instable du Sahel, désertique, peu habitée et difficile à contrôler.

Le gouvernement tchadien avait décidé, fin mars, de créer une force de sécurité constituée par l'armée et la police au Tibesti, pour sécuriser la zone. Il avait également annoncé la fermeture de la frontière avec la Libye. Le nord du Tchad est très lié au sud libyen, d'où vient la majorité du ravitaillement en nourriture du Tibesti.

Le centre de commandement de cette nouvelle force de sécurité avait été installé précisément dans la région de Kouri Bougoudi, une zone aurifère théâtre d'affrontements entre des orpailleurs illégaux et l'armée fin 2018 et début 2019.

- Le Tibesti, région frondeuse -

Impliquée dans la lutte contre le trafic de drogue, cette force de sécurité doit également permettre "le désarmement" de la région, "la sécurisation de la frontière" et "la traque contre les bandits et les terroristes", avait annoncé le gouvernement.

Début mars, l'armée avait aussi annoncé avoir repris plusieurs sites d'orpaillage dans cette région pour le compte du gouvernement. Notamment un site minier dirigé par Abdallah Banda, un chef rebelle soudanais du Darfour poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI). Les militaires l'ont finalement chassé de la région.

Le Tibesti est historiquement une région frondeuse, berceau de plusieurs rébellions majeures depuis l'indépendance du Tchad, en 1960, a expliqué le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) dans un rapport sur le Tibesti.

Depuis la découverte de gisements d'or en 2012, les mines de cette province ont suscité les convoitises de commerçants, de milliers d'orpailleurs, de militaires tchadiens, et de membres de l'opposition armée tchadienne et soudanaise en quête du métal précieux, toujours selon l'ICG. Elle a aussi enclenché une véritable ruée vers l'or de jeunes Tchadiens pauvres du centre du pays, livrés sur place aux gangs pour lesquels ils travaillent dans des conditions très difficiles et de sécurité précaire.

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Des opposants menacent de rendre le Tchad "ingouvernable"

Les responsables du FONAC Front de l'Opposition Nouvelle pour l'Alternance et le changement Saleh Kebzabo, à droite, et Ahmat Mahamat Al-Habo, à gauche, animent une conférence de presse à N'Djamena, Tchad, 10 août 2016. VOA/André Kodmadjingar

Des voix commencent à s’élever dans l’opposition tchadienne pour exprimer leur intention d’empêcher pacifiquement le déroulement de la présidentielle du 11 avril. Certains promettent de rendre le pays ingouvernable si le président Idriss Déby est déclaré vainqueur.

On veut une autre république, une transition. Que le président actuel ne se présente pas et qu’il crée des conditions pour qu’il y ait une [...] transition [...] et des élections libres et transparentes pour une alternance apaisée et civilisée.”, a affirmé à VOA Benjamen Malaiti, le représentant au Canada du parti "Les Transformateurs” du Dr. Succès Masra.

Pour que le peuple décide enfin qui doit le gouverner et dans quelles conditions”, a-t-il ajouté.

Moukhtar Al Kanani, un Tchadien quant à lui, a écrit sur la page Facebook de M. Masra: “Nous voulons sa démission [d’Idriss Déby] sans condition. Il sera tenu pour le seul responsable de tout les événements qui s'en suivront !”

Les Transformateurs ne sont pas le seul parti à souhaiter l’annulation du scrutin présidentiel tchadien du 11 mars. Vendredi dernier, le président de l'Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) et principal opposant au Tchad, Saleh Kebzabo, a aussi annoncé vendredi son intention d'empêcher pacifiquement le déroulement de la présidentielle du 11 avril.

Ce natif de Léré, dans le sud ouest du Tchad, où il a vu le jour 27 mars 1947, a d’ailleurs retiré sa candidature à la présidentielle, dénonçant le "climat d'insécurité" pour les opposants. Il a déclaré aussi refuser de "servir de caution à la mascarade qui se prépare sur une grande échelle".

Les élections sont militarisées”, renchérit M. Milaiti depuis le Québec où il réside, avant d’ajouter: “Cela siginife que ceux qui iront à l’intérieur battre campagne ne seront pas en sécurité. Le bureau des Transformateurs à Ndjamena est encerclé par des militaires.”

Outre M. Kebzabo, trois autres opposants ont retiré leur candidature, pourtant validée par la Cour suprême, dénonçant eux aussi la détérioration du climat sécuritaire pour l'opposition.

Toutefois, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Dr. Kodi Bam Mahamat, a indiqué samedi que ​les candidats qui se sont désistés de la présidentielle figureront sur le bulletin de vote conformément à la loi.

Djerakeye Ndokain Urbain pense qu’il faut dire “Non à cette élection et oui à la transition pour préparer l'alternance au sommet de l'État. L'heure n'est plus au singularisme mais plutôt au pluralisme des actions.”, a-t-il réagi sur la page Facebook du leader des “Transformateurs”.

Rendre le pays ingouvernable

Ils ont rendu notre pays invivable, il appartient maintenant à notre peuple de rendre ce pays ingouvernable et les élections impossibles afin d'obtenir par le dialogue un processus inclusif”, a écrit Succès Masra sur son compte Twitter le 5 mars.

La candidature du leader des Transformateurs a été rejetée par la Cour Suprême parce que, à 38 ans, le Dr Masra ne remplit pas la condition d'âge qui a été relevée à 40 ans au lieu de 35 ans, par une révision constitutionnelle et du Code électoral. Il est aussi accusé d’avoir produit un extrait d'acte de naissance sans mention des dates de naissance de ses deux parents.

Par ailleurs, la Cour suprême soutient que le parti Les Transformateurs ne figure pas sur la liste des partis politiques légalement constitués et que Dr Masra n'a pas versé la caution requise de 10 millions de Francs CFA. Il a plutôt produit en lieu et place un procès-verbal de remise d'un acte de cession de créance.

Des raisons que Les Transformateurs balaient d’un revers de la main. “S’ils ne reconaissent pas son parti, pourquoi ont-ils accepté sa candidature? Dans le droit tchadien, on peut utiliser la cession de créance comme caution. Quant à l’âge, la Charte de l’Union africaine, qui a la primauté sur les lois nationales rend le Dr. Masra éligible”, a réagi M. Milaiti à VOA Afrique, accusant la Cour suprême d’être inféodée au pouvoir.

Ses membres ne sont pas des gens crédibles. C’est un amateurisme qui frime le ridicule”, assène-t-il.

Des actes de non violence

Les Transformateurs ont lancé une marche de protestation depuis jeudi, et qui devrait atteindre son apothéose le 11 avril, le jour du vote. “Notre parti a appelé pour des manifestations pour que les Tchadiens descendent pacifiquement dans les rues pour manifester pour dire non aux multiples injustices qu’ils subissent”, a indiqué M. Milaiti.

L’opposition tchadienne compte utiliser des moyens pacifiques pour parvenir à ses fins.

Aucune action violente ne sera menée pour stopper le déroulement de cette élection. Mais soyez assurés que cette élection n'aura pas lieu", a assuré vendredi M. Kebzabo devant la presse.

"Il faut mobiliser le peuple, occuper les rues pour empêcher la tenue des élections parce que ces élections ne seront jamais libres, [...] jamais transparentes", soutient Abdallah Chidi Djorkodei, délégué chargé des relations extérieures et de la communication du FNDJT, que nous avons interviewé depuis New York où il vit.

Pour Gerard Jeune Souverain, “cette lutte ne fait que commencer. Elle va continuer. Ce pays doit changer et c'est avec cette jeunesse”, assure-t-il, avant de poursuivre, sur la page Facebook de Dr Masra: “Il est pour nous temps de nous lever et dire d'une seule voix NON à cette injustice qui sévit actuellement au pays de Toumaï."

Toumaï, qui signife “espoir de vie” en langue gorane est le surnom d'un crâne fossile de primate découvert en 2001 au Tchad, dans le désert du Djourab, à 800 km au nord de Ndjamena, la capitale tchadienne.

Le gorane est parlé par des éleveurs nomades évoluant de l'est nigérien à l'est tchadien et appartenant à l'ensemble toubou.

Le nom “Toumaï” a été suggéré par le président Idriss Déby Itno, pas uniquement parce qu'en Gorane, il désigne des enfants nés juste avant la saison sèche et qui ont, de ce fait, des chances de survie assez limitées, mais aussi pour célébrer la mémoire d'un de ses camarades de combat, vivant dans le nord du pays où le fossile a été découvert, et tué en combattant pour renverser le président Hissène Habré.

La plupart des rebelles goranes se sont ralliés au pouvoir en 2010.

Se lever comme un seul homme et unir les forces

Si on arrive à mettre en place une structure commune [qui comprend] les partis politiques et la société civile, on peut empêcher le scrutin.”, soutient le délégué du FNDJT chargé des relations extérieures et de la communication, Abdallah Chidi Djorkodei.

Un avis que partagent certains Tchadiens surtout sur les réseaux sociaux, où, comme plusieurs Africains, ils peuvent s'exprimer sur des sujets politiques sans crainte.

L'heure est aux actions concrètes pour dire non à la candidature de Mr Deby”, a écrit Urbain sur la page Facebook de Succès Masra.

N'attendons pas et ne croyons pas que la liberté peut nous venir comme la manne tombée du ciel, cette liberté s'arrache”, a écrit Gerard sur la page Facebook de Succès Masra.

Le pape sera reçu par le grand ayatollah Ali al-Sistani

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"Sans Succès Masra, il n'y aura pas d'élections au Tchad"

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L'opposition tchadienne gèle sa participation à l’élection présidentielle

Dr Succès Masra, président du parti les Transformateurs au Tchad, le 5 mars 2021.

Au Tchad, la Cour suprême a validé 10 candidatures 17, une situation qui a amené trois candidats de l’opposition à retirer leur candidature pour dénoncer l’injustice sociale et l’insécurité des candidats de l’opposition et la violation du code électoral.

Il s’agit de Me Théophile Bongoro de l’alliance Victoire, Saleh Kebzabo de l’UNDR et Ngarlej Yorangar du FAR/Parti Fédération. Les trois opposants ont annoncé leur retrait de la compétition pour dénoncer l’injustice sociale et l’insécurité des candidats de l’opposition, avant même la clôture de l’audience où leurs dossiers étaient examinés par la cour suprême.

Maitre Théophile Bongoro, candidat de l'alliance victoire au Tchad, le 5 mars 2021. (VOA/André Kodmadjingar)
Maitre Théophile Bongoro, candidat de l'alliance victoire au Tchad, le 5 mars 2021. (VOA/André Kodmadjingar)


"Je suis peiné en tant qu’acteur juridique de profession de pouvoir dire que ce n’est pas sérieux de la part d’une institution judiciaire de ce niveau", a déclaré Théophile Bongoro.

Il ajoute qu’il s'attendaient à ce que la liste soit déclinée le 8 mars prochain car, dit-il, selon la loi il faut une semaine. Il dit ne pas comprendre la célérité avec laquelle la liste a été rendue publique.

"On s’est attaché au service d’un huissier pour qu’il y ait une date certaine et l’heure. Donc on a déposé notre retrait au tour de midi. Comment se fait-il qu’à 16 heures on nous dit qu’on est éligible d’être candidat? Il faut être sérieux, nous on va revendiquer nos dix millions", a insisté le candidat de l’alliance.

Il précise qu'il y a d’autres revendications: la nomination d’un président de la Céni véritablement indépendant, et la garantie pour tous les candidats de battre campagne en toute sécurité dans le Tchad profond.

Brice Mbaimong Guedmabaye, candidat de l’alliance républicaine pour le changement démocratique au Tchad, le 5 mars 2021.
Brice Mbaimong Guedmabaye, candidat de l’alliance républicaine pour le changement démocratique au Tchad, le 5 mars 2021.


Brice Mbaimong Guedmabaye, candidat de l’Alliance républicaine pour le changement démocratique, estime que la décision de se retirer de la course prise par certains de ses compagnons semble être prématurée

"En jouant aux défaitistes on ne pourra pas vaincre cette dictature", argumente-t-il.

Trois candidatures ont été invalidées. Il s’agit du Dr Succès Masra, de Yaya Dillo et l’ex-chef de guerre Baba Ladé. Dr Succès Masra se tourne vers le peuple. Car dit-il, c’est le peuple qui a le dernier mot.

"Le peuple tchadien va avoir son dernier mot comme tous les peuples ont eu leurs derniers mots face aux dictateurs, face à des tyrans", a indiqué Dr Masra. Il invite le peuple à rendre ces élections impossibles.

Pour lui, le président Déby a "perdu en dignité et en crédibilité".

Pour l’expert en questions électorales, Doumla Ibra Laurent, le retrait à la dernière minute des candidats dans ce processus risque de jouer sur la crédibilité et la légitimité de celui qui sera élu.

"Il va falloir que les acteurs politiques s’asseyent sur une table de négociation, trouver un compris avant de déclencher le processus. Ça serait aussi salutaire et le Tchad en sortira gagnant", conseille-t-il.

Le parti au pouvoir dit se tenir droit sur ces bottes pour aller à cette élection et qualifie ceux qui ont gelé leur participation d’être en mal de popularité.

La Cour suprême du Tchad valide 10 candidatures pour la présidentielle
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L'UA exprime sa "consternation" après les morts à N'Djamena

Une manifestation dans la capitale du Tchad a conduit à plusieurs arrestations, le 6 février 2021.

L'Union africaine (UA) a exprimé vendredi sa "consternation" après "la perte de vies humaines civiles et parmi les forces de l'ordre" au Tchad lors d'une tentative d'arrestation d'un opposant, dans une déclaration du président tchadien de la Commission de l'UA.

Le 28 février, la police épaulée par des militaires lourdement armés et des blindés a tenté d'arrêter l'opposant Yaya Dillo, candidat à la présidentielle du 11 avril dont la candidature a été invalidée par la Cour suprême, à son domicile de N'Djamena.

M. Dillo était visé par deux mandats d'amener de la justice pour "diffamation et injures" à l'égard de l'épouse du président Idriss Déby Itno.

Le mouvement de M. Dillo, le Front nouveau pour le changement (FNC), a assuré dans un communiqué que cinq membres de la famille de l'opposant, dont sa mère, ont été tués par un corps d'élite de l'armée qui a "défoncé son portail avec un char blindé".

Une version contredite lundi par le ministre des Affaires étrangères Amine Abba Sidick devant le corps diplomatique: "un tir de l'intérieur visant les forces de l'ordre a atteint mortellement la mère de Yaya Dillo", a-t-il affirmé, ajoutant que deux militaires avaient été tués dans un blindé dans la cour de l'opposant.

Dans un communiqué, le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, "note que cet événement douloureux s'est déroulé à un mois des élections présidentielles dans le pays".

Il appelle "le gouvernement et l'ensemble des acteurs politiques à œuvrer résolument pour créer les conditions idoines pour la paix politique et civile afin d'assurer la tenue des élections dans un climat apaisé, dans le strict respect de la loi, de l’ordre et de la stabilité du pays".

Avant d'être élu à la tête de la Commission de l'UA en 2017, Moussa Faki Mahamat était un membre du gouvernement tchadien sous le président Déby.

Six candidats sont en lice pour l'élection présidentielle au Tchad dont M. Déby, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 30 ans, fait figure de grandissime favori.

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