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Sénégal

L’eau salée, la hantise des Sénégalais de Coki

A Coki, la qualité de l’eau ne rassure pas les populations, 28 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

La mauvaise qualité de l’eau est une réalité dans certaines zones du Sénégal. Les populations de Coki, un village situé dans la région de Louga, crient leur ras-le-bol face à la salinité de l’eau qui impacte sur leur quotidien. Elles se sentent aussi lésées par les autorités administratives.

Salée comme de l’eau de mer, parfois pleine de poussière : la mauvaise qualité de l’eau est un vrai problème pour les habitants de Coki, une localité située dans la région de Louga à 225 kilomètres au nord-est de Dakar.

Les Sénégalais se plaignent de la qualité de l'eau
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Amadou Matar Mboup, président de l’Association des usagers du forage de Coki, estime que la qualité de l'eau est catastrophique.

Pour lui, "l'eau est suffisante mais il y a des problèmes pour la consommation". Il indique que c'est pour cette raison qu'ils avaient très tôt "contacté le service d'hygiène et le service de la protection civile, mais quand ils ont fait le traitement, ils se sont rendus compte que la qualité de l'eau est sept fois en deçà des normes de consommation".

Les ménagères souffrent également de cette situation comme cette dame, rencontrée par VOA Afrique et qui préfère témoigner anonymement. Elle affirme ne pas boire cette eau et ne l'utiliser "que pour cuisiner, se laver ou faire le linge parce qu'on ne peut pas boire cette eau à cause du sel".

Modou Fall consomme de l’eau salée mais, il s’inquiète pour sa santé : "c'est une eau très salée et même nous les consommateurs nous savons qu'elle est très dangereuse parfois il y a même de la poussière qui l'accompagne. D'ailleurs des fois on se demande si cette eau est bonne pour la santé".

A Coki, les habitants achètent de l’eau douce pour se désaltérer, 28 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)
A Coki, les habitants achètent de l’eau douce pour se désaltérer, 28 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Une question à laquelle le médecin chef du District sanitaire de Coki apporte une réponse négative. Docteur El Hadji Malick Diouf affirme que la consommation de cette eau peut avoir plusieurs conséquences sur la santé.

Premièrement, "le sel et la tension ça va pas ensemble donc la première conséquence est l'augmentation de la pression artérielle. Mais également les maladies dentaires parce que souvent l'eau salée est accompagnée de calcaire parce que c'est de l'eau de forage local".

Et le médecin d'ajouter que le mal ne se limite pas là car, "il y a des lésions dentaires à cause de ces dépôts de calcaire sur les dents qui les colorent en marron."

Il indique qu'il y a également "les maladies diarrhéiques parce que la qualité de l'eau n'est pas bonne parce que le filtrage n'est pas bien respecté."


Pour se désaltérer, certains sont obligés d’acheter à chaque fois de l’eau douce, une situation financièrement lourde pour les habitants. Amadou Matar Mboup estime ses dépenses pour chaque concession à "400 à 600 francs CFA par jour" pour satisfaire la famille en eau potable. Ce qu'il considère comme "une enveloppe très importante au détriment des populations rurales".

Le malheur des uns fait le bonheur des autres et les vendeurs d’eau douce s’en sortent pas mal, comme l'explique Baba Fall : "Je vends de l'eau douce depuis sept ans et je gagne bien ma vie".

A Coki, les populations locales souffrent à cause de la mauvaise qualité de l'eau qui impacte de manière négative leur quotidien et leur santé. Même le sol fertile ne profite pratiquement pas aux populations qui ne peuvent pas faire de maraîchage à cause de la salinité de l’eau.

Les autorités soutiennent que la qualité de l'eau n'est pas altérée, mais les populations se disent fatiguées et demandent de l’aide pour avoir de l’eau douce.

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A Dakar, des noyades toujours aussi fréquentes

Plage de Mbao (Banlieue de Dakar), des enfants se baignent sans surveillance, le 7 octobre 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Les cas de noyade dans la banlieue dakaroise sont toujours aussi fréquents, et les jeunes sont les plus exposés . Entre juillet et septembre 2018, 56 jeunes ont perdu la vie selon les chiffres des sapeurs-pompiers, tandis que cette année, les noyades se multiplient au même rythme.

De la plage des Parcelles à celle de Guédiawaye en passant par Golf, Malika et BCEAO, le littoral qui longe la banlieue de Dakar enregistre de nombreux cas de noyades durant les vacances, une situation que les riverains vivent avec désarroi.

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Alassane Faye a assisté à plusieurs repêchages de corps et estime que les mesures de sécurité doivent être renforcées à tous les niveaux car, juge-t-il, ce qui se passe est très grave.

"C'est une zone très dangereuse et les noyades sont récurrentes parce que la baignade risquée". Pour ce riverain de la plage de Guédiawaye, les premières mesures à prendre concernent les familles parce qu'il faut "retenir les enfants de moins de 15 ans voire 18 ans parce qu'on a remarqué que ces enfants sont victimes de noyades".

Il ajoute qu'une "sécurité établie tout le long du littoral permettra d'éviter que les enfants immatures se baignent en toute liberté".

A quelques pas de la plage de Malika, un riverain ayant requis l'anonymat rejette la responsabilité sur les parents : "ils ne surveillent plus les enfants qui sont parfois très nombreux à passer pour aller à la plage."

Dépité, il peste contre le manque de contrôle parentale. "Personne ne les contrôle alors qu'ils n'ont même pas 10 ans. Actuellement, l'éducation des enfants est défaillante", estime-t-il.

Les autorités ne peuvent pas assurer la surveillance de toutes les plages. C'est l'avis de Djibril Diouf pour qui "si chacun s'occupait convenablement de ses enfants avec des recommandations précises il n'y aurait pas de problèmes".

Ce riverain du littoral Nord estime que les autorités ne peuvent pas tout faire et qu'avant de les indexer, les parents devraient assumer leurs responsabilités "avec un simple contrôle parental, l'enfant n'osera pas aller à la plage sans autorisation."

Pour lui, les parents doivent davantage assurer l'éducation de leurs enfants et veiller à leur sécurité.

Entre 2015 et 2018, 1.023 jeunes ont perdu la vie dans les plages. Des chiffres officiels de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers du Sénégal montrent l'ampleur des cas de noyades malgré les mesures prises par les autorités avec la présence massive des maîtres-nageurs et sauveteurs en bord de mer.

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