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La Tabaski se fête entre musulmans et chrétiens

Des Sénégalais célébrent la Tabaski, Dakar, 1er septembre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, pays réputé pour sa tolérance comptant plus de 90% de disciples de l'islam, chrétiens et musulmans ont célébré ensemble la Tabaski, (Aid al-Adha), une convivialité qui détonne dans une Afrique de l'Ouest en proie aux conflits.

Sous l'oeil placide de Dembel, mouton promis à une mort imminente, Grassé Diop s'apprête à recevoir des amis catholiques.

"Ils viennent tous les ans pour la tabaski, je vais à la messe pour Noël, on passe toutes les fêtes religieuses ensemble", s'enthousiasme cette jeune musulmane dont le prénom chrétien vient de Grâce.

Dans le quartier de Ouakam, à Dakar, la cour de la maison familiale s'est muée le temps d'une journée en abattoir et en cuisine. Des enfants jouent en riant entre les bassines d'abats, et les femmes de la famille chantent en dépeçant le mouton fraîchement égorgé.

"Quand je me rends chez des amis chrétiens, je me sens vraiment chez moi. Il n'y a aucune différence. On a grandi ensemble", affirme Grassé.

Ses propos sont ponctués par les coups de machette que donne son frère sur le crâne de Dembel et les incessantes sonneries de son téléphone portable. "Jacques, Marie, Joseph... Tous mes amis chrétiens me souhaitent une bonne tabaski", se réjouit la jeune femme, étudiante en communication.

"Ici, quand un chrétien meurt, tous les voisins du quartier vont à l'église pour ses funérailles", abonde Pape Doudou Diop, le frère de la jeune femme, en se resservant du foie de mouton. Bien que musulman, Pape Doudou est de toutes les communions, et se rend parfois à la messe de Noël.

Autour d'un immense plat de grillades dans lequel plongent les mains de toute la famille, l'on ne peut distinguer les chrétiens des musulmans. Yves-Martin Kemden, un ami de Grassé, est venu fêter chez elle sa dixième Tabaski. Le jeune catholique a revêtu un boubou marron pour honorer ses hôtes.

Moussa Tall tient son mouton de Tabaski, Sénégal, le 10 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Moussa Tall tient son mouton de Tabaski, Sénégal, le 10 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

"Je suis systématiquement invité par mes voisins ou amis pour les fêtes musulmanes. C'est une coutume, ici tu es toujours invité par un voisin, même si vous ne partagez pas la même religion", dit ce jeune éleveur de chiens.

A quelques centaines de mètres, dans une autre cour ombragée de palmiers, la famille Ndoye a invité ses voisins catholiques, et prépare des boîtes de viande de mouton pour les apporter au domicile de ceux qui ne pouvaient se déplacer.

"Indivisibles"

"Ma grand-mère était catholique. Pour Pâques, nos cousins nous invitent, en prenant soin de ne pas cuisiner du porc. C'est la famille, on est indivisibles, quelle que soit notre religion", dit en souriant Karim Ndoye, peintre en bâtiment quinquagénaire.

Selon la sociologue Fatou Sow Sarr, l'harmonie entre chrétiens et musulmans au Sénégal s'explique par l'action des chefs des confréries mourides, qui, dès le XIXème siècle, ont agi en "philosophes du vivre-ensemble" et prôné la tolérance envers les catholiques.

"On trouve dans les mêmes familles des chrétiens et des musulmans, qui se marient entre eux. La religion est secondaire face aux liens du sang, donc les communautés n'ont jamais été antagonistes", estime Mme Sow Sarr. "Il y a plus de risques de dissensions entre musulmans aujourd'hui, à cause des conflits entre communautés mouridiques et influences wahhabites, qu'entre musulmans et chrétiens", selon elle.

Dans le presbytère de la cathédrale de Dakar, sous un déluge de bougainvilliers, l'abbé Jacques Seck s'apprête à partir célébrer la Tabaski chez des amis musulmans. L'octogénaire, qui se définit comme un "musulman-chrétien", est un apôtre du dialogue interreligieux qui n'hésite jamais à mêler à ses sermons des versets du Coran.

"Cette tolérance entre les religions est à la racine de la société sénégalaise", explique-t-il, l'oeil vif derrière ses lunettes à double foyer. "La chance de ce pays, c'est qu'il est rare qu'une famille ne soit pas composée des membres des deux communautés. Cette diversité a construit le pays".

Nul ne peut le savoir mieux que lui, dont les ancêtres, musulmans comme chrétiens, reposent à l'ombre du même arbre, dans le cimetière interconfessionnel de Joal Fadiouth, dans l'ouest du Sénégal.

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Une maladie mystérieuse frappe les pêcheurs sénégalais

Le ministre de la pêche Alioune Ndoye au chevet des malades au Sénégal, le 20 novembre 2020.

Depuis l’apparition d’une mystérieuse maladie dans plusieurs villages de pêcheurs traditionnels au Sénégal, les autorités ne donnent aucune cause exacte.

Les premiers examens n’ont pas permis d’élucider l’origine de cette maladie qui cause une grande anxiété au sein des populations. Par peur, beaucoup de Sénégalais ont décidé de ne plus toucher au poisson alors que le plat national, le célèbre Thiebou Dienn, est fait à base de riz et de poisson.

Les autorités ont très tôt pris les devants pour éviter que la psychose ne s’installe. Après une visite dans le villages de pêcheurs touchés par la maladie, le ministre de la pêche, Alioune Ndoye, s’est voulu rassurant disant que la mise en circulation des poissons est réglementée pour protéger le consommateur.

"Nous confirmons une prompte réaction du ministère de la santé et de toutes ses équipes et le professionnalisme des médecins qui ont permis tout de suite d’isoler et de les prendre en traitement avec des résultats probants car au bout de deux jours certains sont rentrés chez eux donc cela est rassurant", a d’emblée souligné le ministre.

Ila aussi précisé qu’il parlait pour rassurer au niveau de tout ce qui se dit quant au fait de manger ou non du poisson. Le ministre de la pêche est ainsi revenu sur l’origine de la maladie.

"Les poissons déversés sur le marché font d’abord l’objet d’analyses et de certification quant à leur caractère consommable. Donc nous rassurons de ce point de vue-là", a-t-il dit.

Des assurances qui ne semblent pas convaincre les Sénégalais. Beaucoup d’entre eux ont préféré opter pour la prudence.

Pour Khady Sow, femme au foyer, il est tout simplement exclu d’aller acheter du poisson au marché où à la plage: "Nous n’allons plus au marché et nous n’allons plus prendre des risques par rapport à ça. On fait maintenant le menu et on change de repas parce que c’est plus sûr ", précise-t-elle. "La plage, c’est fini jusqu’à nouvel ordre".

Ces craintes ne se limitent pas aux ménagères.

Abdoulaye Camara est un sportif habitué de la plage. Il juge qu’il il est pour le moment plus raisonnable d’éviter les plages et la mer. "Ca me pose problème et j’ai complètement arrêté mes activités sur la plage vu qu’il a problème. Une maladie dont tu ne connais pas l’origine ni l’infection, je ne vois pas pourquoi risquer d’aller à la plage alors qu’on peut faire nos activités dans les salles de sport et dans les terrains de football", affirme-t-il.

Les premiers résultats des examens effectués sur l’axe maritime Dakar-Popenguine n’ont pas permis de lever les équivoques.

Après analyse d’échantillons d’eau de mer, d’équipement de pêcheurs et de poissons, les experts ont relevé la présence de plusieurs composantes chimiques. Ils ont suggéré la remise des résultats à des toxicologues et l’orientation des recherches vers les filets utilisés par les pêcheurs.

Pour le moment, cette maladie qui se caractérise par des pustules et des abcès qui envahissent tout le corps, garde encore tous ses mystères.

Les Sénégalais se méfient du poisson depuis l’apparition d’une mystérieuse maladie
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Les Sénégalais se méfient du poisson depuis l’apparition d’une mystérieuse maladie

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