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Mali

L'Afrique de l'Ouest menace de sanctions les opposants maliens à son plan de sortie de crise

Visite des cinq presidents africains a Bamako

La Cédéao a menacé lundi de sanctions ceux qui s'opposeront à son plan de sortie de crise au Mali, qui prévoit le maintien au pouvoir du président Keïta, mais prône la constitution rapide d'un gouvernement d'union nationale et des élections législatives partielles.

Les 15 chefs d'Etat de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), à l'issue d'un sommet virtuel, ont prévu un régime de sanctions "contre ceux qui poseront des actes contraires au processus de normalisation", à mettre en oeuvre avant vendredi, a déclaré en conclusion des travaux le président en exercice de l'organisation régionale, le chef de l'Etat nigérien Mahamadou Issoufou, selon le texte de son discours obtenu par l'AFP.

Le sommet a appuyé les recommandations de la médiation menée par la Cédéao sous l'égide de l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan, qui n'ont jusqu'ici pas obtenu l'aval du mouvement du 5-juin (M5-RFP), qui réclame depuis le mois de juin la démission du chef de l'Etat malien Ibrahim Boubacar Keïta, a-t-il expliqué.

Pour sortir de la crise dont l'élément déclencheur est une décision controversée de la Cour constitutionnelle, qui a révisé partiellement les résultats des législatives de mars-avril, ces demandes incluent la "démission immédiate des 31 députés dont l'élection est contestée, y compris le président du Parlement", Moussa Timbiné, a indiqué le président de la Cédéao.

La majorité du président Keïta devra "tout mettre en oeuvre pour obtenir cette démission qui ouvrira la voie à des élections partielles". En attendant, le parlement "pourra fonctionner avec les 116 députés restants", a dit M. Issoufou.

Le sommet préconise également une "recomposition rapide de la Cour constitutionnelle", dont les trois membres choisis par le parlement seront désignés après la démission des 31 députés contestés. En cas de blocage, le président Keïta pourra nommer les 9 membres de la Cour, a-t-il dit.

Conformément au plan déjà présenté, les chefs d'Etat ont également demandé lundi la "mise en place rapide d'un gouvernement d'union nationale avec la participation de l'opposition et de la société civile".

Ils "encouragent" en particulier le Mouvement du 5-Juin à "participer" à cet exécutif "dans un esprit de patriotisme".

Les ministres régaliens "pourront être nommés avant la formation d'un gouvernement d'union nationale", a aussi expliqué le président en exercice de la Cédéao, citant "la Défense, la Justice, les Affaires étrangères, la Sécurité intérieure et les Finances".

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Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

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