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Mali

La coalition anti-IBK rejette le partage de pouvoir proposé par la CEDEAO

Manifestation exigeant la démission du président malien Ibrahim Boubacar Keita sur la place de l'Indépendance à Bamako, au Mali, le 19 juin 2020. REUTERS/Matthieu Rosier

Le principal mouvement d'opposition au Mali a rejeté un plan des médiateurs régionaux visant à mettre fin à une crise politique qui s'aggrave dans un pays déjà confronté à une violente insurrection islamiste.

Le Mouvement du 5 juin, M-5, a rejeté dimanche un plan des négociateurs du bloc régional ouest-africain de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) menés par l’ancien president nigérian Goodluck Jonathan.

Selon des sources, la CEDEAO avait proposé au président Ibrahim Boubacar Keita, IBK, de former un gouvernement d'union nationale au sein duquel des cadres issus de l’opposition auraient des postes ministériels.

Une proposition rejetée en bloc par le M-5, qui insiste sur le depart du president IBK, élu en 2013.

En plus de cette impasse politique, la nation ouest-africaine fait face à une crise économique et à une insurrection islamiste dans le centre du pays.

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L'attentat de la Terrasse à Bamako en 2015 est une "vengeance" pour les caricatures, selon l'accusé

Charlie Hebdo à Berlin, le 1er décembre 2016.

Le jihadiste mauritanien Fawaz Ould Ahmed, dit "Ibrahim 10", a reconnu mercredi être l'auteur de l'attentat du bar-restaurant La Terrasse à Bamako qui avait fait cinq morts en mars 2015, se disant "fier" d'avoir agi "par vengeance" après la publication de caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo.

"C'est nous qui l'avons fait, (le groupe jihadiste) Al-Mourabitoune. On n'a pas honte, on est fiers. Par vengeance du prophète, après ce qu'ils ont fait à Charlie Hebdo. C'est les photos, les caricatures", a-t-il déclaré devant la Cour d'assises de Bamako, qui l'interrogeait au deuxième jour de son procès.

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Ouverture du procès des attentats de Bamako en 2015

Ouverture du procès des attentats de Bamako en 2015.

Le procès des auteurs présumés des attentats de l'hôtel Radisson Blu et du restaurant La Terrasse en 2015 à Bamako s'est ouvert mardi dans la capitale malienne, en présence du principal accusé mais en l'absence des représentants des victimes occidentales.

Principal accusé, le Mauritanien Fawaz Ould Ahmed (ou Ahmeida), alias "Ibrahim 10", lieutenant du chef jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, dont la présence était incertaine jusqu'à la dernière minute, a été amené sur le banc des accusés par des hommes cagoulés.

L'homme, né dans les années 1970 à Nouakchott, est accusé d'avoir tué avec un fusil d'assaut un Français, un Belge et trois Maliens le 6 avril 2015 dans le restaurant La Terrasse, une action pour "venger le prophète" perpétrée dans la foulée des attentats contre l'hebdomadaire français Charlie Hebdo, selon l'enquête.

Il est également soupçonné d'avoir "planifié et fait exécuter" l'attaque, le 20 novembre de la même année, contre l'hôtel de luxe Radisson Blu. Deux hommes avaient alors "tiré sur tout ce qui bouge", tuant 20 personnes, dont 14 étrangers, avant d'être abattus.

De nombreuses parties civiles maliennes étaient présentes à l'ouverture du procès, mais nul proche de victimes occidentales, selon le journaliste de l'AFP.

Une retransmission par visioconférence a toutefois été mise en place.

"Il s'agit d'une retransmission en direct pour que les parties civiles françaises puissent suivre, mais en aucun cas d'un enregistrement. Seulement du direct", a expliqué le président de la Cour.

Le procès, dont la durée n'a pas été précisée, se déroule dans les locaux de la Cour d'appel, dans le sud de Bamako. Des soldats d'élite étaient placés dans et autour du bâtiment.

Fawas Ould Ahmed est apparu vêtu d'un long boubou gris. Ses cheveux crépus et une barbe fournie cachaient sa fine balafre sur le visage.

A la question, "Avez-vous un avocat?", il a répondu qu'il "ne le connaissait pas". Au Mali, dans les affaires de terrorisme, de nombreux accusés se voient commettre un avocat d'office, souvent le matin même du procès.

"Ibrahim 10" a déclaré préférer s'exprimer en arabe. "Un traducteur traduira", a répondu la cour.

Sa présence était entourée d'incertitudes, après des rumeurs ayant indiqué qu'il faisait partie des quelques 200 détenus libérés début octobre en échange de quatre otages, dont la Française Sophie Pétronin et l'homme politique malien Soumaïla Cissé.

Seul un de ses deux co-accusé était également présent à l'ouverture du procès.

Jean-Yves Le Drian en visite à Bamako

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